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Contré : présentation de la commune

Dossier IA17035017 réalisé en 1999

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Contré

Bribes d'histoire de Contré au Moyen-Age

Aucun élément ne permet d'éclairer les origines de ce territoire antérieurement au 12e siècle. Aucun document ni fouille n'a permis d'établir l'occupation des lieux avant cette période. La toponymie non plus ne fournit aucune piste et l'origine du nom "Contré" demeure obscure. Toutefois, des vestiges protohistoriques découverts sur les communes voisines attestent des premières occupations humaines dans cette région.

Le site de Contré devait être favorable à une telle implantation de par sa position dominante, la présence d'une fontaine... Cette fontaine réputée sacrée est mentionnée par un cartulaire : s'agit-il de celle au lieu-dit actuel La Fontaine ?

Du Moyen Age, il reste bien évidemment l´église romane Saint-Bernard, du 12e siècle, classée Monument Historique depuis 1913. La partie orientale de l'église a été surélevée pour accueillir un chemin de ronde, vraisemblablement au 15e siècle, pendant la guerre de Cent Ans. Le chevet a quelque peu pris l'apparence d'une tour défensive depuis ces modifications.

A proximité se trouvait le logis seigneurial, remplacé par des constructions du 19e siècle. Selon la tradition, il aurait servi de cantonnement aux troupes de Du Guesclin lors de la prise du château d'Aulnay en 1372, en pleine guerre de Cent Ans. La seigneurie de Contré est citée dès le 13e siècle. En 1335, une sentence aurait été prononcée contre le seigneur des lieux pour avoir enlevé la fille d'un certain "Monseigneur Marquisaint". La seigneurie de Chantemerlière apparait un siècle plus tard, mais le logis a été démoli.

Le bourg s'est donc développé au Moyen Age autour de son église. Les vestiges de cette époque sont ténus, par comparaison par exemple avec le bourg très proche de Saint-Mandé sur Brédoire. On ignore toutefois comment expliquer une telle différence. Contré présente encore quelques ouvertures à accolade du 15e ou du 16e siècle. Des silos souterrains, peut-être médiévaux, ont également été signalés dans les années 1990 et 2000.

Avant la Révolution

Les textes manquent pour mieux savoir ce qu'était la vie à Contré en ces temps reculés. Il semble que les guerres de Religion marquèrent profondément la localité. Chantemerlière eut à subir nombre de destructions et Contré servit de base à une attaque des Huguenots contre les Ligueurs positionnés à Saint-Mandé.

Au début du 17e siècle, la famille du Bois succède à la famille Horry à la tête de la seigneurie de Contré. Pendant ce temps, la famille de Cumont possède celle de Chantemerlière. Il faut attendre 1689 pour que les deux fiefs soient réunis dans de mêmes mains, celles de Charles de Courbon, comte de Blénac, sénéchal de Saintonge. A cette époque, le logis de Chantemerlière possède une verrerie en activité, dont furent retrouvés quelques vestiges.

Du 17e siècle au milieu du 19e siècle, la population de Contré est plutôt stable, autour de 350 habitants. La population protestante semble avoir été relativement importante. Un cimetière protestant aurait existé au centre du village de Chantemerlière et Madame de Choisy, qui résidait au logis, était chef du culte protestant. Toutefois, un couvent est également mentionné (il aurait été détruit par un incendie en 1793) mais aucun document n'a été retrouvé le concernant. Plusieurs hameaux semblent avoir disparu avant la Révolution, comme Pillerit, la Rochelaise ou Virolet.

La localité vit alors de l'agriculture (principalement le blé) et de la viticulture : la vigne produit des vins pour la fabrication d'eaux-de-vie. On compte deux moulins à vent aujourd'hui disparus (l'un a été détruit en 1875). L'élevage se résume à quelques petits troupeaux de petit bétail. Dans leur cahier de doléances aux Etats Généraux de 1789, les habitants de Contré font état du peu de revenu que leurs procurent leurs terres, en grande partie incultes ou difficiles. Les "mauvais bois" appartenant au seigneur ne sont guère plus profitables et ne servent qu'à alimenter les fours domestiques.

Un lent déclin, du 19e siècle au 20e siècle

Le 19e siècle voit l'essor économique de la région, mais celui-ci ne se ressent que peu sur la démographie communale qui ne s'élève qu'à 380 habitants vers 1850. Contré est-elle restée quelque peu en marge de cette prospérité ? Dans les années 1875 le phylloxéra ravage le vignoble et, en dépit des différents essais d'adaptation de nouveaux plants de vigne, il ne reprit jamais la même importance. Une conversion vers l´élevage s'est donc établie à la fin du siècle, avec la création de laiteries comme celles d'Aulnay ou de Néré.

Il faut sans doute modérer l'impact de la crise du phylloxéra sur la commune, puisque son déclin démographique s'est enclenché avant, dès les années 1850. L'exode rural semble y avoir été plus précoce que dans d'autres localités voisines. Le phylloxéra a donc aggravé une situation déjà établie.

Au 19e siècle et 20e siècles, la commune se modernise et procède à la construction d'une école et d'une mairie et à l'amélioration des voies de communication. Le voisinage de la petite ville d'Aulnay, chef-lieu de canton, lui met à disposition de nombreux services et commerces. La commune est traversée au sud par la ligne de chemin de fer de Saint-Jean d'Angély à Civray, une station est implantée à Villemorin, à peu de distance du bourg de Contré. Celle-ci fonctionne jusqu'au milieu du 20e siècle. Le téléphone, l'électricité et l'adduction d'eau sont mis en place au cours du 20e siècle.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Léopold Robinet, natif de Contré, organise le premier mouvement de résistance armée en Charente-Maritime, appelé "Honneur et Patrie". Une plaque commémorative a été installée à l'entrée du village de Chantemerlière. Un peu plus tôt, Alcide Duchêne, habitant de Chantemerlière, se sera illustré par son érudition et ses talents d'illustrateurs, notamment à travers ses dessins humoristiques publiés dans la presse à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Comme de nombreuses communes rurales, Contré subit au 20e siècle une certaine désertification. Le bouleversement de l´agriculture, dû à la mécanisation des travaux des champs, a fait disparaître les petites exploitations familiales qui maintenaient dans les villages bon nombre de personnes. Quelques exploitations demeurent néanmoins. La commune bénéficie toujours de la proximité d'Aulnay qui concentre de nombreux services. Contré compte aujourd'hui environ 120 habitants, appelés les Contrésiens.

Située à l´extrémité nord-est du département de la Charente-Maritime, tout près des Deux-Sèvres, la commune de Contré appartient à l'arrondissement de Saint-Jean d´Angély. Elle se situe à environ 4 km d´Aulnay de Saintonge et 15 km de Saint-Jean d´Angély. Les communes limitrophes sont Saint-Mandé sur Brédoire au nord, Vinax à l´est, Néré et Villemorin au sud, Aulnay à l'ouest.

Contré possède une superficie de 1 231 hectares sur lesquels se répartissent le bourg et seulement deux hameaux, Chantemerlière et la Fontaine. Le territoire communal possède un relief assez vallonné, allant de 71m d'altitude à la limite de Villemorin au sud-ouest, jusqu'à 173m près de la limite est de la commune. Il s'agit d'ailleurs du point culminant du département de la Charente-Maritime.

La frange est du territoire de Contré, presque entièrement boisée, est occupée par une portion de la forêt domaniale d'Aulnay. Cette forêt, inscrite au pré-inventaire des richesses naturelles de la Charente-Maritime, ainsi que l´ensemble du massif forestier Aulnay-Chizé sont des reliques de l'ancienne "sylve d'Argenson", une immense forêt séparant le Poitou et la Saintonge progressivement défrichée au cours des siècles. En grande partie dévastée par la tempête de 1999, la forêt d'Aulnay panse toujours aujourd'hui ses plaies. Les deux principales essences représentées sont le chêne et le hêtre.

La commune n'est traversée par aucun axe de communication important, mais les routes départementales 133 d'Aulnay à Néré et 129 d'Aulnay à Chef-Boutonne passent à proximité. Elles permettent de rejoindre en quelques minutes la départementale 950 reliant Saint-Jean d'Angély à Aulnay, et plus largement Bordeaux à Poitiers.

En 1979, la création du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, Val-de-Sèvres et Vendée regroupe 108 communes des marais et massifs forestiers des départements de la Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée, dont Contré. La perte du label en 1996 entraîne une mobilisation des territoires permettant la recréation du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin en 2014, sur un périmètre plus restreint de comprenant cette fois pas la commune. Aujourd'hui, la forêt d'Aulnay est classée Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et appartient au réseau Natura 2000.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de la commune de Contré, 1834.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5125
Bibliographie
  • Association pour l'archéologie et l'histoire d'Aulnay et de sa région. Bulletin de liaison, t. 21, 2004.

    p. 6-7
  • Chapacou, Denis. Aulnay, un voyage dans l'histoire du canton, 1995.

    p. 23-24
  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 118
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 134
  • Hercule, Philippe. Paroisses et communes de France, dictionnaire d'histoire administrative et démographique, Charente-Maritime. Paris : Editions du CNRS, 1985.

  • Lamy, R. Notes et documents sur Aulnay et sa région. Melle, 1941.

    p. 212-213
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély : Canton d'Aulnay, t. 2. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1970.

    p. 35-39
Multimedia
  • Site internet : http : //cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/ [Des villages de Cassini aux communes d'autrefois].

  • Site internet : http : //www.insee.fr.