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Manoir dit le Logis des Cheminées

Dossier IA17043480 réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, chai, pigeonnier, bergerie, écurie, étable, porcherie, logement, mare
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Sorlin-de-Conac
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 111 route des
Cheminées
Cadastre : 1828 A 4 à 9 ; 2009 A 5 à 8, 2333

La seigneurie des Cheminées est mentionnée en 1540 comme propriété de Nicolas Marin. Son domaine passe ensuite à sa fille Suzanne et à son gendre, Florimond de Raemond (1540-1601), historien et juriste engagé dans le camp catholique pendant les guerres de Religion, conseiller au parlement de Bordeaux à la suite de l'autre magistrat et écrivain, Montaigne. Raemond avait eu un fils d'un premier mariage, François de Raymond de Lancre, aussi conseiller au parlement de Bordeaux, qui épouse une nièce de Suzanne Marin. Cette dernière lègue les Cheminées à son beau-fils en 1603. C'est sans doute à François de Raymond de Lancre que l'on doit la construction du pigeonnier, qui porte la date 1642. Les Cheminées restent dans les mains de la famille de Raymond de Lancre jusqu'au milieu du 18e siècle. Elisabeth de Raymond de Lancre apporte la seigneurie à son époux, Marc-Antoine de Gombaud, puis à sa fille, Marie-Félicité qui épouse en 1781 Marc-Antoine, marquis de Cumont. A la Révolution, ce dernier émigre et meurt à Londres en 1798. Le domaine des Cheminées est saisi comme bien national mais son épouse parvient à le reprendre. A cette époque, il comprend déjà une maison de maître, plusieurs grandes dépendances, une cour fermée par le porche et une maison de métayer.

C'est au fils de Marc-Antoine de Cumont, Joseph-Timothée, marquis de Cumont, époux d'Isaure de La Taste, que le domaine appartient lors de l'établissement du cadastre en 1828. L'année précédente, le marquis de Cumont a parrainé la cloche qui se trouve encore aujourd'hui dans l'église de Saint-Sorlin. Le plan cadastral de 1828 fait apparaître les bâtiments selon la même disposition qu'aujourd'hui, même si la plupart ont été reconstruits depuis. La mare actuellement visible au nord-ouest n'existe pas encore. Après la mort du marquis de Cumont en 1861, la propriété est acquise, selon le cadastre, par René-Jean-Joseph Fraineau, demeurant à Pons. Elle passe en 1867 à Armand-Félix Fresneau, demeurant à Plumeret, dans le Morbihan, puis en 1883 à Germain Duquesne, de Paris, et enfin en 1898 à Jean-Jacques Ellie, époux d'Aline Réaux, maire de Saint-Germain-de-Lusignan, demeurant à Saint-Hilaire-du-Bois. En 1904, lui et son épouse lèguent leurs biens à leurs enfants. Leur fils Albert Ellie hérite ainsi des Cheminées. Il sera maire de Saint-Sorlin-de-Cônac de 1919 à 1925 et de 1935 à 1939. Auparavant, en 1910, il fait reconstruire une grande partie des dépendances et du logis, en particulier l'aile ouest de celui-ci. L'aile est fait l'objet de remaniements. Son décor imite désormais le style Louis-XIII, tout en conservant des éléments antérieurs : par exemple, les larges ouvertures, en place ou partiellement murées, datent sans doute du 18e siècle.

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1642, porte la date
1910, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le logis des Cheminées est situé en bordure de coteau, surplombant les marais desséchés. Il comprend un vaste ensemble de dépendances disposées autour d'une cour, tandis qu'au sud de cette cour s'élève le logis. Ce dernier présente un plan en L. L'aile est est couverte d'un toit en tuiles creuses, ponctué de hautes souches de cheminée moulurées. Le dernier étage est éclairé, sur la façade sud-est, par des fenêtres passantes à fronton cintré. Sur la façade nord-ouest de cette aile, on observe trois travées de larges ouvertures, dont certaines murées en tout ou partie. La travée centrale comprend une porte encadrée par deux œil-de-bœuf. Au-dessus de la porte prend place un fronton brisé, orné d'un faux cuir découpé où est inscrite l'initiale "E", celle de la famille Ellie.

L'angle formé par les deux ailes du bâtiment est occupé par une tour de plan rectangulaire et à trois étages. Le toit, souligné par une corniche à modillons et orné d'épis de faîtage en zinc, est couvert d'ardoise. Il est retroussé et présente des croupes. Côté sud-est, le dernier étage de la tour est percé de deux baies en accolade néo-gothiques, avec appui mouluré. L'aile ouest du bâtiment se veut de style néo-classique. Elle est couverte d'un toit en terrasse avec balustre en pierre, à l'italienne. Sa façade sud-est est à trois pans coupés et est ornée d'un cartouche sur lequel est inscrite la date 1910. La façade ouest, imposante, domine les marais desséchés. Au devant, un double escalier permet de descendre dans la prairie. La façade, ordonnancée, est rythmée à l'horizontale par un bandeau et une corniche, à la verticale par des chaînages en pierre de taille et par trois travées d'ouvertures. La porte centrale est en arc surbaissé et est encadrée d'un traitement en bossage. Les deux travées latérales comprennent au rez-de-chaussée une double fenêtre également en bossage. Au-dessus, les pleins de travées sont appareillés. Toutes les ouvertures ont un encadrement saillant.

Parmi les dépendances qui entourent la cour au nord et à l'est, on observe une ancienne porcherie, un bâtiment aux vastes dimensions qui a abrité une écurie et une étable, puis un alignement de dépendances le long du chemin, dont une ancienne bergerie et des chais. Au centre de cet alignement s'élève un pigeonnier-porche. De plan carré, il a perdu son toit dans les années 1950. Couvert de tuiles plates, ce toit était en pavillon retroussé et il était souligné sur les quatre côtés par une génoise double dont il reste le premier niveau, peint en rouge. Un bandeau mouluré ceinture le bâtiment en hauteur. L'arc en plein cintre du porche possède des sommiers saillants, dont l'un porte la date 1642, et est traité en bossage, de même qu'une partie des chaînages d'angles. La façade sud, en hauteur, est percée de trois ouvertures en accolade néo-gothiques qui rappellent celles de la tour d'angle du logis. A l'intérieur du pigeonnier, au-dessus du porche, on observe encore des pots à pigeons. De l'autre côté du chemin, un peu plus bas, se trouve une mare. Au nord-est de l'ensemble se situe un logement de domestiques dont la façade est percée de six travées d'ouvertures et ornée d'une génoise.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse, ardoise
Étages1 étage carré, étage en surcroît
Couverturesterrasse
toit à longs pans
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Extrait du procès-verbal d´estimation du domaine des Cheminées saisi contre l'émigré Cumont, 5 germinal an II (26 mars 1794) (A. D. Charente-Maritime. Q 84) :

    "Une maison pour le maître très logeable consistant en trois chambres basses, un salon, une cuisine et autres servitudes et caves par dessous, trois chambres hautes et greniers par dessus, et autres greniers ; aussi plusieurs autres servitudes en dedans de la dite maison.

    Une très belle grange, un cuvier ou fouloir très vaste, deux écuries de moyenne grandeur.

    Un très beau chai et brûlerie qui contiennent vingt carreaux de terrain.

    Une très belle cour bien renfermée avec un grand portail d'entrée.

    Un superbe jardin, terre labourable attenant, le tout renfermé de murs et fossés.

    La maison pour le métayer composée d'une grande chambre, deux écuries, toits à brebis, toits à cochons, volière, une très belle grange à contenir huit bœufs et quarante charretées de foin, le tout dans un tenant (...)".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4097. 1828 : tableau indicatif des propriétés foncières, état de section.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4098 à 4102. 1831-1939 : matrices cadastrales des propriétés foncières.

  • A. D. Charente-Maritime. Q 84. An II, 5 germinal (26 mars 1794) : procès-verbal d´estimation du domaine des Cheminées saisi contre l'émigré Cumont.

  • Archives privées, archives de la famille Ellie. 1904, 21 septembre : donation-partage par Jean-Jacques Ellie et Aline Réaux son épouse à leurs enfants, devant Me Cassagnou, notaire à Jonzac.

Documents figurés
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 4941. 1828-1842 : plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac.

  • Plan cadastral de Saint-Sorlin-de-Cônac établi entre 1828 et 1842.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4941
  • Photographie.

    Collection particulière
Bibliographie
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 1993.

    p. 335
  • Tinsley, Barbara. Sher. "History and polemics in the french Reformation. Florimond de Raemond : defender of the Church", compte-rendu de lecture dans la Revue de l'Histoire des religions, 1997, p. 117-119.

  • Le canton de Mirambeau, Mémoire en Images, Ed. Alan-Sutton, 2003.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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