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Bac à râteau

Dossier IM17006729 réalisé en 2016

Fiche

Dénominations bateau de service, bateau drague
Appellations BAC À RÂTEAU
Aire d'étude et canton Région Nouvelle-Aquitaine
Adresse Commune : Marans
Adresse : route D 938 ter
Cadastre : 2016 OA 42

Ce bac à râteau (ou bac-râteau) a été construit en 1959 par Benjamin Durand, constructeur de bateaux à Marans, pour le compte de la Société des marais desséchés de Vix-Maillé-Maillezais. Il était utilisé pour curer le canal de Vix. Désaffecté, il a été inscrit au titre des Monuments historiques en 2014 après avoir été acquis par la Ville de Marans.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1959, daté par source
Lieu d'exécution Édifice ou site : Nouvelle-Aquitaine, 17, Marans
Auteur(s) Auteur : Durand Benjamin, charpentier de navires

Un bac à râteau ou bac-râteau est constitué d'une embarcation en bois (le "bac"), à la proue de laquelle est fixé un panneau vertical (le "râteau"). Ce panneau ainsi que les deux ailes mobiles qui l'encadrent sont équipés à leur base d'une bande de fer dentelée, destinée à racler les vases au fond du canal. Les deux ailes s'adaptent à la largeur et aux irrégularités latérales du cours d'eau. Le bac-râteau se déplace d'amont en aval, poussé par le courant de l'eau et tiré depuis la berge à l'aide de cordes. Il repousse ainsi vers l'aval les vases qu'il a détachées du fond du canal.

Catégories menuiserie
Matériaux bois
iroko
Précision dimensions

L = 7,20 m ; la = 2,60 m ; tirant d'eau = 0,75 m ; déplacement = 4,560 t

États conservations mauvaises conditions de conservation
mauvais état
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre objet, 2014/02/05

Annexes

  • Histoire des bacs-râteaux

    Le premier bateau-outil destiné à curer les canaux, alors appelé "embarras", est utilisé par la Société des marais desséchés de Taugon-Choupeau-Benon en 1770. Il s’agit d’un panneau en métal positionné verticalement dans le canal. Poussé par la marée et tiré par des cordes, ce panneau ratisse le fond du canal. Mais cette technique est peu aisée de maniement, notamment pour maintenir le panneau stable et droit. Dès lors, à la veille de la Révolution, les sociétés de marais envisagent de le remplacer par une autre machine plus fiable, le bac-râteau. En 1783, la Société de Vix-Maillé-Maillezais est la première à remplacer son embarras, inutilisable, par un bac-râteau. Elle est imitée peu après par la Société de Saint-Michel, Cosse et Bernay. Ce nouvel outil semble inspiré de la machine "à râteau de fer" utilisée sans succès en 1772 par l'abbé Bonnin, chanoine de Luçon, pour curer la Sèvre Niortaise à Marans.

    Pendant la Révolution et l'Empire, le manque de main-d'oeuvre pour curer les canaux pousse les sociétés de marais à acquérir chacune un bac-râteau. Tel est le cas avant 1807 pour la Société du Contrebot de Vix. La même année, l'assemblée générale de la Société de Vix-Maillé-Maillezais décrit ainsi la nouvelle machine : "C’est un bateau ordinaire à la proue duquel on a adapté en travers un plancher mobile qui se développe par des ailes aux deux extrémités. Sous la tranche de la longueur du tout, on a fixé une bande de fer en dentelure dont les pointes ont deux à trois pouces de long, de manière qu’en levant perpendiculairement le plancher, cette bande de fer se trouve au-dessous de la surface du bateau et par son mouvement entraîne tout ce qui est au devant". La propulsion du bac-râteau est naturelle : elle se fait par poussée de l’eau contre le râteau placé à l’arrière du bac. Louis-Benjmain Fleuriau de Bellevue, directeur de la Société de Taugon-Choupeau-Benon, admire cette machine dans sa contribution à la Statistique de Gautier, en 1839 : "Cette précieuse machine épargne les deux tiers des frais de curage qui serait fait à bras d’homme (...), mais surtout elle procure l’avantage inappréciable de rendre chaque année le fond du canal net de vases, de pierres et de racines d’herbes".

    A la suite des sociétés de Taugon-Choupeau-Benon, Vix-Maillezais et Saint-Michel, Cosse et Bernay, nombreux sont ceux qui adoptent le bac-râteau. L’administration des Ponts et chaussées elle-même finit par adopter à son tour le bac-râteau et à s’en faire construire plusieurs, si elle ne les loue pas aux sociétés qui en possèdent. Selon Fleuriau de Bellevue, le service spécial de la Sèvre niortaise s’est doté de trois de ces engins afin de mieux curer le fleuve, diminuant d’autant l’effet des inondations sur les marais mouillés alentours. Fleuriau de Bellevue assure aussi que la technique a été exportée vers les marais de Mérignac, en Gironde. Plus près, Le 18 octobre 1833, un ingénieur en chef préconise l’achat d’un tel outil au préfet de la Vendée afin de pouvoir l’utiliser tous les ans pour le curage du lit de la rivière Vendée, sans devoir en emprunter aux sociétés de marais.

    Les sociétés de marais tiennent alors beaucoup à cette nouvelle machine, et mettent un point d’honneur à son entretien et à sa protection. Le 28 septembre 1817, la Société de Taugon-Choupeau-Benon s’accorde avec le propriétaire de la cabane de Richebonne, à Charon, pour établir une gare sur un terrain lui appartenant, au bord du canal de la Banche, gare destinée à accueillir le bac-râteau pour le mettre à l’abri du courant des eaux.

  • Description d'un bac-râteau dans un rapport de visite des marais de la Société de Vix-Maillezais, 8 juin 1807 (Arch. dép. Vendée, 62 J, archives de la Société des marais de Vix-Maillezais, liasse 27, dossier 3, pièce 2).

    "C’est un bateau ordinaire à la proue duquel on a adapté en travers un plancher mobile qui se développe par des ailes aux deux extrémités. Sous la tranche de la longueur du tout, on a fixé une bande de fer en dentelure dont les pointes ont deux à trois pouces de long, de manière qu’en levant perpendiculairement le plancher cette bande de fer se trouve au-dessous de la surface du bateau et par son mouvement entraîne tout ce qui est au devant."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Informations, documentation, photographies et notes de dépouillements d'archives fournies par M. René Durand, Marans.

Bibliographie
  • Gautier, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 314-315
  • Suire, Yannis. L'histoire de l'environnement dans le Marais poitevin, seconde moitié du XVIe siècle - début du XXe siècle. Thèse d'Ecole nationale des Chartes, 2002.

    p. 563 et 868
  • Suire, Yannis. Le Marais poitevin, une écohistoire du XVIe à l'aube du XXe siècle. La Roche-sur-Yon : Centre vendéen de recherches historiques, 2006.

    p. 195 et 357
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, inventaire du patrimoine culturel ; (c) DRAC Nouvelle-Aquitaine - Tijou Philippe - Suire Yannis