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Saint-Christophe : présentation de la commune

Dossier IA16003652 réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesCommunauté de communes du Confolentais
AdresseCommune : Saint-Christophe

L'archéologie a détecté plusieurs traces d'occupation ancienne de la commune de Saint-Christophe. Des pierres dressées, dont la nature n'a pas pu être déterminée, sont situées sur une hauteur près de la Fourgeodie. Le Camp de la Faye, de forme rectangulaire, situé au nord de la commune, serait un ancien camp fortifié protohistorique. Une exploitation antique a été découverte dans le hameau de Brac. Saint-Christophe contenait sous l'Ancien Régime deux principaux fiefs, le château de la Court-Saint-Christophe, dans le bourg, et le château de Pairs, au sud de la paroisse. Des souterrains ont été découverts dans le bourg, reliant notamment le château et l'église. La paroisse dépendait autrefois du diocèse de Limoges. L'église, d'époque romane, était entourée du cimetière jusqu'en 1860 environ. Selon Nanglard, une chapelle, qui appartenait au XVIIe siècle aux Grands-Carmes de Mortemart, était située dans le hameau du Grand-Mesurat. De nombreux chronogrammes du XVIIe siècle ont été repérés dans la commune de Saint-Christophe, principalement à proximité de la Marchadaine. Cela témoigne d'une période de construction importante, observée également sur la commune voisine de Montrollet. Le hameau du Marousse présente un grand nombre de bâtiments anciens. Selon la tradition orale, le manoir du Marousse serait un ancien hôpital situé sur les chemins de Saint-Jacques. Des blocs de minerai de fer ont également été découverts dans ce hameau et indiquent probablement la présence d'une ancienne forge. La commune de Saint-Christophe est composée du territoire de la paroisse de Saint-Christophe et d'une petite partie de la paroisse de Saint-Quentin, démantelée en 1792. En 1843, le conseil municipal de Saint-Christophe demande le rétablissement du canton de Brigueuil et dans le cas où il ne serait pas rétabli, appelle l'attention sur la position " plus centrale " de la commune de Saint-Christophe. Un plan de juin 1858, dressé à l'occasion du transfert du cimetière, permet de distinguer l'organisation du bourg, avec la localisation entre autre de l'église, du château, de l'ancien et du nouveau cimetière et de la place publique. En 1893, un bail à ferme est adjugé pour cinq ans pour l'enlèvement des boues dans le bourg, Grand'Rue, rue de la Fontaine et pêcherie du grand cimetière. Un autre bail à ferme est adjugé pour cinq ans pour les places du marché.

Avant la construction de l'école-mairie en 1909, plusieurs projets d'établissement d'écoles, réalisés ou non, ont été menés par la commune de Saint-Christophe. Le 11 juin 1846, par ordonnance royale, une maison est achetée en vue de la transformer en maison d'école. En 1849, le maire adresse une lettre au sous-préfet pour achever la construction de la maison d'école. L'enquête publique réalisée en 1885 pour la construction d'une école-double mairie fait ressortir qu'il existe une école primaire libre de filles. Constatant que l'ancienne école est mal située, le conseil municipal approuve en 1885 un projet de construction d'une école double-mairie sur des terrains appartenant à M. de Feydeau, dans la pièce de Treillaux, parcelles D3 et D14, entre le presbytère et le chemin de grande communication n° 30. Trois lettres successives du préfet en 1888, 1889 et 1891, demandent au sous-préfet de fournir le dossier complet du projet de construction de cette école-double-mairie, à quoi le sous-préfet répond que le dossier est toujours entre les mains du maire. En 1885, parallèlement au projet de construction d'une école-double-mairie, existe un projet d'école de hameau à la Cigogne.

Une passerelle est construite en 1878 sur la Marchadaine, en un lieu non précisé. Un terrain est acheté en 1899 pour permettre l'élargissement du chemin de Brigueuil à Saint-Christophe, dans le bourg. Une grange est alors détruite. Le conseil municipal émet le voeu, en 1856, que le chemin de grande communication n° 30 de Confolens à Limoges soit classé au rang des routes départementales. Plusieurs arguments sont avancés : ce chemin est entièrement achevé " depuis deux à trois ans ", il s'agit d' " une des voies de communication les plus importantes de environs ", " les transactions entre ces deux villes se font par ce chemin ", qui est plus court que celui qui passe par Etagnac.

En 1822, Saint-Christophe comptait 1222 habitants et a atteint son maximum de population en 1846 avec 1250 habitants. La population a ensuite légèrement diminué jusqu'à 1017 habitants en 1911. Après la Première Guerre Mondiale, la population descend à 907 habitants en 1921, puis à 733 en 1946 après la Seconde Guerre Mondiale. Saint-Christophe a ensuite connu un important déclin démographique. En 1999, la commune comptait 315 habitants.

La commune de Sainte-Christophe est située dans le canton de Confolens-Sud. Elle est bordée à l'ouest par Lesterps, à l'est par Montrollet, au sud par Brigueuil et au nord par le département de la Haute-Vienne. Elle est une des communes les plus hautes du département de la Charente. Le sommet de la commune atteint 341 mètres d'altitude sur la butte de Frochet, au nord. Hormis cette importante colline, l'altitude varie entre 200 mètres au minimum dans les vallées et 300 mètres au maximum sur les plateaux. Le sous-sol est essentiellement granitique mais le gneiss est également présent en grande quantité. Ces deux roches ont été largement employées pour la construction des bâtiments dans la commune. La Marchadaine, affluent de l'Issoire, traverse la commune d'est en ouest au nord du bourg. La Courrière, autre affluent de l'Issoire, prend sa source au sud de la commune. Plusieurs étangs et moulins ont été aménagés le long de ces cours d'eau. Le bourg de Saint-Christophe s'est implanté sur une petite colline entre deux ruisseaux affluents de la Marchadaine. Il est situé au carrefour de trois routes départementales. La plus importante est la route D 82, ancienne route de Limoges à Confolens, traversant la commune d'est en ouest. La route D 163 mène de Bussière-Boffy à Saulgond et la route D 330 mène de Nouic à Brigueuil.

En 1999, la commune de Saint-Christophe comptait 315 habitants pour une superficie de 23,65 kilomètres carré, soit une densité de population de 13,32 habitants par kilomètre carré. L'agriculture, principalement l'élevage bovin et ovin, est toujours la principale activité économique de la commune. Le bourg possède un commerce bar-restaurant-épicerie.

L'habitat est dispersé mais semble tout de même s'organiser en quelques gros hameaux, tels que le Marousse, l'Aumonerie, Essubras, Joumard et Villessot. Il existe très peu de fermes totalement isolées. Les exploitations agricoles sont le plus souvent composées de plusieurs bâtiments sous des toits distincts, ajoutés à l'exploitation et remaniés au fur et à mesure des besoins. Les granges, de dimensions relativement modestes, ont leur façade sur le mur gouttereau pour la majorité d'entre elles. Environ 30 % des logements ont des encadrements en bois. Plusieurs fours sont accolés au logement, avec la bouche du four dans le contre-choeur de la cheminée. Les puits ont une margelle circulaire, les superstructures sont souvent métalliques. Beaucoup de puits n'ont pas de manivelle mais des leviers en bois directement sur le rouleau. Un puits à balancier se trouvait probablement autrefois dans le hameau de la Cigogne, et lui aurait ainsi donné son nom.

Annexes

  • Demande de classement de route départementale le chemin de grande communication n° 30.

    Transcription du document conservé aux archives départementales de la Charente (série O).

    Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de St Christophe, séance du 16 mai 1856.

    Recto

    Le conseil municipal de la commune de Saint-Christophe étant réuni en session ordinaire, autorisée par la circulaire de Mr le Préfet en date du 25 avril 1856, émet le voeu que le chemin de grande communication n° 30, de Confolens à Limoges par Lesterps, St Christophe, Montrollet, soit classé au rang des routes départementales du département de la Charente.

    Ce chemin est devenu, depuis deux ou trois ans seulement qu'il est entièrement achevé, une des voies de communication les plus importantes des environs ; son parcours de Limoges à Confolens étant de cinq ou six kilomètres plus court que celui de la route impériale passant par St Maurice, Chabrac, Etagnac, St-Junien, etc. Les transactions entre ces deux villes ce font par ce chemin. De plus le passage si considérable des mules et des chevaux venant de la Bretagne et de la Vendée, et se dirigeant en Auvergne et dans la Provence, s'est porté tout entier sur ce chemin. Les veaux d'Auvergne qui descendent en troupes nombreuses, en automne, le suivent également. La voiture publique de Confolens à Limoges a passé pendant une dizaine d'années par cette petite route ; mais elle a été forcée de l'abandonner pendant l'hiver à cause d'un mauvais état ; en un mot, c'est la voie la plus directe pour mettre en relations le nord du département de la Charente et de sud de celui de la Vienne, ainsi que les villes de Niort et de Nantes avec celle, si commerçante, de Limoges.

    Ce chemin est appelé à une plus grande importance encore attendu que c'est la ligne directe entre les gares de chemin de fer entre Ruffec et Limoges ; mais le mauvais état de cette route dans son parcours dans le département de la Charente, il est en bonne viabilité dans la Haute-Vienne, rend sa fréquentation difficile et même impossible au gros roulage qui est obligé de continuer à suivre la route impériale, malgré une augmentation de distance de cinq ou six kilomètres. La partie la plus difficile se trouve entre Confolens et Montbazet de Montrollet : il y a beaucoup de pentes qui ont de dix et douze centimètres par mètre. La chaussée est aussi on ne peu plus défectueuse ; elle est couverte de pierres dures et saillantes dites têtes de chat qui rendent la circulation excessivement fatigante et même dangereuse.

    Les nombreux voyageurs qui fréquentent ce chemin, malgré ses difficultés, manifestent un vif désir de le voir améliorer

    Verso

    disent-ils avec raison, on est bien aise d'anréger le trajet qu'on a à faire d'un dixième au moins.

    Le conseil municipal insiste vivement auprès du conseil d'arrondissement et du conseil général pour que la présente délibération, d'un intérêt général si chaleureusement réclamé par les populations intéressées, soit prise en considération.

    Fait à St-Christophe, le 12 mai 1856

    Ont déclaré ne savoir signer : Trouillaud Jn, Guyonnet Jn maître et Bourdier François.

    Le registre est signé : Vignaud, Mre, Guyonnet, adjoint, Bourdier J., Labrousse F., P. Melon, P. Patriarchel.

    Pour copie conforme,

    le Maire de St Christophe

    (signé Vignaud).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossiers communaux.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : Série O
Bibliographie
  • Dujardin Véronique, Moinot Emilie, Ourry Yann. Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin. Images du patrimoine n° 243, Geste éditions, 2007.

  • Martin-Buchey, J. Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, 1914-1917. Paris, librairie Bruno Sépulchre, réédition 1984.

    p. 320-321
  • Michon, abbé Jean-Hippolyte. Statistique monumentale de la Charente / ill. Zadig Rivaud, Jules Geynet, Monsieur de Lafargue Tauzia, Paul Abadie, Éditions Fabvre. Paris ; Angoulême : Derache, libraire, rue du Bouloy, 7, 1844.

    p. 148
  • Peyraud, Christine, La vie d'un village limousin sous la Révolution, Saint-Christophe-de-Confolens, 1789-1795, Les Amis du Vieux Confolens, n° 91, mars 2006.

    p. 18-34
  • Piveteau, Joseph. Inventaire archéologique de la Charente gallo-romaine, Mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 1958.

    p. 81
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes de Charente Limousine (c) Communauté de communes de Charente Limousine - Dujardin Véronique
Véronique Dujardin

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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