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Voirie

Dossier IA79000805 réalisé en 2000

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéespont, passerelle
Dénominationsvoirie
Aire d'étude et cantonCelles-sur-Belle - Celles-sur-Belle
HydrographiesLe Lambon La Belle
Adresse

Du chemin médiéval, dit romain, allant de Melle à Exoudun, subsiste sur la commune de Vitré, un tronçon entre le village de la Carte et Celles-sur-Belle, ainsi qu'une passerelle composé de deux grosses dalles rectangulaires. D'autres passerelles en grosses dalles de calcaire ont été repérées à différents endroits sur la Belle. Sur les huit ponts recensés, six sont datés de la seconde moitié du 19e siècle. Le pont du Rochereau à Celles-sur-Belle est le seul à être représenté sur l'ancien plan cadastral mais a pu être reconstruit au 19e siècle. Le pont de Croué-de-Montigné à Celles-sur-Belle est daté du troisième quart du 19e siècle. Parmi les passerelles recensées, cinq sont attribuées au 18e siècle, dont trois figurent sur l'ancien cadastre ; une, celle de la Cibaudière à Prailles, au 19e siècle et, celle de Souchon à Celles-sur-Belle, à la seconde moitié du 20e siècle. Deux abris cantonniers ont été repéré dans le canton, ces petites constructions en moellon calcaire datent du deuxième quart du 19e siècle.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Auteur(s)Auteur : Mortreuil Aristide agent voyer
Auteur : Bizard Antoine agent voyer
Auteur : Legrand Joseph maçon

Huit ponts franchissant la Belle et sept passerelles, dont cinq enjambent la Belle, une le Lambon et une le Lussaudière, ont été recensés. Cinq ponts sont composés d'une arche en plein cintre, les autres sont composés de trois piles rectangulaires plates. Les huit ponts sont construits soit seulement en pierre de taille, soit en pierre de taille et moellon. Cinq passerelles sont composées de dalles calcaires ; les passerelles de Bellevue à Thorigné et de Souchon à Celles-sur-Belle sont composées de moellon calcaire.

Murscalcaire
pierre de taille
moellon
Typologiesarche en plein cintre, piles rectangulaires
Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • Sous l'Ancien régime, le canton était essentiellement un pays d'élevage et de culture de blé, et les éleveurs vendaient leurs boeufs gras, moutons et porcs dans les foires et le marché hebdomadaire de Celles. Vers 1700, il y avait un garde-étalon à Beaussais, à Prailles et à Sainte-Blandine, ce qui indique qu'on élevait également des mulets. Les haras de Beaussais et Sainte-Blandine existaient encore vers 1800. Le "chemin rochelais", nom donné au chemin qu'empruntaient les minotiers venant de La Mothe-Saint-Héray, traversait le canton et faisait la limite entre Sainte-Blandine et Brûlain. A Beaussais, situé sur le chemin de Saint-Maixent à Melle, se tenaient quatre foires par an, tout comme à Celles ; deux foires permettaient de vendre les bestiaux à Fressines et à Mougon, et une à Thorigné. Une douzaine de foires annuelles amenaient donc les marchands de bestiaux et de blé dans différents endroits du canton. Ce trafic explique qu'il y avait des auberges à Thorigné, Celles et Beaussais. Or, l'accès à la plupart des villages était difficile à cause d'une infrastructure insuffisante et du manque d'entretien des chemins. A la fin du XVIIe siècle, le rédacteur du "Mémoire statistique sur l'élection de Saint-Maixent" nota qu'il il serait nécessaire de faire un pont sur un ruisseau appelé Cinqüous, à Thorigné pour les rouliers allant de Poitiers à La Rochelle, et aussi au lieu-dit Douhaut à Prailles, au moins pour les gens de pied sur le chemin de Saint-Maixent à Celles, où passe un ruisseau, appelé le Mareuil. En 1789, les cahiers de doléances de six villages du canton attirent l'attention sur le mauvais état des chemins en utilisant pour les qualifier les mots impraticables (deux fois), dangereux (trois fois), et mauvais (trois fois). A cette époque, les quatre petits ponts qui permettaient de franchir le Lambon dans la paroisse de Fressines étaient tombés en ruine. Le cahier de doléances de Thorigné attire également l'attention sur le problème du commerce des mulets, commerce primordial pour la prospérité de la région. Dès le 5 décembre 1791, le Conseil du département des Deux-Sèvres arrête le tracé de la route projetée de Niort à Limoges, par Mougon, Celles et Melle. Ce projet ne sera pas exécuté, sans doute à cause des guerres de Vendée. Il faut attendre le XIXe siècle pour que soit mise en place une infrastructure routière qui désenclave cette région. En l'an XIII (1803), un champ de foire a été établi à Celles ; ce champ de foire a été agrandi vers 1890. Dans le premier quart du XIXe siècle, certaines communes ont commencé à améliorer la voirie vicinale : Fressines (1808), Verrines (1814), puis Saint-Médard (1824) et Aigonnay (1825). Il faut ensuite attendre le troisième quart du XIXe siècle pour que les communes de Celles, Sainte-Blandine, Thorigné, Beaussais et Montigné se préoccupe de à cette voirie vicinale (1868, 1869). Après une campagne de travaux à Mougon (1878), le réseau des voies communales et intercommunales du canton est enfin devenu tout-à-fait praticable. Pour rendre les communications plus faciles, il a fallu entretenir et (re) construire des ponts dans ce canton traversé par la rivière du Lambon et son affluent la Belle. Le pont de Bellevue à Thorigné à deux arches en plein cintre, restauré récemment par les soins du C.A.U.E. nous offre un bel exemple d'un pont datant d'avant la Révolution. D'autres ont été construits, tel le pont de Rochetant à Fressines entre 1832 et 1834, ou le pont de la Bessière à Vitre vers 1842 ; d'autres sont reconstruits comme le pont de Celles en 1845 ou le pont de Charcogné, appelé anciennement le pont de Sotinet (?), en 1889 à la limite des communes d'Aigonnay et de Mougon. En 1861 a lieu la création des haras de Brochain pour l'élevage des baudets et ânesses du Poitou. En 1841, il y avait un maître de poste à Mougon, M. Leboeuf.

  • Tableau des ponts / ouvrages attestés :

    Aigonnay :

    Pont du Royou

    Celles-sur-Belle :

    Pont de Celles, sur la Belle. Route de Melle à Niort. Existait déjà en 1716. Reconstruit en 1845 par J. Bontemps.

    Pont : 1981 AE 102 (près), sur la Belle. Route nationale n° 148.

    Pont de Montigné : 1981 A3 181, sur la Belle. Chemin vicinal de Saint-Médard à Melle. Construit entre 1850 et 1851 par J. Legrand.

    Aqueduc du Soulier (Montigné), sur la Belle. Construit entre 1891 et 1892.

    Pont de Croué (Montigné-Verrines) 1933 A2 181 et 1933 ZC 99, sur la Belle. Chemin vicinal n°1. Construit en 1868 par Morteuil et Legrand.

    Pont de la Tête Noire (Montigné)

    Aqueduc de Croué (Verrines). Construit en 1882.

    Fressines :

    Pont Bertrand : 1969 AD 283 (près), sur le Lambon. Voie communale n°10.

    4 petits ponts, sur le Lambon. En ruine avant la Révolution.

    Pont de Rochetan, sur le Lambon. Construit entre 1832 et 1834.

    Pont de Salpot, sur le Lambon.

    Pont de Tiboeuf, sur le Lambon.

    Aigonnay / Mougon :

    Pont de Charcogné, sur le Lambon. Chemins vicinaux n°2 et 4. Construit avant 1827 et reconstruit en 1889.

    Mougon :

    Pont d'Antogné, sur le Lambon.

    Le vieux pont : 1983 A3, sur le Lambon. Chemin rural.

    Pont de pierres, sur le Lambon.

    Prailles :

    Pont de Douhault, sur l'Argentière et l'Hermitain.

    Thorigné :

    Pont de Bellevue, sur le Lambon. Construit avant la Révolution et restauré vers 1990.

    Pont des Touches, sur le Lambon.

    Vitré :

    Pont de la Bessière, sur le Lambon. Construit entre 1842 et 1843 par Bizard et Rault.

  • Fressines, pont de Rochetan, travaux de construction adjugés le 26 novembre 1832 à Daniel Martin et Pierre Bergeron, tailleurs de pierre, demeurant à La Crèche, commune de Breloux.

    Vitré, pont de La Bessière, "cet ouvrage se compose de deux arches de 1,66 mètre de largeur chacune s'appuyant sur une pile de 0,66 centimètres de largeur et sur deux culées de 1,33 mètre d'épaisseur ; ces piles et culées reposent elle-même sur le gravier qui est très dur ; à la pile il y aura un avant-bec en forme circulaire coiffé par un chapeau conique...". Devis estimatif des travaux à faire pour la construction d'un pont à La Bessière..., du 16 juin 1835, signé Bizard, architecte-voyer. Les travaux de construction ont été adjugés le 6 août 1842 à Jean Rault, maçon à Brioux-sur-Boutonne.

    Celles, pont de Celles, construit en grande partie par Jean Bontemps, décédé en 1845 avant la fin des travaux.

    Montigné, pont de Montigné, en pierre, construit en 1851 par Joseph Legrand, maçon demeurant à Chérigné, actif entre 1851 et 1869.

    Montigné-Verrines, pont de Croué, "la construction d'une arche en plein cintre de 3,20 mètres de largeur d'ouverture et 6 mètres de longueur entre têtes, laquelle repose immédiatement sur un socle de 0,32 mètre de hauteur et est accompagné de murs en retour qui donnent à chaque tête un développement total de 11 mètres, le tout, arche et murs en retour, étant d'ailleurs surmonté d'une plinthe et d'un parapet...". Devis... Sommaire des ouvrages, du 15 avril 1867, signé Mortreuil. Travaux de construction adjugés le 23 avril 1868 à Joseph Legrand, maçon demeurant à Chérigné.

  • Auteurs :

    Antoine Bizard, architecte-voyer à Melle (né en 1797 et décédé en1870), actif à partir de 1831. Auteur des temples de Pamproux (1832-1837) et de Vançais (1843) et de projets de temple pour Fressines (1836), Prailles (1851), Rom (1854) et Chey (1855-1860). Il est également l'auteur d'un certain nombre de mairies-écoles (Mazières-sur-Béronne, Vitré) et de quelques maisons construites sur le modèle de la mairie-école.

    Jean Bontemps (décédé en 1845), entrepreneur à Niort, où il demeure au n°28 de la rue Babinot. Il est le père de Désiré Bontemps agent-voyer, puis architecte à Niort.

    Joseph Legrand, maçon de Chérigné, actif entre 1851 et 1869.

    Aristide Mortreuil, agent-voyer de l'arrondissement de Melle en 1841, puis agent-voyer de l'arrondissement de Parthenay. Auteur des projets de construction des écoles de La Couarde (1858-1861) et de L'Enclave-de-La-Martinière (1869). Il a aussi dressé un plan d'alignement pour Pamproux en 1869.

  • Extraits du Mémoire statistique sur l'élection de Saint-Maixent (1698) et l'Election de Niort au XVIIIe siècle (1716, 1744) :

    Aigonnay

    "Il s'y sème de toute espèce de bled, et il y a quantité de fourages, quelques vins, bois taillis et noyers. Les peuples commercent particulièrement sur les bestiaux...".

    Beaussais

    "Les peuples commercent sur les bestiaux, boeufs gras, moutons et mulets...".

    Celles

    "Avec des pascages sufisans pour la nourriture de touttes sortes de bestiaux que l'on y élève...". (1716)

    Fressines

    "Il s'y recueille des foins, mais non pas en sy grande quantité qu'il seroit à souhaiter... On y élève des brebis, des jumens poullinières et des veaux d'Auvergne dont on fait des boeufs pour la culture des terres" (1716)

    Montigné

    "Les peuples... commercent sur les bleds et bestiaux, mais peu...".

    Mougon

    "Dans une plaine fertile en toutes les espèces de bleds, mais manquant de foin, ce quy luy cause un grand préjudice. On y élève quantité de brebis et on y nourrist des boeufs, des chevaux et mulles pour la culture des terres" (1716)

    Prailles

    "Il se sème de toute espèce de bleds, surtout des seigles ; il n'y a point de vin, il y a quelques noyers et chataigniers, peu de bois taillis, quelques pâturages. Le commerce consiste principalement sur la vente des bestiaux et peu sur le bled...".

    Sainte-Blandine

    "Tout le revenu consiste en bleds et on y recueille de toute espèce et est le seul trafic de la paroisse, qui est bon lorsque le blé a du débit ; il y a peu de vins, bois et fourages...".

    Saint-Médard

    "On y sème de toute espèce de bled, il n'y a ni bois ni vins, peu de fourages et quelques noyers. On commerce sur les bleds et sur quelques bestiaux...".

    Thorigné

    "Le climat est bon et on y sème de toute espèce de bleds, surtout fromens et seigle. Il n'y a point de vins, peu de bois taillis et fourages et quantité de noyers. On commerce sur les bleds et sur quelques bestiaux...".

    Verrines-sous-Celles

    "Le climat est aride ; il y a peu de fourages, de vins et bois, quelques noyers ; on y sème de toute espèce de bleds, surtout des baillarges en abondance ; on vend des bleds et quelques bestiaux...".

    Vitré

    "On y sème de toute espèce de bleds. Il y a peu de vins et bois taillis, quelques noyers et fourages. Cette paroisse n'est éloignée que de demi-lieue dudit bourg de Celles, où il tient un marché et un minage considérable, auxquels les habitants de Vitré vont vendre leur denrées et bleds. Ils trafiquent aussy sur les bestiaux...".

  • Tableau des auberges attestées par les sources :

    Thorigné :

    Auberge du Lion D'or. Date : 1654.

    Celles-sur-Belle :

    Auberge de La Brande. Dates : 1711, 1716.

    Auberge Les Trois Pigeons : Dates : 1681, 1716.

    Auberge Les Trois Piliers. Dates : 1784, an III.

    Auberge Les Trois Marchands. Rue de la Belle-Face. Date : 1867.

    Beaussais :

    Auberge du Logis du Cygne. Date : 1642.

    Auberge du Bouchon. Date : 1741.

  • Extrait des cahiers de doléances :

    Aigonnay

    "Que tous les chemins de la paroisse d'Aigonnay sont impraticables pendant une grande partie de l'année...".

    Beaussais

    "Tous les chemins vicinaux qui conduisent à Melle, Saint-Maixent, La Mothe-Saint-Héray et Celles sont très mauvais et même dangereux, ce qui prive les habitants de quelques ressources qu'offrent ces endroits pour le commerce...".

    Fressines

    "Qu'il existe dans cette paroisse quatre petits ponts sous lesquels passe la petite rivière du Lambon, qui sont totalement tombés en ruine et sur lesquels on ne peut passer pas une grande inondation, dans l'hiver, sans s'exposer à périr ; cependant il est de la plus grande utilité qu'ils soient rétablis en ce qu'ils se trouvent sur le passage des minotiers qui font conduire journellement des minots de La Mothe-Saint-Héray en la ville de Niort...".

    Mougon

    "On désirerait qu'il y eût dans ladite paroisse un établissement de charité pour qu'il fût travaillé aux chemins vicinaux qui conduisent à Niort, Celles, Fressines, Prahecq et La Mothe, qui sont si mauvais et dont quelques uns sont même fort dangereux...".

    Saint-Médard

    "Il y a dans notre paroisse des chemins de communication de bourg à bourg qui sont impraticables pendant trois mois de l'année, à cause des eaux qui y séjournent...".

    Thorigné

    "La partie des haras exige d'être absolument favorisée par les productions qui en résultent annuellement ; dans toutes les parties de cette élection et autres voisines, on élève des mules, des mulets qui participent plus que tout autre commerce, dans les campagnes, à pouvoir subvenir à l'acquittement de la quantité des impositions auxquelles on est sujet aujourd'hui...".

    Vitré

    "... Tous les chemins qui conduisent à Niort, Celles, Melle, La Mothe-St-Héray, où il se trouve quelque ressource pour le commerce, sont très mauvais ; quelques uns même dangereux...".

  • Mise en place de la voirie vicinale :

    Fressines : voirie vicinale à partir de 1808.

    Verrines : voirie vicinale à partir de 1814.

    Saint-Médard : voirie vicinale à partir de 1824.

    Aigonnay : voirie vicinale à partir de 1825.

    Prailles : voirie vicinale à partir de 1865.

    Celles-sur-Belle : voirie vicinale à partir de 1868.

    Sainte-Blandine : voirie vicinale à partir de 1868.

    Thorigné : voirie vicinale à partir de 1868.

    Beaussais : voirie vicinale à partir de 1869.

    Montigné : voirie vicinale à partir de 1869.

    Vitré : voirie vicinale à partir de 1869.

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