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Ecluse ou pêcherie de Pronne (disparue), fermes (2), café, actuellement maisons

Dossier IA17047575 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéesdépendance, hangar agricole, fenil
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Saint-Jean-de-Liversay
Lieu-dit : Eperon (l')
Cadastre : 1811 A 1781, 1803 ; 2019 ZA 152 et 153

Le site de Pronne (ou Péronne ou l'Epron ou l'Eperon) s'est développé autour d'une des écluses ou pêcheries établies sur la Sèvre Niortaise dès le Moyen Âge (il en existait de nombreuses notamment entre Maillé et L'Île-d'Elle). Celle de Pronne ou Péronne apparaît en 1667 sur le plan de partage des marais desséchés de Taugon-La Ronde-Choupeau-Benon. Elle ne figure pas toutefois sur les cartes de la région réalisées par Claude Masse au début du 18e siècle, notamment celle qui, en 1714, énumère les écluses présentes sur la Sèvre et ses affluents. En revanche, la carte du bassin de la Sèvre par Jacques Parent en 1767 situe bien ici une habitation, tout comme le plan cadastral de 1811. Celui-ci indique l'existence d'une seule maison (parcelle 1781, à l'emplacement de la maison actuelle la plus au nord, l'autre, au sud, parcelle 1803, n'existant pas encore). A proximité, on observe une autre habitation, un peu plus au nord, une maison ou hutte sur la digue, à l'ouest, et ce qui semble être un vivier, établi sur une étroite bande de terre à la confluence entre la Sèvre et le canal ou fossé de l'Eperon. Ce dernier, qui a dû donner son nom au site, devait constituer une de ces "routes d'eau" qui traversait les marais avant leur dessèchement au 17e siècle. Comme le montre le plan cadastral de 1811, son embouchure était située plus au nord qu'aujourd'hui (là où aboutit désormais le fossé au pied de la maison la plus au sud).

Le lieu-dit Pronne apparaît dans différents actes notariés de la seconde moitié du 18e siècle, par exemple en 1754, date à laquelle André Bouhier, pêcheur, et son épouse Marie-Anne Cardineau y possèdent des terres. En décembre 1763, quelques semaines avant d'épouser leur fille Hélène, Pierre Rougier, pêcheur, demeurant encore à Taugon, achète à Jean Lamoureux, marchand à Taugon, le droit de pêcher des anguilles et des poissons sur une portion de terre à l'écluse de Pronne, pour le prix de 38 livres, cent anguilles et une douzaine de carpes. En 1798, l'écluse de Pronne est mentionnée dans un recensement des pêcheries de la Sèvre Niortaise en vue de leur suppression, qui intervient quelques années plus tard. A cette date, elle appartient "au citoyen Bénéteau et autres".

Pierre Rougier et Hélène Bouhier font probablement construire la maison la plus au nord en cette fin du 18e siècle (celle qui apparaît, seule, sur le plan cadastral de 1811, parcelle 1781 ; elle a dû ensuite être reconstruite au 19e siècle). Ils la transmettent ensuite à leur fille, Jeanne Rougier (1765-1803) et à leur gendre, Pierre Suire (1763-1838), pêcheur, lequel, veuf, se remarie ensuite avec Marie Aimé. Pierre Suire est propriétaire de cette maison au cadastre de 1811-1813. Né de son premier mariage, André Suire (1802-1881), également pêcheur, époux de Marie-Hélène Ameuil (1813-1879), vit à son tour dans cette maison. Leur fils unique, Eugène Suire s'installant sur l'autre rive de la Sèvre, à Drapelle (commune de Vix), leur maison passe à leurs neveux, enfants et petits-enfants de Pierre Suire (1797-1864) et Marguerite Giraud. Parmi eux, Théophile Rougier (1865-1940), époux de Eloïse Gourricheau, fait construire en 1898 (inscrit en 1901 au cadastre) la seconde maison, au sud (parcelle 1803). Il y tient un café jusque dans l'entre deux guerres. Le bâtiment passe ensuite à une partie de ses descendants (famille Gillard).

Période(s)Principale : 18e siècle, 19e siècle

Le hameau est situé sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise, dans les marais mouillés, à l'endroit où la digue des marais de Thairé-le-Fagnoux les réduit en se rapprochant du fleuve. Au sud aboutissent d'une part un fossé relié au canal de ceinture de la digue, d'autre part le canal ou fossé de l'Eperon qui marque la limite entre les communes de Taugon et de Saint-Jean-de-Liversay. Le hameau est constitué principalement de deux anciennes petites fermes à bâtiments jointifs, toutes deux placées perpendiculairement au chemin de halage. Chacune comprend un logis, au plus près du chemin, et d'anciennes dépendances remaniées (grange, étable, fenil...) dans son prolongement et/ou accolées à l'arrière. Les deux logis, chacun constitué d'un rez-de-chaussée et d'un grenier, ont vu leur façade en grande partie remaniée. Au sud de l'ensemble, enfin, se trouve un petit hangar à piliers en pierre.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
TypologiesFerme à bâtiments jointifs, Marais mouillés
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1754, 29 janvier : acte de partage des biens d'Alexis Bouhier et Louise Jourdain entre André Bouhier époux Guillaudeau et ses nièces, à Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 E 47/85
  • 1763, 12 décembre : acte de vente par Jean Lamoureux à Pierre Rougier du droit de pêcher des anguilles et des poissons sur une portion de terre à l'écluse de Pronne, à Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 E 47/87
  • 1813, 1824-1954 : état de section, matrices et registres des augmentations et diminutions cadastrales de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 3584, 3585 à 3593
  • 1798, 19 juin (1er messidor an VI) : procès-verbal de visite des écluses et pêcheries sur la Sèvre Niortaise.

    Archives départementales de la Vendée, La Roche-sur-Yon : 62 J, archives de la Société des marais de Vix-Maillezais, liasse 18, dossier 1, pièce 2
Documents figurés
  • Carte du Bas Poitou et du pays d'Aunis dressé au sujet de la contestation du recalement du Contrebot de Vix, avec le Mémoire et suite des renvoys qui sont mis sur la carte cy jointe en lettres et en chiffres par Claude Masse, août 1714.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 4° 133, pièce 18
  • 1767 : Plan général des marais mouillés et desséchés des provinces du bas Poitou, de l’Aunis et de la Saintonge, à prendre de la mer à Niort pour leur longueur et des Coteaux du Poitou à ceux d’Aunis pour leur largeur, par l"ingénieur Jacques Parent.

    Bibliothèque Nationale de France, département Cartes et plans, Paris : Ge. A. 1199
  • 1667, 2 janvier : plan [de partage des marais] de Taugon et La Ronde levé par le sieur de Laserre arpenteur général le 2 janvier 1667.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 5 Fi Taugon 4
  • 1811 : plan cadastral de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5079
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Centre vendéen de recherches historiques (c) Centre vendéen de recherches historiques - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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