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Puyrolland : présentation de la commune

Dossier IA17035044 réalisé en 2000

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Puyrolland

Une occupation ancienne

Des traces d’occupations sur le territoire de Puyrolland sont attestées depuis des temps très reculés. En effet, la carte archéologique de la commune révèle pas moins de 26 sites où des traces d’habitats ont été identifiés et concernent plusieurs époques : le Néolithique, l’Age du bronze, le Gallo-romain et le Moyen Age. Si la plupart de ces sites n’ont pas été fouillés, celui de Machecou a fait l’objet d’une prospection archéologique pendant l’automne 2001.

Cette évaluation archéologique a été menée dans le cadre du projet de construction d’un barrage dans la vallée de la Trézence, affluent de la Boutonne (projet non réalisé). Ce site a révèle la présence d’une motte avec sa basse-cour, établies depuis le 13e siècle sur une zone occupée depuis le haut Moyen Age. Lors du sondage du fossé d’enceinte il a été mis au jour des branchages tressées et un tronc d’arbre long de 2,75 m, pouvant provenir d’une palissade édifiée au sommet du talus.

D’autres évaluations archéologiques ont été réalisées durant les années 2001 et 2002. Elles ont mis en évidence, dans la vallée, plusieurs habitats médiévaux où l’habitat était dense dès le haut Moyen Age.

Le Moyen Age est aussi la période à laquelle apparaît le nom de la paroisse de Puyrolland. Puy serait l’héritière du latin « podium », désignant une butte ou une hauteur. La légende dit que Rolland, futur héros mort à Roncevaux en 778, avait un différent avec un seigneur saintongeais. Souhaitant régler le problème, le preux chevalier eut avec ce dernier une entrevue sur une colline, près de Tonnay Boutonne.

Du Moyen Age à la période moderne

Très peu de traces visibles subsistent du Moyen Age, si ce n’est quelques éléments de l’église dédiée à saint Pierre. La légende, qui attribue à Rolland la paternité de ce lieu, veut que cette colline aurait accueilli une maison-Dieu (un monastère-hôpital destiné à accueillir les pèlerins et les pauvres), occupée par les religieux de Saint-Romuald, et où une église romane a été édifiée. Bien qu’en partie reconstruite au 15e siècle, de l’édifice du 12e siècle, il subsiste la partie inférieure du portail ouest et une baie étroite sur la façade nord.

La seigneurie de Machecou, vassale de celle de Tonnay Boutonne, est mentionnée au début du 13e siècle. Elle était la possession d’un chevalier, Guillaume de la Roche, fils de Raoul 1er de Machecou. La terre de Machecou est encore mentionnée dans un dénombrement de 1680, elle s’étendait sur une partie de la paroisse de Puyrolland et suivait les limites des marais du Grand Vivroux.

Une autre seigneurie était établie sur le territoire de Puyrolland, il s’agit de Romefort. Les premières traces du château-fort de Romefort remonterait au Moyen Age, lorsqu’il était la propriété de la famille Héraud. Au 15e siècle, avant 1454, il passa aux mains de Jeanne Héraud, épouse de Jean de Beaumont, seigneur de Rioux.

D’après un inventaire réalisé au début des années 1980, il restait encore à cette époque de nombreux vestiges du château primitif du 15e siècle, en grande partie reconstruit au 17e siècle. De forme hexagonale, il était entouré de douves dont on voit encore les traces, notamment sur des vues aériennes. D’ailleurs, celles-ci sont encore présentent au début du 19e siècle puisqu’elles apparaissent nettement sur le plan cadastral napoléonien de 1829. Un escalier en pierre en colimaçon se situait à côté de la porte d’entrée. Une grande cheminée du 15e siècle, dont le manteau à moulures était soutenu par des culots, se situait dans une cuisine. À l’étage on pouvait voir une deuxième cheminée de la même époque avec une hotte en torchis soutenue par des chevrons reposant sur des corbeaux. A gauche de la porte d’entrée se situait une vaste salle avec de grandes fenêtres. Dans un des angles on pouvait y voir une porte dont les montants étaient ornés de sculptures sur bois présentant des singes accroupis. Dans un autre angle une autre porte avec un curieux verrou du 15e siècle.

Comme pour le Moyen Age, la période moderne a laissé peu de traces sur l’ensemble du territoire communal. Quelques ensembles ont toutefois été rencontrés, comme par exemple une grande bâtisse établie au Treuil Mureau. Sa façade sobre et sans fioriture, l’agencement de ses ouvertures et sa porte d’entrée permettent d’avancer une période de construction au 18e siècle. Un autre ensemble situé au hameau la Belle Étoile pose question. Vu l’organisation primitive des bâtiments sur le plan cadastral napoléonien et l’aspect extérieur du grand bâtiment en fond de cour, on peut peut supposer qu’il s’agit là d’un ancien logis du 18e siècle. Le 17e siècle est présent, quant à lui, à hauteur d’éléments isolés çà et là. Il s’agit le plus souvent d’ouvertures encore présentes sur des bâtis.

Puyrolland aux 19e et 20e siècles

On sait qu’au début du 19e siècle, l’activité économique était essentiellement agricole. La commune comptait deux moulins à vent : le moulin des Mouclats (au sud-est de Varsay) et le moulin de Bay (au nord-ouest de Bay). Un autre moulin, dit le moulin de Charreau, a fait son apparition au lieu dit pièce du Pré du Chêne (au sud-est de l’église) dans le courant du 19e siècle, après 1829. Aujourd’hui il ne reste plus que l’ossature du moulin à vent de Charreau.

Des moulins à eau étaient également présent sur le territoire communal. Pour la plupart régis par le cours d’eau la Trézence, ils étaient situés à Bay, au Piroly, à Tournay (deux moulins) et à Charreau.

Le 19e siècle est, comme partout en Vals de Saintonge, une période de développement pour la commune, qui compte vers 1806 près de 500 habitants. A la fin du 19e siècle, la population atteint son pic, environ 600 habitants, et c’est à cette période, en 1867 que la municipalité décide de faire construire une école et une mairie au hameau le Treuil Mureau. Le deuxième chantier important pour cette petite commune est la création de la ligne de fer de chemin de fer de Saint-Jean d’Angély à Surgères, avec l’implantation, en 1896, d’une gare à Tournay.

Au début du 20e siècle, Puyrolland continu son programme d’amélioration du cadre de vie, avec l’installation, à Tournay, d’une poste et d’une nouvelle mairie, situées sur un axe de communication plus important. Les moulins à blé de Bay et de Tournay ont été transformés en minoteries au début du 20e siècle, vers 1914. Pour la minoterie de Tournay, on sait qu’elle appartenait à la famille Dumontet dès les années 1930, jusqu’à sa fermeture en 1972.

Au début du 20e siècle, l’activité économique était aussi tournée, en plus de l’agriculture, vers l’exploitation du bois. Implantée à la fin du 19e siècle à Tournay, la scierie Gorinas, a pris une ampleur considérable à partir du 20e siècle. Au départ et pendant 10 à 20 ans, son activité fût essentiellement tournée vers des chantiers autour de Puyrolland, mais par la suite elle étoffa ses activités en investissant progressivement dans des équipements plus industriels, lui procurant un rayonnement dans toute la France. Lorsque les descendants du fondateur de la scierie prirent leur retraite en 1973, cette dernière ferma définitivement ses portes.

La 2e moitié du 20e siècle est surtout marqué par un certain repli de la commune à cause d'un important exode rural : en 1954, Puyrolland ne compte déjà plus que 340 habitants, environ 240 en 1968 et enfin 210 en 1999. La construction de maisons sur cette période est nettement moins importante qu'au siècle précédent.

Malgré cette désertification, le principal chantier de ce siècle a été, pour la commune, la construction d’un Foyer Rural au hameau le Treuil Mureau. Il a été aménagé dans un bâtiments de servitudes qui servait, à l’origine, de grange et d’étable. C’est en 1947 que la commune décide de l’acheter afin d’y aménagé le Foyer Rural. La réalisation de ce projet a été confiée, en 1947, à monsieur Guillon André, architecte à Saint-Jean d’Angély, avec l’agrément du Génie Rural, chargé de patronner le projet. Les travaux ont été confiées, en 1848, à un certain monsieur Villechaise, entrepreneur, ainsi qu’à des artisans de la localité et des environs. L’inauguration a eu lieu le 10 juillet 1949, mais le procès-verbal de réception définitives des travaux n’a été signé que le 10 décembre de la même année.

Aujourd’hui, la commune compte environ 200 habitants et sa principale ressource est la culture céréalière. Si l’école et les commerces ont fermé leurs portes, Puyrolland bénéficie de la proximité de Saint-Jean d’Angély et de Tonnay Boutonne où sont réunis services et magasins, ainsi que d’un cadre de vie agréable dans la vallée de la Trézence.

La commune de Puyrolland appartient à l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély, en Charente-Maritime, et à la région Nouvelle Aquitaine. Implantée sur le territoire des Vals de Saintonge, elle se situe à 14 kilomètres de Saint-Jean d’Angély. Sa situation géographique assez favorable de par sa proximité avec ce chef-lieu d'arrondissement, desservi par l'autoroute A10, la place à environ 1 heure 30 des agglomérations de Poitiers et Bordeaux.

La commune s’étend sur 1 300 hectares sur lesquels se répartissent 15 hameaux : Les Arnauds ; Le Piroly, Bay, Pont Robert, Les Cantinauds, Le Moulin de Charreau, Le Grand Charreau, Treuil-Mureau, Courdeau, Les Minets, La Belle Etoile, Varzay, La Métairie à Panier, Tournay et Les Videaux. Elle ne possède pas de bourg proprement dit, la mairie se situe à Tournay, l’église est établie sur une butte isolée, l’ancienne école, le monument aux morts et le foyer rural sont, quant à eux, implantés au hameau le Treuil Mureau.

Les communes limitrophes de Puyrolland sont Bernay Saint-Martin, au nord, Nachamps, à l’est, Saint-Loup de Saintonge, au sud, et enfin Chervettes et Saint-Laurent la Barrière à l’ouest. Ces deux dernières communes font aujourd’hui partie de l’arrondissement de Rochefort.

La particularité propre à Puyrolland est qu’elle possède de nombreux espaces boisés (au sud notamment), de vastes prairies (33% du territoire), ainsi qu'un linéaire de haies fortement développé, notamment aux abords du réseau hydrographique. elle est traversée par 14 kilomètres de cours d'eau avec comme rivière principale La Trézence sur une longueur de 6 kilomètres.

On ne recense pas de zones Natura 2000 sur Puyrolland, ni sur les communes voisines. En revanche, son territoire possède une ZNIEFF de type 1 : Le Terrier de Puyrolland. La zone présente un intérêt paysager, historique, écologique, faunistique et floristique (espèces sub-méditerranéennes).

Selon l’Atlas Régional des Paysages du Conservatoire des Paysages de Poitou-Charentes, le territoire de Puyrolland appartient à l'entité paysagère nommée « La plaine du Nord de la Saintonge ». Cette plaine offre des paysages presque sans obstacle. Les vastes étendues sont entrecoupées par un dense chevelu de vallées, occupées par des systèmes complexes de ruisseaux, de bras et de canaux. Presque toujours cachée, l'eau est révélée par le volume de la végétation qui l'accompagne : peupliers, ripisylves, aulnes et saules.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. 17. 2 O 1441. Archives des édifices publics de Puyrolland.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1441.
  • 1947-1951 : dossier sur l’aménagement du Foyer Rural à Puyrolland.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 77 J 174
Documents figurés
  • A.D. 17. 3 P 5168. Plan cadastral napoléonien de la commune de Puyrolland, 1829.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5168/01 à 14
Bibliographie
  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin Stéphane. Origine des noms de villes et villages de Charente-Maritime. Editions Bordessoules, Saint-Jean d'Angély, 1998. p. 159, 160.

  • Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Paris : Ed. Flohic, 2002, p. 1105, 1106.

  • Extrait de l’ouvrage « Résidence aristocratiques, résidence du pouvoir entre Loire et Pyrénées Xe – XVe siècles. Actes du colloque de Pau, 3 et 5 octobre 2002 ». Annie Bolle. Archéologie médiévale entre Atlantique et Massif Central, Poitiers. La motte de Machecou à Puyrolland, Charente-Maritime, p. 455 à 459.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Canton de Tonnay Boutonne. Saint-Jean d'Angély, 1970. p. 10, 11.