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Eglise paroissiale Saint Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Liversay

Dossier IA00043524 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

VocablesSaint Jean-Baptiste
Parties constituantes non étudiéessacristie
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Saint-Jean-de-Liversay
Lieu-dit : Bourg
Adresse : place
de l'Eglise
Cadastre : 1811 B 930 ; 2019 OB 24

Les éléments les plus anciens de l'église semblent remonter au XVe siècle (par exemple les baies à réseau du choeur ainsi que les deux portails, ouest et sud). Le bâtiment a probablement été en grande partie détruit pendant les guerres de Religion, perdant notamment ses voûtes. Auparavant, semble-t-il, constituée de trois nefs, l'église est réaménagée (au 17e ou 18e siècle) en deux nefs inégales, séparées par des arcades en plein cintre reposant sur des colonnes doriques, et sans avoir retrouvé de voûtes. Le clocher est reconstruit en 1714, principalement sur les deniers du curé, selon Claude Masse. Celui-ci précise que ce clocher est une tour carrée et que l'église n'est encore couverte que par une charpente et qu'elle n'est "ni tuilée ni voûtée". Le curé d'alors est René Ayrault (1657-1742), prêtre de la paroisse de 1686 à 1738. Divers travaux sont réalisés sous sa houlette dans les années 1730 : construction d'une nouvelle sacristie (dans l'angle nord-est de l'église, à la place de l'actuelle chapelle latérale nord du choeur), fonte de deux cloches, pose d'un nouveau retable... On lui doit aussi probablement la construction du presbytère (actuelle mairie) et la fondation des écoles de garçons et de filles. Le 19 mai 1776, l'assemblée des habitants constate que le clocher, placé au milieu de l'édifice (sans doute au milieu du mur nord), menace de s'effondrer sur le reste de l'église. Sans doute est-il alors reconstruit et déplacé dans l'angle nord-ouest. Des travaux sont en tout cas adjugés sur ordonnance de l'intendant de La Rochelle.

L'église apparaît sur le plan cadastral de 1811 avec sa nef rectangulaire, son clocher en angle, et le cimetière qui la jouxte alors au nord et à l'ouest, recouvrant la place actuelle. En ce début du 19e siècle, alors que le culte vient d'être rétabli, l'église, qui a servi de salle de réunions pendant la Révolution, est en très mauvais état, notamment son clocher qui menace de tomber sur le reste de l'édifice (c'était déjà le cas en 1776). Le 1er août 1810, le conseil municipal mandate François Periqua et Pierre Cardinaud, l'un maçon, l'autre charpentier à Saint-Jean-de-Liversay, pour estimer les travaux à réaliser. Ils avertissent qu'une intervention urgente doit être faite aux deux ballets qui abritent les portes, aux piliers de la nef et au clocher. Les travaux, adjugés le 2 septembre à Etienne Dérisson, entrepreneur à La Rochelle, sont toutefois insuffisants et, dès le mois de mai 1816, Periqua et Cardinaud doivent eux-mêmes intervenir, notamment sur le clocher qui menace de s'effondrer.

Consolidée, l'église est néanmoins régulièrement l'objet de travaux de restauration, en 1841 (à noter que le cimetière est retiré de la place de l'église en 1844) et surtout en 1852-1854. Le 20 avril 1852, Pierre Coiffé, de Courçon, présente un devis de réparations. Il s'agit de reprendre le parement en pierre de taille de la partie inférieure du mur extérieur sud, en pierre de Saint-Savinien ; de reconstruire les marches de la porte sud et celles qui mènent à la table de communion du choeur, de reprendre une partie du pavement intérieur, et de reconstruire le contrefort sud du clocher. Ces travaux sont adjugés le 3 avril 1854 à Alexandre Sarazin, entrepreneur dans le bourg. Un plan de l'intérieur de l'église en 1859, à l'occasion du remplacement des bancs, montre l'édifice et ses deux nefs inégales, la nef nord étant plus étroite, toutes deux séparées par trois piliers ronds. A la place de l'actuelle chapelle des fonts baptismaux, une porte donne accès au clocher. Le choeur est déporté vers le sud-est, tandis qu'une chapelle latérale et une petite sacristie occupent l'angle nord-est.

D'autres plans de l'époque montrent qu'à l'est, l'église était séparée de la halle par une impasse à ciel ouvert, conduisant à une seconde sacristie déjà accolée au nord-est de l'édifice. En 1861, la paroisse entreprend de faire fermer et couvrir ce passage. Un contentieux de plusieurs années s'ensuit avec la municipalité. Il concerne aussi la vente des éléments du pavement de l'église par le conseil de fabrique, sans autorisation. L'affaire est encore en cours en 1867 lorsque la halle est reconstruite, et l'on finit par prendre acte de la fermeture de l'ancienne impasse. De nouveaux travaux concernent en 1872 la façade occidentale : la clé de voûte de la baie en arc brisé qui s'y trouve porte cette date.

Une restauration d'envergure de l'église est entreprise dans les dernières années du 19e siècle, sous la houlette du curé Henri Paisant et du maire Emile Avrard. L'opération, décidée par le conseil de fabrique en avril 1897, est motivée par le mauvais état de la charpente (sa portée est trop longue pour soutenir le toit) et du tillis qui la masque. On fait appel pour cela à l'architecte diocésain Pierre-François Corbineau qui présente son rapport le 7 mai 1897, approuvé en conseil municipal le 7 juin, puis ses plans et devis le 14 août. Il propose de rétablir les trois nefs qui existaient au Moyen Âge, en démolissant le mur séparatif des deux anciennes nefs et en construisant dix piles pour séparer les trois nouvelles et soutenir les voûtes qui remplaceront le tillis. La charpente sera ainsi mieux supportée. Les voûtes seront en brique enduite de plâtre, et les piles en pierre de taille de Crazannes pour la base, en pierre de Sainte-Même pour le fût. Dans le choeur, les fenêtres à meneaux qui, au Moyen Age, éclairait les trois nefs et qui avaient été murées, seront rétablies, et on posera des marches en pierre de Vilhonneur et un carrelage de Paray-le-Monial. La sacristie alors située à la place de la chapelle latérale nord, sera supprimée, et on reconstruira la petite sacristie créée en arrière en 1861. Les contreforts des murs nord et sud seront repris. La prison communale qui était adossée à l'angle sud-ouest de l'édifice sera supprimée. Les travaux sont adjugés le 31 juillet 1898 à Léopolde Brieux, entrepreneur à La Rochelle. et l'église restaurée est consacrée le 6 septembre 1899, en présence de Mgr Bonnefoy, évêque de La Rochelle. Une plaque commémorative est apposée en 1927 sur le mur intérieur ouest de l'église pour rappeler l'événement.

A l'occasion de ces travaux, on met à jour trois pierres tombales de 2 mètres de long sur 66 centimètres de large, deux portant des inscriptions. L'une se réfère à Maître Marc Antoine Giraud, conseiller du roi au siège de l'élection de La Rochelle, propriétaire de la métairie de Choupeau, décédée le 7 décembre 1745 à 73 ans ; l'autre à Messire Etienne Huet, écuyer, de Sourdon, décédé en 1726 à l'âge de 55 ans. Dans la partie nord de l'église, on découvre aussi plusieurs sarcophages dont l'un en pierre monolithe, sans couvercle, alors transféré sur la place de l'église (depuis lors disparu).

Période(s)Principale : 15e siècle, 18e siècle, 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Dates1714, daté par source
1776, daté par source
1872, porte la date
1898, daté par source
Auteur(s)Auteur : Corbineau Pierre-François architecte attribution par source
Auteur : Brieux Léopold entrepreneur attribution par source

L'église est située au centre du bourg. Elle est bordée par des rues au sud et au nord-est, par l'ancienne halle à l'est, et par une place, ancien cimetière, à l'ouest et au nord. Elle est dominée par la silhouette massive de son clocher, établi contre l'angle nord-ouest du bâtiment. De plan carré, sous un toit à pavillon que surmonte un coq en métal, ses angles sont renforcés par des contreforts. Une tourelle d'escalier est engagée dans son élévation nord. Couverte d'une coupole hémisphérique, elle abrite un escalier en vis. La tour du clocher présente quatre niveaux, en léger retrait les uns par rapports aux autres. Le niveau supérieur, où se trouvent les cloches, est éclairé sur chacun des quatre côtés par deux étroites baies en arc brisé.

La nef est précédée d'un appentis, accolé contre la façade occidentale. Sous cette appentis, l'entrée principale de l'église s'effectue par une large porte en arc brisé, à trois voussures et à chapiteaux ornés de feuillages (bien que très dégradés). Au-dessus de cette porte se trouve une baie en arc brisé, elle aussi désaxée par rapport au reste de la façade. Cette dissymétrie est peut-être la trace d'une ancienne façade plus étroite, agrandie vers le sud en même temps que l'église. L'église se termine à l'est par un haut chevet plat en partie découvert, couronné par une croix et des pinacles, et percé de trois baies en arc brisé avec remplage (chacune correspond à l'une des nefs intérieures de l'église). La sacristie est placée contre ce mur de chevet, dans l'angle nord-est de l'édifice. Une autre pièce lui fait pendant au sud-ouest et est reliée à elle par un couloir qui court le long du chevet, en arrière du choeur. Des contreforts contrebutent les murs gouttereaux de l'église qui sont percés de baies en arc brisé et couronnés chacun par une corniche à modillons. Le mur nord présente une petite porte murée, en arc en anse de panier, avec un coeur sculpté sur la clé de linteau saillante. Le mur sud, en pierre de taille de petit appareil, est percé d'une porte en arc brisé, sous un auvent. A sa gauche se trouve une pierre sculptée d'une tête humaine, peut-être un remploi provenant d'une ancienne corniche à modillons. A droite se trouve une tourelle carrée qui abrite un escalier donnant accès aux voûtes.

A l'intérieur, l'église se compose de trois nefs, chacune constituée de six travées de largeur inégale (la troisième et la quatrième sont plus larges que les autres). Les deux dernières travées de la nef centrale appartiennent au choeur, encadré par des chapelles qui prolongent les nefs latérales. L'ensemble est couvert de voûtes d'ogives, en briques enduites de plâtre. La chapelle des fonts baptismaux est aménagée dans le prolongement ouest de la nef nord, dans le rez-de-chaussée de la tour du clocher. Elle est couverte en cul-de-four.

Murscalcaire pierre de taille enduit partiel
Toittuile creuse
Plansplan rectangulaire régulier, plan allongé
Étages3 vaisseaux
Couvrementsvoûte d'ogives, en brique
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit en pavillon
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1714, août : Mémoire en forme de table qui a été dressé par Masse au mois d'aoust 1714 en levant la carte du cours de la rivière de Sèvre et de la petite rivière de Mauzé avec leurs environs.

    repère 107 Service historique de la Défense, Vincennes : 4° 133, pièce 10
  • Masse, Claude. Mémoire sur la carte du 46e quarez de la généralle des côtes du Bas Poitou, païs d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse Guyenne, 1719.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 1Vd60, pièce 51
  • 1776-1780 : adjudication de travaux à l'église de Saint-Jean-de-Liversay suivant ordonnance de l'intendant de La Rochelle.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : G 31
  • 1809-1909 : entretien et restauration de l'église de Saint-Jean-de-Liversay, acquisition et travaux au presbytère.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1950
  • 1858-1989 : travaux à l'église de Saint-Jean-de-Liversay ; 1809-1897 : registre des délibérations du conseil paroissial.

    Archives diocésaines de La Rochelle-Saintes, La Rochelle : P Saint-Jean-de-Liversay 2
  • Dossier de notes et documentation de Robert Nalin, historien.

    Archives municipales, Saint-Jean-de-Liversay
Documents figurés
  • 1811 : plan cadastral de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5079
Bibliographie
  • Blomme, Yves. Les églises d'Aunis. Saint-Jean-d'Angély : Editions Bordessoules, 1993.

  • Fellmann, F., Tombes à Saint-Jean-de-Liversay et à Courçon, Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. 19, 1899, p. 29-30.

  • Lacurie, abbé A. F. Excursion archéologique sur les deux bords de la Sèvre niortaise. Bulletin monumental, tome 16, 1850.

    p. 567-568
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Centre vendéen de recherches historiques (c) Centre vendéen de recherches historiques - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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