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Maisons et anciennes fermes, l'habitat à Saint-Sorlin-de-Cônac

Dossier IA17043382 réalisé en 2010

Fiche

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Aires d'étudesEstuaire de la Gironde
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Saint-Sorlin-de-Conac

80 maisons et fermes ou anciennes fermes ont été recensées au cours de l´enquête. Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 1960, à l´exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l´état d´origine illisible. Cet ensemble ne comprend pas les trois domaines viticoles que compte la commune (le Château Saint-Sorlin, le Mérin-d´Or et la Rambauderie) ni l´ancien manoir des Cheminées.

Plus de la moitié des maisons et fermes considérées ont été construites ou reconstruites au 19e siècle, en particulier au cours des années 1850-1870, période de prospérité pour cette région viticole. Un nombre significatif de bâtiments (soit 14) conserve toutefois des éléments des 17e et 18e siècles. Il s´agit d´éléments isolés (par exemple une porte en plein cintre, Chez-Signoret), d´une date inscrite (1678 au Pas-de-Poupot, 1783 au Mérin-d´Or), de bâtiments qui ont subi peu de modifications depuis cette époque ou qui ont conservé en tout cas leur emplacement au sol (par exemple la ferme Chez-Rullière). Les bâtiments construits au 20e siècle sont relativement peu nombreux, signe du recul démographique que connaît la commune depuis plus d´un siècle. Deux d´entre elles, au Pas-de-Poupot et à la Déchandrie, construites dans les années 1920-1930, se distinguent par leur architecture dite de villégiature, empruntant formes, matériaux et couleurs aux constructions de bord de mer.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

L´habitat est réparti sur le territoire communal de manière différente selon les deux principales entités géographiques qui le composent. Le coteau est ponctué de hameaux tandis que les marais desséchés sont marqués par un habitat isolé. C´est dans les hameaux que se concentre 90 % de l´habitat. Le bourg, très réduit, groupé autour de l´église, de la mairie et du domaine viticole du Château Saint-Sorlin, n´est guère plus important que d´autres groupements d´habitat comme la Poupotrie et la Déchandrie. Ces hameaux sont situés soit au sommet du coteau, comme la Rambauderie, soit sur les pentes des vallées qui l´interrompent, par exemple la Mothe.

Dans les marais desséchés, on dénombre aujourd´hui 14 fermes ou anciennes fermes isolées au milieu des vastes terres exploitées. La plupart ne sont plus en activité. Presque toutes sont situées en limite de l´exploitation, au bord d´un canal et d´un chemin pour bénéficier de ces moyens de communication avec l´extérieur du Marais.

Les maisons et les logements des fermes ou anciennes fermes présentent très souvent les caractéristiques de la maison de type saintongeais :

- 65 sur 80 possèdent un rez-de-chaussée surmonté d´un comble qu´éclairent de petites ouvertures. Les bâtiments à un étage sont plus rares.

- Assez souvent, le décor de la façade se réduit à un bandeau mouluré qui marque la distinction entre rez-de-chaussée et comble, et à une génoise (frise composée de tuiles canal juxtaposées) qui orne la ligne du toit. La génoise est parfois double, constituée de deux rangs de tuiles. Il arrive que ce décor se poursuive sur les façades latérales.

- Au-dessus, le toit est presque toujours couvert de tuiles creuses. S´il possède une croupe, c´est généralement sur un seul côté, souvent celui le plus visible depuis la rue. Le faîtage est parfois surmonté d´un épi en terre cuite vernissée ou bien en forme de pomme de pin.

La quasi totalité des façades principales est orientée au sud-est ou au sud-ouest, le bâtiment tournant le dos au nord et à l´ouest, d´où vient le mauvais temps.

Un tiers des fermes ou anciennes fermes implantées sur le coteau possède parmi les dépendances un chai qui témoigne de l´importante activité viticole de la paysannerie dans la commune au 19e siècle. Placé à proximité du logement, souvent dans son prolongement ou en appentis à l´arrière, le chai possède presque toujours des ouvertures en plein cintre. Certaines sont placées en hauteur pour permettre le déchargement et le chargement du produit de la vendange en charrette. On remarque aussi parfois des boulins à pigeons placés dans le mur d´une dépendance et regroupés dans une mouluration. Dans les marais, ce sont les anciennes étables qui occupent la première place. Il s´agit souvent d´un bâtiment aux vastes proportions, lié à une grange à foin, et abritant parfois encore des rateliers et des mangeoires en bois et en pierre. Dans certains cas, l´étable et le logement sont sous le même toit, en prolongement l´un de l´autre. Le logement se limite alors à une seule petite pièce avec cheminée.

Décompte des œuvres repérées 87
étudiées 21

Annexes

  • Extraits du procès-verbal de visite du château et des marais de Cônac où se trouvent au total vingt métairies, 11 février 1756 :

    Page 40 : visite de la métairie du Pas de Poupot (voir à ce dossier).

    Page 56 : visite de la métairie appelée aux Portes du marais de Cônac (voir à ce dossier).

    Page 59 : visite de la métairie appelée la Parfaite, cultivée par le nommé Mannellain. La cabane consiste en quatre appartement sur la même longueur côté levant, séparés par des cloisons en planches et torchis, mêlés de quelques briques, le tout fort ancien. Un toit à brebis se trouve dans l´alignement de ces appartements. Un appentis s´étend à l´arrière du bâtiment, au couchant, tout du long, séparé des appartements par un mur en colombages, briques et torchis. Un four se trouve au bout de l´appentis, au sud, de même qu´un vivier. L´exploitation comprend aussi une grange.

    Page 63 : visite de la métairie de la Haute Réalle, exploitée par Louis Gautier, comprenant une chambre et un appentis.

    Page 69 : visite de la métairie appelée la Boisblaude, cultivée par la veuve Brillon, consistant en deux chambres et un appentis au couchant.

    Page 71 : visite de la métairie nommée la Petite Bellette (voir au dossier sur la Haute Belette).

    Page 76 : visite de la métairie appelée la Basse Bellette, cultivée par Saboureau, comprenant une seule chambre, deux toits à pourceaux à l´ouest.

    Page 77 : visite de la métairie appelée la Sainte Anante, cultivée par Gros-Dupont.

    Total : 20 métairies

    Page 81 : visite du pont du Pas de Poupot (voir à ce dossier).

    Page 82 et suivantes : visite des digues, des canaux et des portes.

    Page 95 : visite des deux « bots », embarcations qui servent à l´entretien des canaux et chenaux, dont l´un a été fait il y a quatre ou cinq ans, tandis que l´autre a une vingtaine d´années.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. B 2270. 1756, 11 février : juridiction du comté de Cônac, procès-verbal de visite du château et des marais où se trouvent au total vingt métairies. A. D. Charente-Maritime. E 239. 1613-1759 : entretien du canal de Saint-Bonnet et dessèchement des marais de Cônac.

  • A. D. Charente-Maritime. Q 84. An II : procès-verbaux d´estimation des biens de deuxième origine, biens saisis sur l'émigré Chinon dit Richelieu, dont la Sainte-Agnante, la Basse Belette avec une chambre non planchée de 15 pieds de large et de long sur 8 de haut, trois toits à pourceaux ; la Boibelaude, etc. Etat des biens des émigrés à Saint-Sorlin : un total de 2400 journaux en 22 métairies appartenant aux héritiers du maréchal de Richelieu.

  • A. D. Charente-Maritime. Q 95. 1794-1796 : tableau des ventes des biens d'émigrés, district de Pons. 24 floréal an II, adjudication n° 273 : Maurice Rodier achète une métairie dans le marais de Poupot consistant dans une maison et 7 journaux 26 carreaux de terres, saisie sur Chinon. 7 fructidor an II, adjudications n° 564 et suivantes, adjudications de nombreuses terres de marais saisies sur Chinon. Parmi les acquéreurs, Jérémie Fourestier, Maurice Rodier, Joseph Fumeau. 19 floréal an III, adjudications n° 1131 à 1135, A. Broussard, au nom d'une personne dont il devra déclarer le nom, se porte acquéreur de cinq métairies saisies contre Chinon dit Richelieu, soit la Gargoulière, la Sainte-Anniente, la Basse Belette, la Haute Belette et la Boivelaude, consistant en chambres, fours, terres et pacages.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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