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Nantillé : présentation de la commune

Dossier IA17040648 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Nantillé

Du Néolithique à l'époque gallo-romaine Nombreuses sont les traces laissées par l'histoire sur le territoire communal, dont l'occupation humaine semble remonter à des temps reculés. Les populations, jusqu´alors nomades vivant de la chasse et de la cueillette, se sédentarisent pour pratiquer l´élevage et l´agriculture. Les humains s´installent, créent des "camps", villages protégés par des remparts de bois, dont on peut retrouver quelques traces aujourd'hui. C´est aussi une période de grandes innovations techniques comme la généralisation de l´outillage en pierre polie et la poterie. C´est aussi une époque où l´homme prend conscience de sa "position humaine" et, s´il enterrait déjà ses morts auparavant, à présent, il sacralise les défunts et multiplie les rites funéraires. La présence d'un tumulus au nord-ouest du hameau La Roche atteste d'une occupation dès le Néolithique, mais aucune fouille ne permet d'affirmer avec exactitude qu'il s'agit bien d'une sépulture. L'occupation romaine a également laissé des traces. Le nom de la commune ferait référence à Lentilliacum ou Lentillius désignant un propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine, qui aurait donné son nom au village. Une autre théorie, toutefois plus séduisante que réelle, fait de Nantillé un composé de deux mots gaulois : Nanto, signifiant Vallée, et Ialos pour clairière, les deux réunis formant "la clairière de la vallée". L'ancienne voie romaine de Saintes à Poitiers forme la limite sud-est de la commune. Tout près du hameau Le Pin, de l'autre côté de la voie romaine mais sur le territoire de la commune d'Authon-Ebéon, on trouve un monument, la pile d'Ebéon. S'agit-il d'une structure funéraire, d'un sanctuaire ou d'un repère le long de la voie romaine ? Sa fonction exacte reste encore à établir. Le monument tel qu'il se présente aujourd'hui ne pourrait constituer que le noyau extrêmement érodé de la pile. Des photographies aériennes réalisées par Jacques Dassié ont démontré que la pile d'Ebéon a été établie au centre d'un enclos quadrangulaire. Une gravure de Chastillon réalisée vers 1605 montre une réplique assez exacte de la pile telle qu'on la voit aujourd´hui. Une légende locale veut que les piles d'Aumagne et d'Ebéon aient été édifiées par deux fées en concurrence qui, ensuite, tentèrent chacune de détruire le travail de l'autre. Seul celle d'Ebéon aurait résisté à cette épreuve. Du Moyen-Age à la Révolution Les vestiges de l'occupation médiévale à Nantillé sont peu nombreux. Cependant au nord du hameau Cluny, sur le fief la Prairie des Châteaux, s´élève une butte appelée motte castrale. Il s'agit d'une élévation artificielle ou naturelle sur laquelle était probablement situé un ouvrage de défense médiéval. C'est pour cela qu'il est fait mention de la présence d'un château féodal sur la commune. Si aucune fouille du site n'a été réalisée, la butte de Nantillé est largement discernable depuis le ciel, mais les vues aériennes ne permettent pas d'affirmer si le rehaussement est naturel ou s'il a été édifié de la main de l'homme. Il existe plusieurs formes de ces ouvrages, celui de Nantillé est circulaire et est entouré de fossés. La plupart du temps le sommet de la butte était occupé par une forte palissade et un fort en bois avec une tour de guet analogue à un donjon y étaient aménagés, permettant ainsi de voir arriver de loin les ennemis. Un fossé d'eau entourait la butte qui était accessible par un pont de bois, certainement le précurseur du pont-levis des futurs châteaux forts. Une deuxième enceinte, appelée basse-cour, était souvent clôturée par une levée de terre et une palissade. Elle permettait de loger les animaux et les servitudes dans un espace protégé.

Le seul édifice subsistant de la période médiévale est l'église construite au 12e siècle, puis plusieurs fois reconstruite. De son style roman primitif, il ne subsiste que le portail de la façade ouest et les deux premières travées de la façade sud. À l'intérieur sont encore visibles des colonnes romanes, une voûte sur croisée d'ogives reposant sur des colonnes à chapiteaux, l'amorce d'une voûte sur croisée d'ogives et des formerets. Les plus anciens documents attestent que la paroisse de Nantillé dépendait de la châtellenie de Taillebourg. Le premier est un parchemin de 1409, signé de Lecorgue, un autre parchemin de 1541 est signé Dumoulin, un troisième de 1460 est signé Delaunay et enfin un dernier de 1500 est signé Faure. Ces pièces prouvent également qu'il existait un seigneur à La Roche de Clunnie, ou Cluny. De l'ancien logis il ne reste malheureusement que l'emplacement, sur le site du château médiéval, d´où le nom la Prairie des Châteaux. Du Moyen-Age jusqu'à la Révolution, Nantillé est une seigneurie dont le logis, situé dans le bourg, a été complètement reconstruit au 19e siècle. L'histoire de cette petite seigneurie est assez mal connue. On sait cependant qu'elle revient successivement, de la fin du 16e siècle au 18e siècle, aux mains des Béranger, des Barsier et des Chevaliers. Mise en vente à la fin du 18e siècle, la terre de Nantillé ne trouve pas d'acquéreur et elle est alors adjugée, en 1787, à César-Jean Joly d'Aussy. Le domaine est démembré au 19e siècle par Esther Joly d'Aussy qui le cède alors à onze particuliers. Le plan cadastral de 1819 montre le logis et ses dépendances organisés autour d'une cour, ainsi qu'un chemin partant de la propriété et menant à une pièce d'eau flanquée d'une sorte de douve. Le corps d'habitation était situé au nord-est, contrairement à aujourd'hui où il se situe dans la partie ouest de l'ensemble. Ce logis était un édifice rectangulaire flanqué d'une tour cylindrique à l'angle sud-est et probablement doté de deux pavillons adossés aux extrémités de la façade arrière. Nantillé aux 19e et 20e siècles Au 19e siècle, les ressources de la commune sont suffisantes pour les habitants qui cultivent la vigne, le froment, l'orge, l'avoine, le chanvre et le colza. La culture de la vigne n'est présente qu'à une petite échelle puisque, avant le phylloxéra, environ 54 hectares de vignes occupent le territoire communal, contre 250 hectares qui sont consacrés aux autres cultures : le froment, l'orge, l'avoine, le chanvre et le colza. La culture du chanvre et du colza a cessé au début du 20e siècle. Toujours au 19e siècle, une des sources de revenus de la population nantillaise provenait des carrières de plâtre, situées au lieu-dit des Plâtrières. Ce secteur, situé au nord de La Roussellerie, était impraticable une partie de l'année. Le franchissement difficile de cette zone a induit, pendant longtemps, des problèmes de communication entre certains villages et le bourg de Nantillé. Dans une délibération du conseil municipal de 1863, il est indiqué que l'exploitation des carrières détériore les chemins de Chez Jobet et du Pin. Au début du 20e siècle, les carrières sont toujours en activité et un industriel y extrait encore du plâtre. La date d'abandon de l'activité des plâtrières n'est pas connue mais à la fin du 20e siècle, vers 1989, un projet d'aménagement de celles-ci en une zone de loisirs et une zone de pêche est soumis au conseil municipal. A partir du début du 19e siècle, on mesure une augmentation constante de la population de la commune. De 1806 à 1872, cet accroissement ne cesse jamais et Nantillé, qui compte 432 habitants en 1806, en comptera 628 en 1872. Est-ce la crise du phylloxéra qui non seulement entraîna la disparition du vignoble, conduisit à une chute important de la population ? En 1881, Nantillé ne compte plus que 535 habitants. Cette augmentation de la population dès le début du 19e siècle pousse la municipalité à entreprendre des travaux d'équipements mais aussi à réaliser l'aménagement des chemins communaux. C'est au milieu du 19e siècle, en 1857, que le projet de construction d'une maison d'école est proposé en conseil municipal. Le maire de l'époque heurte une partie de la population en voulant imposer la construction de l'école au hameau Chez Villain, alors que quelques habitants veulent qu'elle se situe soit à Cluny ou Chez Rivière. L'école de garçons est finalement ouverte en 1865. Six années après, c'est une nouvelle mairie qui voit le jour à proximité de l'école. La baisse de la population dans le dernier quart du 19e siècle n'a pas enrayé la volonté de la commune de poursuivre ses travaux d'équipements et d'aménagements. Même si Nantillé ne compte plus qu'environ 570 habitants en 1875, c'est à cette époque que la décision d'acquérir un presbytère est soumise au conseil municipal. Ce n'est qu'en 1880, que la commune fait l'acquisition du presbytère qui avait été construit aux frais de quelques habitants. Malgré la constante baisse de la démographie (490 habitants en 1893), la commune décide la translation du cimetière hors du bourg. Ce transfert ne se fait pas sans mal puisque de longues négociations avec le propriétaire du terrain projeté font que le nouveau cimetière n'est opérationnel qu'en 1899. Quant à l'ancien, situé à côté de l'église, il est désaffecté à la fin du 19e siècle. Après la crise du phylloxéra, qui a détruit le peu de vignes de la commune, les agriculteurs se tournent vers l'élevage laitier et une laiterie est créée en 1890 Chez Audebert. Très prospère lors de sa création, cette laiterie ramasse le lait sur dix-huit communes, par exemple La Frédière, Brizambourg, Bercloux, Fontenet, Annepont ou encore Grandjean. L'arrivée des laiteries coopératives au 20e siècle va mettre un terme à son entreprise. Les travaux d'équipements de la commune ne s'arrêtent pas avec le 19e siècle. Un groupe scolaire est construit en 1912 derrière la première école de garçons, la mairie et le logement des instituteurs sont transférés dans l'ancienne école de garçons et la mairie est dotée d'une pièce supplémentaire au milieu du 20e siècle pour y aménager un secrétariat. L'ancienne salle des fêtes, aujourd´hui détruite et qui était située sur le parking face à la mairie, est une donation faite à la commune par les sociétés l'Echo Joyeux et l'Elan Sportif de Nantillé. Elle a été détruite en 1992 suite à la construction de la nouvelle salle.

La commune de Nantillé est située en Charente-Maritime, département de la région Poitou Charentes, à mi-chemin entre Saintes et Saint-Jean d'Angély. Le territoire communal s'étend sur 1123 hectares et est limitrophe des communes : d'Asnières la Giraud et Sainte-Même au nord, Saint-Hilaire de Villefranche à l'ouest, Authon-Ebéon à l'est et Bercloux au sud. Nantillé est desservie par trois routes départementales, deux qui ne traversent pas le territoire communal et une qui sert de délimitation de commune : la route départementale 150 à l'ouest, qui relie Saintes à Saint-Jean d'Angély selon un axe nord/sud, la route départementale 731 au Sud, qui relie Saint-Hilaire de Villefranche à Cognac selon un axe nord-ouest/sud-est et la départementale 129 au sud-est, qui relie Aulnay de Saintonge à Saintes via Varaize selon un axe nord-est/sud-ouest. Elle dispose également d'une situation géographique assez favorable de par sa relative proximité avec le chef-lieu d'arrondissement, desservi par l'autoroute A10, qui la place à environ 1 heure 30 des agglomérations de Poitiers et Bordeaux. Le territoire géologique de Nantillé se décompose schématiquement par des calcaires souvent fracturés présents au sud et au nord de la commune et par des marnes à gypse au centre de la commune. Au 19e siècle et début du 20e siècle, au lieu-dit Les Plâtrières, les nantillais extrayaient le gypse pour faire du plâtre. Les secteurs hauts de la commune sont concentrés en limite sud. De là, une zone surélevée, orientée nord/sud, s'étend jusqu'au bourg de Nantillé et marque la ligne de partage des eaux entre les sous-bassins versants de la Boutonne, à l'ouest, et celui de l'Antenne, à l'est. Un cours d'eau est identifié sur la commune, il s'agit de La Guienne également prénommé ruisseau du Dandelot. Ce cours d'eau est intermittent et s'écoule d'ouest en est. Les zones d'habitat sont relativement dispersées sur la commune. Le bourg est seulement composé de quelques maisons et fermes, à l'inverse des hameaux de La Roche, Chez Rivière, Chez Jobet, Chez Villain ou Le Pin qui comptent une surface habitée nettement supérieure. D'autres hameaux, composés soit de quelques propriétés soit de fermes uniques, complètent le territoire communal. Les hameaux composés de ferme unique sont La Borderie, La Métairie, La Coulée, La Roussellerie, Chez Perrogon, La Chrétinière (aujourd'hui divisée en deux parcelles) et La Coudrée. Ceux composés de quelques propriétés dont Chez Le Beau, La Tranche, Cluny, La Brûlerie, La Chaudiette, Chez Villain et Chez Audebert. La commune ne possède plus d'école depuis le début des années 1990. Les locaux de l'école étaient situés au village Chez Audebert et ont été reconvertis en logements à loyer modéré. Les enfants scolarisés sont envoyés à Saint-Hilaire de Villefranche pour le primaire et le collège et à Saintes ou Saint-Jean d'Angély pour le lycée. Nantillé ne compte pas d'équipement culturel mais elle possède deux infrastructures touristiques à savoir un aérodrome pour ULM et un musée à ciel ouvert de sculpture d'art brut, Le Jardin de Gabriel.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Charente-Maritime. Série O. Bâtiments publics.

  • A.D. Charente-Maritime. Série M, 11 M 2/5. Statistiques agricoles de la commune de Nantillé.

  • A.M. Nantillé. Registres des délibérations du conseil municipal. 1823 à nos jours.

  • Syndicat Mixte du Pays des Vals de Saintonge. Plan Local d'Urbanisme, 2013.

Bibliographie
  • Beau, Gérard. Nantillé de 1800 à 1980. Histoire de la commune, d'après les registres des délibérations du conseil municipal, 1997.

  • Beau, Gérard. Nantillé de 1892 à 1919. Histoire de la commune d'après les registres des délibérations du conseil municipal, 1997.

  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin Stéphane. Origine des noms de villes et villages de Charente-Maritime. Editions Bordessoules, Saint-Jean d'Angély, 1998.

    p. 137
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux manoirs et logis - La Charente-Maritime, vol.2. Prahecq : Editions Patrimoines et Médias, 2008.

    p. 535
  • Dassié, Jacques. Archéologie aérienne. Patrimoine archéologique et touristique des Charentes. Editions Alan Sutton, Joué-lès-Tours, 2001.

    p. 76
  • Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Éditions Flohic, Paris, 2002.

    p. 855
  • Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel. Images du Patrimoine. Le Jardin de Gabriel, l´univers poétique d'un créateur saintongeais. Geste éditions, La Crèche. 2011.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. 9e fascicule, canton de Saint-Hilaire de Villefranche. Saint-Jean d'Angély, 1978.

    p. 30
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Nathalie Lhuissier

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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