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Ferme dite Prétebeau

Dossier IA17047538 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, grange, étable, cale, hangar agricole, toit à porcs
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Saint-Jean-de-Liversay
Lieu-dit : Prétebeau
Adresse : route
D 262
Cadastre : 1811 A 38 ; 2019 OA

Cette ferme ou cabane de marais desséchés (dont le nom d'origine serait Pré Thibaud) a dû être créée, comme les autres, au moment du dessèchement des marais au milieu du 17e siècle. Elle apparaît sur la carte de la région par Claude Masse en 1720. Son statut est toutefois particulier puisqu'elle n'appartient pas, dès l'origine, à l'un des riches membres de la Société des marais de Taugon-La Ronde-Choupeau-Benon, mais, fait rare, à la communauté des habitants de Saint-Jean-de-Liversay. Ce statut résulte d'un accord passé en 1669 entre la Société d'une part, le curé et les habitants de Saint-Jean-de-Liversay ainsi que les Minimes de Surgères, propriétaires de Cigogne, d'autre part. Cet accord permet à ces derniers, propriétaires de marais dans l'Angle Giraud, de bénéficier de l'écoulement du canal de la Banche, en échange d'une redevance. A partir de 1748-1749, cette redevance prend la forme d'un forfait ou abonnement.

Le 25 juillet 1736 (devant Fumat, notaire à La Rochelle), la cabane de Prétebeau est rachetée par le curé de Saint-Jean-de-Liversay, René Ayrault qui, par son testament du 23 avril 1738, en fait don à la paroisse. Il indique que les revenus de cette ferme serviront à établir et entretenir une école pour les filles pauvres de la paroisse. Les maîtresses d'école seront aussi chargées de visiter les pauvres malades. Les revenus de Prétebeau leur permettront alors de "leur fournir ce qui leur sera nécessaire tant pour les remèdes qu'elles leur donneront que par les bouillons qu'elles leur feront et autres nourritures qu'elles auront soin de leur fournir". Pendant tout le 18e siècle et au-delà de la Révolution, la cabane est donc gérée par la communauté des habitants de Saint-Jean-de-Liversay (qui le met en ferme, par exemple, en 1751) puis par la municipalité via son bureau de bienfaisance. Au cadastre de 1811-1813, elle est la propriété des "habitants indigents" de la commune et est surnommée "la cabane des Pauvres". Jusqu'à la fin du 20e siècle, elle est régulièrement mise en ferme par le bureau de bienfaisance. L'essentiel des bâtiments actuels, désormais abandonnés, remonte probablement au 19e siècle, avec des reprises (logis) au 20e. En 1839 sont ainsi reconstruites deux chambres avec four dans l'une d'elles, par M. Lagaron, maçon, et Jean Rolland, charpentier. Ce n'est qu'en 1924 qu'une passerelle est construite par-dessus le canal de la Banche pour accéder à la ferme.

Période(s)Principale : 19e siècle

Les vestiges de cette ancienne ferme prennent place sur la rive nord et à proximité du canal de la Banche. Ils sont accessibles par une passerelle qui enjambe celui-ci. En aval de cette passerelle, une cale est aménagée sur le flanc du canal, permettant autrefois un accès à la cabane par bateau. Les dépendances de la ferme sont regroupés autour du logis avec lequel elles communiquent. Celui-ci est composé d'un rez-de-chaussée et d'un grenier. Sa façade présente deux travées d'ouvertures. Parmi les dépendances, à l'est se trouvent un hangar en pierre et des toits. A l'ouest et en arrière se succèdent deux vastes grange-étable, l'une à toit à longs pans avec façade sur le mur pignon, l'autre en appentis. Toutes deux sont couvertes en tuile et en roseau et présentent encore des mangeoires en pierre et/ou en béton.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, étage en surcroît
Couverturestoit à longs pans
TypologiesFerme à bâtiments jointifs, Cabane de marais desséchés, Grange-étable à façade en pignon, 2
États conservationsvestiges, menacé

Repéré de niveau 2.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1751, 4 juillet : bail à ferme de la cabane de Prétebaud par la communauté des habitants de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 E 47/84
  • 1740-1829 : contentieux entre la cure puis la commune de Saint-Jean-de-Liversay et leurs fermiers de Préteau d'une part, la Société des marais desséchés de Taugon d'autre part, au sujet du paiement de l'abonnement.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 31 ETP, archives de la Société des marais de Taugon, carton 2, chemise B, dossier 5
  • Répertoire des actes, lettres, titres, papiers appartenant à la Société de Taugon, La Ronde, Choupeau et Benon fait cette année 1763.

    p. 139 Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 31 ETP
  • 1743, 1er mai : accord entre Antoine Penigot de Grandchamps, conseiller du roi, magistrat au siège présidial de Poitiers, et Marie Ayrault son épouse, d'une part, et Pierre Marteau, curé de Saint-Jean-de-Liversay, pour clore le procès entre eux au sujet du testament de René Ayrault, ancien curé de Saint-Jean-de-Liversay (avec copie dudit testament).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 4 J 246
  • 1811-1920 : baux à ferme des cabanes de Prétebeau et de l'Angle Folle par le bureau de bienfaisance de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1957
  • 1813, 1824-1954 : état de section, matrices et registres des augmentations et diminutions cadastrales de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 3584, 3585 à 3593
  • 1839, 14 juillet : devis pour la construction de deux chambres à la cabane de Prétebeau, par Lagaron, maçon, et Jean Rolland, charpentier.

    Archives municipales, Saint-Jean-de-Liversay
Documents figurés
  • 1811 : plan cadastral de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5079
Bibliographie
  • Suire, Yannis. L'histoire de l'environnement dans le Marais poitevin, seconde moitié du XVIe siècle - début du XXe siècle. Thèse d'Ecole nationale des Chartes, 2002.

    p. 344
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Centre vendéen de recherches historiques (c) Centre vendéen de recherches historiques - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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