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Moulin dit Moulin tranquille (détruit)

Dossier IA86015149 réalisé en 2019

Fiche

AppellationsMoulin tranquille
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonVallée de la Vienne - Lussac-les-Châteaux
AdresseCommune : Gouex
Lieu-dit : La Rallerie
Adresse : 7 rue
de l'Ancien moulin
Cadastre : 1811 C 298 ; 2019 OC 1116

La présence du moulin "tranquille" de la Rallerie est attestée dès 1811 par le plan cadastral napoléonien et semble déjà appartenir à la famille Dupuis. En 1823, sa chaussée qui s'étendait de part et d'autre des rives de la Vienne, fait l'objet d'un rehaussement pris en charge par le propriétaire du moulin du Breuil situé à environ 1 km en aval, sur la commune de Persac, et dont la construction illégale en 1807 gène l'écoulement des eaux lui permettant de tourner. Entre 1855 et 1858, le moulin, alors propriété de MM. Dupuis et Bertrand, fait l'objet d'une plainte par Madame Dumas qui s'oppose à l'abordage de la chaussée sur sa propriété située rive droite. A cette époque, le barrage ne se prolonge plus jusqu'à cette rive, bien que les traces d'accroche soient encore visibles.

L'étude des matrices cadastrales montre une augmentation de construction en 1872 sur les bâtiments d'habitation qui sont séparés du moulin. Il reste la propriété de la famille Dupuis jusqu'en 1896-1897, est racheté par Gabriel Pascault-Dumas à Persac, puis par la Société des moulins de Villars en 1901. Il semble cesser de fonctionner en 1919.

Période(s)Principale : limite 18e siècle 19e siècle , (détruit)
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Dates1872, daté par source

Le moulin était situé au bout d'un chemin qui conduisait du hameau de la Rallerie à la Vienne. En 1823, la retenue s'étendait d'un bout à l'autre des rives de la Vienne, pour une chute de 1,82 m. D'après l'étude de Société archéologique de Chauvigny, en 1875, la chute n'était plus que de 0,6 m. Il fonctionnait avec 2 roues à aubes qui actionnaient 2 paires de meules.

Un peu plus haut sur la parcelle se situait une écurie aujourd'hui transformée en habitation.

États conservationsdétruit
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Plainte de Mme Dumas contre les sieurs Bertrand et Dupuis propriétaires du moulin de la Rallerie.

    "Mme Dumas se plaint de ce que les meuniers de la Rallerie, dont le barrage n'aurait autrefois occupé que la bras gauche de la rivière, ont prolongé cet ouvrage jusques 2m environ de la rive droite, et ont fait naître ainsi le long de cette rive un courant qui corrode sa propriété. Elle pourrait, pense-t-elle, s'adresser aux tribunaux, mais elle préfère demander à d'administration de faire remettre les lieux en leur état primitif.

    L'ingénieur soussigné a visité les lieux ; il avait engagé les parties à entrer en conciliation, et même il avait été convenu qu'il garderait la plainte entre ses mains jusqu'à nouvel ordre. Aucune nouvelle ne lui étant plus arrivée de cette affaire, il ne croit pas devoir tarder davantage à faire son rapport.

    Une lettre du directeur général des ponts et chaussées en date du 18 décembre 1823, relative à la suppression du moulin de Breuil situé immédiatement à l'aval de celui de la Rallerie, parle de ce dernier comme ayant un état légal, et le plan des lieux joints au dossier montre que ce barrage s'étendait alors de l'une à l'autre rive. Les traces de cet ouvrage subsistent encore dans la lacune qui existe aujourd'hui le long de la rive droite.

    Malgré ce qui précède, les propriétaires actuels ne possèdent aucun titre administratif et il n'est pas douteux que l'administration pourrait procéder au règlement de leur moulin ; mais, si elle adoptait cette mesure, il est évident non seulement qu'elle ne contraindrait pas les meunier à retirer leur barrage avant que Mme Dumas ne justifie par une décision des tribunaux que sa rive n'est pas assujettie par servitude au droit d'appui ; mais encore que sous la réserve d'une telle décision, l'administration ordonnerait le prolongement du barrage comme moyen de faire cesser la corrosion de la rive, corrosion dont les effets n'ont d'ailleurs qu'une importance très minime.

    Ce prolongement, les meuniers offrent de l'exécuter, ils ne seraient même pas éloignés de payer une indemnité pour mettre leur droit d'appui hors de toute discussion ; si Mme Dumas y consent, la contestation est terminée ; si elle n'y consent pas, le règlement administratif laisserait subsister la difficulté dans son entier et les tribunaux pourront seuls la trancher.

    En conséquence :

    L'ingénieur des ponts et chaussées

    Vu la pétition,

    Vu les lieux

    Considérant que le moyen de se présente naturellement pour faire cesser la corrosion dont se plaint Mme Dumas est de prolonger jusqu'à sa rive le barrage du moulin.

    Considérant que Mme Dumas se refuse à ce prolongement que les meuniers offrent d'exécuter.

    Considérant néanmoins qu'il existe en faveur de ces derniers une présomption de servitude sur la rive droite.

    Est d'avis qu'il y a lieu d'informer Mme Dumas, que sa demande ne pourra pas être accueillie tant qu'elle ne justifiera pas que sa rive n'est pas assujettie par servitude au moulin des sieurs Bertrand et Dupuis.

    Poitiers, le 17 août 1855

    [Illisible]

    Vu et adopté . Poitiers le 18 août 1855, l'ingénieur en chef, [Mittaud].

    Extrait de : rapport de l'ingénieur ordinaire, 18 août 1855 (Archives départementales de la Vienne, 7 S 70).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Rivière La Vienne non navigable, communes de Gouex, l'Isle-Jourdain, Mazerolles. Service de la police des eaux, 1811-1928.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 7 S 70
  • Rivière La Vienne non navigable, communes de Persac, Queaux, Saint-Martin-La-Rivière, Saint-Pierre-Les-Eglises, Salles-en-Toulon, Le Vigeant, Vouneuil-sur-Vienne. Service de la police des eaux, an XI-1937.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 7 S 71
  • Gouex, plan parcellaire du cadastre napoléonien, section C, par MM Vignaud et Guignard, 1811.

    2e feuille Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 4972
Bibliographie
  • Société de recherche archéologique du pays Chauvinois. Inventaire des sites hydrauliques de l'ancien arrondissement de Montmorillon. Chauvigny, 1985.

    Région Nouvelle-Aquitaine, service de l'inventaire du patrimoine culturel, Poitiers : Non coté
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Favreau Myriam
Myriam Favreau

Archiviste de 1998 à 2018. Chercheuse à l'inventaire du patrimoine depuis 2018.


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