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Patrimoine industriel de Poitou-Charentes : présentation de l'étude

Dossier IA16008876 réalisé en 1986

Lors de l’enquête sur le patrimoine industriel des départements de Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne, près de 1000 lieux de l’industrie ont été identifiés et étudiés. Les résultats contribuent à l'histoire industrielle, ils ne coïncident cependant que partiellement avec ce qui a existé : des zones, autrefois industrielles, réinvesties par l’industrie ou l’habitat, ont parfois perdu les traces des établissements industriels antérieurs.

Aires d'étudesRégion Poitou-Charentes

Le nombre de 988 usines étudiées n’est pas négligeable pour un territoire qui n’est généralement pas perçu comme industriel, mais plus réputé pour son tourisme, son histoire, son agriculture. C’est d’ailleurs cette vocation première qui transparaît dans la composition du corpus, dont plus de la moitié dépend de la filière agroalimentaire : les moulins et minoteries représentent à eux seuls le quart des usines étudiées ; les laiteries et les distilleries d’eau-de-vie de cognac sont en quantité à peu près équivalente, aux alentours de 120 ; les 65 autres usines de ce secteur sont des distilleries d’alcool de betterave, des biscuiteries, des chocolateries, des usines de pâte alimentaire, des conserveries, etc. La part de l’extraction et de la transformation des produits minéraux est relativement importante en raison de la grande variété de matières premières qu’offre le sous-sol de la région : calcaire, granite, schiste, argile rouge et argile blanche, marnes. Le secteur bois et papier est à peu près équivalent à celui de la peau et du textile ; ces deux secteurs se sont fondés sur des activités anciennes qui se sont industrialisées plus ou moins tôt selon les cas. La part de la fabrication et de la transformation du métal est numériquement faible, mais certains des établissements concernés sont parmi les plus importants de la région tels que l’usine de matériel ferroviaire Alstom à Aytré, l’usine de construction automobile Heuliez à Cerizay ou l’entreprise de matériel électrique Leroy-Somer à Angoulême. Le reste du corpus est composé d’usines chimiques, d’usines de verre, d’usines fournissant l’énergie, d’imprimeries.

Cette industrialisation n’est pas seulement singulière par la répartition des usines étudiées par branche, elle l’est aussi par les processus de développement des différents secteurs, dans l’ensemble plutôt tardifs, avec un essor marqué à la fin du 19e siècle, mais aussi durant le premier quart du 20e siècle.

La singularité de cette industrialisation réside aussi dans le fait que chaque département présente des spécificités : proportion des différents secteurs et existence d’activités particulières. La Charente possède ainsi de très nombreuses distilleries d’eau-de-vie de cognac, des usines à papier et quelques tonnelleries ; les usines de feutre, assez peu nombreuses, y sont liées à la fabrication du papier. La Charente-Maritime compte surtout des laiteries-fromageries, mais également des distilleries d’eau-de-vie de cognac en assez grand nombre ; ses usines de produits chimiques sont liées au trafic portuaire et celles de transformation d’argile blanche à l’existence de gisements d’argile propre au sud du département (également présents dans le sud de la Charente). Les Deux-Sèvres possèdent des proportions quasiment équivalentes de minoteries, de laiteries-fromageries et d’usines de chaux ; la présence de distilleries d’alcool de betterave, d’usines de construction automobile et de chamoiseries est spécifique à ce département. C’est dans la Vienne que les minoteries sont les plus nombreuses ; ce département, qui abrite en outre d’importantes centrales hydroélectriques et des coutelleries, est le seul où se pratiquait la tannerie de peaux d’oie pour la fabrication de houppes à poudre et de passementeries en duvet.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Moisdon Pascale