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Donjon

Dossier IA16008450 réalisé en 2010

Fiche

  • Donjon.
    Donjon.
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  • Parties constituantes

    • enceinte
    • donjon
    • tour
    • porte

Le castrum de Montignac est (re)construit pour le comte d’Angoulême entre 1020 et 1028 après l’abandon du site d’Andone. Ce nouveau château de Montignac reste étroitement tenu par le comte aux 11e et 12e siècle. De cette époque datent l’enceinte de pierre dominant le bourg, et le donjon roman arasé qu’elle enserre.

Parties constituantes non étudiéesenceinte, donjon, tour, porte
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Saint-Amant-de-Boixe
AdresseCommune : Montignac-Charente
Cadastre : 1843 C5 722 à 732 Donjon parcelle C 729 ; 2014 C 352 à 356, 1028, 1096 à 1098, 1377 Donjon parcelle 1028

Le chroniqueur Adémar de Chabannes raconte comment le comte de Périgord avant 969, est jeté en prison dans le castrum de Montiniacum. S’agit-il de Montignac-Charente, comme le proposent les derniers éditeurs de la chronique ou de Montignac-sur-Vézère en Périgord comme le propose plutôt Luc Bourgeois ? Quoiqu’il en soit, le château qui nous intéresse ici existait bien avant 1020-1028. Comme le précise le moine Adémar, il est alors reconstruit de nouveau (« a novo extruxit ») pour le comte d’Angoulême, qui abandonne sa résidence d’Andone pour s’installer ici, sur un terrain peut-être inféodé par l’évêque. Une autre chronique (Historia pontificum et comitum Engolismensium) évoque la fortification du château et la construction de sa grosse tour au début du 12e siècle : vers 1126-1130, Giraud de Blaye, qui avait pris possession du château, est assiégé par le comte Wulgrin qui reprend la place et en renforce les défenses par des murs de pierre et une haute et robuste tour. Ce château comtal est transmis par les Lusignan à Guillaume de Valence, en 1243. Il passe ensuite en différentes mains avant d’être cédé vers 1400 à Guy de la Rochefoucauld, dont la famille conserve le fief jusqu’à la Révolution. Vendue et démantelée en plusieurs parcelles, l’enceinte castrale est aujourd’hui partagée entre plusieurs propriétaires.

Période(s)Principale : 12e siècle, 15e siècle

Le château de Montignac est installé sur une colline dominant le confluent du Jabart et de la Charente. Il contrôlait un ancien pont sur le fleuve. Le bourg s’est développé très tôt à son pied, près de l’église paroissiale Notre-Dame. Une chapelle – aujourd’hui détruite – existait également à l’intérieur de l’enceinte castrale. Cette enceinte est en grande partie détruite, mais son plan ovoïde se lit encore très bien sur le cadastre. Elle était isolée par des fossés, sauf au sud, sur le front le plus escarpé. C’est là que s’ouvre la seule porte conservée, un simple passage voûté en berceau dans lequel est percé un simple assommoir. Les deux tourelles rondes qui l’encadrent sont pleines et restaurées, mais des fentes de tir lisibles sur leur parement révèlent la présence d’archères. L’ensemble peut être daté des années 1200. Cette porte s’ouvre sur le bourg par un escalier et une pente assez raide ; il ne pouvait s’agir que d’une issue secondaire, une poterne. La porte principale était au nord, vers le plateau. Elle a disparu, comme la muraille de ce côté, ainsi que la plupart des bâtiments qui occupaient la cour. Ils sont connus par quelques représentations de l’époque moderne qui montrent des logis assez vastes agencés autour du donjon roman seul conservé.

La grosse tour que tout le monde s’accorde à identifier comme un donjon roman du 12e siècle n’est conservée que sur une douzaine de mètres de hauteur. Dégagée des appentis qui la masquaient encore récemment, elle présente une construction soignée, de moyen appareil de pierres de taille, avec de nombreuses traces de réfection en moellons. Les contreforts plats qui renforcent les angles et les côtés sont parfaitement liés à la construction originelle. Elle a été étudiée, avant de récents travaux, par André Châtelain dont nous suivons ici les observations. De plan rectangulaire (13,50 x 10,70 m), avec des murs de 2,50 à 3 m d’épaisseur (au nord), la tour renferme une salle (7,60 x 5,90 m), haute de 8 m sous une voûte en berceau longitudinal. Châtelain note que des travaux récents ont dégagé la salle basse, haute de 3 m « qui n’était jadis séparée du premier étage, haut de 5 m, que par un plancher aujourd’hui disparu ». L’existence de ce plancher est révélée par les trous d’encastrement dans les murs. Le mur sud est percé d’une étroite fenêtre haute, donnant seulement un peu d’air dans l’espace intérieur. Les murs est et ouest sont percés chacun d’une porte sous arc plein cintre, aujourd’hui de plain pied avec la cour, et dont les dispositions très restaurées nous paraissent suspectes (non étudiées). Le mur nord est percé d’un passage biais, manifestement créé après coup pour communiquer avec la tourelle d’escalier hors œuvre, de plan polygonal, ajoutée sans doute au 15e ou 16e siècle. Cet escalier, dont les marches ont été refaites, dessert le second niveau du donjon, désormais arasé et protégé par une toiture de tuiles. Le mur gouttereau montre néanmoins le départ de la voûte en berceau qui existait à cet étage, et les traces évidentes d’un incendie. Comment accédait-on aux parties hautes du donjon avant la création de cette tourelle hors œuvre ? L’épaisseur du mur nord suggère l’existence d’un escalier droit intérieur, qui ne pouvait exister (le cas échéant) qu’en partie haute. Des relevés et une observation plus fine de l’édifice seraient nécessaires pour répondre à ces différentes questions.

Les restaurations importantes que l’édifice a connues, ainsi que la piscine installée dans la cour du château, laissent peut d’espoir pour entreprendre une étude archéologique du site.

Patrick Piboule signale l’existence d’un souterrain aménagé sous le donjon.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moellon
Toittuile
États conservationsvestiges
Statut de la propriétépropriété de la commune
propriété privée
Protectionsinscrit MH partiellement, 1962/05/28
Précisions sur la protection

Les restes du donjon rectangulaire ; la porte de l'enceinte y compris les deux tours qui l'encadrent (cad. C 1028) : inscription par arrêté du 28 mai 1962.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Labbé, Philippe, Nova bibliotheca manuscriptorum, Paris, Cramoisy, 1657, vol. 2, p. 260 : « Castello itaque Montiniaci hoc modo quo diximus capto & et in manu Gerardi Engolismensis Episcopi pro quo ut pote iuris & feodi sui existente iam & hominium fecerat, suscepto, turrim altam & robustam in eo aedificavit & ipsum castellum muris undique valdissimus munivit ».

  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    3 p., 6 fig Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Documents figurés
  • Montignac, ancien cadastre 1843, section C, feuille 5.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême
  • Planches aquarelles de 1968 et projets d’intégration d’un escalier hors œuvre. Dessin et plan de l’état du donjon en 1963.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
Bibliographie
  • Adémar de Chabannes, Chronique, traduction par Yves Chauvin et Georges Pon, Turnhout, Brepols, 2003.

    p. 230
  • Arnaud, Danielle, Montignac. Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente, Gaillard, Jean-Paul (dir.), Paris, Librairie Bruno Sepulchre, 2005.

    p. 484
  • Association Promotion Patrimoine. Châteaux, manoirs et logis. La Charente / dir. de recherches Pierre Dubourg-Noves. Philippe Floris, Pascal Talon. Dir. Niort : A.P.P., 1993 (Sans lieu : Aubin).

    p. 63, 407-408
  • Babinet de Rencogne, Gustave. Ed. Du commencement de l'année en Angoumois au Moyen Age et dans les temps modernes. Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 4e s., t. 5, 1867.

    p. 46
  • Babinet de Rencogne, Gustave. Ed. Recueil de documents pour servir à l'histoire du commerce et de l'industrie en Angoumois. Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 4e s., t. 11, 1876.

    p. 437
  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 53, 56, 62, 102, 105, 106, 125, 127, 139, 140, 147, 148, 149, 155, 247, 280, 300, 301, 306, 309
  • Boissonnade, Prosper. L'ascension, le déclin et la chute d'un grand état féodal du Centre-Ouest. Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 8e série, tome 25, 1935.

    p. 9, 16, 21, 22, 23, 28, 29, 30, 46, 50, 85-86, 89, 122, 137, 153, 171,174, 183, 198
  • Bourgeois, Luc (dir.). Une résidence des comtes d’Angoulême autour de l’an mil, le castrum d’Andone. Fouilles d’André Debord. Caen, Centre de Recherches archéologiques et historiques médiévales, 2009.

  • Burias, Jean. Géographie historique du comté d'Angoulême (1308-1531). Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1955.

    p. 38, 40, 43, 49, 64, 67, 75, 99, 229-233
  • Châtelain, André. Donjons romans des pays d'Ouest. Paris : A. et J. Picard, 1973.

    p. 190-191
  • Crozet, René. Recherches sur les cathédrales et les évêques d'Angoulême et de Saintes depuis les origines jusqu'à la fin du 12e siècle. Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1960.

    p. 52
  • Daras, Charles. Anciens châteaux, manoirs et logis de la Charente. Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 1966.

    p. 110
  • Daras, Charles. Réflexions sur quelques monuments romans de la Charente. Vieilles Maisons françaises, n° 6, octobre 1960.

    p. 11
  • Debord, André, éd. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Amant-de-Boixe. Poitiers, 1982. [Publié par André Debord ; édité par la Société archéologique et historique de la Charente].

    p. 92-94
  • Debord, André, La société laïque dans les pays de la Charente, Xe-XIIe siècles, Paris,Picard, 1984.

  • Dubourg-Noves, Pierre et Puaud, Florence. Montignac. Châteaux, manoirs et logis. La Charente, Chauray, Patrimoines et Médias, 1993.

    p. 407-408
  • Fournier, Gabriel. Le château dans la France médiévale, 1992.

    p. 75
  • Gaborit, Germain. Les donjons romans d'Angoumois et de Saintonge. Mémoire de la société archéologique et historique de la Charente, 1954.

    p. 72-73
  • Gaborit, Germain. Notes sur l'architecture militaire de la fin de la période romane au XVIIème siècle. Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1959.

    p. 102
  • Gounin, René, Montignac à travers les âges, Angoulême, imprimerie Lachanaud, 1970.

  • Historia pontificum et comitum Engolismensium, éd. Jacques Boussard, Paris, Librairie d’Argences, 1957.

  • Lièvre, Auguste François. Exploration archéologique du département de la Charente. tome I. cantons de Saint-Amant-de-Boixe, Mansle et Aigre. - Angoulême : Coquemard, 1880-1884.

    p. 28-43
  • Maratu, abbé. Girard, évêque d'Angoulême, légat du Saint-Siège (vers 1060-1136). Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 4e série, tome 2, 1864.

    p. 239-240
  • Marvaud, François. Isabelle d'Angoulême ou la comtesse-reine. Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 2e s., t. 2, 1856.

    p. 165
  • Michon, abbé Jean-Hippolyte. Statistique monumentale de la Charente / ill. Zadig Rivaud, Jules Geynet, Monsieur de Lafargue Tauzia, Paul Abadie, Éditions Fabvre. Paris ; Angoulême : Derache, libraire, rue du Bouloy, 7, 1844.

    p. 212
  • Mondon, abbé Adolphe. Notes historiques sur la baronnie de Marthon. Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente. 6e s., t. 6, 1896.

    p. 127
  • Nanglard, abbé J. dir. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e série, tome 5, 1904-1905.

    p. 23, 33, 103, 112-132, 141, 186, 196, 264
  • Piboule, Patrick, L’imaginaire des souterrains de châteaux et d’autres lieux, dans Château et imaginaire, actes des rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, octobre 2000, A.-M. Cocula et M. Combert dir. Ausonius, Bordeaux, 2001

    p. 53
  • Senemaud, Edmond. Communication à la séance du 4 juillet 1860. Bulletins de la société archéologique et historique de la Charente, 3e série, t. 2, 1860.

    p. 100
  • Sepulchre, Bruno, Châteaux, villes et villages de l´Angoumois, Aunis, Saintonge et Poitou au XVIIe siècle, par Claude Chastillon, ingénieur du roi (1560-1616), Bassac, 1992.

    p. 51
  • Sépulchre, Bruno, Maison de la Rochefoucauld, recueil des châteaux de l’Angoumois, Paris, Sépulchre, 1989.

  • Ternet, Sylvie. Les églises romanes d'Angoumois. Tome I. Bâtisseurs et modes de construction en Angoumois roman. Paris : Le Croît vif, 2006.

    p. 23, 28, 65, 116, 211, 247, 325, 327
  • Un sauvetage en Charente. Vieilles Maisons Françaises, n. 10, octobre 1961.

    p. 36
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Véronique Dujardin

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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