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Presbytère puis demeure, actuellement mairie

Dossier IA00043525 réalisé en 2019

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, salle des fêtes
Dénominationspresbytère, mairie
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Saint-Jean-de-Liversay
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 16 rue
du Docteur Quoy
Cadastre : 1811 B 926 ; 2019 OB 10 et 11

Le presbytère avant la Révolution

Cette demeure est l'ancien presbytère de Saint-Jean-de-Liversay, occupé par ses curés jusqu'à la Révolution. Il était aussi sans doute le siège du prieuré de Saint-Jean-de-Liversay. Dépendance du chapitre cathédral de Luçon, celui-ci est mentionné notamment lorsque le 23 avril 1466, frère Nicolas Chauvet, prieur de ce prieuré, passe un acte de rente à cens au profit d'Antoine Pelletreau sur une maison, un appentis, un masurault et un verger tenant au cimetière dudit lieu, à la chapelle Saint-Etienne et au chemin de Luché à Thairé. En 1781 encore, il est question de l'affermage du revenu temporel du prieuré de Saint-Jean-de-Liversay à Jean Seguin et Simon Dufour, fermiers à Choupeau, soit la maison et jardin dudit prieuré, des terres, des prés et divers droits.

L'architecture du bâtiment est celle d'une construction de la première moitié du 18e siècle, que l'on doit peut-être au curé René Ayrault, bienfaiteur de la paroisse dans les années 1730. C'est en la "maison presbytérale" que, le 1er mai 1743, ses héritiers passent un accord avec Pierre Marteau, nouveau curé du lieu, pour mettre en oeuvre son testament, établi le 23 avril 1739. La propriété, qui apparaît sur le plan cadastral de 1811, comprend alors le logis, une aile (sans doute des communs) en retour d'équerre au sud, un autre corps de bâtiments au nord de la cour (actuelle salle des fêtes), le tout autour d'une cour, auquel s'ajoutent un jardin à l'arrière, vers l'ouest, et un vaste enclos au nord et au nord-ouest. A la Révolution, les biens du prieuré sont saisis comme biens nationaux et vendus aux enchères le 18 mars 1791. La vente ne concerne toutefois que des terres, complants de vignes et terrages, le tout estimé à 3800 livres et acquis pour 6200 livres par Louis Benjamin Jaunay, de Saint-Jean-de-Liversay.

L'ancien presbytère appartient au cadastre de 1811 à Pierre Raison, demeurant à Taugon (probablement Pierre Raison (1753-1831), cabanier et marchand boulanger à Taugon, époux de Marie Beneteau puis de Marie-Françoise Mangou). Il passe ensuite à François Bourolleau, boulanger, qui le revend en 1838 (selon le cadastre) à François Nalin (1788-1836), marchand drapier, et son épouse Marianne Fouquet (1790-1834). Ceux-ci transmettent la demeure à leurs enfants Alexandrine, épouse d'Arsène Sochard, Frédéric, boulanger à Saint-Jean-de-Liversay, François, dit frère Benjamin, religieux à Bellefontaine, près d'Angers, et Eugène, bourrelier à Marans. En 1840 et 1843, ces derniers cèdent la demeure à Honoré Appolin Depierris (1809-1885), notaire, demeurant à La Rochelle, et son épouse, Anne Bourget (1807-1881). A la fin des années 1850, une polémique (sur fond de querelles politico-religieuses) oppose Depierris (et la paroisse) à la municipalité, dirigée par le maire Louis Etien. Celle-ci souhaite en effet acquérir un nouveau presbytère et Depierris propose alors sa propriété qui n'était autre que le presbytère avant la Révolution. Or le maire et ses partisans préfèrent la maison Quoy (6 rue du Docteur Quoy) qui est finalement achetée en 1860 pour y établir le presbytère. L'enquête publique menée à l'occasion de ce différent, en 1859, atteste que la demeure Depierris était bien avant la Révolution le presbytère.

Après la mort de Depierris et de son épouse, en 1881 et 1885, leurs filles et héritières, Marie Mathilde Depierrs, épouse de Louis Arthur Romieux, avoué près le tribunal civil de première instance de La Rochelle, et Marie Honorine Depierris, épouse de Jules Gournet, professeur à Chalon-sur-Saône, vendent la propriété le 20 janvier 1887 (devant Martin, notaire à Courçon) à Louis Aimé de Fleuriau (1827-1891), conseiller général, chevalier de la légion d'Honneur, ancien secrétaire d'ambassade, en retraite à La Rochelle et dont la famille possède depuis le 18e siècle de nombreux marais desséchés dans la région. Mais il s'éteint dès 1891 et sa veuve, Marie Magnan revend la propriété le 9 juin 1894 (devant Bonniot, notaire à La Rochelle) à Eugène dit Arthur Maréchaud (1858-1902), employé des télégraphes à Saint-Jean-de-Liversay, et son épouse, Rosalie Genauzeau. Arthur Maréchaud finit sa vie en cette demeure en 1902 ; un inventaire après décès de ses biens est établi le 24 mars (devant Martineau, notaire à Saint-Sauveur-d'Aunis). Le 27 décembre 1903 (même notaire), sa veuve vend la demeure à Amédée Ballanger (1856-1909), cultivateur, et son épouse, Ezilda Rougier (1856-1913).

Une demeure rachetée pour établir la mairie

Après la mort de cette dernière en 1913, et pendant la guerre qui éclate en 1914, la demeure est inoccupée. Dans le même temps, la municipalité, qui manque de place pour sa mairie, logée avec l'école de garçons dans le bâtiment sur le côté nord de la place de l'église, envisage de la transférer dans un lieu plus approprié. Le 18 août 1918, le conseil municipal entérine l'achat de la demeure Maréchaud. Il faut toutefois attendre le 19 mai 1921 pour que l'acte d'acquisition soit signé (devant Dubois, notaire à Saint-Jean-de-Liversay) entre la municipalité et les héritiers Ballanger, pour 20 000 francs. Cet acte décrit une maison "édifiée entre cour plantée [d'arbres] et jardin", avec au rez-de-chaussée un corridor d'entrée dans lequel se trouve un escalier en pierre conduisant à l'étage, un office, des cuisines, une "chambre noire", deux salons, un cabinet de travail, un caveau, une chambre servant d'atelier ; à l'étage, quatre chambres à coucher "dont trois ont des cabinets de toilette". On relève aussi, dans l'aile sud-est, une buanderie avec ponne, fourneau et four, et au nord une écurie, une remise, une grange, un grenier à foin, un magasin à bois, des toits et un poulailler. La cour est fermée côté place par un mur avec portail et porte piétonne. Derrière la maison, vers le nord-ouest, s'étendent un jardin et un verger.

Quelques travaux d'appropriation sont menés en 1922 et début 1923. Ils concernent l'ancienne habitation elle-même mais aussi ses communs, au nord de la cour, transformés en salle des fêtes. Le marché de cette transformation est passé le 23 mars 1923 avec Emile Durand, entrepreneur à Choupeau, et Maurice Dumas, maçon au bourg. La première pierre est scellée par Gabriel Gaucher, six mois et demi, petit-fils d'un des adjoints au maire, Moïse Gaucher. La mairie investit finalement ses nouveaux locaux le 22 juillet 1923, lors d'une cérémonie présidée par le préfet. La nouvelle salle des fêtes est inaugurée en même temps. A partir de 1935, le pré de la mairie, au nord-ouest, est loué à l'association l'Union sportive ; il deviendra plus tard le stade. Quant à la salle des fêtes, elle sera agrandie en 1954 puis réaménagée dans les années 2000.

Période(s)Principale : 1ère moitié 18e siècle

La mairie est établie dans une ancienne demeure située dans la partie ouest du bourg, sur le côté ouest de la place de l'église. Jusqu'à la fin du 20e siècle, la cour qui le précède était fermée par une muret avec grille et portail à piliers maçonnés. L'ancien logis, en fond de cour, est un long corps de bâtiment de plan rectangulaire, sous un toit à croupes, orné d'épis de faîtage. La façade, à l'est, présente cinq travées d'ouvertures. La deuxième travée à droite comporte la porte qui possède un encadrement saillant avec sommiers également saillant et corniche à denticules, reposant sur des pilastres aux piédroits. Au-dessus encore prend place un fronton en arc en plein cintre dont la moulure et les denticules sont identiques à celles de la corniche de la porte. La porte possède une imposte en ferronnerie, ornée de rinceaux. Certaines baies de l'étage possèdent un appui saillant et mouluré. Celui de la baie au-dessus de la porte présente des denticules répondant à celles de la porte, ainsi que trois fleurettes. Quant à la façade postérieure, à l'ouest, elle présente elle-aussi cinq travées d'ouvertures, la deuxième à gauche étant constituée d'ouvertures plus basses que les autres. Les pleins de travées sont appareillés et les appuis des baies sont saillants et moulurés.

A l'intérieur, on pénètre d'abord dans un vestibule qui renferme une cage d'escalier, soutenue par des arcs surbaissés retombant sur des sommiers saillants et moulurés. Cet escalier, en pierre, est tournant à retour avec jour, et il possède des balustres moulurées. La pierre de retour, sur le pallier, est ornée d'une moulure et d'une rose. Le rez-de-chaussée a conservé la répartition d'origine des pièces, à savoir un couloir le long de la façade, desservant les différentes pièces. Dans une de ces pièces au sud (actuel bureau du maire), se trouve une cheminée de la première moitié du 18e siècle dont le linteau est en arc en anse de panier, inscrit dans un cadre mouluré, sous une corniche à denticules. Au-dessus, le trumeau, à quatre ressauts, est orné d'un médaillon ovale entouré de fleurs et encadré par deux pilastres à chapiteaux ioniques. Une corniche couronne le tout, avec ses modillons à feuilles d'acanthe intercalés entre des fleurettes.

A l'étage se trouvent deux autres cheminées de la première moitié du 18e siècle. Celle de la salle des mariages, au nord de la cage d'escalier, est ornée d'un cadre polygonal sur le trumeau, d'une table et de fleur sur le linteau, une corniche entre deux. Dans l'âtre, une plaque de cheminée en fonte est ornée en son centre d'un homme, pensif, assis sur un rocher. Dans la salle du conseil municipal, au sud de la cage d'escalier, une troisième cheminée présente un décor à la fois proche de la précédente et de la première : trumeau à voussures, cadre polygonal sur le trumeau, entouré de fleurs, sous une corniche à denticules, linteau droit mouluré, sous une corniche. La plaque de cheminée, en fonte, représente cette fois le Jugement dernier, au-dessus d'une inscription écrite en allemand.

Au nord de la cour, un autre long corps de bâtiment abrite la salle des fêtes. Sa façade, au sud, est percée de cinq grandes baies avec linteau en arc segmentaire.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour
TypologiesMaison indépendante, Maison de maître, 5
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1743, 1er mai : accord entre Antoine Penigot de Grandchamps, conseiller du roi, magistrat au siège présidial de Poitiers, et Marie Ayrault son épouse, d'une part, et Pierre Marteau, curé de Saint-Jean-de-Liversay, pour clore le procès entre eux au sujet du testament de René Ayrault, ancien curé de Saint-Jean-de-Liversay (avec copie dudit testament).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 4 J 246
  • 1806-1931 : gestion du personnel communal, travaux, aménagements, transfert de la mairie et des écoles de garçons et de filles de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1946
  • 1811-1928 : construction ou aménagement de bâtiments publics à Saint-Jean-de-Liversay, bascule publique, halles et marché couvert, station de monte, salle des fêtes, monument aux morts, prison, corps de garde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1949
  • 1809-1909 : entretien et restauration de l'église de Saint-Jean-de-Liversay, acquisition et travaux au presbytère.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1950
  • 1813, 1824-1954 : état de section, matrices et registres des augmentations et diminutions cadastrales de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 3584, 3585 à 3593
  • 1791, 18 mars : vente comme biens nationaux des terres, complants et terrages dépendant du prieuré de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q 111
  • 1466-1781 : titres du chapitre de Luçon relatifs au prieuré de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Vendée, La Roche-sur-Yon : 2 G 87
  • Registres des délibérations du conseil municipal de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives municipales, Saint-Jean-de-Liversay
  • Dossier de notes et documentation de Robert Nalin, historien.

    Archives municipales, Saint-Jean-de-Liversay
Documents figurés
  • 1811 : plan cadastral de Saint-Jean-de-Liversay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5079
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Centre vendéen de recherches historiques (c) Centre vendéen de recherches historiques - Suire Yannis
Yannis Suire

Chercheur au Service de l'Inventaire du patrimoine de Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2005 à 2017, directeur du Centre vendéen de recherches historiques depuis 2017.


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