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Saint-Germain-de-Confolens : présentation de la commune

Dossier IA16002611 réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesCommunauté de communes du Confolentais
AdresseCommune : Saint-Germain-de-Confolens

Une occupation humaine ancienne se situait sur la hauteur de Bellevue, des colliers de dents et des vases de terre rouge y ont été découverts. Selon la légende, une pierre découverte près de l'étang des Serches, porte l'inscription latine suivante : " In hoc loco triginta milia hominum inter sese truciderunt ". Plusieurs autres légendes se sont transmises d'une génération à l'autre : il est dit que le " Roc Branlant ", gros rocher dominant l'Issoire, bouge à minuit le soir de Noël. Saint-Germain possède deux fontaines de dévotion, la Font Gallou et la fontaine Saint-Antoine. La première soignait les coliques en jetant dans l'eau un morceau d'un vêtement de la personne à guérir ou un morceau de poil pour un animal. La seconde permettait le désenvoûtement et la guérison des enfants qui tardent à marcher.

Durant le Haut-Moyen-Age, un château, appelé château de Savenne, aurait été édifié à l'emplacement du château actuel. La légende raconte que ce château primitif aurait été détruit par les Sarrasins en 732.

Dès le XIe siècle, les seigneurs de Saint-Germain sont puissants puisqu'ils sont en relation avec les moines de Saint-Cyprien de Poitiers et qu'ils sont cités dans un acte de l'évêque de Poitiers. Le plus ancien seigneur connu de Saint-Germain est Guillaume de Mortemart, qui vivait dans le seconde moitié du XIIe siècle.

Saint-Germain a probablement beaucoup souffert de la guerre de Cent-Ans du fait de sa position frontalière. Lors des guerres de Religion, Saint-Germain et son château ont été pris à deux reprises, tout d'abord en avril 1570 par une bande de protestants chassés ensuite par Jean Descarts, puis par un chef ligueur, vaincu ensuite par le duc d'Epernon.

Le bourg de Saint-Germain s'est développé au pied du château. L'accès au village était autrefois protégé par des remparts et des tours défensives. Des vestiges du rempart sont encore visibles sous la forme d'un mur séparant la rue de l'Ancienne Chapelle et les parcelles cadastrées B 322 et B323, derrière la poste. Il existait probablement une église Saint-Germain qui a totalement disparu. La commune contenait plusieurs chapelles. La chapelle Saint-Antoine était située près des hauteurs de Bellevue. Dans le bourg, la chapelle Sainte-Anne est située près du pont sur l'Issoire. Une chapelle était située également dans la rue de l'Ancienne Chapelle. Une chapelle Notre-Dame de Pitié est citée dans les textes, elle aurait été située près de l'Issoire. La chapelle de l'île de Sainte-Madeleine, autrefois dans la paroisse de Saint-Germain, est actuellement dans la commune de Lessac.

La commune de Saint-Germain contient la moitié nord de l'ancienne paroisse de Négrat, sur la rive gauche de la Vienne. La commune de Négrat a été supprimée en 1790. La partie sud a été rattachée à Confolens, la partie nord à Saint-Germain. L'église Saint-Aignant de Négrat était déjà en ruine au XVIIIe siècle, elle a actuellement totalement disparu. L'église est à l'origine une vicairie perpétuelle unie à l'abbaye de Nanteuil-en-Vallée. A la fin du XIIIe siècle, elle devient vicairie du prieuré conventuel des Salles de Lavauguyon. Sous la Révolution également, quelques hameaux (le Chambon, la Ribière et la Grange-Baudou) sont détachés d'Esse et intègrent la commune de Saint-Germain.

En 1831, la route royale d'Angoulême à Nevers est percée, transformant le bourg de Saint-Germain. L'ancienne rue principale, peu rectiligne et étroite à certains endroits, est élargie. Plusieurs bâtiments sont détruits et des façades sont reculées. La rue du Verre de Gris, ancienne rue principale, devient une rue parallèle à la route royale.

L'économie de Saint-Germain était dominée par l'artisanat. Les tanneries étaient prospères à Saint-Germain jusque vers 1880. Les anciennes tanneries sont souvent reconnaissables par les cornes de bovins présentes dans leurs façades, afin de faire sécher les peaux. L'agriculture était minoritaire étant donné la faible superficie de la commune. Les foires à bestiaux de Saint-Germain étaient autrefois très importantes et se tenaient le 8 de chaque mois. En 1858, un terrain servant actuellement de parking, à la sortie du village sur la route de Confolens, est acheté par la commune pour accueillir les foires. Les bêtes étaient acheminées en grand nombre par la voie ferrée qui longeait la rive gauche de la Vienne. L'activité industrielle était représentée par les moulins et l'exploitation des carrières de granite.

La population de la commune atteignait 391 habitants en 1891, puis elle a diminué au cours du XXe siècle.

La commune de Saint-Germain-de-Confolens, située à 5 kilomètres au nord de Confolens, est composée de trois parties très distinctes. Le bourg de Saint-Germain, le château et l'église, sont situés sur un éperon rocheux au confluent de la Vienne et de l'Issoire. La commune se prolonge au nord-est sur la rive droite de l'Issoire, mais aussi à l'ouest, sur la rive gauche de la Vienne.

Le relief est très largement marqué par les vallées encaissées de la Vienne et de l'Issoire. Le lit de la Vienne se situe à une altitude d'environ 130 mètres, alors que les collines de part et d'autre des deux rivières dépassent 200 mètres d'altitude. Le relief est moins vallonné sur la rive gauche de la Vienne. La commune contient des bois, principalement dans la vallée très encaissée de l'Issoire, qui dessine de nombreux méandres quasiment inaccessibles. La roche granitique du sous-sol est largement employée dans les constructions, mais la pierre de Pressac, une pierre calcaire jaunâtre, est également parfois employée, surtout pour les encadrements des ouvertures. La superficie de la commune est de 467 hectares. Les hameaux sont peu nombreux. Le bourg de Saint-Germain s'est développé le long de la rue principale, sur l'ancienne route de Confolens à Bellac qui traverse la commune du sud au nord. Il est situé entre l'escarpement rocheux à l'est, la Vienne à l'ouest et l'Issoire au nord. Un pont sur la Vienne permet de relier Saint-Germain au hameau voisin de Sainte-Radegonde, qui est en quelque sorte un faubourg de Saint-Germain situé dans la commune de Lessac. Plusieurs chemins permettent de circuler du château au village (chemin des Roches, chemin de Saint-Vincent). L'un de ses chemins, encore en partie visible, partait de la rue principale au niveau de la parcelle B 133, montait progressivement vers le sud, parallèlement à la rue principale, passait derrière la mairie actuelle et atteignait la route actuelle du château devant la maison cadastrée B 348 qui servait de presbytère. Une grande arcade qui s'appuie sur la roche, visible près de la mairie, soutenait probablement autrefois ce chemin.

Le barrage sur l'Issoire, édifié en 1973, permet de constituer une importante réserve en eau potable qui alimente une grande partie du Confolentais. La commune de Saint-Germain ne possède plus de moulin. Le moulin des Charrauds, sur l'Issoire, a été restauré au début du XXe siècle, mais il a aujourd'hui disparu. Le petit moulin de l'Issoire, plus proche du village, a disparu également, il n'en reste que le bief. Le Grand Moulin, appelé aussi Moulin Brûlé, sur la Vienne, a conservé peu d'éléments. La carrière de Négrat, sur la rive gauche de la Vienne est en activité. Une autre carrière, immédiatement au sud du village, était en activité entre les années 1920 et les années 1970.

Lors du recensement de 1999, la commune de Saint-Germain comptait 98 habitants, pour une superficie de 467 hectares, soit une densité de 21 habitants par km².

Références documentaires

Bibliographie
  • Ardouin-Dumazet, Voyage en France, 15e série, Charentes et plaine poitevine, 2e édition, Paris : Berger-Levrault, 1905.

    p. 197-198
  • Boulanger, Pierre, L'ancienne paroisse de Négrat, Bulletins de la société Les amis du vieux Confolens, 4ème année, dernier trimestre, n° 16, décembre 1985.

    p. 4-6
  • Boulanger, Pierre, Saint-Germain de Confolens, Quelques pages de notre histoire.

  • Cadet, Alberte. Le culte des eaux. Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1954.

    p. 133-134
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 10, 1976.

    p. 302
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 12, 1978.

    p. 281
  • Daras Charles, Contribution à la recherche de la provenance des matériaux des églises romanes charentaises, Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1970.

    p. 102
  • Dujardin Véronique, Moinot Emilie, Ourry Yann. Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin. Images du patrimoine n° 243, Geste éditions, 2007.

    p. 109
  • Dumont, Jacques. Géographie historique de Confolens sud. Les amis du vieux Confolens, n° 59-60, nov. 1996.

    p. 37-38
  • Dumont, Jacques. Protestants confolentais (XVIème-XXème siècle). Sociologie d'une disparition. Les amis du vieux Confolens, n° 55-56, nov. 1995.

    p. 13-21
  • Larigauderie, André. Découverte fortuite d'un souterrain : Saint-Germain-de-Confolens, 27-01-1989, Bulletins de la société Les amis du vieux Confolens, n° 31, 4ème trimestre 1989.

    p. 3-5
  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Mémoire en réponse aux questions 4, 5 et 6 du programme de la section d'histoire et d'archéologie du Congrès scientifique tenu à Bordeaux au mois de septembre 1861. In : Mém. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère série, t. 27, 1862.

    p. 78-80, 147-157
  • Martin-Buchey, J. Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, 1914-1917. Paris, librairie Bruno Sépulchre, réédition 1984.

    p. 332-333
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 3.

    p. 33-35, 83, 189-190
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 4.

    p. 488-490
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