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Port de Mung, dit de l'Anglée ou de la Touche

Dossier IA17050989 réalisé en 2018

Fiche

AppellationsPort de l'Anglée, Port de la Touche
Parties constituantes non étudiéesquai, maison
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
AdresseCommune : Crazannes
Lieu-dit : Touche (la)
AdresseCommune : Le Mung
Lieu-dit : Touche (la)
Adresse :

Ce port, dit de l'Anglais au 18e siècle, est appelé du Mung ou de l'Anglée au début du 19e siècle et de la Touche plus tard. Il est situé sur la rive gauche de la Charente, au nord du village de la Touche. Sur le plan cadastral de 1831, il se trouve sur la section B5 du Mung qui est annexée, à la suite d'un décret du 18 novembre 1907, à la commune de Crazannes.

Claude Masse, sur sa "carte du 49e quaré de la généralle des costes du Bas Poitou, Païs d'Aunis et Saintonge", levée en 1718, mentionne : "le port de Crazane ou se charge quantité de piere que l'on transporte par mer en diverse provinces."

Ce port, comme de nombreux situés entre l'Hopiteau et Saintes, est constitué de terrains privés affermés au commerce. Une partie, qui appartenait au domaine de la cure du Mung, appelée port du Curé, est vendue comme bien national, en 1791, à trois propriétaires.

En 1821, le port sert à "l'exportation des denrées des communes du Mung, de Saint-Porchaire, de Plaçay, de Crazannes et particulièrement au dépôt et à l'embarquement des pierres d'appareil provenant des carrières de Crazannes et destinées pour la plus grande partie aux travaux du gouvernement". Il est formé d'un terrain vague séparé des propriétés voisines par des haies et des fossés. Deux chemins vicinaux y aboutissent pour le transport des marchandises. Un différent oppose alors des exploitants de carrières à Crazannes à quelques propriétaires qui se le sont appropriés en le divisant et empêchent le libre commerce des premiers. En 1830, les sieurs Chancelle et Vinet possèdent une grande partie du port.

En 1839, Gautier souligne que le petit port, où les habitants de Crazannes font rendre les pierres de taille extraites de leurs carrières, est continuellement fréquenté par les bâtiments qui viennent enlever ces pierres pour les transporter soit à Rochefort, soit à La Rochelle.

Le halage se fait sur la rive droite, et les blocs de pierre, amenés par charrettes tout au bord du fleuve, sont déposées sur l'emplacement du chemin de la rive gauche. Les pierres sont ensuite chargées dans des gabares ; les bateaux accostent le long de la prairies et de simples planches permettent les chargements et déchargements. Un entrepôt, construit à 10 mètres de la rive vers 1820, est agrandi et transformé plus tard en maison du port.

Par la suite, le port se décale en amont. Son développement bénéficie de la création de la dérivation de Saint-Savinien qui permet à des navires de fort tonnage d'y remonter. Ainsi, contrairement aux autres ports situés en amont, les chargements de pierres évitent un onéreux transbordement à Tonnay-Charente. Les pierres de Crazannes sont exportées un peu partout en France, mais aussi aux Etats-Unis, en Belgique et en Allemagne. Dans les années 1880, la construction d'un quai est envisagée mais elle n'est finalement pas réalisée.

Au 20e siècle, l'activité du port diminue parallèlement à celle des carrières dont l'exploitation cesse au début des années 1950.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, 19e siècle

Le port de la Touche se situe sur la rive gauche de la Charente, sur le bord externe d'une courbe du fleuve. Il s'étire sur environ 700 mètres et est longé par un chemin relié à ses extrémités et en son centre par des voies transversales au bourg de Crazannes, situé à 500 mètres au sud-ouest.

Seul un très petit quai en pierre est visible au bord du fleuve, et quelques pierres par endroits. La maison, orientée au sud-est et bâtie en moellon, est formée de deux corps de bâtiment à deux niveaux, la partie nord-est étant plus basse que l'autre. La façade du bâtiment le plus élevé compte deux travées de fenêtres dont les pleins et les encadrements sont en pierre de taille.

Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert

Annexes

  • Extrait du mémoire de la carte du 49e quarré de la générale des côtes du bas poitou par Claude Masse, 1718. Médiathèque de La Rochelle, 17359 B, p. 11.

    "Port de la Touche de Crasanne ou il se charge une très grande quantité de pierres de taille que l'on tire aux carrières de même nom qui sont au sud ouest de ce port : ce sont des pierres blanches légères et tendres très faciles a travailler et propre a employer dans l'intérieur des batiments étant d'elle-même fort unies et très propres pour l'architecture et sculpture, mais résistant peu à la gelée et autres injures du tems, mais l'air la mange quand elle est exposée a de certains vents qui souflent des vapeurs acres qui la reduisent en poussiere et il s'y engendre de petits vermisseaux. Cela n'empeche pas qu'il ne s'en charge pour La Rochelle et les îles adjacentes et provinces des côtes du bas Poitou et de Bretagne, on en mène même jusqu'à Bayonne : il y a de ces pierres très tendres que l'on a employé pour les ouvrages du Roy et autres qui etoient magnifiques en sortant de la main de l'ouvrier qui en peu de tems sont devenus très défectueux. C'est à quoy on fait fort peu d'attention, les ouvriers y trouvant leur compte par la facilité du travail, mais le Roy et les particuliers y sont souvent trompez et comme l'on ouvre ces carrières par le dessus et non par galeries comme celles de St Savinien, il se trouve quelque fois des trous qui sont creusés dans une grande plaine ou il y a des bancs moins venteux les uns que les autres et qui résistent mieux aux injures du tems pourvu que les ouvriers experimentez ayant soin de les poser sur leur lit de carrière et encore quelque fois n'y resistent elles pas."'

  • Extrait d'un rapport de l'ingénieur Mounier relatif à une réclamation de plusieurs particuliers, le 7 décembre 1821. AD Charente-Maritime, S 1403.

    "Le port du Mung situé sur la rive gauche de la Charente au-dessus du village de la Touche sert depuis un temps immémorial à l'exportation des denrées des communes du Mung, de Saint-Porchaire, de Plaçay, de Crazannes, et particulièrement au dépôt et embarquement des pierres d'appareil provenant des carrières de Crazannes et destinées pour la plus grande partie aux travaux du gouvernement. Le terrain vague qui forme ce port est séparé des propriétés particulières par des haies et des fossés et semble avoir été de tout temps un lieu de dépôt d'embarquement et de débarquement pour le commerce. Deux chemins vicinaux y aboutissent pour le transport des marchandises ; ces chemins ont été entretenus autrefois par les corvées, et depuis, m'a-t-on dit, par la prestation en nature. Tout semble donc présenter ce terrain comme une propriété communale et publique."

  • Extrait de "Observations pour les propriétaires des ports appelés l'Anglée, commune du Mung", vers 1821. AD Charente-Maritime, S 1403.

    "Que l'on ne pense pas que le port de l'Anglée soit le seul sur la Charente qui n'appartienne point au public. Il en est ainsi de presque tous ceux sur lesquels il se fait des dépôts de marchandises et notamment depuis l'Hopiteau jusqu'à Saintes. Au Port-d'Envaux par exemple où il se fait un commerce considérable de bois, de pierres et autres marchandises, il n'existe aucun port public, tous les emplacements joignant la rivière sont des propriétés particulières. Ceux qui n'en ont pas besoin ne demandent pas mieux que de les louer, et jamais le commerce n'a élevé de réclamations, il en est de même à l'Hôpiteau, à Taillebourg et à Saint-Vaize et port la Pierre."

  • Extrait d'un courrier du sous-préfet au préfet de la Charente-Inférieure au sujet d'une pétiiton du sieur Bertaud, vers 1823. AD Charente-Maritime, S 1403.

    "... pour le placement des matériaux sur les ports et pour leur embarquement, les propriétaires sont trop intéressés à la conservation de cette branche de commerce pour susciter des obstacles et l'entraver. Les carrières de Crazannes ont fourni d'immenses quantités de matériaux pour le pont de Bordeaux et tous les jours le commerce en fait partir pour des destinations très éloignées et fournit aussi aux villes de La Rochelle, Rochefort.

    Au demeurant, je n'avais aucune nécessité à rien changer à ce qui est, à ce qui a toujours été depuis un temps immémorial et à rendre les ports de l'Anglée ports publics. D'ailleurs ces ports ne sont pas les seuls où on embarque de la pierre. Il est des carrières qui, étant plus rapprochées du port d'Envaux (commune de St-Saturnin-du-Séchaud), les matériaux sont conduits et embarqués dans ce dernier port et les choses se passent là comme aux ports de l'Anglée.

    Le halage se fait sur la rive droite et non sur la rive gauche. Les matériaux sont déposés il est vrai jusqu'au bord de la rivière afin d'en rendre l'embarquement plus facile. Ce sont des blocs énormes qu'on ne remue qu'avec une peine extrême et si, d'abord au moyen des charrettes, on ne les rapprochait pas autant que possible du bord de la rivière, on éprouverait un bien grand embarras pour charger les bâtiments, mais puisque le halage n'a pas lieu sur cette rive, il n'y a aucun inconvénient que la largeur déterminée pour le chemin de halage soit encombrée, et si c'est un abus, il est de toute nécessité de le tolérer dans l'intérêt de tous."

    [le sieur Bertaud, propriétaire de carrières à Crazannes, est alors l'entrepreneur de la construction de la cathédrale de Bourbon-Vendée (La Roche-sur-Yon)]

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1826, 7 octobre : rapport de l'ingénieur ordinaire sur la pétition des sieurs Chancelle et Vinet.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1402
  • 1821, s. d. : observations pour les ports appelés l'Anglée, commune du Mung.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1403
  • 1821, 3 octobre : pétition d'exploitants de carrières relative au port du Mung.

  • 1821, 16 décembre : rapport sur le port du Mung par l'ingénieur en chef Labretonnière.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1403
  • 1822, 26 janvier : courrier du sous-préfet au préfet relativement au port de l'Anglée.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1403
Documents figurés
  • Plan général de la vallée de la Charente entre le Port du Lys et Rochefort indiquant les ouvrages en cours d'exécution et ceux projetés, par l'ingénieur ordinaire, le 5 février 1883 [plan levé en 1882].

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4846
Bibliographie
  • Bures, Maurice. Enquête sociale ; le type saintongeais. Paris : Bureaux de la science sociale, avril 1908.

    p. 52
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 103