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Les Nouillers : présentation de la commune

Dossier IA17035032 réalisé en 2001

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Les Nouillers

Des vestiges gallo-romain et médiévaux à l’origine de la commune

L’occupation du territoire de Les Nouillers est très ancienne. La carte archéologique de la commune révèle 32 sites d’occupations, concernant les époques gallo-romaine et médiévale. Toutefois, la plupart de ces sites n’ont pas été fouillés.

Le lit de la Boutonne a livré des objets allant de l’Antiquité à la période moderne, fragments de tuiles, poteries, pièces métalliques, ce qui a mis en évidence une activité intense sur la Boutonne depuis des temps reculés.

Au Port Laroche, il a été découvert un buste de l’époque gallo-romaine, dans des circonstances encore aujourd’hui inconnues et actuellement exposé au musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye ; il s’agit vraisemblablement d’un fragment d’un plus grand groupe sculptural. Il est décrit comme « un buste d’homme à tête barbue, qui paraît supporter le poids d’un personnage dont les mains s’appuient sur les épaules et le genou sur la tête du buste ».

Les interprétations concernant l’oeuvre à laquelle se rattache ce buste sont variées et purement hypothétiques. Certains y voient une représentation de Silène, dieu grec de l’ivresse, portant une outre. D’autres observent un géant dominé par le second personnage, et d’autres encore voient Jupiter lancer des éclairs sur la terre, incarnée par le géant, pour en faire jaillir des sources.

Dans les années 1885, il a été découvert, près de du château de Bois Charmant, des débris de briques et de tuiles gallo-romaines. Suite à cette découverte, une excavation a été mis au jour : elle était remplie de cendre et de débris de poteries, correspondant peut-être à un ancien puits funéraire.

Deux mottes, ou plutôt des tumulus, ont été découverts près du bourg. Le premier est situé à 100 mètres environ à l’ouest du château de Bois Charmant, en bordure d’un bois. d’une hauteur de 5 ou 6 mètres, il est entouré d’un fossé d’une circonférence de 30 mètres. Ce tumulus est connu sur la commune sous le nom de la Petite Motte.

Le deuxième, quant à lui, se situe en face du hameau de Beaujouet. Plus grand que le précédent, son fossé possède une circonférence de 190 mètres, une hauteur d’environ 6 mètres et un diamètre d’environ 45 mètres. Plus connu sous le nom de la Grosse Motte, plus aucune trace n’est visible aujourd’hui.

Du Moyen Age aux temps modernes

Les Nouillers a hérité de sa première appellation du Moyen Age : « Novelari ». Ce terme possède comme racine le mot "Novalisé", qui signifie terres nouvellement défrichées et transformées en champ. Autour de celles-ci se créait généralement un village de cultivateurs.

Le Moyen Age a laissé quelques traces sur le territoire de Les Nouillers. Tout d’abord l’église, construite au 12e siècle, mais endommagée et remaniée au cours des siècles suivants. De la construction d’origine, on peut voir le portail, des fenêtres étroites en plein cintre ou encore une porte murée à linteau en accolade située sur le mur nord.

Cette localité était le siège de plusieurs seigneuries dont des traces sont encore visibles aujourd’hui. La première, la plus connue, est celle de Bois Charmant. Son château, dominant le vallon qui le sépare du bourg, a été construit au 15e siècle, lorsque Colin Mauny en était propriétaire. Même si de nombreuses parties ont été reconstruites, notamment le corps de logis à la fin du 16e ou au début du 17e siècle, il reste toutefois une aile de dépendances datant vraisemblablement de la fin du 15e siècle.

La terre des Razes, située à l’ouest dans le bourg, appartenait dans le milieu du 16e siècle à un certain Jean Brosset. Si le corps du logis a été reconstruit au 19e siècle, il reste toutefois du château primitif une tour d’escalier accolée à l’arrière de ce dernier. De forme octogonale, elle était percée à l’origine d’une porte à haut linteau surmonté d’un pinacle. Au-dessus on peut encore voir une fenêtre à meneau transversal et une autre à gros appui mouluré sculpté de feuillages.

Deux autres seigneuries sont mentionnées dans les ouvrages dès le 15e siècle. La Matassière, au sud-est du bourg, et l’Épinière, au nord-ouest de ce dernier. De ces deux logis, il ne reste plus rien d’origine : seul un portail du 18e siècle se trouve à la Matassière et un corps d’habitation du 17e siècle à l’Épinière.

Les Nouillers a traversé la période des temps modernes sans événements particuliers, où la vie s’est écoulée sans encombre pour ses presque 700 habitants. Toutefois, on sait que l’activité économique était principalement agricole et viticole. Le territoire communal comptait alors sept moulins à vent, construits probablement au 17e ou 18e siècle. Le seul encore debout aujourd’hui, au sud-est du bourg, a été construit quant à lui, au cours du 19e siècle, vers 1860. Durant des siècles, le ruisseau le Gouttemer, canalisé, a fait tourner trois moulins à eau, deux au hameau Beaujouet et un au hameau la Planche.

Dans le bourg et les hameaux, on observe des éléments d’habitat de cette époque. Outre le portail du 18e siècle de l’ancien logis de la Matassière et le corps d’habitation du 17e siècle de celui de l’Épinière, des anciens logements à pièce unique ou des éléments isolés sur des maisons ont été vus sur l’ensemble du territoire.

Les Nouillers aux 19e et 20e siècles

Le 19e siècle est, comme partout en Vals de Saintonge, une période de développement pour la commune, qui compte en 1836 pas moins de 1 087 habitants. La plupart des maisons sont modifiées ou reconstruites à cette période, mais cette dernière (principalement la fin du 19e siècle) est surtout marquée par les chantiers entrepris par la municipalité.

En 1873, la commune envisage un projet d’agrandissement de son école mais finalement elle décide, en 1876, de s’approprier une maison située à l’ouest du bourg. Dans le projet émis par les élus, il est aussi question d’installer la mairie dans une des pièces de la future école. Les travaux d’aménagement de cette maison en école et en mairie sont réalisés en 1879. La translation du cimetière hors du bourg a été réalisée en 1887. Avant ce transfert, il était établi au pied de l’église, sur le côté du mur sud.

Au début du 20e siècle, Les Nouillers possède une activité économique très diversifiée. Dans les années 1920, de nombreux artisans et commerçants sont installés, entre autres, un boulanger, des bouchers, des épiciers, des cafetiers, des menuisiers, des cordonniers. Mais la principale activité du territoire reste toutefois l’agriculture. À cette époque, la commune compte environ 75 foyers concernés par la culture des céréales et l’élevage, dont environ une douzaine avec seulement 2 ou 3 vaches afin d’assurer un revenu complémentaire ou de simple subsistance.

Malgré ces nombreuses activités, ce début du 20e siècle est surtout marqué par l’exode rural qui commence nettement à se faire ressentir sur la commune. De plus de 1 000 habitants au début du 19e siècle, Les Nouillers n’en compte plus 800 en 1901 et 700 en 1921. Nonobstant cette désertification, la commune va quand même entreprendre de réhabiliter l’ancien presbytère. En 1907, elle envisage de se l’approprier afin d’y installer une école de garçons et la mairie. Deux années plus tard, la municipalité décide finalement d’aménager ce presbytère en mairie et en bureau de poste.

Dans les années 1950, la mécanisation et la circulation d’engins motorisés réclament une amélioration des routes, avec l’empierrement du réseau viaire. Pour ce faire, les pierres étaient extraites des carrières environnantes, puis étaient revendues à des entrepreneurs. Pendant longtemps, l’extraction de la pierre était faite par l’homme, mais ce travail de forçat disparut avec la mécanisation. Des carrières mécanisées fonctionnèrent entre le bourg et le hameau Beaujouet, mais aussi à l’ouest du hameau Font de Benon et à l’est du bourg. La désertification communale se poursuit tout au long de cette 2e moitié du 20e siècle. En 1954, 623 habitants ont été recensés et, en 1975, on en comptait plus que 534.

Contrairement à beaucoup de communes du territoire où l’exode rurale est encore très présente, c’est l’effet inverse qui se produit aux Nouillers. Depuis la fin du 20e siècle jusqu’à aujourd’hui, la population est en constante augmentation. De 534 habitants en 1975, elle en comptait environ 600 en 1990, 620 en 2007 et enfin 670 en 2015.

Aujourd’hui, la principale ressource de cette commune est la culture céréalières. Si pratiquement tous les commerces ont fermé, seule une boulangerie est en activité dans le bourg. Les Nouillers bénéficie de sa proximité avec deux pôles importants du territoire, Saint-Jean d’Angély et Tonnay Boutonne, où sont réunis services et commerces.

La commune de Les Nouillers se situe au sein du département de la Charente-Maritime, dans la région Nouvelle-Aquitaine. Elle relève du canton de Saint-Jean d’Angély, lequel a absorbé, en 2015, l’ancien canton de Saint-Savinien dont cette commune faisait partie jusqu’alors.

Cette localité est établie sur le territoire des Vals-de-Saintonge, qui occupe tout le nord-est de la Charente-Maritime. C'est un territoire à dominante rurale, où l'agriculture est encore très présente, avec un tissu dense de villages et de bourgs, qui s'articulent autour de la ville-centre de Saint-Jean d'Angély.

Les Nouillers est traversée d’est en ouest par la route départementale 739, qui relie Saint-Jean-d’Angély à Tonnay-Boutonne. Elle est également desservie par les routes départementales 119 (vers Saint-Savinien) et 127 (vers Taillant), au sud-est du bourg, et par la 122 (vers Archingeay) au nord-ouest de ce dernier. Sa situation géographique favorable de par sa proximité avec Saint-Jean-d'Angély, desservie par l'autoroute A10, la place à environ 1 heure 30 des agglomérations de Poitiers et Bordeaux.

Limitrophe avec les communes de Torxé au nord, Saint-Savinien sur Charente au sud, Archingeay à l’est et Bignay à l’ouest, le territoire communal compte, en plus du bourg, 33 hameaux et lieux-dits. Ceux-ci sont les Amis, l’Angle, Beaujouet, Bois charmant, les Basses Boissières, les Hautes Boissières, la Bonnetière, la Bourie, la Chaine, le Petit Champdolent, la Grande Chaussée, chez Benon, chez Bertet, chez Binaud, chez Grenon, chez Guérin, chez Marand, la Coussolière, Courtejambe, le Crignolet, l’Épinière, Font de Benon, la Matassière, la Petite Matassière, le Moulin de Chail, les Ouillères, le Pas du Pré, le Pinier, la Planche, le Port Laroche, le Tricholet, le Vigneau et la Vitrerie. Les habitants de cette localité s’appellent les Novelariens, très probablement en rapport direct avec l’origine du nom de la commune, « Novelari ».

D’une superficie de 2 415 hectares, une zone de marais longe la frange nord du territoire, où coule la rivière la Boutonne, qui marque la limite septentrionale de la commune. Le ruisseau le Gouttemer, qui prend sa source sur la commune voisine de Saint-Savinien, traverse les hameaux de la Planche, longe le bourg par le sud, puis passe à Beaujouet et l’Angle, avant d’aller se jeter dans la Boutonne.

Les Nouillers se situe sur la rive gauche de la Boutonne, où le paysage s’élève vers le sud en vallons et plateaux. Dans toute la partie nord, ou les points les plus bas sont dans les marais (seulement 4 mètres d’altitude), le paysage se compose essentiellement de plaines cultivées. La partie sud, où le point le plus haut culmine à 64 mètres d’altitude, comprend un paysage qui varie entre plaines cultivées et bois. D’ailleurs, c’est à ce point culminant que 5 éoliennes ont été implantées en 2014.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. 17. 2 O 1288 et 1289. Archives des édifices publics de la commune de Les Nouillers.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 o 1288 : 2 O 1289
Documents figurés
  • A.D. 17. 3 P 5163/01 à 43. Extrait du plan cadastral napoléonien de la commune de Les Nouillers, 1828.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 6163/01 à 43.
Bibliographie
  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin Stéphane. Origine des noms de villes et villages de Charente-Maritime. Editions Bordessoules, Saint-Jean d'Angély, 1998. p. 141.

  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 2008. p. 601, 601.

  • Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Paris : Ed. Flohic, 2002, p. 966, 967.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Canton de Saint-Savinien. Saint-Jean d'Angély, 1981. p. 38 à 47.

Multimedia
  • Site internet Gallica. Bulletin de le Société d’Archéologie et d’Histoire de la Charente-Maritime. Pascal Texier, Campagne de prospection subaquatique sur la rivière la Boutonne. p. 85. [consult. janvier 2018].

  • Site internet, Mémoires des Nouillers, histoire de la paroisse devenue commune, des origines à nos jours. [consult. Janvier 2018].