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Château fort dit donjon de Gouzon

Dossier IA00045911 réalisé en 1974

Fiche

La ville de Chauvigny présente un ensemble exceptionnel de cinq châteaux rassemblés dans la ville haute, sur un éperon rocheux dominant le confluent de la Vienne et du Talbat. On distingue habituellement le château baronnial (ou des Évêques), le donjon de Gouzon, le château d’Harcourt, et les tours plus modestes de Flins et de Montléon. Ils ne sont pas clairement distingués dans les textes avant le XIIIe siècle.

Destinationsmusée
Parties constituantes non étudiéesdonjon, enceinte
Dénominationschâteau fort
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Chauvigny
AdresseCommune : Chauvigny
Adresse : place du
Donjon
Cadastre : 1832 B2 418 ; 1967 H 546 ; 2015 AR 41

Le donjon de Gouzon a longtemps été décrit de façon très rapide comme une tour du 11e siècle agrandie et rehaussée au 12e siècle. La chronologie relative est assez évidente ; mais l’étude archéologique récente de Thierry Énaud a précisé des datations annoncées par le style des ouvertures : le premier édifice n’est pas antérieur à la seconde moitié du 12e siècle. Il n’apparaît pas dans les textes à cette période. La surélévation du donjon, avec ses archères, n’est sans doute pas antérieure au 13e siècle.

Il est plus tard cité parmi les possessions des Beaumont, puis des Gouzon et vers 1350 des évêques de Poitiers.

L'édifice a été classé monument historique en 1889. Propriété de l’État, il est par la ville de Chauvigny en 1992 qui le restaure et y installe un musée, l'Espace d'archéologie industrielle, ouvert en 1993.

Période(s)Principale : milieu 11e siècle
Principale : 12e siècle , (?)

Le donjon de Gouzon prend place sur le haut du plateau, à proximité de la collégiale Saint-Pierre.

Le donjon se compose de deux parties, construites successivement :

- la moitié est (partie inférieure) est une tour carrée à contreforts plats, en maçonnerie de moyen appareil assez soignée.

- la moitié ouest, ainsi que la surélévation de la partie est, forme un rectangle, renforcé de contreforts cylindriques pleins. Elle est en maçonnerie d'appareil plus petit et plus irrégulier que la construction primitive, et de facture moins soignée. L’entrée primitive (porte couverte en plein cintre) est située à mi-hauteur de la tour sur l'élévation orientale et appartient manifestement à la seconde étape de construction de l’édifice.

L'élévation nord comporte une grande meurtrière située au-dessus d'une porte charretière moderne, mais qui résulte sans doute de la transformation d'une porte ancienne.

La partie haute de l'élévation orientale montre les vestiges d'une grande cheminée (fond de briques maçonnées en chevrons et traces de hotte), qui atteste qu'un bâtiment avait été accolé au donjon de ce côté.

Des vestiges de tour d'enceinte et de murs sont visibles à l'est du donjon. Ils devaient se raccorder à la porte de Gouzon.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moellon
Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Protectionsclassé MH, 1889
Précisions sur la protection

Donjon de Gouzon : classement par liste de 1889.

Annexes

  • Présentation des châteaux romans de Chauvigny

    La ville de Chauvigny présente un ensemble exceptionnel de cinq châteaux rassemblés dans la ville haute, sur un éperon rocheux dominant le confluent de la Vienne et du Talbat. On distingue habituellement le château baronnial (ou des Évêques), le donjon de Gouzon, le château d’Harcourt, et les tours plus modestes de Flins et de Montléon. Ils ne sont pas clairement distingués dans les textes avant le XIIIe siècle.

    Le castellum de Chauvigny est signalé avant 1014 dans une charte de l’abbaye de Nouaillé ; mais c’est entre 1019 et 1027 qu’il est clairement désigné comme une possession d’Isembert, évêque de Poitiers. On peut penser qu’il s’agit du château baronnial aujourd’hui conservé, et que l’on désigne toujours comme le château des Évêques. Ce dernier ensemble, très ruiné, présente différentes phases de construction, dont les plus anciennes sont datables des XIe – XIIe siècles. Les fouilles réalisées dans les années 1950-1970, confirment son existence dès le XIe siècle, avec une première tour de pierre assise peut-être sur une motte. Elle est antérieure à l’imposant donjon roman de plan quadrangulaire (19 x 16 m) qui domine aujourd’hui le site. Ce dernier est protégé par deux enceintes sans doute aussi anciennes, agrandies et complétées par des logis au Bas Moyen Âge.

    Le château voisin d’Harcourt présente une enceinte rectangulaire défensive datable par ses archères du XIIIe siècle, enserrant un ensemble résidentiel qui semble s’appuyer sur une tour plus ancienne, bâtie au bord de la falaise rocheuse : peut-être une tour romane ?

    Sur le haut du plateau de la vieille ville de Chauvigny, le donjon de Gouzon a longtemps été décrit de façon trop rapide comme une tour du quadrangulaire du XIe siècle agrandie et rehaussée au XIIe siècle. La chronologie relative est assez évidente ; mais l’étude archéologique récente de Thierry Énaud a précisé les datations annoncées par le style des ouvertures : le premier édifice n’est pas antérieur à la seconde moitié du XIIe siècle. Il conserve encore des caractéristiques romanes, avec sa porte surélevée, mais n’apparaît pas dans les textes à cette période. Le second possède des archères qui le datent au plus tôt du milieu du XIIIe siècle.

    Près de la collégiale Saint-Pierre, le château de Montléon présente une tour rectangulaire à contreforts ronds, comme la muraille qui le précède rue des rampes. Fief de la famille Oger, puis des Montléon, il est racheté par l’évêque à la fin du XIIIe siècle. Un sondage archéologique réalisé récemment n’a livré aucun indice antérieur au XVe siècle.

    Au nord du plateau, près de l’ancienne porte de ville, la petite tour à contreforts plats de Flins, attribuée au XIIe siècle, n’a jamais été étudiée. Elle semble avoir été surélevée et très remaniée à la fin du Moyen Âge, afin de la rendre plus habitable.

    Soulignant la conception unitaire de la ville haute, dotée de ses propres fortifications, Pierre Sailhant réunit différents indices qui mettent en évidence l’occupation de l’ensemble de l’éperon rocheux dès l’époque romane. L’habitat s’y est développé très tôt de part et d’autre d’une grand’rue partant de la porte nord et menant au sud au château des évêques, isolé par un fossé à l’extrémité de l’éperon. Les autres tours ont pu être implantées a posteriori le long de cet axe, comme autant de résidences nobles mais subordonnées au grand donjon des évêques.

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales de la Vienne. 4P 4945 à 4P 4949. Cadastre de Chauvigny,1832-1833, 1920.

Bibliographie
  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 15, 36, 45, 53, 56, 99, 100, 103, 107, 110, 111, 113, 114, 121, 122, 123, 125, 128, 135, 136, 138, 140, 148, 149, 150, 155, 156, 164, 173, 183, 184, 200, 201, 202, 203, 211, 227, 279, 280, 304, 307, 315, 316
  • Baudry, Marie-Pierre. Les fortifications des Plantagenêts en Poitou 1154-1242. Paris, 2001. Comité des travaux historiques et scientifiques, Mémoires de la section d'archéologie et d'histoire de l'art, 11.

    p. 173-180 ; 291-292
  • Châtelain, André. Donjons romans des pays d'Ouest. Paris : A. et J. Picard, 1973.

    p. 167-169
  • Cherrier-Lévêque, Noëlle, Les châteaux des seigneuries épiscopales d’Angles et Chauvigny (diocèse de Poitiers) dans les guerres du XIIe au XIVe siècle, dans Château et guerre, actes des rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, Michel Combet et Robert Hérin (dir.), Ausonius, Bordeaux, 2004.

    p. 11-28
  • CROZET, René. « Chauvigny et ses monuments », Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, quatrième série, tome III, 1958, pp. 1-53.

  • Duguet, Jacques, La famille des Isembert, évêques de Poitiers, et ses relations (Xe-XIe siècles), Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 4e série, t. 11, 1971.

    p. 163-186
  • Éneau, Thierry, le donjon de Gouzon, Archéologie médiévale, 1989, t. 29.

    p. 320-321
  • Éneau, Thierry, Le donjon de Gouzon, dans Donjon de Gouzon, Chauvigny, Société de recherches archéologiques de Chauvigny, 1994.

    p. 39-49
  • Eydoux, Henri-Paul, Châteaux fantastiques, Paris, Flammarion, vol. 1, 1969.

  • SAILHAN, Pierre. « La Ville forte de Chauvigny », Le Pays Chauvinois (SRAC), n°14, 1975, pp. 2-21.

    p. 2-21
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Grand Poitiers Communauté urbaine (c) Grand Poitiers Communauté urbaine - Dujardin Véronique
Véronique Dujardin

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine - Société de Recherches Archéologiques du Pays Chauvinois
Société de Recherches Archéologiques du Pays Chauvinois

Association loi de 1901 fondée en 1956, pour l'étude et la mise en valeur du patrimoine du pays chauvinois et de ses environs (fouilles archéologique, création des musées de Chauvigny).


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Jérôme Bellet

Charge de mission inventaire du patrimoine au sein de Grand Poitiers de début 2017 à fin 2018.


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