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Ensemble du mobilier de la chapelle de Notre-Dame des Sept douleurs ou de la Bonne mort

Dossier IM17005835 réalisé en 2020

Fiche

Dénominationsautel, groupe sculpté, peinture monumentale, croix, verrière, tabernacle
Appellationsde la Vierge des Sept douleurs
Parties constituantes non étudiéesclôture de choeur, confessionnal, chandelier d'autel, ex-voto
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Taugon
Lieu-dit : Bourg
Adresse : place
du 11 Novembre
Cadastre : 2020 OA 1653
Emplacement dans l'édificeChapelle latérale sud.

La chapelle latérale sud est vouée au culte à Notre-Dame des Sept douleurs ou de la Bonne mort. Ce culte, développé par l'Eglise catholique à partir du 13e siècle en particulier, est rendu chaque mois de septembre en l'honneur des douleurs éprouvées par la Vierge, mère du Crucifié, au cours de sept circonstances différentes (prophétie de Siméon au temple, la fuite en Egypte, la perte de Jésus dans le temple, la rencontre avec Jésus portant sa croix, le crucifiement de Jésus, sa dépose de croix et sa mise au tombeau).

La dévotion à Notre-Dame des Sept douleurs est particulièrement développée à Taugon où elle fait l'objet, encore aujourd'hui, d'un pèlerinage organisé tous les ans le troisième dimanche de septembre. Cette dévotion, sans doute déjà présente auparavant, aurait été réactivée dans les années 1840 à la suite de deux événements. D'une part, l'abbé Bégaud, curé de Taugon de 1828 à 1847, aurait fait la rencontre, lors d'un voyage à Nantes, d'une jeune ouvrière infirme, Marie Ardouin, laquelle, soudainement guérie après avoir imploré la Vierge, vint à Taugon remercier Notre-Dame des Sept douleurs. D'autre part, après la mort accidentelle de son fils, le duc d'Orléans, en 1842, la reine des Français Marie-Amélie fit don à toute paroisse de France qui le demanderait, d'un groupe sculpté représentant la Vierge de Pitié ; celle de Taugon, encore dirigée par le curé Bégaud, en fit partie. Cette seconde option, évoquée, semble-t-il, pour la première fois dans les années 1870 par le curé Renaudeau, reste toutefois hypothétique : en effet, dans son journal, à la date du 16 novembre 1839, l'évêque de La Rochelle, Mgr Villecourt note que son vicaire général, M. Courcelle "est parti ce matin pour Taugon La Ronde où il doit faire l'inauguration du groupe de Notre-Dame des Douleurs". Ce groupe sculpté semble donc avoir été acquis par l'église de Taugon dès 1839, soit trois ans avant la mort du duc d'Orléans.

De plus, ce n'est que le 21 septembre 1873 qu'un premier pèlerinage à Notre-Dame des Sept douleurs est organisé à Taugon, réunissant, à l'initiative du curé Renaudeau, plus de 6000 fidèles venus de toutes les paroisses des environs (dont 600 enfants de Maillé). Plusieurs faits de guérison attribués à Notre-Dame des Sept douleurs sont enregistrés en ce début des années 1870. Mais le pèlerinage est ensuite suspendu pendant plusieurs années, après le départ, en 1874, du curé Renaudeau, accusé (et innocenté) d'attentats aux moeurs (ensuite curé de Champdolet, il mourra en 1891 en sa retraite de Saint-Cyr-du-Doret). Il semble, au vu de l'histoire de l'église de Taugon et d'un plan dressé à l'occasion de sa réfection en 1862, que la chapelle, qui n'existait pas à cette date, ait été construite à l'occasion du premier pèlerinage de 1873, ou bien vers 1887. Le 23 octobre de cette année, en effet, Mgr Ardin, évêque de La Rochelle, en présence du curé Hardy (qui a succédé au curé Renaudeau en 1874), vient consacrer l'autel de la nouvelle chapelle. Le pèlerinage reprend ensuite de plus bel, rassemblant en procession chaque année, jusqu'au moins la Première Guerre mondiale, quelques dizaines d'ecclésiastiques et des milliers de personnes venues de toute la région, sous la présidence de l'évêque ou de son vicaire général.

Le décor de la chapelle et son mobilier actuels mêlent des éléments remontant probablement aux années 1830-1840 (groupe sculpté) et à cette fin du 19e siècle (confessionnal, clôture de choeur, autel-tabernacle, chandeliers d'autel, ex-voto...) ; et la peinture monumentale réalisée par René Dionnet en 1952. Des photographies prises dans la première moitié du 20e siècle montrent le décor et le mobilier qui ornaient alors la chapelle, sans doute depuis 1887. Beaucoup d'éléments ont disparu au moment du réaménagement de la chapelle au début des années 1950 (décor peint, statues, stucs...). Jusqu'à cette même époque, le bas-relief représentant la Vierge de Pitié, actuellement visible au centre du retable dans le choeur de l'église, se trouvait sur le mur est de la chapelle.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle, 2e moitié 19e siècle, 3e quart 20e siècle

Le décor et le mobilier de la chapelle se compose de plusieurs éléments : peinture monumentale ; autel et son tabernacle ; groupe sculpté et croix ex-voto ; verrières ; médailler ; plaques ex-voto. La chapelle est divisée en deux parties par une clôture en ferronnerie, à motifs néo-gothiques. Un confessionnal est aménagé dans l'épaisseur du mur ouest. Il présente trois travées, séparées par des pilastres, sous une corniche à denticules. Ses trois ouvertures sont en arc en plein cintre. La porte centrale est ornée d'une croix dans un cadre polylobé.

Catégoriespeinture murale, sculpture, ébénisterie, ferronnerie
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1836-1842 : registre de chronique de l'épiscopat de Mgr Villecourt, évêque de La Rochelle.

    p. 104 Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 1 J 573
  • Archives de Jean Guilloux, historien à La Ronde : notes historiques, documentation et copies de documents d'archives sur Taugon, La Ronde, Saint-Jean-de-Liversay, leurs marais desséchés et les pèlerinages à Notre Dame de Cigogne et Notre Dame des Sept douleurs de Taugon.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 351 J 5
  • Culte de Notre-Dame des Sept Douleurs de Taugon : registre des principaux faits intéressant la paroisse (années 1870), livret de cantiques.

    Archives diocésaines de La Rochelle-Saintes, La Rochelle : 3 G 6
  • Informations et références fournies par M. Nicolas Champ, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Bordeaux 3, auteur en 2009 d'une thèse de doctorat intitulée "Religion et territoire. L´espace public entre présence confessionnelle et sécularisation dans la France du 19e siècle. Le cas de la Charente-Inférieure (1801-1914)".

Bibliographie
  • Bulletin religieux du diocèse de La Rochelle et Saintes.

    années 1873-1874 et 1887-1917 Archives diocésaines de La Rochelle-Saintes, La Rochelle
  • Notre-Dame des Sept douleurs, son culte, indulgences, Henri Lussaud, imprimeur-éditeur, Fontenay-le-Comte, 1919.

    Collection particulière
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Centre vendéen de recherches historiques (c) Centre vendéen de recherches historiques - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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