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Château fort dit château baronnial ou des évêques de Poitiers

Dossier IA00045907 réalisé en 1972

Fiche

La ville de Chauvigny présente un ensemble exceptionnel de cinq châteaux rassemblés dans la ville haute, sur un éperon rocheux dominant le confluent de la Vienne et du Talbat. On distingue habituellement le château baronnial (ou des Évêques), le donjon de Gouzon, le château d’Harcourt, et les tours plus modestes de Flins et de Montléon. Ils ne sont pas clairement distingués dans les textes avant le XIIIe siècle.

Parties constituantes non étudiéesdonjon, enceinte, puits, cour
Dénominationschâteau fort
Aire d'étude et cantonGrand Poitiers Communauté urbaine - Chauvigny
AdresseCommune : Chauvigny
Lieu-dit : Ville haute Le Bourg
Adresse : rue
Saint-Pierre
Cadastre : 1832 B2 527-530 ; 1967 H 575 ; 2015 AR 62

Un château des évêques de Poitiers est mentionné à Chauvigny dès 1025. Les fouilles et études dirigées par Pierre Sailhan, comme des observations plus récentes, confirment son existence dès le 11e siècle, avec une première tour bâtie sur des dimensions plus restreintes et assise sur une motte.

D'autres constructions sont datables du 12e siècle au plus tôt.

L'ensemble constitue-t-il le castrum mentionné vers l’an mil à Chauvigny ?

Plus tard sont construits la grande enceinte, puis le logis au début du 15e siècle. Les travaux réalisés vers 1400 sont attribués à Ithier de Mareuil.

Le château a subi d enombreux sièges : guerre de Cent Ans, guerres de Religion, Ligue, Fronde.

Vendu comme Bien national à la Révolution, il a été exploité comme carrière de pierres par son propriétaire. Il a été racheté par l’État et classé monument historique dès 1840.

Il accueille en été un spectacle d'aigles depuis le début du XXIe siècle.

Période(s)Principale : limite 11e siècle 12e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 1er quart 15e siècle

Le château baronnial, ou des Évêques, est établi à l’extrémité de l’éperon surplombant la Vienne.

L’enceinte du château des Évêques est formée de segments de courtine rectilignes, délimitant plusieurs cours. Cette enceinte s’adapte parfaitement à l’extrémité de l’éperon rocheux sur lequel elle est assise, comme le montre l’ancien cadastre. Elle est construite en moyen appareil assez régulier. L’élévation est rythmée par des contreforts plats dont la construction en pierre de taille est plus soignée.

Deux petites tours sont établies sur le flanc oriental, l'une d'entre elle contient un puits.

Le donjon quadrangulaire, à contreforts plats, a été construit au centre de cette grande enceinte. L’entrée du donjon apparaît aujourd’hui à peine surélevée. Elle s’ouvrait sur une première cour, dont le niveau de sol a été sensiblement rehaussé. La porte d’entrée principale n’est défendue que par un vantail de bois maintenu par des barres s’encastrant dans les murs latéraux. Les trous de ces barres témoignent de ce dispositif. Cette porte ouvre sur un niveau faiblement éclairé par des fentes de jour. De grandes fenêtres signalent le niveau unique habitable, sur plancher. Il est impossible de dire s’il était recoupé en différentes pièces par des cloisons. Les baies géminée sont toutes été éventrées ; elles ont été restaurées en de larges baies tout à fait insolites pour le Moyen Âge. Une seule fenêtre a été refaite avec une colonnette très simple, donnant de loin la silhouette générale des anciennes ouvertures.

Un mur nu est construit en surélevation au-dessus des traces de la toiture du donjon (les emplacements des pièces de charpente sont parfaitement visibles). Au sommet, le chemin de ronde était desservi par des tourelles d’angle qui semblent avoir été ajoutées ou refaites.

Une petite enceinte couvre le donjon au nord, avec courtines, contreforts plats et un contrefort cylindrique plein.

Le logis construit vers 1400 (château neuf), très ruiné, comporte une entrée avec deux portes, un rez-de-chaussée (étage de défense), deux étages d'appartements (cheminées et latrines subsistantes), la chapelle, voûtée d'ogives, et la salle capitulaire des chanoines de l'église Saint-Pierre.

Une citerne a été établie près du donjon. Un souterrain creusé dans le roc débouche sur le puits.

Murscalcaire pierre de taille
Étagessous-sol, 2 étages carrés
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis sans jour
États conservationsmauvais état
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Protectionsclassé MH, 1840
Précisions sur la protection

Château baronial ou des Evêques de Poitiers : classement par liste de 1840.

Annexes

  • Présentation des châteaux romans de Chauvigny

    La ville de Chauvigny présente un ensemble exceptionnel de cinq châteaux rassemblés dans la ville haute, sur un éperon rocheux dominant le confluent de la Vienne et du Talbat. On distingue habituellement le château baronnial (ou des Évêques), le donjon de Gouzon, le château d’Harcourt, et les tours plus modestes de Flins et de Montléon. Ils ne sont pas clairement distingués dans les textes avant le XIIIe siècle.

    Le castellum de Chauvigny est signalé avant 1014 dans une charte de l’abbaye de Nouaillé ; mais c’est entre 1019 et 1027 qu’il est clairement désigné comme une possession d’Isembert, évêque de Poitiers. On peut penser qu’il s’agit du château baronnial aujourd’hui conservé, et que l’on désigne toujours comme le château des Évêques. Ce dernier ensemble, très ruiné, présente différentes phases de construction, dont les plus anciennes sont datables des XIe – XIIe siècles. Les fouilles réalisées dans les années 1950-1970, confirment son existence dès le XIe siècle, avec une première tour de pierre assise peut-être sur une motte. Elle est antérieure à l’imposant donjon roman de plan quadrangulaire (19 x 16 m) qui domine aujourd’hui le site. Ce dernier est protégé par deux enceintes sans doute aussi anciennes, agrandies et complétées par des logis au Bas Moyen Âge.

    Le château voisin d’Harcourt présente une enceinte rectangulaire défensive datable par ses archères du XIIIe siècle, enserrant un ensemble résidentiel qui semble s’appuyer sur une tour plus ancienne, bâtie au bord de la falaise rocheuse : peut-être une tour romane ?

    Sur le haut du plateau de la vieille ville de Chauvigny, le donjon de Gouzon a longtemps été décrit de façon trop rapide comme une tour du quadrangulaire du XIe siècle agrandie et rehaussée au XIIe siècle. La chronologie relative est assez évidente ; mais l’étude archéologique récente de Thierry Énaud a précisé les datations annoncées par le style des ouvertures : le premier édifice n’est pas antérieur à la seconde moitié du XIIe siècle. Il conserve encore des caractéristiques romanes, avec sa porte surélevée, mais n’apparaît pas dans les textes à cette période. Le second possède des archères qui le datent au plus tôt du milieu du XIIIe siècle.

    Près de la collégiale Saint-Pierre, le château de Montléon présente une tour rectangulaire à contreforts ronds, comme la muraille qui le précède rue des rampes. Fief de la famille Oger, puis des Montléon, il est racheté par l’évêque à la fin du XIIIe siècle. Un sondage archéologique réalisé récemment n’a livré aucun indice antérieur au XVe siècle.

    Au nord du plateau, près de l’ancienne porte de ville, la petite tour à contreforts plats de Flins, attribuée au XIIe siècle, n’a jamais été étudiée. Elle semble avoir été surélevée et très remaniée à la fin du Moyen Âge, afin de la rendre plus habitable.

    Soulignant la conception unitaire de la ville haute, dotée de ses propres fortifications, Pierre Sailhant réunit différents indices qui mettent en évidence l’occupation de l’ensemble de l’éperon rocheux dès l’époque romane. L’habitat s’y est développé très tôt de part et d’autre d’une grand’rue partant de la porte nord et menant au sud au château des évêques, isolé par un fossé à l’extrémité de l’éperon. Les autres tours ont pu être implantées a posteriori le long de cet axe, comme autant de résidences nobles mais subordonnées au grand donjon des évêques.

  • Dossier du préinventaire sur le château baronnial (1972)

    Historique :

    Le château des Évêques est mentionné en 1025.

    Le donjon actuel, et la petite enceinte ont du être construits à la fin du XIe ou au début du XIIe s.

    Le château a ensuite été agrandi (grande enceinte) et complété à plusieurs reprises, notamment par Ithier de Mareuil, vers 1400.

    Il appartenait dès le XIe siècle aux évêques de Poitiers qui ont porté jusqu'à la révolution le titre de seigneur puis baron de Chauvigny.

    Le château a subi de nombreux sièges : guerre de Cent ans, guerres de Religion, Ligue, Fronde.

    Vendu comme bien national à la Révolution, il a été exploité comme carrière de pierre par son acquéreur.

    Il a été racheté par l'État et classé MH au milieu du XIXe siècle.

    Description :

    - Donjon central quadrangulaire à contreforts plats

    - Petite enceinte couvrant le donjon au Nord : coursives et contreforts plats et contrefort cylindrique plein.

    - Grande enceinte polygonale épousant le contour de l'éperon rocheux sur lequel le château est bâti. Coursives droites et contreforts plats; Sur le flanc Est 2 petites tours cylindriques dont une contient le puits.

    - Logis de 1400 (Château-Neuf) très ruiné comportant : l'entrée avec 2 ports, un rez-de-chaussée = étage de défenses, 2 étages d'appartements (cheminée et latrines subsistantes), la chapelle voûtée d'ogives, la salle capitulaire du chapitre de chanoines de l'église Saint-Pierre.

    - Souterrain accédant au puits, creusé dans le roc.

    - citerne près du donjon.

    Des fouilles, en cours, mettent au jour, à l'intérieur du donjon une construction rectangulaire qui pourrait être un reste du donjon primitif.

Références documentaires

Documents d'archives
  • SRAC. Dossiers du pré-inventaire du patrimoine de Chauvigny.

    Région Poitou-Charentes, Centre de documentation du patrimoine, Poitiers
Documents figurés
  • Archives départementales de la Vienne. 4P 4945 à 4P 4949. Cadastre de Chauvigny,1832-1833, 1920.

Bibliographie
  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 15, 36, 45, 53, 56, 99, 100, 103, 107, 110, 111, 113, 114, 121, 122, 123, 125, 128, 135, 136, 138, 140, 148, 149, 150, 155, 156, 164, 173, 183, 184, 200, 201, 202, 203, 211, 227, 279, 280, 304, 307, 315, 316
  • Baudry, Marie-Pierre. Les fortifications des Plantagenêts en Poitou 1154-1242. Paris, 2001. Comité des travaux historiques et scientifiques, Mémoires de la section d'archéologie et d'histoire de l'art, 11.

    p. 173-180 ; 291-292
  • Châtelain, André. Donjons romans des pays d'Ouest. Paris : A. et J. Picard, 1973.

    165-167
  • "Chauvigny, des origines au XXe siècle", Le Pays Chauvinois (SRAC), n°49, 2011.

    Pp. 84-114.
  • Cherrier-Lévêque, Noëlle, Les châteaux des seigneuries épiscopales d’Angles et Chauvigny (diocèse de Poitiers) dans les guerres du XIIe au XIVe siècle, dans Château et guerre, actes des rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, Michel Combet et Robert Hérin (dir.), Ausonius, Bordeaux, 2004.

    p. 11-28
  • CROZET, René. « Chauvigny et ses monuments », Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, quatrième série, tome III, 1958, pp. 1-53.

  • Duguet, Jacques, La famille des Isembert, évêques de Poitiers, et ses relations (Xe-XIe siècles), Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 4e série, t. 11, 1971.

    p. 163-186
  • DUGUET, Jacques. Histoire de Chauvigny des origines à 1914. Rochefort, Duguet Jacques (non publié), 2003.

    P. 16, 17, 34, 54-56, 113, 174-176, 196-197, 215.
  • Eydoux, Henri-Paul, Châteaux fantastiques, Paris, Flammarion, vol. 1, 1969.

  • Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002.

    P. 133.
  • SAILHAN, Pierre. « La Ville forte de Chauvigny », Le Pays Chauvinois (SRAC), n°14, 1975, pp. 2-21.

    p. 2-21
  • Sailhan, Pierre, Le château baronnial de Chauvigny et les fouilles qui y sont exécutées depuis 1957, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 4e série, t. 8, 1965.

    p. 101-118
  • Sailhan, Pierre, Le château baronnial, Cahiers du Pays chauvinois, t. 16, 1997.

  • Tranchant, Charles, Note sur les travaux successifs dont ont été l’objet au courant du siècle actuel le château baronnial et le château d’Harcourt de Chauvigny, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 2e série, t. 8, 1898-1900.

    p. 488-508
  • TRANCHANT, Charles. Notice sommaire sur Chauvigny de Poitou et ses monuments. Paris, Imprimerie Rougier et Cie, 1884 (2ème édition).

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Grand Poitiers Communauté urbaine (c) Grand Poitiers Communauté urbaine - Société de Recherches Archéologiques du Pays Chauvinois
Société de Recherches Archéologiques du Pays Chauvinois

Association loi de 1901 fondée en 1956, pour l'étude et la mise en valeur du patrimoine du pays chauvinois et de ses environs (fouilles archéologique, création des musées de Chauvigny).


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- Dujardin Véronique
Véronique Dujardin

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine - Bellet Jérôme
Jérôme Bellet

Charge de mission inventaire du patrimoine au sein de Grand Poitiers de début 2017 à fin 2018.


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