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Patrimoine industriel de la Vienne : présentation

Dossier IA86000108 réalisé en 1991

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'étudesVienne

Annexes

  • Conditions de l'enquête

    Le recensement des sites industriels de la Vienne a été mené en deux temps, de 1991 à 1992 par Jean-Pierre Azéma dans l'arrondissement de Châtellerault, et de 1993 à 1995 par Pascale Pouvreau dans les arrondissements de Poitiers et de Montmorillon. Ce recensement est exhaustif pour toutes les industries - lieux de fabrication - antérieures à 1950, conservant tout ou partie de leur bâti.

    La distinction entre entreprise industrielle et artisanale n'est pas toujours facile à établir dans un département aussi peu industrialisé que celui de la Vienne. Le premier critère retenu est celui de la diffusion de la production, qui doit avoir été effectuée au-delà des limites du canton. Ce critère élimine une grande partie des moulins à blé, des huileries, tuileries et fours à chaux, dont la production était seulement destinée à satisfaire les besoins locaux. Des 288 sites hydrauliques, recensés dans les 6 cantons qui constituent le Montmorillonnais par la Société archéologique, artistique, historique et scientifique du pays chauvinois dans les années 1980, seules 28 usines (dont 12 en activité) ont été prises en compte par cette enquête, les autres étaient soit détruites, soit de type artisanal. Néanmoins, certaines entreprises plus artisanales qu'industrielles ont été étudiées, parce qu'en activité, et dernier témoignage d'une activité traditionnelle, comme deux huileries à Neuville-du-Poitou et à Mirebeau (cf. dossiers), et une fabrique de bougies à Poitiers (cf. dossier). Certaines des entreprises étudiées, pouvant être considérées comme industrielles par leur activité passée, ne sont plus actuellement que de petites entreprises artisanales, telle que la forge de Chasseneuil-du-Poitou, autrefois usine de matériel agricole (cf. dossier). Au contraires, de grosses entreprises, dont ne subsistent aucun bâtiment, n'ont pas été prises en considération, comme ne l'ont pas été les usines postérieures à 1950. Par conséquent, cette enquête ne rend pas compte de l'histoire industrielle passée ou présente du département, mais elle établit le constat de la présence d'un patrimoine suscité par une activité industrielle à un moment donné.

    Résultats de l'enquête

    156 établissements industriels ont été recensés ; d'après le Kompass régional, 132 entreprises étaient en activité dans le département en 1988. Si l'on exclue les 110 établissements repérés désaffectés, 46 seulement des entreprises créées avant 1950 sont encore en activité, soit moins d'un tiers. Le recensement montre une répartition spatiale à peu près équivalente dans les trois arrondissements qui composent le département, avec des zones denses, le long des vallées du Clain, de la Vienne et de la Gartempe, ou autour des centres urbains (Poitiers et Châtellerault surtout, mais aussi Montmorillon et Chauvigny...), et d'autres, vouées à l'agriculture et l'élevage, dénuées de toute occupation industrielle, comme le canton de La Trimouille (cf. carte des édifices recensés). En outre, quelques implantations suivent visiblement le tracé des voies de chemin de fer : en plus des 12 sites desservis par embranchement ferroviaire, des usines se sont installées à proximité d'une gare et le transport des produits entre cette dernière et l'entreprise était assuré par des véhicules.

    Les conditions naturelles du département ont peu favorisé son développement industriel : pas de source d'énergie, pas de matière première en quantité... A l'époque moderne, l'activité industrielle connaît une certaine croissance avec les cours d'eau et l'énergie qu'ils produisent, les ressources en fer (forges de Luchapt, Lhommaizé, Gouex). C'est ainsi que 288 sites hydrauliques ont été repérés dans l'arrondissement de Montmorillon (60 communes) par la Société archéologique, artistique, historique et scientifique du pays chauvinois dans les années1980 ; il faut souligner la pérennité de ces sites, qui ont pu être occupés successivement par différentes industries. Certains établissements hydrauliques pouvaient également être polyvalents ; c'est ainsi que le moulin de Clan à Jaunay-Clan (cf. dossier) était à la fois minoterie, huilerie et scierie. On retrouve assez souvent l'association de moulin à blé, moulin à foulon et huilerie, et cela jusqu'à la fin du 19e siècle. Les industries textiles et les tanneries étaient aussi actives.

    Au XIXe siècle, face à d'autres régions et départements, mieux pourvus en charbon et capitaux propres, qui font leur mutation industrielle, la Vienne stagne. Avec la création du chemin de fer, certaines industries, qui trouvent un débouché dans les régions voisines ou plus lointaines, se développent, comme les carrières de pierre ou les fours à chaux, dont la production part dans le Limousin. Cela permet aussi à de grandes entreprises de s'implanter comme l'usine de Saint-Gobain à Saint-Benoît (cf. dossier).

    Au XXe siècle, une politique de décentralisation amène la création de nouvelles entreprises dans le département, qui délaissent les cours d'eau au profit des grands axes routiers et des voies ferrées, tel l'axe Poitiers-Châtellerault. De toute cette évolution découle une production industrielle actuelle caractérisée par sa diversité, que J. Pinard (Les industries du Poitou et des Charentes, 1972, p. 164) classifie de cette manière :

    - industries spécifiques dominantes. Industries alimentaires assez anciennes pour la plupart : laiteries, minoteries.

    - industries anciennes à évolution lente, devenant peu à peu marginales : papeteries, cuirs et peaux.

    - industries traditionnelles ayant connu une mutation rapide : matériaux du sous-sol, bâtiment et travaux publics.

    - industries modernes et stimulantes : industries mécaniques, du bois, industries chimiques.

    La répartition des salariés dans chacune de ces branches en 1972 (d'après les données de J. Pinard, op. cit., 1972, p. 12) montre que les industries mécaniques et le bâtiment sont à peu près égaux, avec chacun 30 % des salariés : les autres secteurs ont 5 % ou moins des ouvriers.

    La répartition par branches d'activité des entreprises recensées dans cette enquête ne correspond absolument pas à cette réalité actuelle de l'emploi dans le département, dans la mesure où, on l'a vu, les 2/3 des entreprises étudiées sont actuellement désaffectées, et où certaines activités industrielles, si elles sont importantes du point de vue de leur production, ne fonctionnent qu'avec un petit nombre d'employés, et ceci grâce à une mécanisation très poussée, telles les minoteries équipées très tôt d'un matériel ne nécessitant qu'une main d'oeuvre réduite. De ce point de vue, la comparaison des deux diagrammes montre l'évolution des secteurs d'activité créateurs d'emplois depuis 1950 : les industries métallurgiques et mécaniques, celles du bois, du papier et polygraphiques.

    nota : les entreprises de bâtiments et travaux publics ne sont pas considérées comme faisant partie de l'industrie de fabrication, et n'ont donc pas été recensées.

    Le bâti

    De cette enquête ne ressort aucun type architectural propre aux bâtiments industriels du département. Pour les industries ayant évolué lentement, des corps de bâtiments souvent très modestes ont été adjoints au fur et à mesure que l'entreprise prenait de l'ampleur, sans aucune préoccupation de symétrie de plan pu d'ordonnancement des façades ; tel est le cas des anciens ateliers de la porcelainerie Deshoulières à Chauvigny (cf. dossier). Une recherche esthétique est pourtant décelable dans quelques sites, tel celui de la brasserie de Saulgé (cf. dossier), la manufacture de Châtellerault (cf. dossier)... Dans ces cas, il s'agit de l'implantation de grosses entreprises exigeant un plan d'ensemble cohérent. L'évolution de la construction industrielle a suivi celle de l'architecture traditionnelle contemporaine, à savoir que les murs de moellon ont été suppléés par des murs en parpaings de béton, ou en béton armé, ou en pan de métal. En ce qui concerne les matériaux de couverture : on trouve pratiquement autant de tuile mécanique (sur 48 sites) que creuse (55), et presque le double d'ardoise (sur 94 sites). Quant à la tuile plate, elle n'est présente que sur 9 sites. Le ciment amiante et la tôle ondulée se trouvent dans 59 endroits. Depuis les années 1950, les ateliers sont généralement en rez-de-chaussée pour une organisation plus rationnelle des tâches.

    A certaines activités correspond un type de construction ; il en est ainsi de la minoterie, qui possède au moins trois niveaux pour l'étagement des activités mécanisées à l'intérieur de la construction. Cette répartition verticale se retrouve dans certaines autres industries telle que la malterie de la brasserie de Saulgé. Cependant, extérieurement, les minoteries étudiées n'ont pas forcément d'autres caractères en commun.

    La présence d'une entreprise industrielle a parfois suscité la construction de logements d'ouvriers ; une cité constituée de 27 logements est édifiée dans le 3e quart du 19e siècle pour les ouvriers de la filature de Ligugé (cf. dossier). Mais le plus souvent, il s'agit de quelques logements seulement, comme à l'usine de papier de Papault à Iteuil (cf. dossier). Assez fréquemment des chambres sont aménagées dans l'usine même pour loger les ouvriers comme à la brasserie de Saulgé. Des logements de contremaître sont parfois édifiés près de l'usine comme dans celle de Saint-Gobain à Saint-Benoît. Les logements patronaux vont de la petite maison en rez-de-chaussée de la minoterie de La Cueille à Romagne (cf. dossier), au château du XVIIIe de la forge de Verrières à Lhommaizé (cf. dossier), en passant par la belle maison de ville de 1883 de l'usine de construction métallique Mongruel à Jaunay-Clan (cf. dossier).

    De certaines entreprises étudiées ne subsistent plus aujourd'hui que des ruines, comme c'est le cas pour l'usine de chaux de la Côte à Gouex (cf. dossier), ou la briqueterie de Saulgé (cf. dossier). D'autres édifices désaffectés abritent une autre activité ; le cas de la manufacture de Châtellerault est exemplaire avec ses bâtiments réinvestis par des services municipaux ou relevant des ministères de la Défense ou de l'Education nationale. D'autres réhabilitations existent : l'ancienne usine de produits alimentaires Cérélactose à Chauvigny (cf. dossier) convertie en Institut agricole, la laiterie de Couhé partiellement reconstruite en salle des fêtes (fig. 1)... Le plus souvent, les bâtiments sont transformés en logements ; il s'agit surtout des minoteries assez facilement réaménageables. D'autres sont complètement abandonnés lorsqu'il n'y a pas de possibilité de logement, comme les fours à chaux de Lhommaizé (cf. dossier), ou lorsque un trop grand complexe rend difficile de nouveaux aménagements, comme la filature de Ligugé, ou la distillerie de Saint-Pierre-de-Maillé (cf. dossier).. D'autres encore sont entretenus dans l'état ; ce sont le plus souvent des entreprises familiales, comme l'ancienne filature de Danlot (cf. dossier), ou encore les minoteries, qui peuvent même parfois, comme le moulin Minot à St-Pierre-d'Excideuil (cf. dossier), avoir conservé leur matériel.

    A ce jour, seulement deux édifices industriels de la Vienne bénéficient d'une protection au titre des Monuments historiques ; il s'agit de la manufacture de Châtellerault dont le bâtiment d'administration et les deux cheminées de la chaufferie ont été inscrits à l'inventaire des Monuments historiques en 1989, et de la forge de Verrières à Lhommaizé inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques, en même temps que le château, en 1990.

    USINE GENERATRICE D'ENERGIE

    9 centrales hydroélectriques en fonctionnement ont été étudiées. Pour trois d'entre elles, elles ont été construites entre 1920 et 1930 par la Société des Forces motrices de la Vienne sur la Vienne. Les autres ont été installées dans d'anciens moulins ou minoteries désaffectées comme à Lhommaizé en 1900 (cf. dossier), Saint-Pierre de Maillé en 1922 (cf. dossier) ou Nalliers en 1932 (cf. dossier). Une centrale thermique était jointe à la centrale hydroélectrique de Chardes à L'Isle-Jourdain, mais elle a été détruite (cf. dossier).

    USINE D'EXTRACTION

    Le département possède, depuis la fin du siècle dernier et le développement des voies de communication, une forte concentration de carrières de pierre calcaire à construire, de graviers, etc (cf. dossier collectif CARRIERES).

    USINE METALLURGIQUE

    LES FORGES

    Le minerai de fer que recèlent les sables tertiaires dans la région des brandes du Poitou a été exploité sur une foule de points dès l'époque gauloise et gallo-romaine (PASSERAT. Les plaines du Poitou, Paris, p. 210). Les amas formés à la surface du sol par les déchets de fabrication ont reçu le nom de Ferriers ou Ferrière, qui reviennent fréquemment dans la nomenclature locale.

    Pendant tout le moyen âge, l'industrie du fer a continué d'être florissant. A partir du XVIe siècle, la métallurgie poitevine tombe en décadence, devant la concurrence des forges de l'Angoumois et du Périgord. En 1693, il n'existait plus que trois établissements sidérurgiques, dont un dans les Deux-Sèvres à la Peyratte. Le plus important avait été créé en 1595 et reconstruit en 1661 à Lhommaizé. En 1710 il en fut fondé un autre à Luchapt (cf. dossier) sur les frontières de la Marche. Ces deux derniers subsistèrent jusque vers la fin du XIXe siècle, tandis que disparaissait la fonderie de Goberté à Gouex (cf. dossier), fondée aux environs de 1635 et encore mentionnée en 1787.

    En 1863, les deux usines de Lhommaizé et de Luchapt produisirent 916 tonnes de fonte brute et 419 tonnes de fer marchand, d'une valeur totale de 320 000 francs ; 200 ouvriers étaient attachés à ces établissements, qui se fournissaient de minerai sur place, et étaient mus par l'énergie hydraulique. Le combustible employé était le charbon de bois, dont on brillait 1 500 tonnes par an. Les carrières voisines de pierre calcaire fournissaient la calcine utilisée comme fondant dans le traitement du minerai de fer et l'élaboration du laitier. En 1870, les hauts-fourneaux sont dans une situation très précaire ; ils ne font plus qu'une campagne de 6 à 8 mois tous les 2 ans, et couvrent à peine leurs frais. L'importation de fers de bonne qualité de Suède, qui arrivent à des prix très avantageux, est l'une des causes de cette situation. (AD Vienne, 8 S 3). Fort déchues en 1872, ces usines ne tardèrent pas à disparaître et en 1874, dans l'arrondissement de Montmorillon, concernant l'exploitation de minerais de fer, il existait trois établissements, dont deux qui ne fonctionnaient pas ; 60 ouvriers y étaient employés. Ils produisaient 180 000 quintaux métriques de 100 kgs (AD Vienne, M 10 122-123). L'usine de Lhommaizé ferma la dernière ses portes vers 1885.

    En 1878, il est dit qu'il y a dans le département de la Vienne, 24 minières de fer dont aucune n'est en exploitation ; la plupart ayant cessé d'être exploitées depuis longtemps (AD Vienne, 8 S 3). Quelques-unes étaient encore exploitées pour alimenter le haut-fourneau de Montmorillon (doc. 1 et annexe), créé durant la guerre de 1870, mais son arrêt en 1874 a mis fin à l'exploitation.

    L'espoir qu'avaient fait naître les hauts-fourneaux avait entraîné l'ouverture de fonderies de seconde fusion ; un arrêté préfectoral du 16 avril 1874 autorise Jean-Baptiste Pelle, ouvrier fondeur, à construire une fonderie de fonte au creuset à Montmorillon rues de l'Ormeau et des Granges (AD Vienne, M 5 25). En 1901, une autre fonderie est créée à Montmorillon pour la fabrication de plaques de cheminées (cf. dossier).

    USINE DE CONSTRUCTION MECANIQUE

    A cette industrie métallurgique de vieille date se rattache indirectement l'existence de la manufacture d'armes de Châtellerault. Créée en 1815, en remplacement de celle de Charleville, elle y a trouvé sur place une main-d'oeuvre exercée. D'autres avantages se présentaient en faveur de cet établissement ; la capacité motrice de la Vienne, la situation géographique de la ville... Cet établissement occupa de 1 500 à 5 000 ouvriers.

    Hormis cette manufacture, ce secteur a été assez peu représenté dans le département : une petite entreprise de matériel agricole à Chasseneuil-du-Poitou est transformée actuellement en forge artisanale. Une usine de construction métallique de Jaunay-Clan, spécialisée dans la charpente métallique, fut fondée en 1810. A Montmorillon, une usine de construction mécanique a été créée en 1860 au Moulin des Dames (cf. dossier).

    USINE DE PETITE METALLURGIE

    De la vieille industrie métallurgique ne subsista plus que la coutellerie de Châtellerault, dont l'origine est fort ancienne, puisque mentionnée dès le Xle siècle. Elle atteignit son apogée à la fin du XVIIIe siècle ; entre 1750 et 1768, il y avait à Châtellerault 204 maîtres couteliers, qui exportaient leurs produits aux Antilles et aux foires de Bordeaux, de Beaucaire, de Normandie et de Bretagne.. Le traité de commerce avec l'Angleterre, en 1786, porta à cette industrie un premier coup. La Révolution la fit presque totalement tomber. Peu à peu, les petits fabricants ont disparu, et l'industrie coutelière a quitté le foyer familial pour l'usine. La concurrence de Thiers et le développement de la manufacture d'armes menaçaient de la faire disparaître. En 1838, l'un des fabricants de la ville transféra ses ateliers à la campagne en leur donnant une extension jusqu'alors inusitée. Il s'établit à Naintré (cf. dossier) sur les bords du Clain. Une deuxième usine fut créée la même année au moulin de Chézelles (cf. dossier), et en 1840, le moulin de Domine (cf. dossier) fut transformé à son tour en coutellerie. Le personnel de ces trois usines comprenait en tout 350 ouvriers. Cette activité cesse dans les années 1960, et les différentes entreprises se tournent vers la construction mécanique.

    USINE DE CERAMIQUE

    L'argile abonde en Poitou ; tantôt pure, tantôt plus ou moins sableuse, on l'exploite pour la tuilerie sur les points les plus divers (10 briqueteries et 7 tuileries, ayant une production industrielle, ont été recensés). Au travers de ces établissements, il est possible de suivre l'évolution des fours : du four intermittent à chambre unique chauffé au bois de la tuilerie-briquerie Pain édifiée vers 1880 à Sanxay (cf. dossier), au four continu à grande flamme bâti en 1882 dans la briqueterie de Saulgé (cf. dosssier), puis au four zig-zag à bois construit en 1926 dans la briqueterie Puisais de Nouaillé (cf. dossier), complété par d'autres fours zig-zag à charbon, au fuel puis au gaz à partir de 1962, et enfin remplacé par des fours tunnels au gaz en 1965.

    Quantité d'ateliers fabriquant de la poterie commune pour les usages domestiques ont existé par le passé. Une tentative faite en 1852 pour établir une manufacture de porcelaine à Persac (cf. dossier), à proximité des gisements de kaolin du Limousin, n'eut aucun succès. En revanche, le petit atelier de faïence de Jean Bozier, installé au cours du XIXe siècle à Chauvigny, connut une belle prospérité jusqu'à nos jours sous le nom de Porcelainerie Deshoulières.

    USINE DE FABRICATION DE MATERIAUX DE CONSTRUCTION

    12 usines de chaux, toutes désaffectées, ont fait l'objet d'un dossier. Certaines d'entrés elles n'ont fonctionné qu'un laps de temps très réduit, lorsque la chaux produite était transportée par chemin de fer vers le Limousin pour y amender les terres. D'autres ont fonctionné jusque dans les années 1960 comme les fours de la Gare de Lhommaizé (cf. dossier). Les fours, construits à partir du 4e quart du XIXe siècle, sont à calcination continue à petite flamme (Pleumartin, Lhommaizé, Gouex, Mauprévoir). L'ensemble des 6 fours intermittents à courte flamme, construits au Bois de Daim à Lhommaizé en 1869, est remarquable par la qualité de la façade en pierre de taille du massif maçonné qu'ils forment (cf. dossier).

    USINE DE PRODUITS CHIMIQUES

    Ce type d'usine ne s'est guère implanté dans la Vienne. Il faut toutefois mentionner l'usine de Saint-Gobain créée à Saint-Benoît en 1912 pour la fabrication d'engrais et d'acide sulfurique, et qui s'est ensuite convertie dans des produits insecticides, et la distillerie coopérative bâtie en 1942 à Saint-Pierre de Maillé pour la fabrication d'alcool de betterave destiné à l'industrie (cf. dossier).

    La petite usine de bougies de la Grand'rue de Poitiers a été étudiée parce qu'elle pérennise à la fois une activité en voie de disparition et un lieu - le centre ville de Poitiers-qui a désormais perdu sa vocation artisanale et industrielle.

    LES USINES DE PRODUITS ALIMENTAIRES

    La meunerie

    La Vienne et ses affluents, le Clain et la Gartempe, tracent du sud au nord trois grandes vallées à travers les plateaux du Poitou. En traversant le département de la Vienne, ces rivières forment un très grand nombre de chutes, qui, pour la plupart, actionnaient autrefois un moulin. Une autre cause du développement de la meunerie dans le département vient de l'abondance et de la qualité de la récolte en céréales ; la Vienne venait au 14e rang des départements français au début du siècle pour sa production de grains panifiables. Les moulins à meules ont souvent été agrandis et perfectionnés ; sur les 63 minoteries étudiées, 50 sont des transformations ou des reconstructions d'anciens moulins à blé qui travaillaient à façon. Ces transformations ont eu lieu pour la plupart dans le 4e quart du 19e siècle ou le 1er quart du 20e siècle. En 1918, il existait dans la Vienne 260 moulins, dont 50 montés à cylindres. La production totale journalière était : pour 14 d'entre eux : plus de 100 quintaux de blé

    pour 15 : de 40 à 100 quintaux

    pour 27 : de 20 à 40 quintaux

    pour 24 : de 10 à 20 quintaux

    pour 180 : moins de 10 quintaux

    3 seulement des minoteries étudiées ont été édifiées ex-nihilo (Vendeuvre, Neuville-du-Poitou, Mazerolle). Il est nécessaire de préciser que celles de Vendeuvre et Neuville-du-Poitou n'ont jamais fonctionné à l'énergie hydraulique, mais à l'énergie thermique.

    Un grand nombre des minoteries du département ont été équipées par la Société Durand, constructeur mécanicien installé à Poitiers en 1828, qui fabriquait elle-même les roues hydrauliques adaptées à chaque cas : au courant d'eau, à son débit, à sa profondeur (Sté Rech. arch. du pays chauvinois, Inventaire des sites hydrauliques, 1984, p.33). 17 roues hydrauliques et 16 turbines hydrauliques sont actuellement présentes dans les 64 minoteries étudiées. La minoterie de la brasserie de Saulgé est équipée d'une turbine hydraulique dès 1889, mais il semble que la plupart des autres ne soient installées qu'à partir de 1900 et surtout dans les années 1920.

    Actuellement, 7 de ces minoteries sont en fonctionnement (Antigny, Vivonne, Châtain, Berrie, Châtellerault, Lésigny, Lathus-Saint-Remy).

    Les laiteries

    En raison des améliorations apportées à l'agriculture, concernant en particulier l'assolement et l'élevage, à la fin du 19e siècle, le nombre des vaches laitières a énormément augmenté jusqu'à la 1ère guerre mondiale. Les perfectionnements, apportés à la conservation des produits et aux moyens de transport, ont également contribué au développement de l'industrie laitière, pour la fabrication de poudre de lait, de lait concentré et stérilisé, de beurre. Des laiteries industrielles sont alors créées dans l'ensemble de la région Poitou-Charente, et, à partir de 1897, dans la Vienne : 13 laiteries sur les 20 étudiées sont fondées dans le 1er quart du 20e siècle. La plupart de ces entreprises sont des sociétés coopératives regroupant des producteurs de lait. En 1918 existaient 7 laiteries coopératives : il s'agissait de celles d'Agramont, Archigny, Chauvigny, Civray, Gençay, Lusignan et Les Ormes. En revanche, les laiteries de Dangé, Châtellerault et Lencloître étaient des entreprises privées.

    Depuis les années 1960 déjà, certaines de ces laiteries se sont regroupées afin de lutter contre une concurrence féroce. Les coopératives ont pu mieux résister ; en 1975, plus de 90 % des laiteries de la Vienne étaient des coopératives (Atlas de géo. de l'Ouest, 1975). Ce mouvement s'est encore accentué ces dernières années, et ne subsistent actuellement que quelques grands groupes laitiers se partageant le territoire régional ; ce qui a entraîné la fermeture de certaines unités (12 d'entre elles sont désaffectées sur les 20 étudiées dans la Vienne).

    Les huileries

    Très nombreuses autrefois dans le Mirebalais par exemple, là où la récolte de noix était abondante, mais également dans le civraisin, deux d'entre elles ont été étudiées (à Mirebeau et Neuville-de-Poitou), bien qu'elles ne puissent être considérées comme des entreprises industrielles (cependant, l'huilerie de Neuville embouteille sa production mise en vente dans des magasins de la région). La première n'est en activité que de façon intermittente, et la manière d'opérer ainsi que le matériel datent du début du siècle.

    Les autres industries de produits alimentaires

    Les autres industries de produits alimentaires antérieures aux années 1950 sont peu nombreuses. La brasserie de Saulgé, qui occupa le site d'un ancien moulin à papier, fut créée en 1855 et connut un développement important avant de fermer dans les années 1960 ; II faut citer également l'abattoir de Chasseneuil-du-Poitou (cf. dossier) construit en 1913 et possédant un très important secteur conserverie, mais qui ferma dès 1928, et la distillerie de Lhommaizé créée sur le site de l'ancien haut-fourneau aux alentours de 1890. Les brûleries de café de Poitiers étaient réputées (en 1936, la ville possédait 6 usines de torréfaction), mais rien n'en susbiste hormis un immeuble avenue de la Libération, et une entreprise moderne dans la zone industrielle. Conséquence d'une économie de guerre sans doute, une usine Cérélactose, qui fabriquait des produits alimentaires pour les bébés, fut fondée en 1940 à Chauvigny.

    USINE TEXTILE

    L'industrie de la draperie fut très prospère ; dès le moyen-âge le Poitou fabriquait des serges et des étamines réputés pour leur solidité, sinon pour leur finesse. En 1693, Poitiers possédait 70 fabriques, Gençay 80, Vivonne 12, Châtellerault 40. Le XVIIIe siècle vit se produire une décadence rapide de la draperie poitevine, par suite de la concurrence des autres centres industriels mieux outillés. Seule la bonneterie se maintenait sans faiblir à Poitiers, où il ne restait plus en 1780 que 118 ouvriers tisserands, et 150 à Châtellerault. La Révolution acheva de ruiner l'industrie drapière. Jusqu'à la fin, cette industrie poitevine a gardé un caractère familial et rural ; le travail était réparti à domicile chez un grand nombre de petits patrons qui occupaient chacun quelques ouvriers seulement, la plupart habitaient à la campagne, où ils étaient dispersés dans les villages, les hameaux, et les fermes. Deux villes seulement de la Vienne, Poitiers et Châtellerault, possédèrent des ateliers un peu importants. Partout ailleurs les artisans combinaient leur travail avec les occupations agricoles.

    Les essais tentés au XVIIIe siècle pour introduire des industries nouvelles ont tous échoué ; la manufacture de soie de Poitiers, qui fonctionnait trois mois par an pour produire 60 livres de soie, les filatures de coton de Poitiers, celle de Vivonne (cf. dossier), de Montmorillon (qui occupait 40 ouvriers en 1788), n'ont eu qu'une existence éphémère.

    USINE DE PEAUSSERIE

    Les tanneries, très nombreuses autrefois, et notamment sur la Boivre, sont restées artisanales et ont peu à peu disparu. Trois seulement de ces établissements ont fait l'objet d'un dossier, parce qu'ils ont connu un développement assez important : à Vivonne, comme à Poitiers, l'activité a cessé, mais à Lavausseau, les propriétaires tentent de faire perdurer leur entreprise.

    Poitiers était réputé au début du siècle pour ses tanneries de peaux d'oies blanches, dont l'élevage était une spécialité de la plaine des environs de Poitiers et dans le Loudunais : les bâtiments d'un seul de ces établissements, situé au Moulin Apparent, subsistent de nos jours (cf. dossier). Une de ces usines existait également à Montmorillon (doc. 2).

    USINE D'HABILLEMENT

    Trois usines d'habillement ont fait l'objet d'un dossier : à Chauvigny une chemiserie est fondée à la fin du XIXe siècle ; l'entreprise est restée familiale jusque dans les années 1980, puis a fait faillite. A Saint-Benoît, une usine de perruques est créée en 1936, mais ferme ses portes en 1974. Enfin, à Ayron, une usine de chaussures s'est substituée à un ancien atelier de sabots vers 1934.

    USINE LIEE AU TRAVAIL DU BOIS

    5 scieries mécaniques ont été recensées : quatre d'entre elles fonctionnaient à l'énergie hydraulique et étaient associées à un moulin à blé.

    LES PAPETERIES

    Quelques papeteries, en particulier à Saint-Benoît (cf. dossier) et à Montmorillon sur la Gartempe (cf. dossier), subvenaient pour une part assez faible à la consommation du département. A Montmorillon, l'un des moulins à papier, actuellement moulin des Dames sur la commune de Saulgé, a été construit en 1603 par Paul Thomas, sénéchal de la ville de Montmorillon, et autorisé par Henri IV en 1606. Deux autre moulins à papier, construits vers 1671, existaient à Saulgé au Moulinet des Mâts ; l'un d'entre eux avait été fondé par les Augustins de la Maison-Dieu de Montmorillon. L'activité de ces papeteries cessa lorsque se montèrent, en 1734, les grandes papeteries de la Compagnie royale des papiers d'Angoumois. (BARDET (V.). Journal de M. Demaillasson (1643-1694), in : Arch. Hist. du Poitou, XXXVII, 1908, p. 182). Le moulin à papier de Saint-Benoît est attesté dès le XVe siècle, mais transformé en minoterie en 1869. A Iteuil, le moulin à blé de Papault est transformé en papeterie vers 1850 pour utiliser les déchets de la filature de Ligugé. On y fabrique aujourd'hui du papier recyclé.

    LES IMPRIMERIES

    L'imprimerie fit son apparition dès 1478 à Poitiers, où s'installèrent des ouvriers typographes. Sa qualité de centre intellectuel favorisa l'essor de cette activité, de grande renommée au XVIe siècle. A partir de 1870 et l'abolition du brevet d'imprimeur, le nombre des imprimeries augmenta fortement jusqu'à la Première guerre mondiale (AD Deux-Sèvres, Enquête sur la reprise de la vie économique en Poitou, 1918, p. 220).

    Trois imprimeries ont été recensées ; l'une à Loudun, fondée en 1794, qui conserve des presses typographiques des années 1850, la deuxième construite à Poitiers vers 1865, et enfin la troisième édifiée à Ligugé en 1928, spécialisée dans l'impression d'édition.

    Synthèse

    Le département de la Vienne a été formé, en 1793, de territoires appartenant au Poitou pour la majeure partie, à la Touraine pour le Loudunais et le Mirebalais au nord-ouest, et au Berry pour un certain nombre de communes situées à l'est, à la limite de l'Indre. Il tire son nom de la principale rivière qui le traverse du sud au nord, et compte actuellement trois arrondissements : Poitiers, Châtellerault et Montmorillon. Il n'y a pas de régions naturelles bien tranchées, en dépit des variétés de sols et des diverses zones de végétation qui en résultent : des granits vers les limites de la Haute-Vienne, des liais d'Availles à la Trimouille, des terres rouges dans le civraisin, des terrains jurassiques dans tout le centre autour de Poitiers, des craies autour de Loudun et au nord de Châtellerault. Le département est presque entièrement situé sur le versant méridional du bassin de la Loire, à l'exception d'une très petite partie qui, vers le sud, appartient au bassin de la Charente, et vers l'ouest à celui de la Sèvre niortaise, et la seule rivière navigable est la Vienne dans sa partie située au nord de Châtellerault. Ce département, faiblement industrialisé, se caractérise toutefois par un tissu d'activités, à la charnière de l'artisanat et de l'industrie, liées au terroir et disséminées dans tout le département.

    Dès le Moyen Age, des productions agricoles importantes et variées ont favorisé l'installation de nombreux moulins à blé, à foulon, à huile, à papier et à tan. Parallèlement, l'élevage alimentait les établissements de tannerie et de tissage. Le bois des forêts et le minerai de fer présent sur les plateaux étaient exploités pour le travail du métal, à l'origine peut-être de la spécialisation de Châtellerault dans la coutellerie attestée dès le Xle siècle. Tuileries et poteries se sont installées à proximité des carrières d'argile, et les métiers du bois ont pu s'exercer sans problème d'approvisionnement. A la faveur de la présence de l'un ou l'autre de ces éléments, l'essaimage des usines s'est produit sur l'ensemble du département, et plus spécialement le long des rivières fournissant l'énergie hydraulique nécessaire à nombre d'entre elles ; on constate ainsi la pérennité de sites hydrauliques occupés du Moyen Age jusqu'à nos jours. Assez fréquemment, plusieurs activités se sont exercées simultanément sur un même site et les associations de moulin à blé, à huile ou à tan n'étaient pas exceptionnelles.

    A l'époque moderne, l'activité industrielle, tout en restant modeste, connaît une certaine croissance avec notamment l'installation de hauts fourneaux et de forges à Lhommaizé, Gouex et Luchapt dans le Montmorillonnais ; le premier et le plus important de ces établissements, créé en 1595, est reconstruit en 1661, le deuxième est fondé aux environs de 1635 et le troisième en 1710. De la forge de Verrières à Lhommaizé, d'abord affermée puis vendue comme bien national à M. Robert de Beauchamps, rédacteur du traité "Méthodes pour laver et fondre avec économie les mines de fer" primé par l'Académie de Besançon en 1756 et également propriétaire de la forge de Gouex, il ne subsiste, à côté du château du maître de forge, que des bâtiments en ruines et la retenue d'eau. Les deux autres sites n'ont également conservé que quelques bâtiments témoignant de leur activité passée. Parallèlement, quelques tentatives d'établissement d'usines textiles se sont soldées par des échecs à Poitiers, Montmorillon, et Vivonne. Il ne reste trace aujourd'hui que du dernier établissement, ancien moulin à foulon, transformé en filature à l'extrême fin du XVIIIe siècle, puis en minoterie, et de nouveau en filature vers 1850.

    Le XIXe siècle reste marqué par les activités traditionnelles déjà entrevues, mais également, en raison d'une rude concurrence et d'un manque de capitaux, par le déclin de certaines d'entre elles, telles les forges qui vont fermer l'une après l'autre, suite à l'importation de fer de Suède. Dès lors, les quelques industries de transformation du métal liées à ces établissements vont également péricliter et l'enquête n'a pu mettre au jour que les sites fossiles de cette activité. Seule la coutellerie, qui est une vieille tradition de Châtellerault et sa région, va se développer en se mécanisant à partir des années 1840, et quatre grands établissements s'installent sur le Clain à Naintré et Cenon-sur-Vienne ; ils vont se consacrer à la fabrication de couteaux jusque vers les années 1960 pour deux d'entre eux. C'est aussi grâce à cette ancienne tradition, mais également pour des raisons stratégiques et de circonstances, qu'est bâtie la Manufacture d'Armes de Châtellerault en 1820, qui insuffle une nouvelle vie économique à la ville et à sa zone d'influence ; de 40 ouvriers à ses débuts, l'usine passe à 7000 durant la seconde guerre mondiale devenant très vite la première entreprise du département et, parallèlement, à la fabrication d'armes blanches se substitue celle des armes à feu, puis du matériel d'artillerie et enfin des missiles, avec des installations à la mesure des effectifs et des techniques de fabrication. Dans une moindre mesure que la métallurgie, les industries textiles vont également subir le contrecoup de crises parfois externes au département, comme c'est le cas pour la filature de coton de Biard créée en 1828 et fermée dès 1862 en raison du blocus américain stoppant l'exportation de coton. En revanche, une filature de chanvre et de lin, créée à Ligugé en 1853, devient en 1900 la deuxième entreprise du département après la manufacture de Châtellerault avec 300 ouvriers, et ne ferme qu'en 1970. A partir de 1860, avec le développement des voies de chemin de fer, les industries extractives, telles que les carrières de pierre et usines de chaux, trouvent un débouché dans les régions voisines ou plus lointaines et se développent pour fournir de la pierre à bâtir dans la région parisienne, et même Outre-Atlantique, pour les premières, et de la chaux d'amendement dans le Limousin pour les secondes. Les carrières de pierre n'ont suscité que très rarement la construction de bâtiments annexes, et seule une carrière à Tercé a été repérée en raison des divers ateliers, logements d'ouvriers et cantine édifiés par la société exploitante. En revanche, les usines de chaux marquent encore fortement le paysage du département par leurs constructions monumentales ; 9 ont été recensées. Les premiers fours, construits en 1869 au Bois de Daim à Lhommaizé, sont intermittents à petite flamme et alimentés au bois, tandis que les autres, datant plutôt de la fin du siècle ou du début du XXe siècle, sont à calcination continue à courtes flammes et alimentés au charbon. Concurrencées par les engrais chimiques, seules deux de ces usines ont fonctionné jusque dans les années 1950-60.

    Au cours du XIXe siècle se développent également des industries nouvelles, le plus souvent liées à la transformation des produits agricoles, en raison de la place qu'occupent la polyculture et l'élevage dans l'économie du département : brasseries, laiteries, usines de préparation de peaux d'oies à Poitiers et Châtellerault, fabriques diverses, alors que des activités traditionnelles se modernisent avec l'installation de matériel plus performant dans les anciens moulins à blé par exemple, transformés en minoteries. Des activités complémentaires se développent comme les usines de matériel agricole. Mais toute cette évolution se passe le plus souvent sur le plan familial ou coopératif, et les très grosses entreprises sont rarissimes. Les industries agro-alimentaires, le plus souvent tributaires de l'énergie hydraulique ou grandes consommatrices d'eau comme les laiteries, occupent généralement d'anciens sites industriels : seul un quart des 91 usines de ce type recensées ont été bâties ex-nihilo (cette proportion s'inverse pour le reste du corpus). Sur les 63 minoteries étudiées, 50 sont des transformations ou des reconstructions d'anciens moulins à blé qui travaillaient à façon. Ces transformations ont eu lieu pour la plupart dans le 4e quart du XIXe ou le 1er quart du XXe. Seulement deux d'entre elles ne fonctionnaient pas à l'énergie hydraulique, mais à l'énergie thermique. Un grand nombre ont été équipées par la société Durand, constructeur mécanicien installé à Poitiers, qui fabriquait les roues hydrauliques adaptées à chaque cas. Actuellement, 17 roues hydrauliques et 16 turbines sont encore en place ; la minoterie de la brasserie de Saulgé est équipée d'une turbine hydraulique dès 1889, mais il semble que la plupart des autres ne soient installées qu'à partir de 1900, et surtout dans les années 1920. Lors de l'enquête, 15 seulement de ces usines étaient encore en activité. Sur les 20 laiteries recensées, 4 ont été créées à la fin du XIXe, et 13 dans le premier quart du XXe ; 7 d'entre elles sous la forme de sociétés coopératives regroupant des producteurs de lait. Elles sont situées au coeur des territoires de production, généralement non loin d'une voie ferrée permettant l'expédition des produits dans la région parisienne. Pour lutter contre la concurrence, des regroupements ont été effectués, et plus de la moitié d'entre elles sont aujourd'hui désaffectées. Poitiers, Châtellerault et Montmorillon possédaient au XIXe siècle des établissements de préparation de peaux d'oies pour houppes, fourrures et passementeries, exportées en Europe et aux Etats-Unis. Un seul de ces sites, qui ont tous fermés dans les années 1950 à cause de l'arrivée sur le marché de matériaux synthétiques, subsiste à Poitiers au Moulin Apparent : un grand atelier de fabrication à deux étages carrés y est surmonté d'une pièce de séchage.

    Au cours du XIXe siècle, et malgré la modestie du développement industriel du département, une nouvelle carte de répartition des usines se dessine, avec l'abandon de zones qui deviennent exclusivement agricoles comme certains cantons de l'arrondissement de Montmorillon, et le renforcement d'autres autour des centres urbains de Poitiers et Châtellerault, et le long des deux vallées du Gain et de la Vienne, qui constituent alors vraiment l'axe économique du département.

    La tendance à une nouvelle répartition géographique se confirme dans la première moitié du XXe siècle, avec la déconcentration ou le repli de grands groupes qui délaissent, eux, les cours d'eau au profit des grands axes routiers et des voies ferrées, tel l'axe Poitiers-Châtellerault. La société de Saint-Gobain s'installe ainsi à Saint-Benoît, au sud de Poitiers, avant 1914 pour la fabrication d'engrais chimiques vendus ensuite dans la région. Les alentours de Châtellerault bénéficie de ces installations dans les années 1930-40 avec l'implantation d'une tréfilerie, d'une usine d'éléments préfabriqués en béton, et des établissements de mécanique aéronautique Rocher. Chasseneuil au nord de Poitiers accueille la société Leclanché, qui s'installe plus tard à Poitiers même. On le voit, c'est surtout une industrie de transformation, n'ayant plus rien à voir avec les ressources locales, qui se développe avec cet aménagement volontaire du territoire. Cette tendance n'a fait que se renforcer depuis les années 1950, avec l'émergence d'une grande zone industrielle reliant pratiquement Poitiers à Châtellerault.

  • Les Hauts-Fourneaux de Montmorillon :

    Usine métallurgique créée à proximité de minières et de la voie ferrée Poitiers-Limoges, par la Société Métallurgique de la Vienne, pendant la guerre de 1870, au cours d'une période de pénurie suite à l'annexion des gisements de Moselle par l'Allemagne. L'usine est bénite par monseigneur Pie le 28 octobre 1872 (Semaine liturgique du diocèse de Poitiers). On y traite du minerai provenant de la région et de l'Algérie, du charbon des houillères de la Marche acheminé par voie ferrée et de la pierre calcaire locale. L'usine, après un fonctionnement de deux ans de mai 1873 à mars 1875 (AD Vienne, 8 S 3), chôme, et est détruite (les parcelles sont revendues en 1899) [Fer, forges, forgerons. Société Archéologique et Historique du Montmorillonnais, Poitiers, SIPAP, 1987]. Il ne subsiste aujourd'hui de cet établissement que des vestiges des bassins de lavage du minerai et d'une partie du quai.

    9 février 1872 : demande de construction de l'usine par la Société métallurgique de la Vienne sur les parcelles n° 98, 99, 100, 298, 299 et 300 de la section F du plan cadastral, (plan joint) (AD Vienne, M 5 24).

    9 février 1872 : demande d'autorisation par la Société métallurgique de la Vienne d'installer 4 chaudières à vapeur fabriquées par Pigé et Cie, constructeur à Hautmont (Nord), et destinées à fournir la vapeur nécessaire au fonctionnement de la machine soufflante du haut-fourneau et à celui des diverses machines à vapeur accessoires (AD Vienne, M 5 24).

    10 janvier 1873 : déclaration de M. Rémond, ingénieur-régisseur qui se propose d'employer deux machines à vapeur locomobiles, dont l'une de la force de 8 cv doit servir à conduire un patouillet et l'autre, de 12 cv, sera employé à divers usages (AD Vienne, 8 S 14).

  • MATERIEL DE MINOTERIES MENTIONNE OU EN PLACE :

    TARARE, JEANNIN, Mirebeau (86), France

    de 1829 à 1950

    BROYEUR, CONVERTISSEUR, PLANSICHTER, LAFON PH., Tours (37), France

    de 1932

    Mentionné à la minoterie de Neuville-de-Poitou (86).

    APPAREIL A CYLINDRES, BUHLER CH

    Mentionné au moulin de Mongadon à Lusignan (86).

    APPAREIL A CYLINDRES, RUBIN L., Sèvres, France

    1er quart 20e siècle

    En place au moulin de la Touche à Lusignan (86).

    APPAREIL A CYLINDRES, LAFON PH., Tours (37), France

    En place à la minoterie de Moulin-de-Main à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers (86).

    CONVERTISSEUR, SIMON CH., Bléré (Indre-et-Loire), France

    vers 1925

    En place au moulin de la Pierrière à Saint-Cyr.

    CONVERTISSEUR, WEGMANN

    de 1887

    Mentionné au moulin d'Anguitard à Chasseneuil-du-Poitou ; convertisseur à cylindres en porcelaine

    CONVERTISSEUR, BRAULT, TEISSET ET GILLET, Chartres, France

    vers 1890

    Mentionné à la minoterie Bajon à Poitiers (triple jeu de cylindres à 3 passages)

    PLANSICHTER, NEULIG-HEUSER, Strasbourg Meinau, France

    Mentionné au moulin de la Ronde à Bonnes

    NETTOYEUR, LHUILLIER, Dijon, France

    de 1935

    Mentionné au moulin de la Ronde à Bonnes

    BROYEUR, CONVERTISSEUR, TEISSET, BRAUD, Chartres, France

    vers 1900 ?

    Mentionné à la minoterie de la Gassotte à Saint-Savin.

    FENDEUR, ROSE, Poissy, France

    vers 1900

    Mentionné à la minoterie de la Gassotte à Saint-Savin

    BROYEUR, QUILLERY D.

    vers 1920

    Mentionné à la minoterie de Saint-Pierre-de-Maillé

    CONVERTISSEUR, BUHLER

    vers 1920

    Mentionné à la minoterie de saint-Pierre-de-Maillé

    CONVERTISSEUR, CUSSON

    vers 1920

    Mentionné à la minoterie de saint-Pierre-de-Maillé

    CONVERTISSEUR, TEISSET

    vers 1920

    Mentionné à la minoterie de saint-Pierre-de-Maillé

    BROYEUR, CONVERTISSEUR, BOURGEOIS, Argenton (Indre), France

    vers 1921

    Mentionné à la minoterie de l'Epine à Antigny (86)

    BROYEUR, CONVERTISSEUR, TRIEUR, LAFON, Tours, France

    depuis 1972

    En place à la minoterie de l'Epine à Antigny (en fonctionnement)

    NETTOYEUR COMBINE, LHUILLIER, Dijon, France

    vers 1930

    En place à la minoterie Simon à Châtain (86) : acheté d'occasion en 1955

    APPAREIL A CYLINDRES, LAFON, Tours, France

    vers 1950

    En place à la minoterie Simon à Châtain (86) : broyeurs et convertisseurs de 0,40 m de large

    PLANSICHTER, SOCAM, Paris, France

    vers 1950

    En place à la minoterie Simon à Châtain (86) (2 plansichters)

    APPAREIL A CYLINDRES, TEISSET, CHAPRON, BRAULT, Chartres, France

    1905

    En place à la minoterie Simon à Châtain (86) : machine à aplatir l'avoine achetée d'occasion en 1955.

    APPAREIL A CYLINDRES, PIAT, FOUGEROL, Auxerre (Yonne), France

    vers 1930 ?

    En place à la minoterie Minot à Saint-Pierre-d'Exideuil (86)

    PLANSICHTER, SOCIETE GENERALE MEULIERE, La Ferté-sous-Jouarre, France

    vers 1942 ?

    En place à la minoterie Minot à Saint-Pierre-d'Exideuil (86) : 2 plansichters de système SODER (fixés au sol)

    PLANSICHTER, TURNER F., Ipswich, Angleterre

    vers 1910 ?

    En place à la minoterie Minot à Saint-Pierre-d'Exideuil (86) : 1 plansichter fixé au plafond (vente par Sloan ei

    SASSEUR, TURNER F., Ipswich, Angleterre

    vers 1910 ?

    En place à la minoterie Minot à Saint-Pierre-d'Exideuil (86) (vente par Sloan et.Cie à paris)

    APPAREIL A CYLINDRES, LAFON, Tours, France

    vers 1942

    En place à la minoterie Minot à Saint-Pierre-d'Excideuil (86)

    MACHINES A CYLINDRES, LACROIX, Dôle, France

    1922, 1930, 1945

    En place à la minoterie de Chez Briez à Lathus : 3 machines

    MACHINE A CYLINDRES, LAFON, Tours, France

    1967

    En place à la minoterie de Chez Briez à Lathus

    PLANSICHTER, SCHNEIDER JACQUET ET CIE, France

    En place à la minoterie de Chez Briez à Lathus

    MACHINE A CYLINDRES, QUILLERY

    1914

    Mentionné à la minoterie de Guillerand à Saulgé

    MACHINE A CYLINDRES, LAFON, Tours, France

    1955

    Mentionné à la minoterie de Guillerand à Saulgé

    MOTEURS HYDRAULIQUES

    ROUE DE TYPE SAGEBIEN

    1887 ?

    En place au moulin d'Anguitard à Chasseneuil-du-Poitou : 4 m de large, 8 m de diamètre

    ROUE DE TYPE PONCELET

    1899

    En place au moulin de la Pierrière à Saint-Cyr : 2 m de large, 6 m de diamètre

    ROUE DE TYPE SAGEBIEN

    vers 1910

    En place au moulin de la Ronde à Bonnes (mauvais état)

    ROUE DE TYPE SAGEBIEN

    1903 ?

    En place à la minoterie de la Gassotte à Saint-Savin : roue de 5 m de diam. et 3 m de large (très endommagée)

    ROUE DE TYPE SAGEBIEN

    vers 1920

    En place à la minoterie de Saint-Pierre de Maillé : roue d'environ 4,50 m de diam. et 1,50 m de large

    ROUE DE TYPE PONCELET

    vers 1920

    En place à la minoterie de Saint-Pierre-de-Maillé (vestiges seulement)

    CHAUDIERES MENTIONNEES OU EN PLACE :

    CHAUDIERE, DE LA BROSSE, FOUCHE, Nantes, France

    1902

    Mentionnée à la papeterie Papault à Iteuil (86). Chaudière semi-tubulaire en acier, timbrée de 8 kgs, de 150 m2 de surface de chauffe, 50 tubesdémontables, 18 tubes fixes.

    CHAUDIERE, CHAPPARD, BROYET, Saint-Etienne, 68 rue de la Montât, France

    1911

    Mentionnée à l'usine Saint-Gobain à Saint-Benoît (86) : chaudière horizontale semi-tubulaire à 2 bouilleurs, en acier, 52 tubes.

    CHAUDIERE, RAUCH, Paris, 55 rue de la Roquette, France

    1851

    Mentionnée à la filature de Danlot à Vivonne (86) : chaudière à 2 bouilleurs (6x1,10), timbre 7,5 kg.

    CHAUDIERE, LEBLANC JULES, Paris.

    1872

    Mentionnée à la papeterie de papault à Iteuil (86) : chaudière à 2 bouilleurs cylindriques.

    CHAUDIERE, GIRARD, Paris.

    1898

    Mentionnée à la filature de Danlot à Vivonne (86) : chaudière field en fer (2,2 x 0,94), 45 tubes, timbre 7 kg.

    CHAUDIERE, CHAPPEE, Antoigné (Sarthe), France

    1946

    En place à la tannerie Carbonnier à Lavausseau

    CHAUDIERE, IMBERT FRERES, Saint-Julien-en-Jarz, France

    1899

    Mentionnée à l'imprimerie Biais et Roy, 7, rue Victor-Hugo à Poitiers

    CHAUDIERE, VELLIET, LESCURE, Amiens, France

    1942

    En place à la distillerie de Saint-Pierre-de-Maillé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1871 : commerce et industrie.

    Archives nationales, Paris : F 12 4546
  • 1918, septembre : enquête sur la reprise et le développement de la vie économique en Poitou (Vienne et Deux-Sèvres).

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 1 F 6
  • A. D. Vienne, 5 M 16. 1838-1840 : établissements insalubres.

  • A. D. Vienne, 5 M 457. 1918-1929 : dossiers d'établissements insalubres.

  • A. D. Vienne, 5 M 458. 1920-1938 : dossiers d'établissements insalubres.

  • 1924 : enquête.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 6 M 221-222
  • 1918 : règlement.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 6 M 320
  • A. D. Vienne, M 10 128. 1900-1940 : statistiques des sociétés coopératives.

  • A. D. Vienne, M 12 126. 1900-1920 : industrie et commerce.

  • 1873-1898 : patentes.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 P 71
  • A. D. Vienne, 4 P. Cadastre : 1830-1940 : matrices cadastrales.

  • A. D. Vienne, 7 S 8. Réglement d'eau.

  • A. D. Vienne, 7 S 26. 1820-1938 : réglements du Clain (1).

  • A. D. Vienne, 7 S 28. 1818-1939 : réglements du Clain (3).

  • 1901-1932. Moulin de Nalliers, police de l'écoulement des eaux.

    1901, 14 juillet : délibération du conseil municipal de Nalliers. Conflit entre M. Gigot, propriétaire du moulin, et la commune pour la clôture d'un terrain servant d'abreuvoir (voir détail en historique).

    1901, 31 juillet : plan des lieux (voir en illustrations).

    1901, 30 et 31 juillet, 3 août : rapport du conducteur subdivisionnaire et avis des ingénieurs.

    1931 : pétition et croquis non datés.

    1932, 30 juin : rapport de M. Gouyer, ingénieur subdivisionnaire à Châtellerault, sur la demande de M. Pineau d'utiliser l'eau de la Gartempe pour alimenter deux turbines à installer sur un terrain lui appartenant (voir détail en historique).

    1932, 7 juillet : arrêté d'enquête publique.

    1932, 10 octobre : rapport de l'ingénieur ordinaire sur la création d'une dérivation et la réparation du barrage.

    1932, 13 octobre : arrêté d'autorisation.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 7 S 46
  • A. D. Vienne, 7 S 70. L'Isle-Jourdain.

  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 7 S 100
  • A. D. Vienne, 8 S 11. 1849-1911 : industrie minérale : appareils à vapeur : extraits du registre des épreuves des appareils destinés à être utilisés dans le département.

  • 1840 : industrie : appareils à vapeur.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 S 12
  • A. D. Vienne, 8 S 15. 1877-1940 : mines et énergies : appareils à vapeur : déclaration et autorisation de mise en service, surveillance des appareils sur terre.

  • A. D. Vienne, 8 S 23. Société des Forces motrices de la Vienne.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 S 23
  • A. D. Vienne, 8 S 42. 1920-1931 : centrales hydroélectriques.

Bibliographie
  • Annuaire de Poitiers et du département de la Vienne : administratif - militaire - religieux - judiciaire - industriel - commercial. Poitiers : Marc Texier, 1938.

  • Barbier, Alfred. Statistique du département de la Vienne. Poitiers : imprimerie A. Dupré, 1863.

  • Comité d'animation culturelle de Chauvigny. Images du pays Chauvinois ; 1860-1940. Chauvigny, 1981.

  • Donzaud, Christiane. Les anciennes tuileries dans la région de Gençay. Terrain, 1984.

  • Durepaire, Catherine. La mémoire ouvrière des brasseurs de Montmorillon. Mémoire de maîtrise, Ethnologie, Paris VII, 1987.

  • Durepaire, Catherine ; Gesan, Monique ; Petit, L. La brasserie de Montmorillon. Montmorillon, Ed. Ecomusée du Montmorillonnais, 1988.

  • Chamand, Paul. Les forges de Verrières-Lhommaizé au XVIIIe siècle. Ecomusée du Montmorillonnais, 1989.

  • Fenart-Cuvelier, Madeleine. L'âge d'or des fours à chaux et cimenteries. Hennebont : Imp. Basse Bretagne, 1991.

  • Jean, Y. ; Touraine, G. Le pays Montmorillonnais : deux siècles d'histoire d'une société rurale. Poitiers : Brissaud, 1989.

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