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La Jarrie-Audouin : présentation de la commune

Dossier IA17035028 réalisé en 2001

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : La Jarrie-Audouin

Une origine antique

Le nom de cette bourgade témoigne de sa fondation d’origine médiévale. En effet, le terme « Jarrie » vient de « Garric », qui désignait en gaulois le « chêne Kermès » (espèce d’arbuste à feuilles persistantes). Plus tard, le terme de « Garric » s’applique, par glissement de sens, aux sols secs et rocheux où poussent ces arbres. Le nom de Jarrie est très répandu en France. « Audouin » est le nom d’un seigneur. Cette forme de juxtaposition du nom du lieu et d’un qualitatif se rapportant au propriétaire est typique du Moyen Age. Le bourg tel qu’il est aujourd’hui résulte de l’agglomération des hameaux de Vaudion, de Pié Pelé et du petit centre bourg.

La première mention écrite de la Jarrie-Audouin remonte au 11e siècle, vers 1071, lorsque Guillaume VIII, duc d’Aquitaine, fait don à l’abbaye de Montierneuf de La Jarrie avec toutes ses dépendances. La dîme est exclue de cette donation car elle est déjà distribuée à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély.

Il faut attendre le 14e siècle pour que le suffixe « Audouin » soit mentionné. Il correspond au moment où La Jarrie, territoire jusqu’alors sous la domination d’un prieur, passe entre les mains d’un seigneur.

L’église n’est implantée dans aucun des trois noyaux urbains, mais dans une portion de campagne presque vide, entre le bourg et Pié Pelé. Construite au 12e siècle, elle remplacerait une chapelle plus ancienne. De l’édifice du 12e siècle n’ont survécu que le chevet et le choeur, le reste a été reconstruit probablement au cours du 19e siècle.

Comme la majorité des villages de France, celui de La Jarrie-Audouin se fixe définitivement aux alentours des 12e et 13e siècles. Le pays entier est alors marqué par un essor économique sans précédent qui suscite de grandes campagnes de constructions.

Le château

Situé à proximité de l’église, sur une élévation naturelle, l’ancien château de La Jarrie-Audouin dominait le bourg. Il n’en reste que peu d’éléments, si ce n’est une partie du logis séparé en deux maisons d’habitation, qui tourne le dos à un pré où se tenait le reste du château. Un puits arasé et une salle voûtée sont les seuls témoins du passé de cet édifice.

Il semble qu’un seigneur, Nicolas de la Chambre, se soit établi à La Jarrie au milieu du 15e siècle. Ses descendants garderont le château jusqu’au 17e siècle, avant qu’il ne passe, par mariage, à la famille Tiraqueau, puis, de nouveau par mariage, à la famille de La Croste.

Le château est vendu en 1774 à un certain Louis-Antoine Valentin, médecin du roi Louis XVI, dont le frère était maire de Saint-Jean d’Angély. En comparant l’acte d’achat et celui de la saisie en 1792, on peut imaginer qu’il avait entrepris des travaux d’embellissement afin d’y résider. Il quitte son domaine à la Révolution et entre, en 1792, comme chirurgien major du corps des hommes à pieds dans l’armée des princes. Ses biens sont saisis et vendus aux enchères en 1793. une description complète du château laisse alors apparaître son importance : 22 pièces dont 8 chambres, 2 salons, une salle à manger, une cuisine, une bibliothèque et une salle de billard. La décoration affichait moulures en plâtres, tapisseries, tableaux, meubles et autres vaisselles précieuses. Louis-Antoine Valentin meurt en 1823 sans enfant, ce sont alors ses neveux qui héritent du château.

En 1827, la foudre provoque un incendie qui endommage une grande partie du bâtiment, qui par la suite tombe en ruines. En 1922, lorsque le docteur Texier visite les vestiges du château, il localise les différentes pièces, dont la salle à manger qui ouvre au sud sur un jardin se terminant en parc. Les portes-fenêtres du salon donnent accès à une terrasse qui portet des débris de balustres. On voit encore dans le salon un parquet à fougères et au mur des colonnes cannelées Louis XV, de fins trumeaux en plâtre représentant la peinture, la sculpture, la musique et l’architecture. En 1949, il ne reste plus rien de l’édifice, dont les pierres ont été utilisées pour empierrer les chemins de la commune.

La commune de La Jarrie-Audouin se situe dans la région Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Charente-Maritime et plus précisément dans la partie nord du territoire des Vals-de-Saintonge. D’une superficie de 906 hectares, elle est limitrophe des communes de Coivert au nord, Antezant-la-Chapelle au sud, Loulay à l’ouest et Saint-Martial et Saint-Pierre-de-l’Isle à l’est.

La Jarrie-Audouin se situe au coeur d’un quadrilatère défini par quatre routes départementales d’importances variables. La départementale 150, à l’ouest, suit un axe nord-sud et permet de rejoindre Niort en 40 minutes et Saint-Jean-d’Angély en 15 minutes. La départementale 107, qui traverse le territoire communal au sud et qui constitue l’axe principal, permet de relier Loulay à Aulnay-de-Saintonge. La D 939, au sud, suit un axe nord-est-sud-ouest, et permet de rejoindre Aulnay-de-Saintonge en 15 minutes. La départementale 115, au nord, suit un axe est-ouest et permet de rejoindre Surgères en 30 minutes.

L’extension urbaine peu soutenue sur la commune contribue à préserver un cadre de vie basé sur une qualité paysagère et architecturale indéniable. L’église Sainte-Madeleine, inscrite Monument Historique, les demeures du 19e siècle ainsi que la Garenne sont autant d’éléments qui confèrent au bourg un charme certain.

La Jarrie-Audouin dispose d’une faune, d’une flore et de paysages variés qui constituent un cadre de vie des plus agréables pour ses habitants. Les zones humides, associées aux zones basses du territoire communal, constituent des milieux naturels aussi fragiles que remarquables où les prairies sont bien conservées.

Structure et évolution urbaine de la commune

À l’échelle du territoire communal, les zones d’habitats sont regroupées le long de la départementale 107 au sud. La structure urbaine renvoie à une organisation bipolaire, due au fait que la commune se composait à l’origine du bourg et de deux hameaux aujourd’hui réunis. Ainsi trois zones d’habitats sont implantées parallèlement à une ligne de crête. Elles s’articulent respectivement autour de la mairie, de l’église et d’un îlot d’habitations dense. L’identité urbaine de la commune est liée à cette organisation en trois pôles. Des axes secondaires, implantés le plus souvent à la perpendiculaire de l’axe structurant, permettent de rejoindre les zones d’habitats. C’est à partir de ce réseau viaire secondaire que s’organise l’implantation du bâti et la délimitation des espaces publics, semi-privatifs et privés.

S’il n’y a pas de place ou d’espaces collectifs publics clairement identifiés, la structure urbaine de La Jarrie-Audouin induit la présence de nombreux espaces de respirations qui contrastent avec la densité du bâti et les venelles étroites qui traversent les zones d’habitats. En outre, la densité du bâti, associée à un parcellaire serré, est estompée par son organisation. L’organisation fonctionnelle des constructions, largement associée à l’activité agricole, laisse en effet place à des espaces de travail qui aèrent les zones d’habitats.

Ces espaces se situent entre la voirie et les maisons d’habitation. La façade de ces dernières se situe en retrait du domaine public. La continuité du bâti sur rue est assurée par les bâtiments annexes, à l’alignement de la voirie, ou par le pignon des logements, perpendiculaires à la voirie.

Si l’évolution urbaine de la commune reste mesurée, plusieurs constats ressortent de la comparaison entre la carte d’état major du 19e siècle et une photo aérienne de 2006. Le premier constat est celui de l'implantation de maisons d’habitation, de manière linéaire le long de la départementale 107. Ce développement a rapproché les deux principales zones d’habitats. En outre, la multiplication des sorties directes sur la départementale 107 a impliqué que cette route soit aujourd’hui intégrée dans les zones urbanisées de la commune.

Le second constat est le regroupement des zones d’habitats. Ainsi, le bourg et les hameaux inclus dans cette zone ont connu une extension urbaine mesurée, liée à l’activité agricole mais surtout à des constructions de maisons d’habitation isolées.

Sur le territoire communal, l’urbanisation est limitée à quelques constructions qui prennent la forme d’habitations isolées, réalisées au coup par coup. L’évolution urbaine modérée de la commune de La Jarrie-Audouin a permis de préserver des ensembles bâtis de qualité. La végétation est omniprésente sur les abords de la plupart des zones d’habitats. Elle sert de transition et de délimitation entre les zones bâties et les zones de cultures. L’histoire de la commune constitue un héritage d’une grande qualité, qu’il s’agisse de monuments, de mode de vie ou d’une organisation urbaine particulièrement préservée jusqu’à aujourd’hui.

L’activité agricole occupe une place essentielle dans la vie économique de la commune. En 2000, sur les 841 hectares du territoire, 591 étaient utilisés en surface agricole, soit 70 % de la surface communale. Les bâtiments agricoles sont situés dans l’enveloppe urbaine ou en bordure des zones urbaines.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales de la commune de la Jarrie Audouin.

Bibliographie
  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin, Stéphane. Origine des noms des villes et villages de Charente-Maritime. Éditions Bordessoules, mars 1998.

    p. 106.
  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic éditions. 2002. p. 342, 343.

    p 344, 345.
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Canton de Loulay. Sixième fascicule. Saint-Jean d'angély : Imprimerie Brisson. 1972. p. 12, 13.

    p. 15, 16.
Multimedia
  • Site internet de la commune de la Jarrie Audouin [Consult. Septembre 2019].