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Torxé : présentation de la commune

Dossier IA17035062 réalisé en 1999

Fiche

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Torxé

Le potentiel archéologique

L'occupation du territoire de Torxé est très ancienne. La carte archéologique de la commune révèle 21 sites d’occupation recensés, concernant principalement les époques gallo-romaine et médiévale. Toutefois, la plupart de ces sites n’ont pas été fouillés.

Plusieurs prospections archéologiques ont eu lieu dans le lit de la Boutonne, dans les années 1990 et 2000. L’occupation la plus ancienne, un habitat protohistorique, a été mise en évidence en amont du pont du bourg. A environ 20 mètres en amont du pont tournant, ont été retrouvés en 1994 les traces d’un ancien pont de bois construit sur des pieux, daté de l’Antiquité. Cette découverte révèle l’ancienneté du franchissement de la Boutonne à cet endroit. Il faudra toutefois attendre la fin du 19e siècle pour voir la construction de ponts en pierre rivière.

D’autres sites de franchissement de la Boutonne sont révélés par la toponymie : la Pas du Pré et le Péré indiquent la présence d’anciens passages à gué. Les prospections réalisées en aval du pont de Torxé ont permis de découvrir des aménagements gallo-romains en bois à l’emplacement de l’ancienne berge. L’hypothèse la plus cohérente semble être celle d’un ancien moulin à eau, d’après Pascal Texier, chef d’opération des fouilles de 2008.

Le lit de la Boutonne a livré des objets allant de l’Antiquité à la période moderne, fragments de tuiles romaines, poteries, pièces métalliques du Haut Moyen Age… Ces découvertes révèlent une activité intense sur la Boutonne depuis des temps reculés.

Il faut également signaler la présence, sur la commune, à Champagné, d’un fragment de mégalithe datant sans doute du Néolithique. Il s’agirait d’une pierre close, en forme d’auge et primitivement fermée par un couvercle, peut-être à vocation funéraire. Ce type de pierres se retrouve principalement autour de Rochefort dans un rayon assez restreint. Il en existe d’ailleurs une autre à Hérisson, à la limite de Torxé mais sur le territoire de Chantemerle sur la Soie.

Du Moyen Age à la période moderne

Très peu de traces bâties subsistent du Moyen Age. L’église a été profondément remaniée à la période moderne et ne possède que peu de restes médiévaux. Aucune maison ne remonte au Moyen Age, seule une baie en accolade, très certainement remployée, est visible à Port Neuf. Une ancienne chapelle est également signalée à proximité du bourg.

Il est plus facile d’appréhender le Torxé de l’époque moderne (17e et 18e siècles). Le bourg n’est qu’un modeste ensemble regroupant l’église, le cimetière situé devant, le presbytère accolé, le prieuré et peut-être quelques maisons. Vendu comme bien national en 1791, le prieuré, qui dépendait de Saint-Eutrope de Saintes, comprenait uniquement une grange avec une cave. Il n’en reste aucun vestige, pas plus que du presbytère.

Il n’existe pas de château important à Torxé, mais à la fin du Moyen Age et à l’époque moderne apparaissent, non loin des berges de la Boutonne, de nombreux logis nobles dont il ne reste aujourd’hui que peu de choses. On en dénombre pas moins de sept à Torxé : l’Houmée, Poursay, la Bertinière, Péré, l’Isle, les Petit et Grand Champagné. Le plus ancien pourrait être celui du Grand Champagné, la seigneurie remontant au 15e siècle au moins. Il n’en reste que peu de traces. Le plus récent est celui du Petit Champagné, qui ne fut semble-t-il construit que quelques années avant la Révolution.

Bien que remanié au 19e siècle, Poursay est le logis qui a conservé les vestiges les plus significatifs, avec une série d’ouvertures des 17e et 18e siècles. Tous les autres ont été reconstruits ou démolis au 19e siècle, ne laissant que de maigres traces. Les plus visibles sont le pigeonnier de l’Houmée et le pavillon-porche du Petit Champagné.

L’activité économique est alors principalement agricole et viticole. Le moulin de Saint-Marmé existe probablement depuis les environs du 17e siècle. Un second moulin à vent a existé sur les hauteurs du bourg au 19e siècle. Un petit port fluvial, actif jusqu’au début du 19e siècle, se trouvait à Port Neuf. Ses origines et son activité réelle ne sont toutefois pas connues. On trouvait également plusieurs pêcheries sur la Boutonne.

Les évolutions des 19e et 20e siècles

La Révolution voit la vente des biens nationaux, le prieuré, le presbytère et les logis, dont la plupart seront démembrés. Le nom de la commune se fixe au cours du 19e siècle, avec l’introduction du X parasite, Torsay devenant Torxé (le conseil municipal consacrera définitivement cette orthographe en 1961).

Le 19e siècle est, comme partout en Vals de Saintonge, une période de développement pour la commune, qui compte vers 1860 près de 530 habitants. La plupart des maisons sont reconstruites à cette période, une mairie-école est aménagée à partir de 1848, le cimetière est déplacé en périphérie du bourg en 1900.

D'après les écrits de Gautier, vers 1840, la commune possède environ un tiers de terres labourables, un tiers de vignes et un tiers de prairies et de marais. La crise du phylloxéra des années 1870-1880 change considérablement le visage de la commune. La vigne ne sera pas replantée et l'agriculture doit se reconvertir, notamment vers l'élevage laitier. Des peupleraies sont également aménagées près de la Boutonne pour permettre le développement de l'industrie du bois.

Bien que le Port Neuf ait semble-t-il perdu son rôle dans la 1ère moitié du 19e siècle, la Boutonne reste un élément important pour la commune, la navigation fluviale perdurant jusqu’au développement du chemin de fer. Dans les années 1860, la construction de l’écluse de l’Houmée permet d’améliorer le flux de gabarres. Vers 1880, trois ponts sur la Boutonne établissent un nouvel axe de communication entre Landes et Saint-Savinien et passant par le bourg, tout en permettant de poursuivre. L’un d’eux possède une travée tournante pour ne pas entraver la navigation, qui toutefois vit ses dernières heures.

Le 20e siècle est marqué par un certain repli de la commune à cause d'un important exode rural : en 1900, Torxé ne compte déjà plus que 400 habitants, environ 300 en 1950, environ 230 en 2000. La construction de maisons sur cette période est nettement moins importante qu'au siècle précédent. Principal chantier de ce siècle, un foyer rural est édifié dans le bourg en 1956.

La commune compte aujourd'hui un peu plus de 220 habitants. Sa principale ressource est la culture céréalière. Si l’école et les commerces ont fermé leurs portes, Torxé bénéficie de la proximité de Saint-Jean d’Angély et de Tonnay Boutonne où sont réunis services et magasins, ainsi que d’un cadre de vie agréable sur les bords de la Boutonne.

La commune de Torxé appartient à l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély, en Charente-Maritime. Elle se situe à environ 10 km de Saint-Jean d’Angély et de Tonnay Boutonne. Les communes limitrophes sont Chantemerle sur la Soie ef Landes au nord, Tonnay Boutonne à l'ouest, Les Nouillers et Voissay au sud, La Vergne à l'est.

Torxé possède une superficie de 1 143 hectares sur lesquels se répartissent le bourg et les dix-huit villages et hameaux suivants qui lui sont rattachés : Champagné, Petit Champagné, la Fontenelle, Hérisson, l’Isle, le Moulin de l’Isle, le Treuil, Port Neuf, Péré, les Benets, la Chapotrie, Pas du Pré, les Borderies, la Bertinière, Poursay, l’Houmée, Jappe Grenouille, le Moulin de Saint-Marmé.

Le territoire de Torxé est tout en longueur, il s’étire sur 8,5 km le long de la rive droite de la Boutonne (pour une largeur de moins de 2 km). Le relief vallonné, entre 4 m au creux de la vallée de la Boutonne et 64 m d'altitude à la pierre de la Mort, près d’Hérisson. Les hauteurs du coteau dominant la Boutonne ménagent de beaux points de vue, comme par exemple depuis la butte de Saint-Marmé (57 m).

La commune appartient à la vallée de la Boutonne et aux plaines céréalières du nord de la Saintonge. Les sols sont constitués de plaines calcaires, dévolues en quasi-totalité à l'agriculture. En fond de vallée, les prairies humides sont attribuées à l’élevage et aux peupleraies. On compte peu d'espaces boisés. Les paysages, surtout composés de vastes champs remembrés, sont généralement ouverts. La Boutonne constitue la limite communale au sud sur plus de 8 km, entre les écluses de Fondouce et de l’Houmée. La limite ouest est matérialisée par le canal de Sante-Julienne venant du marais de Landes-Saint-Loup. De nombreux petits canaux, aménagés pour assécher les marais de La Vergne-Torxé, complètent le réseau hydrographique de la commune.

La commune est en partie délimitée, au nord-est, par la départementale 120 entre Saint-Jean-d’Angély et Rochefort, qui constitue le principal axe de communication. Le bourg et le pont se trouvent sur un axe secondaire entre Landes et Saint-Savinien, la départementale 119. Le reste de la commune est desservi par un réseau de petites routes et chemins.

Références documentaires

Documents figurés
  • 1830 : plan cadastral napoléonien de la commune de Torxé.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5199
Bibliographie
  • Braud, Michel. Torxé, une petite commune ordinaire de Saintonge. Saint-Jean-d’Angély : Bordessoules, 2005.

  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 1115-1116
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 165
  • Large, Ginette. Téodosijévic, Michel. Vals de Trézence, Boutonne et Devise, images d’autrefois. Saint-Savinien : le Passage des Heures, 2005.

    p. 87-95
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. "Canton de Tonnay Boutonne", t.11. Saint-Jean d'Angély, 1982.

    p. 33-38
  • Texier, Pascal. Campagne de prospection subaquatique sur la rivière la Boutonne. Bulletin de la Société d'archéologie et d'histoire de la Charente-Maritime, t. 36, 2009.

    p. 95-104