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Exploitation vinicole dite domaine de la Rambauderie

Dossier IA17043436 réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, chai, distillerie
Dénominationsétablissement vinicole
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Sorlin-de-Conac
Lieu-dit : la Rambauderie
Adresse : 78 rue des
Ajoncs
Cadastre : 1828 A 1879 ; 2009 A 2506

Le domaine de la Rambauderie est représenté sur le plan cadastral de 1828. L'ancienne maison de maître aujourd'hui ornée de sculptures y apparaît, au contraire de l'actuelle distillerie et des dépendances qui la jouxtent. Ces derniers bâtiments ont donc été construits après, probablement au cours du 19e siècle. D'autres bâtiments sont mentionnés sur le plan cadastral, près de la rue, appartenant à différents propriétaires. Ils ont depuis été reconstruits ou remaniés. En 1828, selon le cadastre, la Rambauderie appartient à Joseph Delasalle, époux de Marie Pineau, laquelle, selon des actes successoraux ultérieurs, en a hérité de ses parents. A son mariage en 1780, ces derniers, Jean Pineau, négociant, et Angélique Cochonneau demeuraient à Saint-Domingue. Joseph Delasalle meurt en 1829 et Marie Pineau en 1831. Leurs biens restent quelques années en indivis entre leurs trois enfants ou leurs héritiers, dont Jacques Beysselance, maire de Monbazillac en Dordogne, époux de Marie Delasalle, et Anne Delasalle épouse de Barthélémy Rolland, négociant à Bordeaux. En 1841, Anne Delasalle veuve Rolland, demeurant à Bordeaux, obtient la fin de l'indivision des biens de ses parents. Ces derniers, parmi lesquels le domaine de la Rambauderie, sont vendus en adjudication le 14 juin 1841 ; la veuve Rolland se porte acquéreur de la Rambauderie, pour 8200 francs. Le domaine comprend alors des dépendances et une maison de maître avec logement pour le métayer. Après la mort d'Anne Delasalle, ses biens sont partagés entre ses enfants, le 27 janvier 1864. C'est son fils Jules Rolland, négociant en vins, qui hérite de la Rambauderie, d'une valeur de 16000 francs. Demeurant à Bordeaux, 93 rue du Palais Gallien, il fait de la Rambauderie sa maison de campagne. Comme l'atteste l'acte de vente du 3 octobre 1867 par lequel il se défait de sa propriété, Jules Rolland procède entre ces deux dates, 1864 et 1867, d'une part à l'acquisition des terres et des bâtiments qui voisinent son domaine afin de l'agrandir, d'autre part à la reconstruction et à la restauration de la maison de maître. L'acte précise même que celle-ci a été restaurée "avec sculptures style Renaissance". Cette mention semble bien se rapporter au décor sculpté encore visible aujourd'hui. Ce décor porte certes la date 1735, sur le fronton, mais il s'agit donc du remploi d'éléments rapportés par Jules Rolland depuis un autre domaine non identifié. Ce décor remployé a été appliqué sur la façade principale de l'ancienne maison de maître et sur sa façade latérale gauche. A l'intérieur, au revers de la façade principale, on observe d'ailleurs la structure d'une ancienne façade caractéristique du type saintongeais : au-dessus des ouvertures du rez-de-chaussée, des petites baies devaient éclairer un comble mais elles ont été obstruées par l'apport de la nouvelle façade sculptée. Après avoir effectué ces travaux, Jules Rolland revend la Rambauderie, le 3 octobre 1867, pour 28500 francs. L'acquéreur est Pierre Vias, époux Joyaud, maire de Saint-Sorlin-de-Cônac de 1865 à 1871, demeurant à la Déchandrie (actuelle maison de retraite). La vente comprend aussi les meubles qui se trouvent dans la maison de maître et le chai, notamment ceux liés à la viniculture (voir en annexe). Pierre Vias imprime sa marque dans la pierre, sur la maison de maître : sous le portique central, au-dessus des deux portes, il fait réaliser un nouveau décor sculpté en y intégrant ses initiales et des armoiries non identifiées. Il décède le 19 juin 1876 en son domaine de la Rambauderie. Ce dernier passe ensuite à son fils, Clément Vias (1845-1899), qui demeure aux Blanchards, et au fils de ce dernier, Nelsir Vias (1870-1935), maire de Saint-Sorlin-de-Cônac, et qui habite la Rambauderie. Celle-ci est acquise après lui par Roger Moreau, également maire de la commune, dont descendent les propriétaires actuels. Les alambics situés à l'intérieur de la distillerie datent des années 1950 pour l'un, de 1975 pour l'autre. Le second a été fabriqué par la chaudronnerie Chalvignac, de Jarnac-Champagne.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1735, porte la date
1864, daté par source
1867, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le domaine de la Rambauderie se situe sur une hauteur dominant les marais de Saint-Sorlin-de-Cônac et l'estuaire de la Gironde. Tout autour, les coteaux sont plantés de vignes. Les bâtiments comprennent une ancienne maison de maître, avec un chai à l'arrière, et des dépendances au nord, dont une distillerie et un secon chai. La maison de maître est couverte d'un toit à longs pans avec croupes et épis de faîtage en terre cuite à droite, en zinc à gauche. La façade, orientée au sud-est, présente six ouvertures au rez-de-chaussée. Chacune possède un encadrement mouluré et est surmontée d'un décor sculpté. Ces ouvertures formaient six travées avec de petites baies au niveau du comble, masquées par la façade qui a été rapportée mais visibles de l'intérieur. Une corniche surmonte le tout et se poursuit sur les façades latérales du bâtiment. Sur la façade principale, les seconde et troisième ouvertures à partir de la gauche sont des portes et prennent place sous un portique en métal. Une niche en cul-de-four, qui a dû abriter une statue, se trouve entre les deux. Cet ensemble est surmonté par un imposant édicule à fronton en plein cintre et à ailerons. La façade latérale gauche présente trois ouvertures au rez-de-chaussée, dont une porte au centre, également surmontées d'un décor sculpté. La façade latérale droite est percée d'une seule travée d'ouvertures et d'une seconde porte au rez-de-chaussée. Donnant accès au chai, elle est aussi surmontée d'un décor sculpté. La distillerie abrite deux alambics comprenant chacun un chauffe-vin (placé sur une colonne en pierre pour l'un, sur une poutre pour l'autre), le foyer en brique et son chapiteau, et le cylindre réfrigérant ou pipe (voir schéma ci-joint).

Murscalcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toittuile creuse
Étagesen rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
croupe
Techniquessculpture
Précision représentations

Sur la façade principale, l'édicule qui surmonte le portique est richement orné de motifs sculptés. Les ailerons portent des volutes et des enroulements végétaux. Les deux pilastres qui encadrent le motif central sont ornés de faux cuirs découpés, de feuillages et de mascarons. Le fronton cintré porte des enroulements de feuillages et de fleurs sur lesquels sont posés deux oiseaux, avec les initiales "LR" entrelacées au milieu et une coquille au sommet. Le décor sculpté au centre de l'édicule prend place dans un cadre, tel un tableau. Ce cadre est orné de feuillages et d'un trophée de chasse, une tête de cerf. Ce tableau sculpté allie de multiples éléments relatifs à la chasse : fusil, cor et chien de chasse, gibier, gibecière, le tout placé sur des branches de chêne. Au-dessous, sous le portique, la niche en cul-de-four qu'encadrent les deux portes, présente un encadrement orné de liserons et d'une coquille. La porte de gauche est surmontée d'un décor sculpté représentant des armoiries entourées de branches de laurier. La porte de droite supporte un médaillon dans lequel sont portées les initiales de Pierre Vias, entrelacées. Des guirlandes de roses, de chêne et de laurier retombent de chaque côté du médaillon. De part et d'autre du portique, le décor sculpté qui surmonte chaque ouverture prend place à chaque fois dans un panneau encadré par des ailerons à volutes et couronné d'un arc segmentaire et d'une tête humaine. Chaque panneau porte un trophée qui symbolise une des quatre saisons, soit, de gauche à droite : l'hiver (avec un pot à feu, du gibier, une gibecière et des roseaux) ; le printemps (avec des fleurs, un poisson, des instruments agricoles) ; l'été (avec une gerbe de blé, un chapeau de paille, une faux, etc) ; et l'automne (avec des branches de vigne, du raisin, des bouteilles de vin, une cruche, etc). Le décor sculpté qui orne les trois ouvertures de la façade latérale gauche, prend place dans le même type de panneaux. Chaque panneau est surmonté cette fois d'une tête d'animal, soit à gauche un sanglier, au centre un lion et à droite un chien, le sanglier et le chien regardant de côté vers le lion. Les panneaux symbolisent, de gauche à droite : l'architecture (avec des instruments d'architecte, un livre et des éléments d'architecture) ; la musique (avec plusieurs instruments dont une lyre et une cornemuse, et une partition) ; et l'astronomie (avec un globe terrestre, une lunette, des étoiles et un livre). Enfin, au-dessus d'une porte sur la façade latérale droite, on observe une représentation de Bacchus assis sur un tonneau et une peau de lion, tenant un verre à la main et entouré de vignes et de raisins.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Extrait de l'acte de vente de la Rambauderie par Jules Rolland à Pierre Vias, le 3 octobre 1867 :

    La vente concerne "le domaine de la Rambauderie contenant approximativement cinq hectares et consistant en bâtiments de maître nouvellement construits ou restaurés avec sculptures style Renaissance, chais plafonnés avec tous leurs vaisseaux, vinaires et immeubles par destination, composés de douze futailles écoulant chacune deux hectolitres vingt huit litres ; trois grandes cuves cerclées en bois et en fer ; un fouloir, son pressoir et tous ses accessoires ; six bassiots à raisins en bois blanc ; quatre comportes, deux tire-vins et un entonnoir en même bois ; deux autres futailles écoulant chacune un hectolitre quatorze litres ; et enfin deux dernières futailles écoulant chacune de cinquante à soixante litres ; autres bâtiments de servitudes de toutes sortes, en parfait état, puits, cour, issues, jardins, agréments, terres labourables, vigne, oseraies, acacia, bois et prés".

    La vente comprend également tout le mobilier qui se trouve dans la maison de maître et qui est détaillé par l'acte (lits, tables, chaises, commodes, bergère, fauteuil, ustensiles de cuisine).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4097. 1828 : tableau indicatif des propriétés foncières, état de section.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4098 à 4102. 1831-1939 : matrices cadastrales des propriétés foncières.

  • Collection particulière, archives de la famille Boucher-Moreau, copies et grosses d'actes notariés : - 1780, 22 décembre : contrat de mariage entre Joseph Delasalle et Marie Pinaud (actes aux A. D. Gironde, 3E 23/431). - 1849, 3 et 5 janvier : quittance portant solde de comptes entre les héritiers Delasalle, devant Bordéria, notaire à Bordeaux. - 1864, 27 janvier : partage des biens d'Anne Delasalle veuve Rolland, devant Bordéria, notaire à Bordeaux. - 1864, 25 juillet : vente d'une maison à la Rambauderie par les héritiers Bardis à Jules Rolland, devant Coudret, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac. - 1867, 3 octobre : contrat de vente de la Rambauderie par Jules Rolland à Pierre Vias, devant Coudret, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac.

Documents figurés
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4941. 1828-1842 : plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac.

  • Plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac établi entre 1828 et 1842.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4941
Bibliographie
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : éditions Patrimoines et médias, 2008.

  • Le canton de Mirambeau, Mémoire en Images, Ed. Alan-Sutton, 2003.

Multimedia
  • Site internet de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes, dossier en ligne sur le patrimoine industriel.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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