Logo ={0} - Retour à l'accueil

Villemorin : présentation de la commune

Dossier IA17035064 réalisé en 2000

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Villemorin

Un territoire anciennement peuplé

Il ne reste que peu de choses des premières occupations du territoire de Villemorin, mais de nombreuses traces ont été relevées depuis le 19e siècle. Les plus anciennes, aujourd'hui disparues, étaient des tumulus dont au moins deux sont attestés. L'un d'eux se trouvait au lieu-dit Terre de la Motte, au sud du bourg : lors d'une fouille en 1840, on y mit au jour une longue allée en pierres sèches couverte de grandes dalles, dans laquelle se trouvaient plusieurs squelettes en position assise, avec près d'eux des vases remplis de noix, des haches de silex et autres petits outils en pierre. En 1885, Georges Musset signale une autre «tombelle» au lieu-dit Chiron.

Ces découvertes attestent d'une occupation du site dès le Néolithique. Il est d'ailleurs tout à fait possible que d'autres vestiges de cette période aient existé, comme en témoignent certains toponymes qui font écho à des structures en pierre, comme La Roche, Le Chail… Une hache polie et une pointe de flèche en silex ont également été retrouvées dans les années 1990 sur le territoire de Villemorin.

A l'époque gallo-romaine, la voie antique Aunedonnacum-Cassinomagus (Aulnay de Saintonge-Chassenon) passait tout près du bourg actuel. Si les vestiges de la commune d'Aulnay sont plus importants (camp romain, temple), un site de cette époque a été repéré à l'est de Villemorin, au lieu-dit La Nougerotte, en bordure de cette voie. Pour l'heure, aucune fouille ne permet d'en dire davantage.

D'après des découvertes autour de Chez Chiron, mais sur des communes voisines, il semble que cette portion de Villemorin était également occupée au Haut Moyen-Age (période mérovingienne).

Le nom «Villemorin» suscite plusieurs interprétations. Le terme villa désigne un riche domaine agricole romain, peut-être le site repéré à La Nougerotte. «Morin» dériverait pour certains de Maurinus, possible nom du propriétaire de cette villa, ou bien de Maures ou Morins, du nom de peuples qui auraient pu s'établir ici, ce qui semble moins probable. Toutefois, une théorie plus plausible voudrait que la fondation du bourg soit liée aux défrichements de la grande sylve d'Argenson dans la seconde moitié du Moyen Age, comme de nombreuses localités aux alentours dont le nom inclut « ville » : Villeneuve la Comtesse, Villenouvelle, Villiers Couture, Villiers sur Chizé, Villiers en Bois, La Villedieu, Belleville…

Deux paroisses du Moyen Age à 1827

Villemorin, au Moyen-Age Villa Maurini, se trouve alors à la lisière des deux provinces du Poitou et de la Saintonge, mais il appartient à cette dernière (tandis qu'Aulnay appartenait au Poitou). La frontière était matérialisée par la sylve d'Argenson, une immense forêt dont il ne reste aujourd'hui qu'une portion entre Deux-Sèvres et Charente-Maritime.

En réalité, l'entité communale actuelle n'existait pas, on trouvait à la place deux paroisses distinctes, celle de Villemorin et celle de Saint-Coutant (déformation de saint Constant). A la Révolution, deux communes furent créées. La commune de Saint-Coutant le Petit (il existe également un Saint-Coutant le Grand en Charente-Maritime), qui comptait à peine quarante habitants dans les années 1820, fut réunie à Villemorin par ordonnance royale du 2 septembre 1827 pour former une seule et unique commune.

On ne dispose que de très peu d'informations concernant les deux paroisses au Moyen-Age. Rien ne subsiste des deux églises médiévales. Notre-Dame de Villemorin se trouvait probablement dans l'enceinte du cimetière. Saint-Gilles de Saint-Coutant le Petit, qui desservit un temps les deux paroisses, se situait elle aussi à côté de son cimetière, également disparu, derrière le four commun qui existe toujours. Selon la tradition, la chapelle de l'ancien presbytère de Villemorin, toujours visible au bout de la rue de la Cure, aurait temporairement servi de lieu de culte au 19e siècle. Une église de style néoroman sera édifiée à la fin du 19e siècle au bourg de Villemorin.

Avant la Révolution, Villemorin et Saint-Coutant comptent trois logis : Villemorin, Saint-Coutant le Petit et Presle. Quelques grandes familles se succèdent à la tête des seigneuries, comme les de Marconnay, Chevalier, Cumont et de Ranville. Aux 17e et 18e siècles, les deux paroisses sont décrites comme pauvres, «mauvaises», «la terre n'est pas de grand rapport». On y produit principalement grains et vin.

Quand éclate la Révolution, on compte environ 250 habitants pour les deux paroisses. La ruine des églises indique peut-être que Villemorin connut certains troubles, à moins qu'elles ne soient tombées tout simplement par négligence ou manque de moyens. Le cahier de doléances de la paroisse de Villemorin, rédigé en vue des Etats Généraux de 1789, a été conservé et constitue un remarquable document sur la société rurale de l'époque et ses revendications. La vente des biens nationaux est l'occasion pour certains de s'enrichir, c'est le cas à Villemorin d'un certain Paul Arnaud Desrhues, à la tête du manoir de Presle, qui rachète l'ancienne église, le presbytère et le domaine de Villemorin et l'ancienne église de Saint-Coutant le Petit. Les deux églises sont démolies peu après.

Les mutations des 19e et 20e siècles

Le 19e siècle constitue la période la plus prospère de l'histoire de la commune, ce que reflète l'évolution de la démographie : en 1850, on compte une centaine de maisons et plus de 400 habitants, ce qui reste son maximum historique. Cette hausse de la population s'explique par l'âge d'or de la viticulture en Charentes : de grandes propriétés viticoles avec des distilleries ont alors été édifiées, à Villemorin comme un peu partout en Vals de Saintonge.

En 1839, Gautier, chef de division à la préfecture, écrit à propos de la commune : «Deux petits ruisseaux qui prennent leur source aux fontaines de Contré, arrosent et fertilisent son territoire. Le sol est partagé en terres sablonneuses et argileuses qui, cultivées avec soin, produisent assez abondamment du vin de bonne qualité, du froment, de l'orge, de la baillarge, de l'avoine et des pommes de terre». Cette description contraste avec les tableaux peu favorables dressés dans les états statistiques des siècles précédents et montre les réels progrès de l'agriculture accomplis au 19e siècle.

Dès 1847, la commune dispose d'une école primaire, pour laquelle la municipalité achète une maison en 1855. Un ambitieux projet de construction scolaire est étudié dès 1912 mais ne sera pas réalisé à cause de la guerre. La population diminue à partir de la 2e moitié du 19e siècle, mais ce phénomène s'accélère avec la crise du phylloxéra des années 1870-1880, qui ravage entièrement le vignoble. Le monde agricole doit alors se reconvertir vers la culture céréalière et l'élevage. Des laiteries coopératives sont édifiées à proximité, à Aulnay comme à Néré. A la fin du 19e siècle, Villemorin se trouve sur le passage de la voie ferrée de Saint-Jean d'Angély à Civray et possède même une gare à l'entrée du bourg.

En 1930, la commune se dote d'une mairie indépendante de l'école. On trouve également quelques petits commerces comme une épicerie. L´impasse Galante n´abritait pas de rendez-vous amoureux, à cet endroit se trouvait la maison du maréchal-ferrant et l´espace où se déroulait la monte publique. Dans la rue du Rampeau se déroulait un jeu du même nom, sorte de jeux de palets, qui a existé jusqu´au début du 20e siècle. Malgré une amélioration de la démographie dans les années 1920-1930, l'exode rural se poursuit inexorablement dans cette petite commune à l'écart des grands axes et des villes. La ligne de chemin de fer ferme en 1950. Dans les années 1960, Villemorin possède moins de 200 habitants, il s'en trouve 94 en 2016.

Au début du 21e siècle, la commune compte sept exploitations agricoles (contre jusqu'à cinquante auparavant). Une entreprise de tournage-fraisage sur métaux s'est également implantée dans le bourg. La mairie a été récemment réaménagée au centre du bourg et une salle des fêtes occupe l'emplacement d'un bâtiment acheté dès 1895 pour servir d'abri aux passants, mendiants et voyageurs. L'école a fermé ses portes et est devenue une maison particulière. Aujourd’hui Villemorin est un agréable village, où les demeures typiquement saintongeaises se serrent autour de petites rues bordées de murs de pierres sèches.

La commune de Villemorin se situe à environ vingt-cinq kilomètres au nord-est de Saint-Jean d'Angély, à cinq kilomètres d'Aulnay de Saintonge, au sein de la Communauté de Communes des Vals de Saintonge, en Charente-Maritime. Elle est entourée par les communes d'Aulnay et de Contré au nord, de Cherbonnières, Loiré sur Nie et Néré au sud.

La commune possède un territoire de 1047 hectares. Il est en partie traversé par la rivière la Saudrenne, affluent de la Boutonne qui prend sa source à proximité du bourg. La vallée de la Saudrenne, qui s'écoule d'est en ouest, correspond à la partie basse de la commune : on compte 50m d'altitude à proximité deSaint-Coutant le Petit. La partie sud de Villemorin est la plus élevée, avec 100m à la limite avec Loiré sur Nie.

Villemorin appartient aux plaines céréalières du nord de la Saintonge. Les sols sont constitués de plaines calcaires, dévolues en quasi-totalité à l'agriculture (96 %). On compte peu d'espaces boisés (le plus important est le bois de la Garenne, au centre de la commune). Les paysages, principalement composés de vastes champs remembrés, sont généralement ouverts : la Saudrenne y constitue une coulée verte entre le bourg et Saint-Coutant.

La commune est principalement traversée par la départementale 133 entre Aulnay et Néré, qui passe près du bourg. Au centre de ce dernier se joignent deux routes secondaires, la départementale 222 entre Contré et Le Gicq et la départementale 265 venant de Paillé. Un réseau de chemins communaux dessert les villages, à l'écart de ces axes. Les habitants de la commune sont les Villemorinois.

Références documentaires

Documents figurés
  • 1835 : plan cadastral napoléonien de la commune de Villemorin.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5206
Bibliographie
  • Bonsergent, Eugène. Michel, H. Histoire du canton d'Aulnay, ses anciens seigneurs, Néré à travers les âges. Néré, 1913.

    p. 40-41
  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin, Stéphane. Origine des noms de villes et villages de Charente-Maritime. Saint-Jean d'Angély : Ed. Bordessoules, 2002.

    p. 234
  • Chapacou, Denis. Aulnay, un voyage dans l'histoire du canton, 1995.

    p. 47-48
  • Chapacou, Denis. Garnier, Christian. Le canton d'Aulnay. Saint-Cyr sur Loire : Ed. Alan Sutton, 2004.

    p. 124-125
  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 147-148
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 138-139
  • Hercule, Philippe. Paroisses et communes de France, dictionnaire d'histoire administrative et démographique, Charente-Maritime. Paris : Editions du CNRS, 1985.

    p. 612-613
  • Lamy, R. Notes et documents sur Aulnay et sa région. Melle, 1941.

    p. 239-240
  • Musset, Georges. La Charente-Inférieure avant l'histoire et dans la légende. La Rochelle, 1885.

    p. 108
  • Olivet, Yves. Pourtaud, Jean-Sebastien. Dolmen, menhirs, tumulus et pierres de légendes de Charente-Maritime. Saintes : Le Croît Vif : 2015.

    p. 120
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély : Canton d'Aulnay, t. 2. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1970.

    p. 53-54
Multimedia
  • Site internet : http : //cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/ [Des villages de Cassini aux communes d'autrefois].

  • Site internet : http : //www.insee.fr.