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Nuaillé-sur-Boutonne : présentation de la commune

Dossier IA17035043 réalisé en 2001

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Nuaillé-sur-Boutonne

Une origine ancienne attestée

L’origine du nom du village est en réalité Nouaillé. On appelle, dans la région, nouaille une zone cultivable défrichée dans un bois. Des paysans s’y installent, un village naît et un seigneur y construit un château pour en assurer la protection et prélever des taxes.Nouaille dérive du latin novalis, terme qui désignait à l’époque gallo-romaine des terres nouvellement défrichées. Nuaillé est donc un ancien Novolliacum, avec le suffixe-acum typique des villas gallo-romaines.L’ancienneté de Nuaillé sur Boutonne est attestée par la découverte de vestiges gallo-romains (non étudiés jusqu'à ce jour) à proximité du bourg, par son son église du 12e siècle ainsi que par son prieuré situé au Grand Oulme.

Cet ancien prieuré, classé Monument Historique en 1980, a été patiemment restauré par ses propriétaires actuels. À l'origine, Oulme (ou Oulmes), dont le nom évoquerait une foret d'ormeaux disparue, était un prieuré régulier de l'ordre de Saint-Augustin, sans doute fondé au 12e siècle, comme l'atteste l'église Notre-Dame d'Oulme. Il s'agissait d'une communauté de religieux suivant la règle établie par ce saint, avec pour principales lignes directrices la pauvreté, la chasteté et l'obéissance. Les membres de cet ordre sont appelés les chanoines réguliers, car ils suivent une règle de vie stricte mais ils ne sont toutefois pas des moines. À la différences de ceux-ci, ils ne vivent pas retirés du monde, ils ont la charge d'une paroisse et de fidèles.

Les ruines du prieuré attestent d'une histoire mouvementée, malheureusement peu documentée. L'église porte les traces d'un grand incendie, probablement lié aux guerres de Religion à la fin du 16e siècle. Sous François 1er, le prieuré passe sous le système de la commende, c'est-à-dire que ses revenus sont confiés à un clerc ou un laïc nommé par le pape sur proposition du roi. Le prieuré passe entre les mains de plusieurs commendataires, parmi lesquels un certain Denis Marin, marquis de la Chataigneraye, qui aurait été interdit suite à ses nombreux scandales. À la Révolution, Oulme connaît le même sort que tous les prieurés du royaume, il est saisi puis vendu comme bien national. C'est alors qu'il devient la propriété d'une famille de notables, les Gaillard. Au milieu du 19e siècle, Charles-Adam-Emile Gaillard de la Touche est propriétaire du domaine, mais il n'en profite que très peu de temps puisqu'il meurt en 1852, sans héritiers. L'ensemble est alors mis en vente aux enchères, et les constructions (comprenant aussi une maison construite dans la 1ère moitié du 19e siècle derrière les bâtis du prieuré) sont adjugés à un certain Emile Ballanger. Par la suite, l'ensemble est un temps utilisé comme carrière et peu à peu démembré.

De l'église Notre-Dame d'Oulme, il subsiste tout le mur sud et le chevet plat, partiellement restaurés. L'édifice est de style roman et date du milieu du 12e siècle : c'est la partie la plus ancienne du prieuré. On remarque tout d'abord ses vastes proportions et la différence de niveau, qui délimitait peut-être l'espace réservé aux chanoines et celui des simples paroissiens.

A la période gothique, une chapelle a été accolée à l'église : celle-ci a été épargnée par les destructions. La chapelle, toujours consacrée, est dédiée à saint Côme et saint Damien, patrons des médecins. Au 19e siècle, les habitants des villages voisins y venaient en pèlerinage le jour de la saint Côme.

D'autres vestiges un peu moins anciens que le prieuré sont visibles notamment dans le bourg. Il s'agit d'une fenêtre à linteau à accolade, du 16e siècle, située rue de la Saudrenne. Un autre bâtiment, datable aussi du 16e siècle et placé à côté de l'ancien moulin à eau du bourg, est doté d'une large porte à encadrement chanfreiné et d'une fenêtre à encadrement mouluré surmonté d'un linteau à accolade avec écusson.

Hormis ces deux éléments, la commune compte un ensemble de la fin du Moyen-Age situé à l'entrée du hameau de Coudiou. Il s'agit d'un ancien logis dont les premières mentions dans les textes remontent à la fin du 16e siècle. Saisi lors de la Révolution, le domaine est concédé à trois particuliers qui le partage alors en plusieurs lots. Passé depuis entre différents propriétaires, il s'agit aujourd'hui d'une demeure aux façades sobres mais néanmoins remaniées : les seuls vestiges qui attestent de son ancienneté sont la sobriété des façade et une porte à bossage du 17e siècle. Des procès-verbaux dressés aux 17e siècle (1671) et 18e siècle (1735) font état d'un pont levis, de douves, d'une chapelle et deux tours dont la forme est inconnue, mais aucun autre document ne permet d'en savoir plus sur l'organisation d'origine des bâtiments.

Nuaillé sur Boutonne aux 19e et 20e siècles

Au 19e siècle la commune comptait quatre moulins à eau, destinés à la mouture du blé. D'ailleurs, c'est vraisemblablement grâce à cette activité que la commune a connue son apogée au niveau de la population avec 446 habitants en 1841. L'un des moulins a été utilisé, au cours du 20e siècle (de 1920 à 1936) pour la fourniture électrique du bourg de Nuaillé sur Boutonne.

Aux 19e siècle et 20e siècles, la commune se modernise mais elle est restreinte dans ces projets par un budget limité. Pendant longtemps, aucun grand projet de construction n'est à signaler, si ce n'est l'école communale. Elle est construite en 1881, à la sortie du bourg, d'après des plans de l'architecte Aimé Bonnet, qui a beaucoup oeuvré sur le territoire. Le cimetière, auparavant en plein coeur du bourg, n'est déplacé qu'au début du 20e siècle, en 1921.

La fin du 19e siècle marque l'arrivée de la voie ferrée, qui traverse Nuaillé sur Boutonne dans sa partie sud. Elle eut des répercutions importantes pour la commune en favorisant la circulation des personnes et des marchandises. C'est dès la fin des années 1870 qu'une étude d'une ligne de Saint-Jean d'Angély à Civray par la Compagnie des Chemins de Fer Départementaux est réalisée. A l'échelle locale, il s'agissait de relier les centres commerciaux de Saint-Jean d'Angély, Aulnay, Chef-Boutonne et Sauzay-Vaussais et de donner un débouché à l'exploitation de la forêt d'Aulnay.Le projet initial prévoyait un embranchement sur la ligne de Saint-Jean d'Angély à Niort au niveau de Saint-Denis du Pin, puis un tracé par Nuaillé sur Boutonne puis Aulnay. Face à la mobilisation de la plupart des communes de la vallée de la Boutonne et du Conseil général, un second projet fut élaboré, avec un embranchement sur la ligne de Saint-Jean d'Angély à Taillebourg à la gare de Saint-Jean d'Angély, puis passant par la rive gauche depuis Saint-Julien de l'Escap jusqu'à Aulnay. Bien que légèrement plus long et plus coûteux, c'est ce deuxième tracé qui fut retenu, car desservant une population plus importante. Il permettait également un raccordement plus avantageux vers Matha et Cognac. Il faut attendre 1894 pour l'établissement définitif du tracé et des stations, dont celle de Nuaillé sur Boutonne. L'ouverture à l'exploitation est effective le 4 octobre 1896 et les travaux sont définitivement réceptionnés le 16 février 1898.

Dans la 2e moitié du 20e siècle, deux activités, qui perdurent encore aujourd'hui, se sont développées sur la commune : la culture de l'Angélique et l'industrie du bois avec l'exploitation des peupleraies artificielles.

La culture de l'angélique s'est développée au hameau le Petit Oulme, il y a environ quarante ans. Les premiers essais de plantation eurent lieu en 1964 sur les bords de la rivière La Brédoire dont les terres sont propices à cette culture. Cette plante, utilisée en confiserie, appartient à la famille des ombellifères odorantes et atteindre plus de deux mètres de haut dont les racines ont des propriétés stimulantes. Outre la confiserie, elle sert aussi à la fabrication de liqueurs et en herboristerie. Ses vertus médicinales la firent surnommer l’herbe des anges ou l’herbe du Saint-Esprit. La distribution se fait sur le plan local, départemental et national.

De part sa situation favorable au bord de la Boutonne, une scierie industrielle a été créée en 1946. Cette rivière a permis, depuis le début du 20e siècle, la plantation et l'exploitation des peupleraies artificielles, populiculture. Les peupliers, qui poussent sur des terres humides voire temporairement inondées, ont trouvé dans cette partie du territoire le cade idéal pour leur implantation. Essence à croissance rapide, ils sont plantés en rangs afin de rationaliser l'espace et de permettre une production améliorée.

En un demi-siècle, Nuaillé sur Boutonne perd plus de la moitié de ses habitants et ne compte plus que 314 âmes au début du 20e siècle, en 1901. L'exode rural se poursuit malgré une très légère amélioration dans les années 1950. Le bouleversement de l'agriculture, dû à la mécanisation des travaux des champs, a fait disparaître les petites exploitations familiales qui maintenaient dans les villages bon nombre de personnes. Quelques exploitations demeurent néanmoins. La commune compte aujourd'hui environ 200 habitants, appelés les Nuailléens et Nuailléennes.

Nuaillé sur Boutonne est située à l’extrémité nord-est du département de la Charente-Maritime et fait partie de l’arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Les communes limitrophes sont : Paillé à l’est, Saint-Pardoult au sud, Blanzay sur Boutonne et Saint Georges de Longuepierre au nord.Sa superficie est de 1 048 hectares sur lesquels se répartissent les lieux-dits suivants, qui lui sont rattachés : Anglas, Bel Air, Château Paillard, Coudiou, la Fragnée, la Gare de Virolet, le Grand Oulme, le Petit Oulme et Réveillon.

Établie à 17 minutes de l'échangeur n°34 de l'Autoroute A10, la commune de Nuaillé sur Boutonne est située au cœur d'un quadrilatère défini par quatre routes départementales d'importances variables. La route départementale 150, à l'ouest, qui suit un axe nord/sud et permet de rejoindre Niort en 45 minutes, la route départementale 939 au sud suit un axe nord-ouest/sud-est et permet de rejoindre Matha en 25 minutes, la route départementale 950 à l'est (qui constitue la principale desserte de la commune) suit un axe nord-est/sud-ouest et permet de rejoindre Aulnay de Saintonge en 10 minutes et enfin la route départementale 115 au nord suit un axe est/ouest et permet de rejoindre Surgères en 35 minutes et La Rochelle en 1 heure 15 minutes.

C'est cependant par un réseau de routes départementales secondaires que l'on peut rejoindre le plus rapidement les pôles comme Aulnay de Saintonge, via la route départementale 107, ou encore Saint-Jean d'Angély, via la route départementale 127. Si Saint-Jean d'Angély est le pôle de référence en matière d'organisation administrative et territoriale, on omettra pas la commune d'Aulnay de Saintonge, qui offre, à ce titre, la présence de services et commerces de proximité.

Les équipements et services publics présents sur la commune de Nuaillé sur boutonne correspondent à ceux d'une petite commune rurale. La commune ne possède plus d'école depuis 2010, dont les locaux étaient situés au niveau de la mairie. La commune fait partie d'un RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) avec Blanzay sur boutonne, Dampierre sur Boutonne, La Villedieu et de Saint-Georges de Longuepierre (comme où est établi un groupe scolaire). Les enfants scolarisés de la commune sont envoyés à Aulnay de Saintonge pour le collège et à Saint-Jean d'Angély pour le lycée. Les équipements culturels sont, comme dans la plupart des communes rurales, réduit à une salle municipale, où un comité des fêtes à la charge de l'organisation et de l'animation de la vie locale.

La vallée de la Boutonne, paysage naturel aux peupleraies artificielles

La commune se situe dans la vallée de la Boutonne qui en constitue la frontière ouest. Ce territoire humide a permis le développement de nombreuses activités, à commencer par l'agriculture, la meunerie avec plusieurs moulins à eau, la production de l'angélique et l'exploitation du bois de peupleraies artificielles.

La rivière la Boutonne, longue de près de cent kilomètres, prend sa source au sud des Deux-Sèvres, entre en Charente-Maritime à Saint-Séverin sur Boutonne et Dampierre sur Boutonne puis elle se jette dans le fleuve Charente au sud-ouest du territoire des Vals de Saintonge. Vingt-cinq communes de ce territoire sont baignées par la Boutonne, tandis que ses affluents arrosent les communes périphériques. Composante essentielle des paysages des Vals de Saintonge et véritable coulée verte au centre des plaines du nord, la Boutonne dessiné le long de son cours, méandres, îles, marais et plaines inondées durant l'hiver.

Ses rives ont très tôt attiré les hommes, comme en témoigne par exemple une nécropole mésolithique (entre -8500 et -8000) découverte à La Vergne. Ceux-ci ont tiré parti jusqu'à nos jours des ressources offertes par la rivière. À partir du Moyen-Age, la rivière a permis l'implantation de moulins, d'ailleurs Nuaillé sur Boutonne en comptait encore quatre au début du 19e siècle. Ils étaient situés à Coudiou, Anglas, le Petit Oulme et dans le bourg. Celui dans le centre du bourg était doté de deux roues et le moulin de Brie, au sud du bourg, a servi un temps de scierie.

L'activité qui marque toutefois la rivière la Boutonne est l'exploitation, depuis le début du 20e siècle, de peupleraies artificielles, ou la populiculture. Les peupliers, qui poussent sur des terres humides voire temporairement inondées, ont trouvé dans cette partie du territoire le cade idéal pour leur implantation. Essence à croissance rapide, ils sont plantés en rangs afin de rationaliser l'espace et de permettre une production améliorée.

Le bois de peuplier est un matériau polyvalent et il peut être employé dans divers secteurs, mais le principal débouché est le déroulage. Cette activité nécessite un bois de qualité, droit et sans nœuds, qui exige un entretien attentif des peupleraies. D'importantes usines et scieries artisanales créées au cours du 20e siècle non loin de la Boutonne ont exploité ou exploitent encore cette ressource. La scierie industrielle de Nuaillé sur Boutonne a été créée dans la 2e moitié du 20e siècle, en 1946. Avant l'activité du bois déroulé, les scieries avaient trouvés un important débouché auprès des nombreuses laiteries du territoires, puisqu'elles fabriquaient des emballages. Dans la 2e moitié du 20e siècle, le bois exotique fait son apparition entraînant une nette baisse de l'exploitation des peupleraies, mais depuis ces dernières années la tendance est au retour du peuplier.