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Donjon, dit La Tour Carrée

Dossier IA86007878 réalisé en 2010

Fiche

  • Donjon.
    Donjon.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • ensemble fortifié
    • donjon
    • tour
    • église
    • motte
Parties constituantes non étudiéesensemble fortifié, donjon, tour, église, motte
Dénominationsdonjon, château fort
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Loudun
AdresseCommune : Loudun
Cadastre : 1838 B1 323 ; 2014 AO 232

La ville s’est progressivement développée autour du castrum de Loudun mentionné dans les textes avant l’an mil. Si son existence dès l’an 800 peut prêter à discussion, la mention qui est attestée en 926 suffit à faire de ce château l’un des plus anciens du comté de Poitou. C’est alors le siège d’une viguerie. Vers 975, Geoffroy Grisegonelle, comte d’Anjou, se soumet au comte de Poitou Guillaume et reçoit de lui en bénéfice le château de Loudun. On attribue traditionnellement à son fils, le fameux Foulques Nerra, la construction de la tour carrée aujourd’hui conservée. En réalité, rien ne permet dans les textes de lui attribuer tout ou partie du château. Il accorde cependant une attention particulière à cette place frontière, qui est, de son temps, désigné comme le siège d’un pagus. La garde en est confiée à un fidèle vassal ; on conserve le nom d’Albéric de Mont-Jean qui, vers 1020, favorise la reconstruction et l’érection en collégiale de l'église Sainte-Marie et Saint-Léger du château. Une autre église apparait également dans le castrum avant la fin du XIe siècle : le prieuré Notre-Dame, attesté vers 1060. Les historiens du 19e siècle ont ajouté également l’église Saint-Pierre du Château, qui aurait été transférée au 13e siècle au cœur de la ville, pour devenir Saint-Pierre du Marché. Cette dernière hypothèse est débattue aujourd’hui.

Les comtes d’Anjou conservent cette place frontière aux 11e et 12e siècles. C’est l’un des points d’appui d’Henri II Plantagenêt dans la seconde moitié du XIIe siècle. Elle est prise en 1204 par le roi de France Philippe Auguste, qui y entreprend des travaux de fortification et la construction d’un nouveau donjon. La châtellenie reste dans le domaine royal jusqu’en 1366, lorsque Charles V la cède à son frère Louis, duc d’Anjou. Après 1374, celui-ci fait bâtir contre la tour carrée un palais prestigieux avec des appartements privés et une grande salle seigneuriale. Il était désigné comme le palais du roi de Sicile. Loudun revient à la couronne en 1480 à la mort de René d’Anjou. Sur l’ordre de Louis XIII, à partir de 1622, on rase systématiquement les fortifications et les bâtiments du château, on comble les fossés et on abandonne les églises déjà ruinées. De tout le château de Loudun, seule la tour carrée est conservée, comme le dernier symbole du pouvoir seigneurial dans la ville.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle

La tour carrée de Loudun est le vestige d’un très grand château qui occupait le sommet de la colline qui domine la ville, sur une surface de plus de 4 hectares. L’enceinte ovoïde du castrum est encore lisible çà et là, élevée en petit appareil renforcée ponctuellement par des tourelles rondes. Depuis les fouilles menées à la fin du 19e siècle, on considère qu’il s’agit d’une enceinte gallo-romaine, rehaussée et réutilisée au Moyen Âge. Cette analyse a été nuancée récemment par Luc Bourgeois et Béatrice Favreau, qui posent l’hypothèse d’une fortification du haut Moyen Âge. Différents bâtiments ont été fouillés à l’intérieur de l’enceinte ; seule la grande tour carrée - ou donjon - s’élève encore sur le site. Cette tour maîtresse n’est pas exactement bâtie sur un plan carré, mais légèrement trapézoïdal (9,50 à 10,40 m de longueur pour chaque côté). Les relevés d’architecture réalisés dans les années 1980 montrent clairement une dissymétrie, que l’on peut expliquer par le fait que cet ouvrage n’a pas été construite ex nihilo mais a dû s’adapter à des constructions préexistantes. Les fouilles de Moreau de la Ronde ont clairement mis en évidence que l’édifice est venu se coller dans l’angle d’un bâtiment déjà imposant. Ce premier édifice, bâti en moellons, se distingue nettement de la tour carrée élevée en bel appareil de pierre de taille calcaire. Cet appareil est soigneusement monté par assises, assemblé à joints fins mais non réglé. L’élévation, qui atteint plus de 30 m de hauteur, est rythmée par des contreforts plats. Sur la face nord, un mur de pierre de taille a été plaqué entre les contreforts, au même nu, et ce jusqu’au niveau du premier étage. Cet aménagement est ancien puisqu’il apparaît déjà sur l’ancien cadastre. Les photographies anciennes sont nombreuses, montrant l’ancien parement de pierre de taille très érodé, avant des reprises entières des élévations. Louis Charbonneau-Lassay livre d’ailleurs, en 1915, une série d’observations archéologiques qui ont manifestement été gommées lors du ravalement des parements et des restaurations du 20e siècle : une seconde porte, percée pour mettre en communication la tour et les logis des ducs d’Anjou, les traces d’arrachements de la voûte en berceau d’une salle basse et celles d’un système d’échelle donnant accès aux parties hautes de la tour. D’autres traces sont encore parfaitement lisibles : les niveaux supérieurs de la tour apparaissent clairement sur planchers. Les lignes horizontales de trous carrés, qui recevaient les têtes des solives encastrées, en témoignent. Ces solives reposaient sur des sablières installées dans une saignée du mur. Plusieurs d’entre elles sont encore conservées. Les parties hautes de la tour présentent des traces particulièrement intéressantes des superstructures la couronnant. Le sommet a été récemment modifié, et le parapet arasé et bétonné. D’anciens clichés le montrent cependant percé de trous carrés régulièrement espacés, correspondant à un niveau de hourds. Pour Louis Charbonneau-Lassay, ces trous auraient été réalisés a posteriori dans le muret ménagé en léger retrait. Il n’est plus possible de le vérifier. En revanche, on distingue encore très bien les vestiges des chéneaux de la construction originelle. À l’extérieur comme à l’intérieur, des arases formées de dalles de grès brun vert à ciment siliceux signalent le dispositif qui se situe bien au-dessous de la tête ruinée des contreforts. Il n’est donc pas nécessaire de grimper sur la tête des murs pour observer la marque de la pose de la toiture. Elle apparaît aux deux tiers de la hauteur, sur l’élévation interne, à 5 ou 6 m du sommet. Les eaux de pluie étaient recueillies et évacuées à ce niveau par des dalles, des chéneaux et des gargouilles traversant les murs. La toiture était posée directement sur la tête du mur, sans la recouvrir entièrement, et disparaissait entièrement derrière le parapet surélevé de plusieurs mètres et portant le chemin de ronde. De l’extérieur, elle n’était donc absolument pas visible.

La tour carrée est étonnamment vide et impropre à tout usage résidentiel. Les parements ne sont percés que de rares fentes de jours, et il n’existe ni cheminée ni latrines. Le volume intérieur est étroit (5 m de côté) et sans doute très sombre jusqu’à la toiture. L’accès se faisait par la porte percée sur la face nord, à plusieurs mètres de hauteur ; elle était sans doute desservie par une passerelle ou un avant-corps. Quant à l’accès percé au pied de la tour, il a sans doute été aménagé au 18e ou au début du 19e siècle.

Les caractéristiques générales de la tour carrée permettent sans hésitation de la rattacher à la famille des donjons romans des 11e-12e siècle en France. Elle est traditionnellement attribuée à Foulques Nerra, comte d’Anjou et seigneur de Loudun de 987 à 1040. Son architecture ne contredit pas une telle attribution, mais les éléments datant font défaut. La qualité de sa construction, en bel appareil de pierre de taille, et sa grande élévation témoignent en tout cas d’une affirmation ostentatoire du pouvoir comtal.

Murscalcaire grand appareil
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1877/07/14
Précisions sur la protection

Le donjon : classement par arrêté du 14 juillet 1877.

Annexes

  • Charbonneau-Lassay, Louis, Les châteaux de Loudun d’après les fouilles archéologiques de M. J. Moreau de La Ronde, Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3e série, t. 8, 1915, p. 165.

    La tour carrée

    I. Dimensions de la tour; les contreforts

    La Tour-Carrée ou petit donjon oriental du château féodal de Loudun, encore debout, s'érige sur un tracé superficiel trapézoïdal-carré qui mesure à l'extérieur 9m. 50 au nord et 9 m. 75 à l'orient, 10 m. 40 au midi et 10 m. à l'occident. Son intérieur mesure au nord 4 m. 95 à l'orient, 5 m. 78 au midi, 4 m. 97 à l'occident, 5 m. 37. Dans ces mesures sont comprises les épaisseurs des contreforts de chaque extrémité.

    Les murs de cette tour, entre les contreforts, ont une épaisseur de 1 m. 80 sur trois faces, mais ils atteignent 2 mètres au midi. Sa hauteur totale, du niveau du bas étage au rebord intérieur du chemin de ronde, est de 31 mètres, auxquels il convient d'ajouter la hauteur des parapets à l'extérieur, par suite de l'exhaussement des terrains, sa hauteur n'est que de 27 m. 50.

    Cette tour est buttée de contreforts droits, à section rectangulaire, ayant en moyenne 0 m. 50 d'épaisseur et variant en largeur de 0 m. 75 à 1 m. 05 ou 1 m. 10 selon qu'ils sont distribués par trois ou par quatre sur chaque face. En effet, les faces orientale et occidentale de la Tour en portent quatre, tandis que trois seulement, un peu plus forts il est vrai, s'accolent au nord et au midi. Ces contreforts vont en s'amortissant obliquement contre la maçonnerie murale du sommet à partir du niveau de l'ancienne terrasse.

    II. Étages intérieurs

    L'étage inférieur ou rez-de-chaussée, en contrebas du sol, aujourd'hui en partie remblayé, atteignait la hauteur exceptionnelle de 10 mètres. Les arrachements qui se remarquent sur le revêtement intérieur du bas de la Tour permettent de supposer que ce premier étage était voûté(1) comme l'était celui du donjon de Langeais, qui a tant de rapports avec le nôtre, et comme encore celui de Pressigny, un peu plus récent. Cette hypothèse, qui me parait fondée, ne permet guère néanmoins de penser à autre chose qu'à une simple voûte en berceau, trouées à l'angle sud-est d'une ouverture en œil-de-bœuf horizontal donnant passage de la pièce où est la porte de la Tour dans l'étage inférieur voûté. Des trous (2) qui ressemblent aux « pose-pieds des puisatiers, pratiqués dans cet angle, doivent en effet avoir servi soit de moyen d'ascension directe, soit plutôt de points d'appui à un système disparu et plus pratique de communication entre les deux étages.

    Trois autres étages surmontaient cette pièce en demi-sous-sol ils ne possédaient qu'une élévation moyenne de 5 m. 60 et se trouvaient séparés par des planchers, probablement carrelés, établis sur des solives qui s'encastraient par leurs extrémités dans la maçonnerie des murs. On accédait d'un étage à l'autre non par un escalier de pierre, mais par des échelles de meunier dont la disposition est indiquée par celle des planchers, par la distribution des fenêtres et la position de l'escalier terminal de pierre qui conduisait de la plate-forme au chemin de ronde du sommet. Les poutrelles qui soutenaient les planchers plongeaient leurs extrémités dans la maçonnerie entre deux autres poutrelles pincées par les assises du revêtement intérieur de la Tour. Cette pratique, très usitée au Moyen-Age (3) et sans doute renouvelée d'une méthode bien ancienne, parait avoir eu pour but d'égaliser la pesée des charges des planchers car les extrémités des poutrelles maçonnées sont profondément engagées dans les murs en retour d'angle.

    III. Les ouvertures

    La porte. La porte, découpée en ogive, s'ouvre sur la face orientale, à 6 m. environ au-dessus du sol, et donne accès sur le premier plancher intérieur. On n'y pouvait donc arriver qu'au moyen d'une échelle qui s'appuyait probablement en bas sur la crête horizontale d'un talus oblique de terre chaussant la base de la Tour ; il était facile sans doute de retirer après soi l'échelle à l'intérieur (4). La disposition de l'embrasure montre que la fermeture de cette porte, roulant sur deux gonds, se composait d'un seul vantail traversé de deux bandes de fer et tournant de la droite à la gauche de celui qui entrait. Une forte serrure fermait ce vantail du dehors à l'intérieur une épaisse traverse, glissant dans un trou ménagé pour elle dans l'épaisseur du mur, s'en retirait pour la fermeture du vantail et s'y repoussait pour l'usage contraire.

    Les fenêtres. Les autres ouvertures principales de la Tour-Carrée sont trois fenêtres, qui se défendent par leur grande élévation au-dessus du sol et par leur exiguïté même. Aucun trou de scellement n'indique leur mode de fermeture, ce qui laisse supposer l'emploi des châssis mobiles s'adaptant à volonté au rétrécissement vertical de leur milieu, car elles sont à double ébrasement oblique. Aussi bien ces fenêtres paraissent-elles ouvertes pour le simple passage d'un jour à peine suffisant, et non pour la surveillance de la campagne, qui se faisait du chemin-de-ronde supérieur; ce qui explique que les faces septentrionale et occidentale ne soient percées d'aucune ouverture. Ces baies sont rectangulaires, mais au-dessus de chacune d'elles l'appareillage même du revêtement forme un cintre en demi-cercle parfait avec tympan plein de même aplomb que le reste de la maçonnerie.

    Passage au niveau du sol actuel. Dans la base de la face orientale on a pratiqué anciennement un passage par arrachement, autrement dit, on a fait un trou de forme vaguement rectangulaire. D'après tes observations de M. Moreau (5), cette ouverture aurait été faite vraisemblablement sous Louis XIII au moment de la démolition du Palais Royal de Louis d'Anjou-Sicile, qui entourait la Tour. Elle n'a eu d'autre but, semble-t-il, que de livrer passage aux terres et pierrailles qui ont comblé de leur masse la moitié de la hauteur de l'étage inférieur en demi-sous-sol et à le hausser, comme nous le voyons aujourd'hui, au niveau du sot extérieur.

    Passage au-dessous du sol actuel. Une autre porte, muraillée celle-là, se remarque aussi dans le mur nord au niveau primitif du premier étage ou demi-sous-sol elle mettait en communication la Touret les salles qui lui étaient contiguës et ne peut dater que de l'époque des ducs-rois d'Anjou-Sicile (6), c'est-à-dire du XVe siècle.

    IV. Les défenses

    État isolé de la tour carrée.

    Tous les caractères architecturaux de la Tour démontrent, a ne s'y pouvoir méprendre, que, selon l'intention de son constructeur, elle fut élevée pour rester absolument indépendante de tout autre bâtiment (7). Seul, son angle nord s'enfonçait dans l'ancienne muraille du Castrum mérovingien et carolingien, sans qu'aucune liaison de maçonnerie vint la souder aux murs qu'elle traversait et qui ne furent reliés à elle s'ils le furent (?)– que par des mortiers et du menu moellonnage qui n'ont pas laissé de traces à la surface (8).

    Le système défensif de cette tour est celui d'un donjon roman, se rapprochant du type dit «Normand simplifié toutefois par l'absence de puits intérieur, de latrines, de cheminées à aucun étage, de sortie secrète vers la campagne toutes omissions qui semblent démontrer que ce donjon et n'a été fait que pour une résistance de courte durée qui pouvait néanmoins se prolonger assez pour permettre aux assiégés ou d'attendre quelque temps du secours ou d'obtenir une capitulation honorable.

    Défense extérieure et passive de la base. Les défenses passives de la Tour étaient constituées surtout par la hauteur de la porte, rendue difficilement abordable après le retrait de l'échelle d'accès, et par la motte de terre gazonnée qui chaussait très probablement la base de la Tour (9). Ce mode de protection des murailles basses était très en usage au Moyen Âge on comprend que ce relèvement oblique, souvent palissadé dans sa partie inférieure ou moyenne, empêchait t'approche des béliers et autres machines destinées à offenser la base des murs.

    Défense du sommet de la tour – Terrasse et chemin de ronde – La plate-forme ou terrasse supérieure de la Tour était formée d'un plancher pavé qui coupait le dé carré des quatre murs, à 3 m. 30 au-dessous du chemin de ronde de son sommet, exactement au niveau où commence à l'extérieur l'amortissement oblique des grands contreforts. Cette plate-forme servait a la fois de toiture à la Tour et de plain-pied à ses défenseurs elle se bombait en son milieu d'une double pente, très faible sans doute, mais qui suffisait à déverser les eaux pluviales dans des conduits parallèles aux murs, aboutissant à deux gargouilles à bec qui les déversaient à l'extérieur, du côté occidental de la Tour. Les parties en relief horizontal de ces gargouilles sont brisées, mais il est facile d'en reconnaître les scellements et les restes au ras de la muraille (10).

    De la plate-forme on arrivait, par des marches en grès vert, jusque sur les murs, au rebord extérieur desquels règne un parapet qui ne doit jamais avoir été crénelé.

    Trous de hourdage. Sur les quatre faces de ce parapet ont été pratiqués des trous irrégulièrement espacés destinés à servir de passage aux poutrelles de soutènement d'une galerie hourdée (V. pl. VI). On désignait au Moyen-Age, et on désigne encore en architecture, par le terme de « hourds des charpentes s'avançant en façon de balcon au sommet d'un ouvrage et permettant à ceux qui l'occupent de défendre la base des murs verticaux en laissant tomber sur les assaillants des masses précipitâtes quelconques: eau bouillante, poix fondue, blocs de pierre, madriers, ordures, ferrailles et autres menues gracieusetés. Les mâchicoulis de l'époque gothique ne sont que la traduction en pierre des hourds de bois, qu'ils remplacèrent dans le Midi dès le XIIe siècle (11). En examinant attentivement les trous de hourdages du sommet de la Tour-Carrée de Loudun, on reconnaît aisément par leurs irrégularités de position et de contours qu'ils sont postérieurs à l'établissement initial des parapets et que le constructeur du monument ne les avait pas prévus : ils ont été pratiqués par arrachement ce qui explique que leurs parties supérieures ne soient point formées d'un linteau taillé. La forme même de ces trous et leur position au ras de la partie horizontale du chemin de ronde ne permettent pas de les prendre pour des regards destinés à la surveillance de la campagne, ni pour des espèces de meurtrières (12) observateurs ou défenseurs auraient été forcés de se tenir couchés. Ils ne pouvaient donc servir qu'à l'établissement des hourdis.

    Après l'abandon des hourds, probablement quand les bâtiments royaux de Louis d'Anjou-Sicile furent élevés, les trous de hourdage furent rebouchés, mais on employa à ce travail un mortier quelconque et de petits moellons de calcaire turonien tendre et gélif des gisements des Grands-Caves et de Velort-en-Loudun les gelées et les autres agents atmosphériques ont eu raison de ces matériaux caducs et les trous se sont peu à peu débouchés, sauf deux ou trois, qui se trouvent fermés de pierre non gélive d'au- buie du Petit-Insay ou de Niré.

    Encochements extérieurs. Sur les faces orientale et occidentale de la Tour, on remarque, entre les deux contreforts du milieu, un peu au-dessus du niveau de la terrasse, deux encochements qui semblent avoir servi à butter en base une jambe-de-force relevée obliquement. Je ne crois pas aller trop loin dans le domaine de l'hypothèse en les supposant destinées à soutenir les poulies par lesquelles on pouvait, plus facilement que par les échelles de l'intérieur, monter sur la plate-forme et le chemin-de- ronde les masses précipitâtes de pierre, les autres matériaux lourds utiles a la défense et les pièces de bois de rechange des hourds. M. Moreau a retrouvé, encore en place sur le parapet et destiné à être jeté en bas, un bloc grossièrement arrondi de grès tertiaire pesant plus de cent livres des blocs semblables ont été découverts aussi par lui au pied des murs et dans les terres.

    Dans ses notes pourtant si complètes M. Moreau ne parle pas de ces encoches profondes du sommet de la Tour; j'en suis d'autant plus surpris qu'elles ne sauraient vraisemblablement avoir échappé à son examen.

    1. J. Moreau, Not. mss., juillet 1863.

    2. J. Moreau, Not. mss., décembre 1865.

    3. On trouve également des bois murés dans la maçonnerie du donjon carré de Moncontour (Vienne).

    4. J. Moreau,Not. mss., juin 1864.

    5. J. Moreau, Not. mss., octobre 1865 et janvier 1880.

    6. Id.

    7. J. Moreau, Not. mss., décembre 1879 et février 1904.

    8. M. Moreau pensait, avec raison je crois, que le grand mur mérovingien du front méridional avait été dérasé au moment de l'édification de la Tour-Carrée.

    9. J. Moreau, Not. mss., novembre 1882.

    10. M. J. Moreau en a recueilli une dans les terres du pied de la tour et l'a fait entrer dans sa collection de documents lapidaires loudunais.

    11. Cf. J. Adeline, Lexique des termes d'art, p. 175, 1ère col.

    12. J. Moreau, Not. mss., juin 1863 et juillet 1877.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Titres de la maison d’Anjou, Loudun (467 à 476).

    Archives nationales, Paris : P 1340
  • 1782-1787. Mémoire sur l’appartenance ou non de Loudun à l’apanage du comte d’Artois, état et consistance du domaine.

    Archives nationales, Paris : R 1/535, Loudun Dossier 1.
  • 1570. Lettres patentes de Charles IX ordonnant l’établissement d’une « garnison de 40 soldats avec leur capitaine pour la garde de la ville et du château de Loudun ».

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, AA2
  • 1630, janvier. Copie certifiée de lettres patentes du roi faisant don à Jean d’Armagnac, l’un de ses valets de chambre, capitaine et gouverneur de la ville et du château de Loudun, et à Michel Lucas, secrétaire du roi, « des pierres et démolitions des tours et murailles de l’enceinte du grand château, ensemble des fonds et propriétés des places tant desdites tours et murailles que des fossés et contrescarpes… ».

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, AA3
  • 1695, 7 septembre. il est dressé un état des lieux entouré par les fossés et murs de la ville, pour être envoyé à l’intendant chargé de procéder à la division de la ville par quartiers ; il y est fait mention du donjon du château et du prieuré de Notre-Dame du château appartenant aux Jésuites de Poitiers.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, BB4
  • 1627, 15 octobre. Démolition du château. Délibération prise par les habitants.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, DD2
  • 1747. Emplacement du château. Aplanissement, plantations.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, DD3
  • 1933-1947. Donjon (Tour carrée). – Construction d’un escalier d’accès au sommet : devis estimatif des travaux.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, M 14
  • 1933. Donjon (Tour carrée). – Projet d’escalier d’accès au donjon.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E dépôt 137, M 15
Documents figurés
  • Plan rétrospectif de Loudun par Charbonneau-Lassay (s.d.).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : KK 103
  • Plan de la ville de Loudun (s. d.).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : FI LL 135
  • Monuments du Poitou (XVIIIe-XIXe siècles), vol. 1, fol. 69, Loudun, tour carrée.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : Ms 547
  • Vue de la ville de Loudun en 1699.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : coll. Gaignières n° 5972- VA-86-Fol. 1
Bibliographie
  • Ademari Cabannensis Chronicon, éd. Pascale Bourgain, Richard Landes et Georges Pon, Corpus Christianorum continuatio mediaevalis, vol. CXXIX, Turnhout, Brepols, 1999.

    p. 151
  • Bachrach, Bernard, The Angevin strategy of castle building in the reign of Foulque Nerra, American Historical Review, vol. 88, juin 1983, n° 3.

  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 33, 35, 42, 50, 51, 53, 56, 57, 72, 101, 110, 116, 119, 121, 123, 125, 128, 136, 140, 148, 155, 181, 196, 197, 211, 241, 273, 276, 279, 280, 287, 288, 300, 303, 307, 308, 311
  • Baudry, Marie-Pierre. Les fortifications des Plantagenêts en Poitou 1154-1242. Paris, 2001. Comité des travaux historiques et scientifiques, Mémoires de la section d'archéologie et d'histoire de l'art, 11.

    p. 306-307
  • Baudry, Marie-Pierre, Les donjons de Loudun, Bulletin de la Société des Amis du Pays Lochois, n°9, 1993.

    p.163-169
  • Bouquet Dom , éd. Recueil des historiens des France, éd. Dom Bouque, Paris, 1737-1786, t. 5.

    p. 764, n° LXXXI
  • Charbonneau-Lassay, Louis, Les châteaux de Loudun d’après les fouilles archéologiques de M. J. Moreau de La Ronde, Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3e série, t. 8, 1915.

    p. 1-486
  • Charbonneau-Lassay, Louis, La tour carrée de l’ancienne forteresse de Loudun, Loudun, Imprimerie Veuve Blanchard, 1934.

  • Châtelain, André. Donjons romans des pays d'Ouest. Paris : A. et J. Picard, 1973.

    p. 159-160
  • Favreau, Béatrice et Bourgeois, Luc, Loudun. Les petites villes du Haut-Poitou de l’Antiquité au Moyen Âge, formes et monuments, Bourgeois, Luc (dir.), Mémoires de l’Association des publications chauvinoises, t. 17 (vol. 1), 2000.

    p. 39-66
  • Favreau, Robert ; Michaud, Jean ; Labande, Edmond-René [dir.]. Corpus des inscriptions de la France médiévale. T. I-2 : Département de la Vienne (excepté la ville de Poitiers), 1975.

    p. 43-46
  • Favreau Robert, Carpentier Elizabeth, Chauvin Yves, Pon Georges, Chartes poitevines 925-950, textes et indices, Université de Poitiers, Centre d'études supérieures de civilisation médiévale, Poitiers, 1999

    p. 7-8
  • Favreau, Robert, Les débuts de la ville de Loudun, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 5e s., t. 2, 1988.

    p. 163-182
  • Goupil de Bouillé, Jean, éd. Le cartulaire de Bourgueil, XIe siècle, s. l. chez l’auteur, s. d.

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  • Granvenu, Jean-Marc, éd. Grand cartulaire de Fontevraud, Archives historiques du Poitou, t. 63 (2000), n° 615.

  • Ledain, Bélisaire, Essai de classification chronologique des châteaux du Poitou du XIe au XIIe siècle, Revue poitevine et saintongeaise, t. 18, 1891.

    p. 364
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  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Mémoire en réponse aux questions 4, 5 et 6 du programme de la section d'histoire et d'archéologie du Congrès scientifique tenu à Bordeaux au mois de septembre 1861. In : Mém. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère série, t. 27, 1862.

    p. 426-456
  • Monsabert, Pierre de, éd. Documents inédits pour servir à l’histoire de l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers et de ses domaines jusqu'à la fin du XIIIe siècle. Revue Mabillon, t. 9, n° 33, mai 1913.

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  • Rédet, Louis. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers. Archives Historiques du Poitou, tome 3, 1874.

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  • Savin, Geneviève, Loudun, esquisse de topographie monumentale, Mémoire de DES d’histoire médiévale soutenu à l’université de Poitiers sous la direction de René Crozet, 1966.

  • Tessier, Georges, éd. Recueil des actes de Charles le Chauve, Paris, Imprimerie nationale, 1943, t. 1, n° 123.

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  • Trincant, Louis, Abrégé des antiquités de Loudun et païs de Loudunais (1626), éd. R. Drouault, Loudun, A. Roiffé, 1894.

    p. 1-56
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Baudry Marie-Pierre