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Cherbonnières : présentation de la commune

Dossier IA17035014 réalisé en 2001

Fiche

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Cherbonnières

Des origines à La Révolution

On ne sait presque rien de l'occupation du site de Cherbonnières avant le milieu du Moyen-Age. Un site protohistorique pourrait avoir été identifié près du bourg par une prospection aérienne, mais aucune fouille n'est venue le confirmer. Des sarcophages mérovingiens (entre les 6e et 8e siècles) ont été trouvés autour de l'église et entre le bourg et le Breuil, attestant d'une occupation à cette période.

Le nom de Cherbonnières fait certainement écho à un site de production de charbon. C'est sans doute dans une clairière défrichée pour cette activité dans la vaste sylve d'Argenson que naquit le bourg, à une époque indéterminée.

La terre et l'église de Cherbonnières sont données au début du 11e siècle (vers 1012) par une certaine dame Gélie à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. Le bourg semble donc déjà formé à cette période. Les moines élèvent ensuite un prieuré au sud de l'église, dont il reste des vestiges remontant jusqu'au 14e ou 15e siècle. La date de fondation n'est pas connue, mais le premier prieur identifié est Louis Nault de Limozin, en 1480.

La seigneurie de Grandfief apparaît au 15e siècle : elle appartient au Brun de Ponthieu, puis aux Beauchamp. Il subsiste quelques vestiges du château primitif, mais l'imposante demeure édifiée pour le remplacer à la fin du 18e siècle a malheureusement disparu après un incendie lors de l'hiver 1829-1830. La terre de Cherbonnières était donc partagée, sous l'Ancien Régime, entre le prieuré relevant de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély et les châtelains de Grandfief.

L'un comme l'autre sont dessaisis de leurs possessions à La Révolution. Séquestrés, divisés et vendus comme bien nationaux, le prieuré et le château connaissent de nombreuses mutilations. Ce sont néanmoins les seuls bâtiments qui conservent encore aujourd'hui quelques vestiges de la fin du Moyen Age et du début de l'époque moderne.

Une commune prospère au 19e siècle

Le 19e siècle constitue la période la plus prospère de l'histoire de la commune, ce que reflète l'évolution de la démographie : entre 1830 et 1885 environ, on compte entre 700 et 800 habitants, principalement répartis entre le bourg et le Breuil. Le bourg est alors l'un des plus gros bourgs de l'ancien canton d'Aulnay. On y trouve une perception et un bureau de régie, l'église est le siège d'une succursale. Le soin apporté à l'ornementation de la mairie souligne cette importance.

Les années 1850-1860 semblent particulièrement riches pour la commune, qui se dote d'une école, d'un presbytère, procède à la clôture du cimetière, aménage une sacristie à l'église… Une école de filles avec pensionnat, tenue par des religieuses, s'installe également dans la commune. Le bourg et le Breuil comptent alors de nombreux commerces et artisans.

Les terres de Cherbonnières se partagent alors entre terres labourables et vignes. Ces dernières produisent des vins estimés dont on fait de l'eau-de-vie. La prospérité tirée de la vigne se lit dans l'architecture de certaines demeures, notamment au village du Chai : maison de maître et grande demeure saintongeaise s'y côtoient, évoquant le pays de Matha et ses riches domaines viticoles tout proches.

On cultivait également le froment, l'avoine et l'orge bien que, d'après les écrits de Gautier, (chef de division à la préfecture) dans les années 1840, la nature du sol ne s'y prête pas particulièrement. Cherbonnières était également, d'après le même document, réputée pour ses élevages de moutons, d'une race particulière, de petite taille mais dont la chair était particulièrement délicate. On y élevait également bœufs, chevaux et mules.

La crise du phylloxéra des années 1870-1880 cause l'arrêt brutal de cette période de prospérité. Le vignoble est entièrement décimé, c'est le début de l'exode rural pour la commune.

Les évolutions du 20e siècle

Le 20e siècle est marqué par une diminution constante de la population, passant de 650 vers 1900, à 550 vers 1950. La désertification s'accélère dans la 2e moitié du 20e siècle, avec environ 350 habitants en l'an 2000.

Cherbonnières reste, au début du 20e siècle, un gros bourg assez actif avec de nombreux commerces et artisans. Il bénéficie de sa position sur la route reliant les petites villes d'Aulnay et de Matha. Il compte une coopérative agricole, une coopérative de panification et une coopérative laitière, fruits de la reconversion du monde agricole suite au phylloxéra.

En 1909, Cherbonnières obtient un bureau de poste, qui s'installe dans l'ancien presbytère. Il sera déménagé dans les bâtiments de la laiterie dans les années 1950. En 1926, la place centrale, qui était auparavant un vaste quéreux privé, est achetée par la commune pour devenir le principal espace public. En 1936, la municipalité décide la création d'une seconde école au village du Breuil, distant du bourg de 3 km, et dont il est séparé par de mauvais chemins. Cette école, ouverte en 1939, perdurera près de trente ans.

Dans les années 1950, les écoles vétustes du bourg sont remplacées par un imposant groupe scolaire (l'ancienne école de garçons est réhabilitée en salles pour la mairie et en salle des fêtes). L'école de Cherbonnières sera toutefois fermée dans les années 2000 : les élèves se rendent désormais à l'école de Saint-Pierre-de-Juillers (à Courgeon). La 2e moitié du 20e siècle voit la fermeture des coopératives et des petits commerces.

En ce début de 21e siècle, Cherbonnières connaît un léger regain de sa population : on dénombrait 364 Cherbonnièrois en 2014. L'activité est principalement agricole, mais la proximité d'Aulnay permet aux habitants de bénéficier de nombreux commerces et services à quelques minutes de route.

La commune de Cherbonnières se situe à environ vingt kilomètres à l'est de Saint-Jean-d'Angély, à six kilomètres d'Aulnay-de-Saintonge, au sein de la Communauté de Communes des Vals de Saintonge, en Charente-Maritime. Elle est entourée par les communes d'Aulnay et de Villemorin au nord, de Loiré sur Nie à l'est, de Gibourne et Saint-Martin-de-Juillers au sud, de Saint-Pierre-de-Juillers et de Paillé à l'ouest.

La commune possède un territoire de 2200 hectares. Il est en partie délimité au sud par la rivière la Nie, affluent de la Boutonne, et traversé à proximité du bourg par un ruisseau prenant sa source à Grandfief. Les vallées de ces deux cours d'eau forment les principaux reliefs du territoire communal, qui ondule doucement entre 44m d'altitude, au nord-ouest au fond de la vallée du ruisseau de Grandfief, et 94m d'altitude pour le point le plus élevé, sur les hauteurs du Breuil.

Cherbonnières appartient aux plaines céréalières du nord de la Saintonge. Les sols sont constitués de plaines calcaires, dévolues en quasi-totalité à l'agriculture. On compte très peu d'espaces boisés (principalement autour de la Burgaudrie et près du Breuil). Les paysages, principalement composés de vastes champs remembrés, sont généralement ouverts.

La commune est principalement traversée par la départementale 121 entre Aulnay et Matha, qui passe par le bourg. Mais au centre de ce dernier, elle rencontre d'autres axes secondaires, la départementale 220 entre Paillé et Le Gibourne et la départementale 221 entre Néré et Saint-Martin de Juillers, en direction de Saint-Jean d'Angély. Un réseau de chemins communaux dessert les villages.

L'habitat est très majoritairement groupé dans deux pôles, le bourg au sud et le gros village du Breuil, dont la taille est comparable, au nord. On compte trois hameaux, représentant une ou quelques propriétés : le Chai, la Burgaudrie, Grandfief et le village récent de Petitfief.

Références documentaires

Documents figurés
  • S.d. (fin du 18e siècle) : "plan et carte géométrique de la seigneurie de Grandfief, dédié et présenté à M. le marquis de Beauchamp, par son très humble serviteur Brault", commune de Cherbonnières.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 1 J 293
  • 1834 : plan cadastral napoléonien de la commune de Cherbonnières.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5121
Bibliographie
  • Chapacou, Denis. Aulnay, un voyage dans l'histoire du canton, 1995.

    p. 20-21
  • Chapacou, Denis. Garnier, Christian. Le canton d'Aulnay. Saint-Cyr sur Loire : Ed. Alan Sutton, 2004.

    p. 72-75
  • Chapacou, Pierre. Le Grand Fief, Le Breuil et Cherbonnières, 1950.

  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 115-116
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 134
  • Hillairet, Fabrice. Cherbonnières à travers les actes, 2009.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély : Canton d'Aulnay. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1968.

    p. 26-30
  • Vanier G. "Découverte de sépultures à Cherbonnières". Recueil des Actes de la Commission des Arts et Monuments de la Charente-Inférieure, 1939.

    p. 186-187