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Donjon dit vieille Tour ou Tour du Breuil

Dossier IA16008435 réalisé en 2010

Fiche

Le village de Marthon conserve les vestiges d’un château dont le lignage est connu avant1075 (Cartulaire d’Angoulême, p. 82 et 85). Il passe par mariage à la puissante famille de La Rochefoucauld avant 1070 (Cartulaire de Saint-Amant-de-Boixe, n° 283). C’est de cette période que l’on date habituellement la reconstruction – en pierre – de l’ensemble du castrum. Au sommet d’un promontoire dominant le bourg et la rivière, l’enceinte délimite une cour vide dont l’accès est défendu par un donjon quadrangulaire à demi effondré, très restauré. À mi-pente, vers le bourg, s’élève une belle tour-porte à deux niveaux, de plan rectangulaire, considérée comme la chapelle castrale.

Parties constituantes non étudiéeschapelle seigneuriale, basse-cour
Dénominationschâteau, donjon
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Montbron
AdresseCommune : Marthon
Cadastre : 1833 C 151 à 155 Chapelle castrale parcelle C 151, donjon parcelle C 154 ; 2010 C 70 à 72 Chapelle castrale parcelle C 72, donjon parcelle C 70

L’histoire du lieu débute avec la mention d’Hugues de Marthon dans le troisième quart du 11e siècle. Frère de Robert seigneur de Montbron, et de Guillaume, évêque de Périgueux, il est témoin de la donation de l’église et du bourg de Château-Renaud au chapitre Saint-Pierre d’Angoulême. Hugues de Marthon eut trois fils : Guillaume, Hugues et Robert qui, en 1111, abandonnent à l’évêque d’Angoulême les droits dont ils disposaient sur l’église de Haimps. C’est Robert qui hérite de Marthon et réunit ses biens à ceux de son épouse Emma de la Rochefoucauld au milieu du 12e siècle. On attribue généralement à leur fils Gui la construction du donjon. Ses descendants conservent la seigneurie de Marthon. Leur château, incendié au début de la guerre de Cent ans, est sans doute remis en état avant la fin du Moyen Âge ; mais il est délaissé au début du 16e siècle au profit du « château neuf » voisin, dont la construction reste inachevée. Le vieux château de Marthon reste entre les mains de la puissante famille des La Rochefoucauld jusqu’à sa vente au début du 18e siècle. À la Révolution, il est saisi, vendu et dépecé.

Cédé en 1921 au Conseil général de la Charente, qui en est toujours propriétaire, il est inscrit au titre des monuments historiques en 1928. Des travaux de restauration ont été réalisés en 1998-2000, essentiellement sur la grosse tour.

Période(s)Principale : 12e siècle, 15e siècle

Dominant le bourg installé dans la vallée du Bandiat, le vieux château de Marthon est installé sur une plate forme rocheuse. La pointe de l’éperon est soulignée par une muraille non flanquée, arasée et peu épaisse ; on y distingue le vestige d’une ouverture dénaturée qui a pu être une fenêtre ou une archère.Le donjon barre l’éperon et devait dominer l’accès à l’enceinte castrale sur son flanc. Au-devant sur la hauteur sont installées quelques maisons qui doivent cacher des vestiges de bâtiments de la basse cour. Vers le village, à flanc de coteau, la chapelle castrale présente deux niveaux. Seul le premier est encore roman, avec un large porche voûté en berceau formant l’entrée du château. Il a été étudié par Pierre Dubourg-Noves, qui a pu le comparer à une dizaine de chapelles doubles du même type en Charente et en Périgord.

Le donjon - ou Tour du Breuil - présente encore une belle élévation face au bourg, même s’il n’atteint pas 30 mètres comme cela est souvent écrit. Mais vers la cour du château, il est en partie effondré, et les restaurations qu’il a subies récemment en rendent la lecture difficile. Il faut se référer aux anciennes descriptions pour vérifier l’authenticité de ses dispositions. Les ruines « cristallisées » ont été noyées dans le mortier ; et un énorme escalier en vis en bois et métal a été installé sur les bases de constructions arasées (un avant porche ?), en interdisant toute approche. La tour de plan presque carrée (environ 11 x 10 m) est élevée en moyen appareil de pierre de taille calcaire. Le parement arraché de la face ouest laisse voir un blocage de moellons agencés en opus spicatum. Près des angles, des contreforts plats renforcent l’élévation, mais s’interrompent en partie haute. Un contrefort arrondi, de construction assez grossière, soutient le mur nord. Toutes ces anomalies, ainsi que des traces de reprise sur l’élévation extérieure des murs (ressaut à mi hauteur), prouvent que l’édifice a été surhaussé et refait en partie haute.

La base du donjon est aveugle, simple cul de basse fosse voûté en coupole de moins de 5 mètres de diamètre. L’accès aux étages devait se faire directement par une porte haute, donnant sur la salle noble. Celle-ci est aujourd’hui à ciel ouvert, ruinée, mais montre les arrachements d’une voûte en berceau. Elle était dotée d’une cheminée engagée dans le mur nord, et de latrines dans l’angle nord-est. Dans l’angle sud-est, un escalier en vis desservait un second étage. Les ouvertures sont toutes ruinées mais indiquent plutôt une phase de transformation de la tour à la fin du Moyen Âge (grandes fenêtres à coussièges sous voûtes surbaissées).

Cette grosse tour est assise sur la muraille d’enceinte et communiquait peut-être avec le chemin de ronde de cette dernière. Il ne reste plus de vestiges des bâtiments qui devaient exister dans cette enceinte.

Les sondages archéologiques réalisés en 1998 et en 1999 ont été trop rapides (quelques jours ; suivi de tranchées) et n’ont livré aucun résultat.

Murscalcaire moyen appareil
Statut de la propriétépropriété du département
Protectionsinscrit MH, 1928/09/08
Précisions sur la protection

Restes de la Vieille Tour : inscription par arrêté du 8 septembre 1928.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Documents figurés
  • " Rue du village avec vue du château ". S. d. [2e moitié du XIXe siècle]. Eugène Sadoux. 190 x 240 mm. Mine de plomb.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 521
  • Carte postale. (Musée des arts et traditions populaires, Paris. Archives).

Bibliographie
  • Association Promotion Patrimoine. Châteaux, manoirs et logis. La Charente / dir. de recherches Pierre Dubourg-Noves. Philippe Floris, Pascal Talon. Dir. Niort : A.P.P., 1993 (Sans lieu : Aubin).

    p. 258, 456
  • Babinet de Rencogne, Gustave. Ed. Recueil de documents pour servir à l'histoire du commerce et de l'industrie en Angoumois. Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 4e s., t. 11, 1876.

    p. 203-223
  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 21, 101, 102, 111, 126, 140, 145, 155, 164, 184, 185, 243, 283, 306, 313, 316
  • Boissonnade, Prosper. L'ascension, le déclin et la chute d'un grand état féodal du Centre-Ouest. Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 8e série, tome 25, 1935.

    p. 12, 13
  • Burias, Jean. Géographie historique du comté d'Angoulême (1308-1531). Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1955.

    p. 99, 211-214
  • Châtelain, André. Donjons romans des pays d'Ouest. Paris : A. et J. Picard, 1973.

    p. 189-190
  • Chiron Fabienne, Rapport d’opération : Marthon le château et la rue Saint-Jean, Poitiers, service régional de l’archéologie Poitou-Charentes, 1998, 8 p.

  • Daras, Charles. Anciens châteaux, manoirs et logis de la Charente. Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 1966.

    p. 106
  • Daras, Charles. Le porche et la chapelle du château de Montmoreau. Bulletin monumental, tome 110, 1952.

    p. 150, 186 n. 3
  • Daras, Charles. Réflexions sur quelques monuments romans de la Charente. Vieilles Maisons françaises, n° 6, octobre 1960.

    p. 11
  • Debord, André, éd. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Amant-de-Boixe. Poitiers, 1982. [Publié par André Debord ; édité par la Société archéologique et historique de la Charente].

    n° 283
  • Debord, André, La société laïque dans les pays de la Charente, Xe-XIIe siècles, Paris,Picard, 1984.

    p. 464, 494-498
  • Dubourg-Noves, Pierre, Marthon. Châteaux, manoirs, logis. La Charente, Chauray, Patrimoines et Médias, 1993.

    p. 258 et 456
  • Gaborit, Germain. Les donjons romans d'Angoumois et de Saintonge. Mémoire de la société archéologique et historique de la Charente, 1954.

    p. 73-74
  • La Bastide, Léonide de. Ed. État des fiefs relevant du duché d'Angoulême dressé par les officiers du domaine d'Angoulême. Bulletins et Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e s., t. 6, 1905-1906.

    p. 255
  • La Martinière, Jules de. Ed. Un mariage au château de Verteuil, 15 janvier 1543. Bulletins Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e s., t. 6, 1905-1906.

    p. 167
  • Michon, abbé Jean-Hippolyte. Statistique monumentale de la Charente / ill. Zadig Rivaud, Jules Geynet, Monsieur de Lafargue Tauzia, Paul Abadie, Éditions Fabvre. Paris ; Angoulême : Derache, libraire, rue du Bouloy, 7, 1844.

    p. 259-260
  • Mondon, abbé Adolphe. Notes historiques sur la baronnie de Marthon. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente. 6e série, tome 5, 1895.

    p. 270-289
  • Mondon, abbé Adolphe. Notes historiques sur la baronnie de Marthon. Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente. 6e s., t. 6, 1896.

    p. 1-220
  • Mondon, abbé Adolphe. Notes historiques sur la baronnie de Marthon. Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente. 6e s., t. 7, 1897.

    p. 80
  • Musset, Georges. Le cartulaire de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. Archives historiques de Saintonge et d'Aunis, t. 33, 1903, vol. 2.

    p. 177-178
  • Nanglard, abbé J. Ed. Cartulaire de l'église d'Angoulême. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 6e série, tome 9, 1899.

    p. 101, 106, 109
  • Nanglard, abbé J. dir. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e série, tome 5, 1904-1905.

    p. 165-185, 202
  • Poitevin, Grégory, Marthon, le château, sondages, Poitiers, service régional de l’archéologie Poitou-Charentes, 1999.

  • Ternet, Sylvie. Les églises romanes d'Angoumois. Tome I. Bâtisseurs et modes de construction en Angoumois roman. Paris : Le Croît vif, 2006.

    p. 30, 65, 116, 210, 325, 327-328
  • Vigier, Gérard. Marthon. Le donjon et l'enceinte. Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente. Librairie Bruno Sépulchre, 2005.

    p. 454-455
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Baudry Marie-Pierre