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Saint-Médard : présentation de la commune

Dossier IA79000754 réalisé en 2000

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Le territoire de la commune de Saint-Médard, la plus petite du canton, appartient à deux époques géologiques distinctes. Au nord, une plaine ondulée formée de calcaire jurassique, et au midi des prairies naturelles reposant sur un sous-sol sablonneux, argileux ou marneux de l'époque tertiaire qui, avant d'être drainées, faisaient partie des marécages formant une limite naturelle de Niort à Chef-Boutonne.

Le toponyme " La Pierre Levée " (plan cadastral 1816 A 126 à 137) et quelques vestiges des temps préhistoriques recueillis près de la source appelée " Le Puits Godefroy " indiqueraient une occupation humaine dès cette période. A l'époque romaine appartiennent des débris de céramique, des fragments de bronze et des petites pièces de monnaie trouvés au hameau de Saint-Rue en 1886.

Le prieuré Saint-Médard, mentionné dans le Grand-Gauthier, le pouillé le plus ancien du diocèse de Poitiers, commencé à la fin du XIIIe siècle, dépendait jusqu'à la Révolution de l'abbaye de Celles-sur-Belle.

Sous l'Ancien régime, les seigneurs de Saint-Médard devaient hommages et aveux au Roi à cause de son château de Melle. Ces hommages et aveux permettent de connaître les noms d'une partie des seigneurs. Nous n'en connaissons pas la liste complète avant la fin du XVIIe siècle :

- en 1595, Philippe Berland, écuyer, seigneur de Saint-Médard

- en 1698, le sieur de Fournel (annexe),

- en 1704, le marquis de Fournel ou Fourneil (A.D. Deux-Sèvres : B suppl. Prévôté de Melle, 6),

- en 1723, Jean-Jacques-François de Fourneil, chevalier, seigneur de Saint-Médard (A.D. Vienne : B IV 117),

- de 1740 à 1752, Jacques Thibaud de la Carte, seigneur de la Carte (ibid. ; annexe),

- 26 octobre 1752, vente par Philippe-Louis Thibaud de la Carte, chevalier, marquis de la Ferté et de la Carte, à Jean-Baptiste de Bonneval, inspecteur général des manufactures du royaume, et son épouse, des terres et seigneuries de La Guitonnière et Saint-Médard (A.D. Vienne : B IV 117).

- en 1769, M. de Bonneval (Médiathèque François-Mitterand Poitiers : ms. 383 [192], p. 134),

- en 1789, François-Pierre-Alexandre Lecomte, seigneur du Theil (ibid.).

De cette seigneurie dépendait un domaine, décrit lors de la vente des biens nationaux comme une " maison composée de quatre chambres basses, grenier, four, et fournil, écurie, toits, grange, cour, coursoires, jardin et ouches ... ". Ce domaine a été adjugé le 18 messidor an VI (6 juin 1798) à Madeleine-Anne Villebois, veuve Deraze d'Auzance, à Poitiers, moyennant 255.000 francs (A.D. Deux-Sèvres : Q 67). Cette ferme qui touchait au prieuré était certainement celle cadastrée en 1816 section B parcelle 245 dont le logement était imposé pour six ouvertures. Elle appartenait alors à [Marie] -Louise Lecomte. Le 4 juillet 1817, Marie-Louise Lecomte, épouse divorcée de François-Hélène de Nesmond, la vend à Charles-Joseph-Pierre-César Lecomte de Theil et son épouse. A cette date, l'ensemble consistait " en deux corps de ferme, bâtimens servant à l'exploitation, servitudes, cours, jardins, prés, bois vignes, pâtis, garenne, terres ... ". Une de ces fermes était affermée à Jacques Bujault, avoué à Melle (A.D. Vienne : E4/43/29). En 1861, cette ferme a été vendue et partagée en trois lots. En 1986, il n'en subsistait qu'un petit logement utilisé comme servitude, avec une fenêtre à encadrement mouluré, et à l'intérieur un évier et un potager aménagé à côté de la porte d'entrée.

Dans la commune, deux autres seigneuries disposaient d'un manoir : l'Allier, (re) construit ou restauré en 1562, et Saint-Rue.

La croix de cimetière porte une inscription datée 1730.

La visite épiscopale de 1769 ne mentionne pas de protestants dans ce village.

Vers 1800, pendant la période révolutionnaire, à l'époque de la formation des cantons, la commune avait demandé à être réunie à celle de Périgné et à celle de Brûlain.

Après la location d'une maison pour la tenue de l'école, une école mixte avec mairie a été bâtie dans le quatrième quart du XIXe siècle.

Au XIXe siècle, Saint-Médard était traversé par le chemin de grande communication n° 4 de Niort à Brioux (A.D. Deux-Sèvres : 3 O 1957), devenu le chemin départemental 740, de Niort à Confolens par Ruffec.

Un projet d'agrandissement du cimetière au début du XXe siècle, n'a pas été autorisé par de Conseil d'hygiène départemental.

En 1916, un plan d'alignement de la rue du Puits-de-la-Roue a été dressé par l'ingénieur Dumas.

Le monument aux morts de la guerre 1914-1918 a été érigé en 1926 sur la place publique de Saint-Rue. Il se trouve actuellement devant la mairie installée dans l'ancienne école primaire.

DESCRIPTIONS EN 1698 et 1729

" La paroisse de Saint-Médard est fort petite, contenant seulement trois hameaux : Truhe [Saint-Rue], Nueil, Les Chaumes.

La cure est un prieuré-cure de l'ordre de Saint-Augustin, de quatre cens livres, tenue par le sieur Chainiau.

On y sème de toute espèce de bled, il n'y a ni bois ni vins, peu de fourages et quelques noyers. On commerce sur les bleds et sur quelques bestiaux.

Le sieur de Fournel, chevalier, qui demeure au Puissegain, près Bordeaux, est seigneur dudit Saint-Médard, et le fief peu valoir trois cens livres de revenu.

Les fiefs sont : les fiefs de Saint-Rue, l'un de deux cens livres, aux héritiers du feu sieur Chalmot Saint-Rue, lieutenant général des armées du roy, qui fut tué il y a sept ans en Irlande ; l'autre au sieur de Bonnetie, écuyer, qui y fait sa demeure, de trois cens livres.

Il n'y a point de nouveaux convertis.

Deux familles nobles y sont établies : Jacques de la Bonnetie, écuyer ; François Réorteau, écuyer ; un greffier des rolles des tailles : Vincent Doray. Il y a aussy neuf laboureurs, deux artisans, quinze journaliers, onze serviteurs ou servantes, trente-un feux qui ont diminué de cinq depuis vingt ans, quarante hommes, cent cinquante âmes.

L'imposition de la taille est de six cens trente livres, deux collecteurs et un sindic ".

1729 : " De toutte espèce de bled, peu de fourages et quelques noyers. Commerce sur les bleds et sur quelques bestiaux ... " (Mémoire statistique sur l'élection de Saint-Maixent, publ. par Alfred Richard, Mém. Soc. Statist. Dép. Deux-Sèvres, 2e s., t. 13, 1874, p. 94-95, 142).

CAHIER DE DOLEANCES DU 8 MARS 1789.

Dép. : Deux-Sèvres. Arr. : Melle-sur-Béronne. - Cant. : Celles-sur-Belle.

Gén. : Poitiers. - Elect. : Saint-Maixent. - Dioc. : Poitiers.

Justice de la prévôté royale de Melle.

Princip. Cult. : Blés.

Seigneur en 1750 : Jacques Thibault, marquis de la Carte.

Seigneur en 1789 : [vide]

Population en 1790 : 172 habitants.

Taille : 1.532 l. 5 s. ...

Président : René Grousset, syndic municipal.

Population : 25 feux.

Comparants : Gabriel Doray, Jacques Poumier, Pierre Charles, Pierre Richard, Jean Dugué, Jacques Bernet, François Moreau, Pierre Doray, greffier, Louis Martin, Michel Tirant, Jacques Sabourin, Pierre Merlet, Jean Merlet, Jacques Bernet, et autres.

Députés : René Grousset, syndic, et Pierre Doray, greffier de la municipalité. Suivent 10 signatures.

Cahier des remontrances de la paroisse de Saint-Médard.

Le début en forme de procès-verbal.

Art. 1er . Nous représentons que toutes les terres de notre paroisse sont médiocres, et que le cultivateur se trouve surchargé d'impositions trop fortes, vu que nous manquons entièrement dans la paroisse de bois et de fourrages.

Art. 2. Nous représentons encore avec la plus grande raison, que l'imposition de la corvée pour les chemins est la plus onéreuse et devient pour nous, un impôt considérable qu'il faut payer chaque année.

Art. 3. Il y a dans notre paroisse des chemins de communication de bourg à bourg qui sont impraticables pendant trois mois de l'année, à cause des eaux qui y séjournent.

Desquelles choses nous supplions que Sa Majesté daignera recevoir favorablement la présente requête que nous avons signée. (Suivent 8 signatures, celles de : René Grousset, syndic, et député, etc.).

DESCRIPTION VERS 1800

Saint-Médard, commune au sud sud-ouest et à 7 kilomètres de Celle.

Sa population est de 165 individus.

On y récolte froment, baillarge, orge, grains ronds de toute espèce, un peu de seigle, d'avoine, de lin, de pommes de terre. Deux petites prairies naturelles, le long de la Belle qui passe à l'est, donnent d'assez mauvais fourrage. On commence la culture des prairies artificielles. Il y a quelques carrières de moëlons ; point de bois, mais grand nombre de chênes et ormeaux têtards, sur les différens domaines et fournissant aux besoins, quoique d'une manière insuffisante.

Village : Saint-Rue.

Métairies : Saint-Benoist, les Chaumes, Deneuil, deux à l'Allier, deux au bourg.

Borderies : huit dans le bourg.

DESCRIPTION EN 1838

Pop. 204 h. A 2 myriamètres (4 l[ieux]) sud-est de Niort.

Bureau de distribution des lettres de Celles.

Sol argilo-calcaire, le principe argileux domine (L. de FOLIN, Géographie élémentaire ..., p. 149).

Aires d'étudesCelles-sur-Belle
AdresseCommune : Saint-Médard
Cadastre : 1816 ; 1980

Quelques vestiges des époques préhistorique et romaine permettent de penser que le village a connu une occupation humaine précoce. Avant la Révolution, la paroisse de Saint-Médard dépendait de l'élection de Saint-Maixent et de la prévôté de Melle ; pour le spirituel, la paroisse dépendait de l'archiprêtré de Melle. Dès la création du département des Deux-Sèvres, Saint-Médard a fait partie du canton de Celles-sur-Belle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Deux-Sèvres : B suppl. Prévôté de Melle ; 7 F 19 (rentes et terrages dus à la seigneurie de St-Médard ; huitain des fruits pour les vignes, treizain des fruits pour les terres labourables, XVIIe siècle) ; 3 O 1957 ; Q 67 ; 4° 95 (Monographie communale par l´instituteur Charruyer).

  • A.D. Vienne : B IV 117 ; C 449 ; E4/43/29.

Bibliographie
  • Folin, L. de. Géographie élémentaire du département des Deux-Sèvres, Melle, 1838.

    p. 149
  • Hiernard, Jean et Simon-Hiernard, Dominique. Les Deux-Sèvres, Carte archéologique de la Gaule, Paris, 1997.

    p. 318-319
  • Poignat, Maurice. Histoire des communes des Deux-Sèvres. T. II. Le pays mellois, Niort, 1982.

    p. 135-137
  • Robuchon, Jules. Paysages et monuments du Poitou. Paris, 1893.

  • Mémoire statistique sur l´élection de Saint-Maixent, publ. par Alfred Richard. " Mém. Soc. Statist. Dép. Deux-Sèvres", 2e s., t. 13, 1874.

    p. 94-95, 142
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