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Râperie de la Sté sucrière des Deux-Sèvres, puis distillerie de betteraves des Distilleries des Deux-Sèvres

Dossier IA79001037 inclus dans Ensemble d'industrie agroalimentaire de la Sté sucrière des Deux-Sèvres réalisé en 2001

Fiche

Précision dénominationdistillerie de betteraves
AppellationsSociété sucrière des Deux-Sèvres, puis Distilleries des Deux-Sèvres
Parties constituantes non étudiéeslogement patronal, hangar industriel, château d'eau, silo, écurie
Dénominationsrâperie, distillerie
Aire d'étude et cantonDeux-Sèvres - Celles-sur-Belle
AdresseCommune : Celles-sur-Belle
Adresse : 3 route de
Chizé
Cadastre : 1990 AE 88, 91, 92, 128

Dans cette râperie, les betteraves, une fois pesées et lavées, étaient râpées dans des broyeurs ; réduites en cossettes, on en extrayait le jus, qui était envoyé à la sucrerie de Saint-Léger-de-la-Martinière (79), dite usine de Melle, par une canalisation en fonte de 9 km de long. Ce jus y était ensuite transformé en sucre. La Belle approvisionnait l'usine en eau grâce à une pompe. Après la faillite de la société en 1885 et le rachat par les Distilleries des Deux-Sèvres, l'usine, partiellement reconstruite, se spécialise dans la distillation d'alcool non consommable et transformée en flegmerie. Une écurie est bâtie en 1894, ainsi qu'une maison en 1898 (sans doute le logement du directeur), et la distillerie est agrandie en 1908 et en 1909. Alors que l'usine de Melle diversifie ses matières premières, celle de Celles-sur-belle poursuit la transformation de la betterave récoltée dans la plaine de Niort et transportée par le train jusqu'à la gare, puis par charrette jusqu'à l'usine. L'alcool fabriqué à Celles est dirigé sur le site de Melle pour y être rectifié et transformé en alcool pur de 90 à 100°. La pulpe de betterave est restituée aux cultivateurs pour l'alimentation du bétail. A la flegmerie est associée une ferme, dont les bâtiments semblent dater des années 1930. Un château d'eau est bâti vers 1935, en même temps que les silos où sont déversées les betteraves et qui sont encore visibles. La fabrication a lieu de la fin septembre au début janvier. Suite au décret de 1954 qui institue la fin de la distillation des betteraves au profit de l'alcool de synthèse et la pétrochimie, l'usine de Celles est démontée en 1956. Son personnel est alors intégré à l'usine de Melle. La propriété est ensuite vendue à un particulier et récemment partagée avec la commune.

60 personnes y travaillent dans les années 1900. Dans les années 1940, le personnel permanent comprend mécanicien, chaudronnier, forgeron, maçon, menuisier et contremaître. Les autres employés ne le sont qu'à titre saisonnier pour la culture de la betterave et le fonctionnement de l'usine ; nombre d'entre eux sont étrangers ( marocains, tchèques, polonais...).

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1894, daté par source, daté par travaux historiques
1898, daté par source
1908, daté par source
1909, daté par source

Il ne subsiste de l'usine que quelques bâtiments, dont une écurie. Cette dernière est dotée au rez-de-chaussée de colonnes en fonte provenant de la fonderie Lemaire de Niort, en fonction de 1884 à 1915, qui supportent le plancher du comble à surcroît ; son toit est en ciment amiante. Le logement patronal, en moellon enduit, possède un étage carré et un toit en ardoise. Le bâtiment de ferme est en pan de métal et brique creuse avec toit en tuile mécanique ; il est prolongé par un hangar métallique couvert en tôle et dont l'une des parois est constituée de plaques en fer provenant d'anciennes machines. Le château d'eau et les silos sont en béton armé.

Murscalcaire moellon enduit
métal pan de métal
brique
béton béton armé
Toitardoise, tuile mécanique, ciment amiante en couverture, tôle ondulée
Étagesen rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Énergiesénergie thermique produite sur place
États conservationsétablissement industriel désaffecté, vestiges
Statut de la propriétépropriété privée
propriété de la commune
Protectionsédifice non protégé MH

Annexes

  • Historique :

    En 1873, la Société sucrière des Deux-Sèvres, créée en 1872 par Alfred Cail, fils du constructeur Jean-François cail, dépose une demande auprès des services préfectoraux du département pour l'installation d'une sucrerie à Saint-Léger-lès-Melle, une râperie de betteraves à Celles-sur-Belle, et celle d'un four à chaux et à gaz .

    A Celles, la râperie est construite au lieu-dit la Boissière (section G, n° 590) . On y déclare 18 ouvertures en 1882 et une maison de 10 ouvertures .

    Une autre râperie était prévue à Tillou, mais il semble que seul un logement ait été finalement réalisé. La Société avait prévu faire poser des tuyaux en fonte sous le sol du chemin ordinaire n° 4-5, sur les communes de Sompt et Tillou pour la conduite des jus de betteraves de la râperie de Tillou à l'usine centrale de Melle où ils devaient être ensuite transformés en sucre . Ces tuyaux devaient mesurer 10 cm de diamètre et être enterrés à une profondeur de 80 cm au-dessous du sol. De tels tuyaux disposés sur 9 km permettaient à la râperie de Celles d'alimenter la sucrerie de Melle en jus de betteraves.

    Lors de la faillite de la Société en 1885, les bâtiments de la râperie de Celles consistent en un grand bâtiment composé, au rez-de-chaussée, d'une salle appelée la salle des machines, d'un magasin à betteraves, d'un magasin à pulpe et d'un atelier de réparation, au premier étage, de la salle des presses et d'un atelier de tissage de toiles. Le matériel se compose d'une machine à vapeur, une râpe, un laveur à betteraves avec épierreur, deux pompes à pulpe, une pompe foulante, cinq presses Paizot (?), deux cylindres de rechange pour presse Paizot (?), un tambour de râpe de rechange, treize bacs à jus, huit bacs divers, un gazomètre système Schreiber, une cloche à gaz, un épurateur, un pont à bascule, deux malaxeurs de chaux .

    Suite à la faillite, les immeubles de la Société, mis aux enchères le 31 janvier 1886, sont achetés par la Société de distillerie des Deux-Sèvres, qui comporte comme administrateurs Firmin Charbonneau et Frédéric Lelarge, tous deux industriels à Reims. Une demande de conversion de la râperie en flegmerie est déposée le 21 mars 1887 par le directeur de la sucrerie, Antonin Gardrat, auprès du préfet du département . Les bâtiments de l'usine sont partiellement démolis en 1886, transformés en distillerie l'année suivante et agrandis en 1891 (39 ouvertures sont alors déclarés). Une écurie est déclarée en 1897 (4 ouvertures sur la parcelle 576), une maison de 22 ouvertures l'est en 1901 sur la parcelle 590 (sans doute le logement du directeur), et la distillerie est agrandie en 1908 et en 1909 .

    En 1908, on supprime la fabrication d'alcool de betteraves à Melle, qui est reportée sur l'usine de Celles.

    Description :

    Les terrains de l'ancienne usine ont été partagés en plusieurs propriétés : l'une correspondant à la parcelle 128 de la section AE, une autre à la parcelle 88, ancien logement du directeur, et une dernière, appartenant désormais à la commune de Celles-sur-Belle, sous les numéros 91 et 92. Sur cette dernière propriété a été bâti un château d'eau dans les années 1960, non loin des fosses à betteraves maçonnées.

  • Témoignage oral de M. Martin, ouvrier entre 1936 et 1957 à l'usine de Celles.

    A leur réception, les betteraves transportées dans des wagonnets étaient pesées à la bascule, puis déversées dans la cour où de l'eau sous pression les entraînait dans le lavoir pour être lavées. Elles étaient ensuite prises par un élévateur et asséchées, avant de passer dans une bascule automatique. Elles passaient alors à la râpe pour l'obtention de cossettes, qui étaient traitées dans des presses pour en extraire le jus. Ce dernier était mis en cuve d'attente afin que le sucre se transforme en alcool. La fermentation terminée, les jus passaient dans la colonne à distiller où l'on obtenait un alcool imparfait (de 80 à 85°).. Stocké dans des bacs, ce dernier était dirigé vers Melle pour être transformé en alcool pur de 90 à 100°. A partir des années 1940, un camion-citerne faisait le trajet de Celles à Melle.

    Après la râpe et les presses, la pulpe de betterave asséchée était stockée dans des hangars avant d'être remises aux agriculteurs pour nourrir le bétail.

    La fabrication avait lieu de fin septembre à début janvier. On employait alors des personnels saisonniers des alentours (cultivateurs, maçons, ..). Il y avait des ateliers d'entretien employant du personnel permanent : mécanicien, chaudronnier, forgeron, maçon, menuisier, contremaître.

    L'usine a toujours employé du personnel étranger saisonnier (tchèques, polonais, marocains) pour la culture de la betterave dans la ferme attenante et pour la fabrication proprement dite.

    Le personnel comprenait : 8 personnes aux wagonnets, 1 personne au lavoir, 1 personne à la râpe, 2 personnes aux presses, 2 personnes aux cuveries, 1 personne à la distillation, 1 contremaître, le chimiste de Melle, 1 personne de la Régie (contrôle fiscal de l'alcool)

    A la fermeture de l'usine en 1956, le personnel est parti travailler à Melle.

    La ferme attenante était destinée à la culture de céréales et de betterave, et à l'élevage des boeufs qui assuraient le transport par charrettes des betterave et du charbon depuis la gare. Environ douze bouviers travaillaient pour l'usine. Avec la modernisation des moyens de locomotion, la ferme dut se tourner vers l'élevage de vaches laitières ; elle fournissait du lait à la laiterie et aux particuliers. Les bâtiments de la ferme ont été agrandis et modernisés mais ils existaient déjà en 1936.

    L'usine était approvisionnée en eau par la Belle grâce à un pompage sous l'usine. Avant la construction du château d'eau (avant-guerre), l'eau était stockée dans un réservoir sur les toits de l'usine, pour être déversée dans la cour (plus tard dans les silos) où étaient vidées les betteraves. Une seule personne suffisait pour envoyer l'eau sous pression qui entraînait les betteraves dans le lavoir. Les eaux boueuses repartaient vers Papon dans de grandes fosses ménagées près de la Belle.

    La cantine bâtie avant 1936 près de l'entrée de l'usine a été transformée en maison. Actuellement, sur le site, sont visibles les silos à betteraves bâtis dans les années 1940. Le bâtiment possédant des colonnes en fonte de chez Lemaire à Niort était un atelier de fabrication.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Deux-Sèvres, 3 E 13181 ; minutes Eprinchard du 25 février 1886.

  • AD Deux-Sèvres, 1 F 6, enquête sur la reprise et le développement de la vie économique en Poitou, Tours, 1918, T. III.

    p. 490, 491.
  • AD Deux-Sèvres, 6 M 23 / 14, 1887.

  • AD Deux-Sèvres, 6 M 23 / 32.

  • AD Deux-Sèvres, 3 P 30 ; matrices cadastrales de Celles-sur-Belle, 1882-1914.

  • Archives privées Rhône-Poulenc ; exposé de Paul Savarit, le 9 juin 1966.

Documents figurés
  • Plan des environs de la râperie transformée en flegmerie, 1887. AD Deux-Sèvres, 6 M 23 / 14 (doc. 1).

  • Réception des betteraves, carte postale début 20e siècle. AD, Deux-Sèvres, 2 Fi (doc. 2).

  • Les ouvriers de la distillerie et la cantinière, Photographies tirées de : BILLARD, Pierre. Un siècle de vie à Celles, 1900-2000. Niort, 2001.

    p. 176
  • Une file de tombreaux chargés de betteraves. Photographie, début XXe siècle, tirée de : BILLARD, Pierre. Un siècle de vie à Celles, 1900-2000. Niort, 2001.

    p. 176
  • Vue générale prise vers le nord-est. Carte postale, début XXe siècle. AD Deux-Sèvres, 40 Fi 2795.

  • Vue aérienne, vers 1938 (?) [doc. 5].

Bibliographie
  • BILLARD, Pierre. Un siècle de vie à Celles, 1900-2000. Niort, 2001, p. 176-181.

    p. 176-181
  • LOEZ, Alexandre. Les Deux-Sèvres : Monographie économique : agriculture - commerce industrie. - Niort : Imprimerie Saint-Denis, 1926.

    p. 32
  • L'Orientation économique et financière, n° spécial : Le département des Deux-Sèvres, 1930.

  • Pinard, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Étude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S. F. I. L., 1972.

    p. 119, 312
  • PINEAU, Stéphane. Les usines de Melle ; un siècle de chimie des pionniers à la multinationale. Geste Editions, 1994.

    p. 19-29
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Moisdon-Pouvreau Pascale
Pascale Moisdon-Pouvreau

Chercheur Service Patrimoine et Inventaire


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