Logo ={0} - Retour à l'accueil

Demeure et exploitation vinicole dite le Château Saint-Sorlin

Dossier IA17043479 réalisé en 2010

Fiche

  • Le logis vu depuis le sud-est.
    Le logis vu depuis le sud-est.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • cour
    • chai
    • distillerie
    • orangerie
    • logement
    • écurie
    • étable
    • mare
    • hangar
    • belvédère

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, chai, distillerie, orangerie, logement, écurie, étable, mare, hangar, belvédère
Dénominationsmaison, établissement vinicole
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Sorlin-de-Conac
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 7 et 9 route de
Saint-Thomas
Cadastre : 1828 A 178 à 188 ; 2009 A 2769, 2770 et 2771

Le domaine du Château Saint-Sorlin appartient au début du 19e siècle aux Fourestier, riche famille protestante (voir tableau généalogique ci-joint), émigrée à la révocation de l'édit de Nantes en 1685 et rentrée en France à la fin du 18e siècle. Cette famille possède également le Mérin d'Or et plusieurs exploitations de marais desséchés (notamment les métairies de la Bordelaise et de la Parisienne). Acquéreur de biens nationaux sous la Révolution, et notamment de marais desséchés, maire de Saint-Sorlin-de-Cônac en 1800 puis en 1808 et à nouveau de 1830 à 1847, Jérémie Fourestier, époux de Charlotte Fourestier, demeure au Mérin d'Or mais achète le Château Saint-Sorlin en 1804 à Aimée Beaupoil de Saint-Aulaire. La propriété est représentée sur le plan cadastral de 1828, juste au nord du bourg. A cette époque, l'emprise des bâtiments est très différente d'aujourd'hui. La maison de maître est toutefois déjà située au centre de l'ensemble, un peu en retrait par rapport à la rue. Le domaine comprend déjà aussi un belvédère, situé tout au nord, au sommet du coteau, ainsi que les deux piliers du portail placé sur la route de Saint-Thomas et qui portent la date 1821.

Cette même année, le fils de Jérémie Fourestier, Pierre-Jérémie épouse Elisabeth Renaudet, quitte le Mérin d'Or et s'installe au Château Saint-Sorlin. Vers 1824, son beau-père, Elie Renaudet vient vivre avec eux. En 1838, Pierre-Jérémie Fourestier ajoute une construction au sud de l'ensemble (parcelle 188 du cadastre de 1828). Entre 1850, selon les archives familiales, et 1862, selon le cadastre, il effectue d'importants travaux dans le domaine. La moitié en long de la maison de maître, côté rue, est reconstruite et surélevée. Les deux façades, côté rue et côté jardin, sont refaites dans un style néoclassique tardif à la mode à l'époque dans le Bordelais. Pierre-Jérémie Fourestier fait également réaménager l´intérieur. C'est sans doute aussi à lui que l'on doit la reconstruction du belvédère. Il ne devient pourtant réellement propriétaire du domaine, ainsi que de la métairie de la Bordelaise, qu'à la mort de son père, Jérémie Fourestier, en 1856, tandis que son frère Isaac-Edouard hérite du Mérin d'Or et de la métairie de la Parisienne. En 1873, Pierre-Jérémie Fourestier agrandit son domaine vers le sud-ouest en achetant la ferme de la Vigerie.

A sa mort en 1876, ses biens passent à sa fille, Elise Fourestier épouse de Louis Prat, et à ses deux petites-filles, Berthe et Louisa Prat. La première a épousé Félix Carrière, ancien élève de l´école polytechnique, inspecteur des forêts à Royan ; la seconde est mariée à Alexandre Wachter, demeurant 24 quai des Chartrons à Bordeaux, négociant en vins aux établissements Eschenauer, vice-consul de Russie à Bordeaux et propriétaire du château viticole Olivier, à Leognan, au sud de Bordeaux. Les deux sœurs Carrière et Wachter viennent également d'hériter du Mérin d´Or de leur granc-oncle, Isaac-Edouard Fourestier. Félix Carrière et Alexandre Wachter commencent tout de suite à exploiter le domaine, par exemple en construisant des serres au Château Saint-Sorlin, en 1875 selon le cadastre.

En 1889, leur belle-mère Elise Fourestier-Prat partage ses biens. Elle donne le Château Saint-Sorlin et la métairie de la Bordelaise à Félix Carrière, le Mérin d´Or et les métairies de la Parisienne et du Magasin à Alexandre Wachter. Entre 1900 et 1908, selon le cadastre, Félix Carrière modernise son domaine : il construit de nouveaux chais le long de la rue, aménage une nouvelle distillerie dans le vieux bâtiment construit en 1838 au sud du domaine, édifie au nord un logement de domestiques, avec étable et réfectoire pour les ouvriers viticoles, aménage un étang à proximité, ajoute un autre logement de domestique au bout de l´écurie, etc. Il fonde une société de pépinières qui contribue à importer en France et en Europe un plant de vigne américain résistant au phylloxéra. Il y associe Paul Gros qui devient son gendre en 1900 et auquel il confie la gestion du domaine dès 1911. Paul Gros fait, entre autres, installer l´éléctricité en 1913 et un nouveau cuvier en 1923. En 1920, il achète un autre domaine viticole, le château d´Orignac, à Saint-Ciers-du-Taillon. En 1943, il acquiert le logis qui se trouve au sud (peut-être ancien presbytère) et qui sert alors d´école. Le Château Saint-Sorlin est encore aujourd´hui une exploitation vinicole, tenue par les descendants des familles Fourestier-Carrière-Gros.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1850, daté par source
1862, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le domaine du Château Saint-Sorlin se situe dans le bourg, au nord, le long de la route de Saint-Thomas. Le logis est placé au centre de l´ensemble, entre des dépendances au sud, des logements et dépendances au nord. La propriété est délimitée sur la rue par un muret avec grille. L´accès est matérialisé par un portail en ferronnerie encadré par des chasse-roues et par deux piliers octogonaux surmontés d´un pot en métal.

Le logis comprend un étage de soubassement, accessible par la façade latérale droite, un étage carré et un comble à surcroît, sous un toit à croupes orné d´épis de faîtage en zinc. Sa façade sur la rue, à la fois sobre et imposante, est construite en pierre de taille. Elle est encadrée par deux pilastres, et marquée par un bandeau de niveau et une corniche à denticules qui se poursuivent sur les trois autres côtés du bâtiment. La façade est rythmée par huit travées d´ouvertures aux encadrements moulurés. La troisième travée à droite comprend une porte en plein cintre à imposte ajouré. Les deux travées centrales s´inscrivent dans une légère avancée coiffée d´un fronton, sous une partie de la façade couverte en pignon. Ces deux travées comprennent une porte-fenêtre à l´étage, donnant sur un balcon en ferronnerie. Au-dessus, le fronton est percé d´un oculus qui éclaire le comble.

La façade sur jardin du logis est tout aussi sobrement ornée et agencée. Si elle n´est pas construite en pierre de taille comme la précédente, les pleins de travées sont appareillés. Cette façade est rythmée par neuf travées d´ouvertures, chacune incluant une petite baie en demi-cercle au niveau du comble, à l´exception de la travée centrale : ici, cette petite baie est remplacée par un fronton qui surmonte la fenêtre de l´étage. La troisième travée à droite comprend une porte en plein cintre à l´encadrement mouluré et aux montants faits de pilastres. Sur la façade latérale nord, on observe une porte à linteau droit et à montants également faits de pilastres. Une cloche est fixée au sommet de la façade.

Les dépendances qui s´étendent au sud du logis sont consacrées à l´activité vinicole. A gauche du portail se trouve un vaste cuvier couvert d´un toit en tuile mécanique, avec une croupe uniquement sur la gauche, côté rue. Le bâtiment ouvre au nord par une grande porte charretière centrale, encadrée par quatre fenêtres en plein cintre. Son mur pignon ouest est percé d´un oculus et de quatre grandes portes charretières par lesquelles l´on faisait entrer la récolte de vin. A l´intérieur se trouvent un fouloir mécanique et de grandes cuves à vin. A l´arrière du cuvier, le long de la rue, s´étend un grand chai où se succèdent les cuves en métal, puis, en retour d´équerre, un autre chai destiné à conservé les fûts de pineau. Un troisième bâtiment, perpendiculaire au précédent, abrite la distillerie où se trouvent deux alambics, avec chauffe-vin, foyer en brique et cylindre réfrigérant ou pipe (voir schéma ci-joint). L'un des alambics (au fond) a été fabriqué par l'entreprise Maresté, l'autre par la chaudronnerie Chalvignac, de Jarnac-Champagne.

A l´opposé de la propriété, à proximité du logis, au nord, le long de la rue, se trouve une orangerie, que jouxte une buanderie. Construite en pierre de taille, l´orangerie est couverte d´un toit à longs pans en ardoise. Sa façade est sur le mur pignon sud. Elle est percée d´une large porte en plein cintre et, au niveau du comble, d´une baie en demi-cercle identique à celles de la façade sur rue du logis. Le mur qui surplombe la rue est percé de trois fenêtres en plein cintre, du même style.

Au-delà de l´orangerie, vers le nord, se situent deux bâtiments de plan allongé. Celui à droite, perpendiculaire à la rue qu´il surplombe, comprend un ancien logement de domestiques et, dans son prolongement à droite, des écuries. Le logement présente trois travées d´ouvertures et trois autres baies au rez-de-chaussée. Son comble est éclairé par trois baies en demi-cercle identiques à celles de la façade sur jardin du logis. Dans l´écurie, on observe d´anciens boxes à chevaux et un four à pain inscrit dans une cheminée à trumeau mouluré. L´autre bâtiment de plan allongé, vers l´ouest, est constitué, de droite à gauche, d´un garage à voitures à cheval, d´une étable, d´un magasin et d´un logement de domestiques. Placé à l´étage, ce dernier est accessible par un escalier extérieur en pierre. A l´arrière se trouve un ancien réfectoire pour ouvriers viticoles, qui donne sur une mare. Au nord de ce bâtiment se situe un troisième ensemble. Il regroupe un logement de domestiques, un atelier, un pigeonnier, des toits à porcs et un hangar à poteaux en bois. Le mur pignon sud de ce hangar est décoré d´un bandeau souligné par une génoise qui se poursuit sur la ligne du toit.

Un chemin part du hangar vers le nord, à travers les vignes et jusqu´au sommet du coteau. Il aboutit à un belvédère qui offre une vue dégagée sur l´estuaire de la Gironde. De plan octogonal, ce petit bâtiment est construit en pierre de taille. Il comprend un étage et est couvert d´un toit en terrasse avec garde-corps en ferronnerie. Un bandeau d´appui et une corniche ceinturent l´édifice dont quatre des pans sont percés d´une travée d´ouvertures. Ces dernières sont en plein cintre, avec imposte ajouré, arc mouluré et sommiers saillants, le tout rappelant certaines ouvertures de la façade sur rue du logis. Toujours au milieu des vignes, le chemin s´oriente ensuite vers le nord puis l´est et rejoint la route de Saint-Thomas au sud des Blanchards. Là, l´entrée du vignoble est marquée par deux piliers maçonnés octogonaux surmontés de vasques en métal, le tout rappelant l´entrée de la propriété au niveau du logis.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagesétage de soubassement, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier de distribution extérieur
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3E 70/612. 1804, 3 novembre (12 brumaire an XIII) : dame Eymée Etiennette Beaupoil de Saint-Aulaire, veuve de Louis Jacques de Beaumont, demeurant à Bordeaux, vend pour 60.000 francs à Jérémie Fourestier, propriétaire demeurant au Mérin d´Or, un domaine "dont le principal manoir est placé au bourg de Saint-Sorlin-de-Cônac, qui consiste en maison de maître, servitudes, issues, cour, jardin, vignobles, terres labourables, pré et bois".

  • A. D. Charente-Maritime. 3E 70/899. 1856, 10 novembre : devant Lys, notaire à Saint-Ciers-du-Taillon, partage entre Isaac et Jérémie Fourestier des biens de leurs parents. L'ensemble comprend le Mérin d´Or, le domaine de Saint-Sorlin et deux métairies dans les marais. Edouard reçoit le Mérin d´Or et la Parisienne. Jérémie reçoit Saint-Sorlin et la Bordelaise.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4097. 1828 : tableau indicatif des propriétés foncières, état de section.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4098 à 4102. 1831-1939 : matrices cadastrales des propriétés foncières.

  • A. D. Charente-Maritime. 3Q 6497, folio 522 : transcription de l´acte de liquidation et partage de la communauté qui existait entre Pierre Jérémie Fourestier et son épouse née Renaudet, devant notaire à Saint-Ciers-du-Taillon, le 24 mai 1860. A. D. Charente-Maritime. 3Q 6548, folio 41 : transcription de l´acte de donation partage par Louise-Lafoi Fourestier dite Elise veuve Prat, demeurant au bourg de Saint-Sorlin, en faveur de ses deux filles épouses Carrière et Wachter, le 29 septembre 1889 devant Coudret, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac.

  • Archives privées, archives de la famille Fourestier-Carrière-Gros.

Documents figurés
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4941. 1828-1842 : plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac.

  • Plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac établi entre 1828 et 1842.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4941
  • Photographie.

    Collection particulière
Bibliographie
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : éditions Patrimoines et médias, 2008.

  • Le canton de Mirambeau, Mémoire en Images, Ed. Alan-Sutton, 2003.

Multimedia
  • Site internet de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes, dossier en ligne sur le patrimoine industriel.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.