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Chenal et porte éclusière du Port de Cônac, canal du Centre

Dossier IA17043443 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

  • Carrelets
    Saint-Sorlin-de-Conac, Vitrezay, Port de Cônac
Dénominationschenal, site d'écluse, canal
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Sorlin-de-Conac
Cadastre : 2009 B 778

Le site du port de Cônac est utilisé dès la fin du Moyen Age pour les activités de pêche et de cabotage qui se développent sur l'estuaire. Beaucoup de céréales saintongeaises exportées via Bordeaux, vers l'Espagne notamment, transitent par ici. En 1571, Mathurin Bourreuilh, voyeur et commissaire des chemins pour le roi en Saintonge, indique qu'il a œuvré quelques années plus tôt à l'entretien de ce port.

La porte éclusière du Port de Cônac et le canal du Centre dont elle garde l'entrée face à la mer, font partie du système de dessèchement des marais de Cônac mis en place au 17e siècle, tout comme les portes de Vitrezay et de Charron. La porte est citée le 24 mai 1701 lorsque les propriétaires des marais desséchés tiennent une assemblée au Pas de Poupot. Ils décident, entre autres, de faire réparer les grandes portes de Cônac, les construire en pierre, pour le prix de 2500 livres. La porte a sans doute été reconstruite par la suite. Sa surveillance est confiée à un garde-éclusier qui vit dans l'une des maisons à côté.

Le chenal de Cônac est mentionné sur le plan cadastral de 1828, de même que la porte éclusière, avec la maison du garde et deux fermes de part et d'autre. Le port de Cônac constitue au 19e siècle l'un des fréquentés de cette partie des rives de l'estuaire. Voilà pourquoi, en 1879 et 1902, le conseil municipal demande son classement en port maritime de l'Etat. En 1885, un premier appontement est créé sur la rive gauche du chenal. Même si celui-ci s'envase et si les installations sont insuffisantes pour recevoir les bateaux, le port de Cônac reste apprécié car il est mieux desservi par chemin de terre que les ports voisins, notamment celui de Vitrezay. En 1905, avec l'assistance des Ponts et Chaussées, le syndicat des marais de Cônac décide de construire un second appontement en aval du premier, d'agrandir le quai sur la rive gauche et de redresser partiellement le chenal. Les travaux ont lieu au printemps 1907, à l'exception du redressement auquel on a renoncé. Malrgé cette attention, au cours du 20e siècle, le site voit son activité portuaire décliner.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le canal du Centre qui aboutit au port de Cônac, est long de près de près de 4 kilomètres. Il prend naissance au Pas de Poupot, au pied de la digue qui protège en amont les prairies de Saint-Sorlin-de-Cônac. Son rôle est d'évacuer les eaux des marais desséchés qui s'étendent de chaque côté de ses rives. Des canaux et fossés secondaires débouchent dans le canal et déversent l'eau à travers des clapets. Au niveau de la ferme de la Sainte-Agnante, un pont cintré en pierre permet de traverser le canal pour rejoindre les terres exploitées au nord. A mi-longueur du canal, vers la ferme de la Haute Belette, une vanne sert à réguler le niveau d'eau dans le canal. Elle est constituée d'un panneau en bois à armature métallique, actionné verticalement à l'aide d'une crémaillère.

Au débouché du canal se trouve une porte éclusière. Elle marque la limite entre les marais desséchés, en amont, et le milieu marin, en aval. A partir de là commence un chenal sinueux qui débouche dans l'estuaire quelques dizaines de mètres plus loin. La porte est construite en béton et repose probablement sur un système de pilotis. Elle comprend deux vantaux en bois à armature métallique qui se ferment à marée haute pour empêcher l'eau de mer d'envahir les marais desséchés en amont, et s'ouvrent à marée basse pour que l'eau des marais desséchés s'évacue dans le chenal en aval. En amont de la porte, une vanne métallique actionnée verticalement permet de renforcer ce système hermétique et de retenir l'eau dans le canal en amont autant que de besoin. Enfin au-dessus de la porte, un pont permet au chemin qui mène à la côte de franchir le canal. Au pied de la porte, les bords du canal et du chenal sont renforcés par des blocs de pierre.

Le chenal qui s'écoule en aval de la porte est encadré par des digues qui empêchent l'inondation des marais desséchés situés de part et d'autre. Les digues sont percées de clapets qui permettent d'évacuer l'eau de dessèchement à marée basse. Les digues se poursuivent ensuite tout le long de l'estuaire, de part et d'autre de l'entrée du chenal. Le chenal serpente à travers les vases et les prés salés jusqu'à l'estuaire. 21 carrelets à pêche s'égrainent dans le chenal et de part et d'autre de son embouchure. Placé suffisamment en aval pour atteindre les flots, chacun est accessible par un long ponton en bois en hauteur.

Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. S 10351. 1885-1907 : travaux d´amélioration du port de Cônac, avec plans.

  • A. M. Saint-Sorlin-de-Cônac. Registres des délibérations du conseil municipal.

Documents figurés
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4941. 1828-1842 : plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac.

  • Plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac établi entre 1828 et 1842.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4941
Bibliographie
  • Seguin, Marc (dir. Jean Glénisson), Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, tome 3 : Le début des Temps modernes, 1480-1610. La Crèche : Geste éditions, 2005, 428 p.

    p. 60
  • Vivielle J., Les origines des marais de Blaye et de Cônac, Paris, 1923.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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