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Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet : présentation de la commune

Dossier IA17045061 réalisé en 2012

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Estuaire de la Gironde
Adresse Commune : Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet

Vestiges archéologiques, grottes et souterrains

La géographie et les paysages, toujours en évolution, ont beaucoup influencé l'histoire des anciennes communes de Chenac et de Saint-Seurin-d'Uzet. Toutes les deux semblent tirer leur nom d'une partie de leur environnement naturel. La présence de bois de chêne ou "yeuses" aurait ainsi inspiré tout à la fois les noms "Chenac" et "Uzet".

Au cours des deux derniers siècles, des repérages et des mises au jour archéologiques, fortuits ou menés plus scientifiquement, ont permis de mettre en évidence une occupation ancienne du territoire, en particulier des hauteurs qui, jusqu'au Moyen Age, dominaient les flots. Des silex taillés et polis ont été mis au jour sur le territoire de Chenac, ainsi qu'une hache polie, trouvée à la Brousse, des râcloirs, des couteaux, des pointes de lance, sans doute de l'époque celtique. Les traces d'un enclos de l'Age du fer ont été décelées près de la Champagne.

L'époque gauloise et romaine a laissé de nombreuses traces. Des voies romaines traversaient le territoire. L'une reliait Mortagne à Cozes en passant par Cour d'Ousille et les Parpaillons. En 1836, les vestiges d'une villa romaine ont été découverts près du château de Saint-Seurin par le baron de Saint-Seurin qui en aurait relevé le plan. Cette villa, de nouveau mise au jour au 20e siècle, se situait sur une butte de terrain à l'est du château, face à la Gironde. Sur ce site, planté en vignes par la suite, ont été recueillis des morceaux de tuiles à rebords, de ciment rose et de mosaïques, en particulier des cubes de verre bleu foncé. Par ailleurs, un trésor monétaire gaulois et romain a été découvert en 1870 dans le cours de la rivière de Font-Garnier. Un autre, composé de 14 pièces gauloises, a été mis au jour en 1890 à Saint-Seurin, et une statuette en bronze d'époque romaine a été trouvée sur les vases de la Gironde, près de Conchemarche, en 1908. Enfin, un aqueduc aurait servi à acheminer l'eau de la source de Chauvignac en direction de Barzan et du Fâ.

La Préhistoire, l'Antiquité et le Moyen Age ont probablement aussi laissé les cavités habitées à flanc de falaises et les souterrains-refuges mentionnés en particulier à Saint-Seurin-d'Uzet. L'un de ces souterrains, proche du château et du cimetière, a été mis au jour, exploré, décrit et photographié en 1953. Les falaises au pied de l'Echailler et de Tire-Cul recèlent plusieurs petites grottes qui montrent des traces d'occupation à des fins d'exploitation ou d'habitat, y compris jusqu'à ces dernières décennies. Des éléments d'habitat troglodytique, là aussi difficiles à dater, sont par ailleurs visibles au Roc.

Deux seigneuries pour un même seigneur

Pendant tout le Moyen Age et jusqu'à la Révolution, Chenac, parfois appelé Saint-Martin-de-Chenac, et Saint-Seurin-d'Uzet ne cessent de voir leur histoire se croiser, l'activité portuaire de l'une se nourrissant du caractère viticole de l'autre, et vice-versa. Ces points communs économiques expliquent les convergences foncières, institutionnelles et religieuses qui jalonnent l'histoire des deux anciennes communes.

Jusqu'au 14e siècle, les deux seigneuries de Chenac et de Saint-Seurin-d'Uzet dépendent du seigneur de Mortagne. Saint-Seurin-d'Uzet est mentionnée pour la première fois en 1174 lorsqu'Adhémar, évêque de Saintes, donne l'église de Saint-Seurin au seigneur de Mortagne. Deux ans plus tard, c'est Chenac qui fait son apparition dans les textes : le 13 août 1176, Benoît, curé de Chenac, apparaît comme témoin d'une donation faite par le seigneur de Mortagne à l'abbaye de Vaux-sur-Mer. En 1314, Hélie, curé de Chenac, est témoin de l'accord intervenu entre l'abbé de Madion et le viguier de Mortagne au sujet du Bois-Rigaud.

Le 24 août 1337, Pons, vicomte d´Aunay et seigneur de Mortagne, vend à Aymar d´Archiac les fiefs de Saint-Seurin-d'Uzet et de Saint-Martin-de-Chenac, avec droit de haute, moyenne et basse justice, pour 900 livres. Désormais distincts des seigneurs de Mortagne, les seigneurs et possesseurs de Chenac et de Saint-Seurin-d'Uzet doivent toutefois leur rendre hommage. Vers 1435, Perette Marchand, veuve d'un autre Aymar d'Archiac, se remarie avec Arnaud de Sainte-Maure et lui apporte Saint-Seurin et Chenac. Les biens des deux époux, défunts, sont partagés en 1469. Leur fille, Marguerite de Sainte-Maure, épouse de Jean de La Mothe-Fouqué, hérite de Saint-Seurin et Chenac. Vers 1480, elle fait reconstruire le château de Saint-Seurin. L'ancien château, appelé "château brisé", est abandonné.

Chenac et Saint-Seurin-d'Uzet restent dans les mains de la famille de La Mothe-Fouqué pendant tout le 16e siècle. En 1531, Guy de La Mothe-Fouqué, second époux de Marguerite de Sainte-Maure, est seigneur de Saint-Seurin. Les biens de son épouse décédée sont partagés en 1534. Leur fils Jean de La Mothe-Fouqué reçoit la seigneurie de Chenac. Le 6 avril 1630, son petit-fils Henry de La Mothe-Fouqué, baron de Saint-Seurin et seigneur de Chenac, vend les deux seigneuries et le château de Saint-Seurin à son beau-père, Jean Brétinauld. D'une génération à l'autre, les Brétinauld de Saint-Seurin ne vont cesser de marquer l'histoire des deux paroisses et des deux communes par-delà la Révolution et jusqu'au début du 20e siècle. Le dernier de la lignée, Amédée de Saint-Seurin, meurt en 1900 sans postérité.

Parallèlement, quelques petits fiefs se développent sous l'Ancien Régime, essentiellement sur le territoire de Chenac, à l'ombre des deux seigneuries. Les domaines de Baine (où subsistent les traces de fossés sans doute médiévaux), de Saint-Rémi (où la légende place une abbaye) et de Saint-Denis sont les plus importants et leurs possesseurs, les Lacroix du Repaire, Beaupoil et d'Asnières, comptent parmi les notables des deux paroisses au 18e siècle.

Une terre de vignerons, de marins et de protestants

Ce cadre seigneurial et foncier structure la vie et l'organisation du territoire jusqu'à la Révolution et même jusqu'au début du 19e siècle. En 1643, un aveu de la seigneurie de Saint-Seurin-d'Uzet cite la plupart des lieux-dits connus encore aujourd'hui : Chauvignac, les Monards, la Tuilerie, Gratechat, Barabe, Lafont, Chez-Cochin, Moque-Souris, Uzet, etc. En 1692, le village du Petit-Chenac, saisi par le seigneur de Saint-Seurin pour dettes, compte environ 600 habitants.

Du 16e au 18e siècle, laboureurs, vignerons, mariniers, marchands, artisans, tonneliers, maréchaux-ferrants, etc, peuplent les bourgs et les hameaux de Chenac et de Saint-Seurin-d'Uzet. On relève aussi des pilotes de navire (par exemple Ezechiel Poitiers en 1686) et des constructeurs de navires (comme Louis Gouin en 1789. Il n'est pas rare de trouver des gens de mer à Chenac autant qu'à Saint-Seurin-d'Uzet. En 1682 par exemple, Jacques Fournier, marinier à Barzan, loue ses services en qualité de mercenaire à Jean Bon, aussi marinier, demeurant au bourg de Chenac, "pour faire la pêcherie de la morue en l´île de Plaizance et autres endroits de la Terre Neuve".

Tous bénéficient du développement du port de Saint-Seurin-d'Uzet à partir de la fin du Moyen Age. Ses pêcheurs sont mentionnés pour la première fois en 1479. Au milieu du 16e siècle, le port compte, plus encore que celui de Mortagne, parmi les principaux lieux de cabotage de l'estuaire, d'où des bateaux partent se mettre au service du port de Bordeaux notamment. Saint-Seurin fait partie des ports saintongeais par lesquels transitent les céréales ou encore le salpêtre produit à Bordeaux et exporté vers le nord. En 1554, un arrêt du parlement de Bordeaux exonère de tous droits le sel, les huîtres, les moules, les sardines et autres vivres pris dans la châtellenie de Saint-Seurin. Le port continue à prospérer aux 17e et 18e siècles, époque à laquelle le bourg et l'église de Saint-Seurin-d'Uzet, initialement situés sur la hauteur derrière le château, sont déplacés en contrebas, à proximité de l'estuaire et du château. Malgré cela, le nombre d'habitants à Saint-Seurin-d'Uzet diminue au 18e siècle.

Dans l'arrière-pays, le vin fait déjà la renommée des lieux. Vers 1700, l'ingénieur du roi Claude Masse vante les mérites des vins de Chenac, "les meilleurs de ces quartiers", "surtout ceux de certains coteaux exposés au midy", en particulier le vin rouge. Cette richessse explique peut-être en partie l'augmentation du nombre d'habitants observée à Chenac au 18e siècle. Comme les paroisses alentours, Chenac et Saint-Seurin-d'Uzet bénéficient par ailleurs du droit d'usage, de pacage et de pâturage dans les bois appelés Bois-Rigaud ou landes de Madion (actuelle forêt de Saint-Seurin), selon un acte de concession de 1457 octroyé par l'abbé de Madion. Ce droit le leur est toutefois contesté par les princes de Mortagne à partir de 1769 puis après la Révolution (les landes de Madion seront partagées entre les communes concernées en 1801, puis rétrocédées en partie à l'ancien prince de Mortagne en 1814, et vendues aux enchères en 1815).

Le commerce du vin et l'activité portuaire, facteurs d'ouverture sur l'extérieur, ne sont sans doute pas étrangers au fait que, très tôt, Chenac et Saint-Seurin-d'Uzet deviennent des terres protestantes. Dès 1546, un notable de Chenac, nommé Frère-Jean, et son fils Jean se convertissent au protestantisme. En 1560, des réunions clandestines se tiennent à Chenac et à Saint-Seurin-d'Uzet, sous la direction de Frère-Jean fils. Gabriel de La Mothe-Fouqué, seigneur de Saint-Seurin-d'Uzet, se convertit lui-même peu après. En 1561, un ministre protestant, Charles Léopard procède à de premiers baptêmes et à des prêches publics.

Au cours des guerres de Religion, Saint-Seurin-d'Uzet, place stratégique avec son château, voit passer catholiques et protestants, les uns fuyant ou attaquant les autres, au détriment des habitants. Construit sur le port en 1639 par Jean Brétinauld, un temple est détruit sur ordre du roi en 1681. En 1672, Henri Brétinauld abjure le protestantisme mais sa sœur, Elisabeth, s'y refuse et fuit la France, comme plusieurs familles de Saint-Seurin et de Chenac. Au 18e siècle, lorsque le culte protestant est de nouveau toléré, les protestants de Saint-Seurin, ne bénéficiant pas de leur propre temple, participent à la construction de celui de Mortagne. En 1774 cependant, un certain M. Julien est pasteur à Saint-Seurin-d'Uzet où il a épousé la fille d'un officier de marine, M. Villeur.

Des convergences et des divergences : Chenac et Saint-Seurin-d'Uzet dans la première moitié du 19e siècle

Aussitôt après la Révolution, Chenac et Saint-Seurin-d'Uzet, brièvement rebaptisée "l'Union d'Uzet", connaissent un premier épisode de fusion institutionnelle. En effet, à l'occasion du Concordat de 1801, la paroisse de Saint-Seurin est supprimée et intégrée à celle de Chenac (les deux communes demeurent distinctes, tout en ayant recours à partir de 1816 à un seul garde-champêtre). Cette fusion est vivement contestée par les paroissiens de Saint-Seurin, et chacun des deux conseils municipaux renvoie à l'autre la responsabilité financière de l'entretien des églises et des presbytères. Cette situation perdure jusqu'au rétablissement de Saint-Seurin-d'Uzet en paroisse en 1845.

Par-delà la Révolution, la production viticole se poursuit et les nouvelles autorités municipales s'attachent à l'encadrer. Chaque année, le conseil municipal fixe ainsi la date du début des vendanges. Pourtant, en ce début du 19e siècle, selon le cadastre, la vigne, bien que déjà primordiale économiquement, ne couvre pas un cinquième de la superficie totale de la commune de Chenac, et à peine un dixième de celle de Saint-Seurin-d'Uzet. A cette même époque, c'est la céréaliculture qui domine, d'où la présence de nombreux moulins à blé, mus par le vent (on en dénombre 5 à Chenac et 6 à Saint-Seurin-d'Uzet) ou par l'eau (2 à Chenac et 3 à Saint-Seurin-d'uzet).

L'élevage est bien plus présent dans les marais intérieurs, autour des rivières de Juliat et de Chauvignac (les marais en bord d'estuaire ne sont pas encore formés). Comme pour les vendanges, les conseils municipaux des deux communes s'attachent à organiser et encadrer la vaine pature (libre divagation des troupeaux) dans ces prairies. L'assainissement de ces marais et leur mauvais état d'entretien est toutefois un sujet d'inquiétude. En 1802 puis en 1808, le conseil municipal de Saint-Seurin-d'Uzet ordonne aux riverains de la rivière de Juliat de procéder au curage de leurs fossés. Ce vœu est réitéré en 1811 car, si la rivière a été curée par les propriétaires des moulins à eau de Font-Garnier et de Saint-Seurin, l´eau des alentours ne s´écoule pas correctement à cause de l´état des fossés, ce qui est préjudiciable aux récoltes et à la santé publique. Finalement, le 27 juin 1841, 39 propriétaires de parcelles situées dans la prairie de Juliat se réunissent à la mairie de Saint-Seurin-d'Uzet sous la présidence du maire, Ambroise Guillon, et sous l'impulsion du baron de Saint-Seurin. Ils se constituent alors en un syndicat des marais de Juliat, présidé par le baron.

L'action de notables comme le baron Henri Brétinauld de Saint-Seurin puis son fils Amédée, ou encore d'Elisabeth d'Asnières, veuve de Lacroix du Repaire, du Château Saint-Denis, contribue à fédérer les deux communes. En effet, ces riches familles participent financièrement au développement de l'une comme de l'autre, notamment lorsqu'il est question, dans les années 1850-1860, de les doter d'écoles (publiques ou privées) et de reconstruire les deux églises. Les deux édifices témoignent aujourd'hui de cette action synchronisée.

Du vin et du caviar, des années 1850 aux années 1960

A partir du milieu du 19e siècle, les deux communes, comme la plupart de leurs voisines, connaissent une double révolution : une révolution viticole, une autre portuaire et commerciale. La première concerne avant tout Chenac, territoire de vignes comme Claude Masse le soulignait dès 1700. Comme toute la Saintonge, la viticulture connaît à Chenac mais aussi à Saint-Seurin-d'Uzet, un essor fulgurant qui profite autant aux grands propriétaires qu'aux paysans, parmi lesquels beaucoup s'enrichissent. Dans les années 1850 à 1880, presque toutes les exploitations agricoles se dotent de chais plus ou moins grands, et beaucoup de paysans se font construire une nouvelle maison. D'importants domaines viticoles font fortune, par exemple celui du Pinier, détenu par André Jousset, ancien tonnelier, et sa famille.

Cette production bénéficie du point de vue commercial de l'autre révolution que connaît le territoire à la même époque, avec le développement considérable du port des Monards et de celui de Saint-Seurin-d'Uzet. Tous deux commencent leur mue dès les années 1830 : ils sont alors concernés par le vaste élan de modernisation des petits ports de l'estuaire engagé par l'Etat. Comme Mortagne ou Port-Maubert entre autres, ces deux ports voient leur chenal redressé et leurs rives équipées de quais empierrés. Dans les deux cas, l'activité du port nourrit et se nourrit de celle d'une minoterie, établissement industriel qui prend le relai de l'ancien moulin à eau. Le nombre d'habitants augmente alors à Saint-Seurin-d'Uzet, atteignant le nombre de 588 en 1872.

A partir de 1876, la crise du phylloxéra marque un coup d'arrêt au développement viticole des deux communes, comme pour toute la Saintonge. De très nombreux exploitants connaissent la ruine. Certains expriment même leur détresse sur des plaques apposées dans l'église de Chenac. Quelques-uns tentent une réaction, à l'image du négociant Gustave Cardinal qui établit en 1883, sur le port de Saint-Seurin, une éphémère fabrique de raisins secs. Contrairement à Mortagne notamment, l'activité portuaire n'est pas suffisante pour compenser cette catastrophe économique, d'autant que le chemin de fer capte désormais une bonne part des échanges.

Pire encore, à partir des années 1890, le port souffre du début d'envasement de la côte en raison du rapprochement inéxorable d'un banc de sable, appelé "banc de Saint-Seurin". Cet envasement n'est cependant pas aussi poussé qu'au sud, au niveau du port de Mortagne, et dans la première moitié du 20e siècle, les flots viennent battre à nouveau les falaises de part et d'autre du port de Saint-Seurin. En revanche, l'envasement est réel au sud, au pied de l'Echailler. Sur cet espace abandonné par l'estuaire, les habitants, descendus des hameaux par les sentiers, se livrent modestement à la pêche, à la chasse et à l'élevage.

Les vagues constituent une autre menace pour le rivage. Régulièrement, tempêtes et inondations viennent balayer le port et le bourg de Saint-Seurin. De telles catastrophes, mentionnées déjà en 1645 et 1784, se produisent notamment en 1875 et 1876. Ces événements poussent à une nouvelle réflexion sur les aménagements du port et la protection du bourg de Saint-Seurin. En 1880, on commence l'édification d'une digue sur la rive droite du port (les restes en sont encore visibles à l'entrée de l'ancien terrain de camping), ce qui assure une protection efficace lors d'une nouvelle tempête en octobre 1882. Une autre digue est construite, cette fois sur la rive gauche (là où elle est encore visible), à partir de 1895.

Malgré ces aléas, et grâce à cette prise en compte du risque, le salut de bon nombre d'habitants à la fin du 19e siècle, face à la crise du phylloxéra, vient de l'estuaire. En novembre 1876, le conseil municipal de Saint-Seurin-d'Uzet autorise ceux qui le souhaitent à se livrer à la pêche sur les bords de la Gironde "à l´aide des filets connus sous le nom vulgaire de renard". Outre cette pêche pratiquée quotidiennement par tout un chacun, le port de Saint-Seurin prospère jusque dans les années 1960 grâce à la pêche exercée de manière professionnelle par un groupe de marins pêcheurs, en particulier les membres de la famille Milh. Leur fortune réside dans un poisson, l'esturgeon, et dans ses œufs qu'ils apprennent à partir des années 1920, sous les encouragements d'une princesse russe, dit la légende, à préparer en caviar. Cet "or noir" fait pendant quelques décennies la renommée et la richesse du petit port de Saint-Seurin-d'Uzet. Dans les années 1930, des célébrités du monde politique ou artistique s'y pressent pour déguster le précieux mêt.

Assez vite, le développement du port rejaillit sur celui de Saint-Seurin-d'Uzet et de Chenac. En 1892, un bureau téléphonique est ouvert à Saint-Seurin. En 1914, la municipalité de Saint-Seurin-d'Uzet obtient l´établissement d´une cabine téléphonique publique pour répondre aux nombreux besoins du port, des commerçants, des industriels, des pêcheurs à l´esturgeon et des touristes de passage. En 1906 et 1907, les deux communes se font édifier d'imposantes mairies-écoles en faisant appel au même architecte, Félicien Balley. En 1926, Chenac (rebaptisée Chenac-sur-Gironde deux ans plus tard) et Saint-Seurin-d'Uzet constituent un syndicat avec Cozes, Arces, Barzan, Epargnes, Grézac et Talmont pour faire venir l'électricité. Les travaux ont lieu en 1932, avec concession à la Société charentaise de distribution électrique. Le réseau est modernisé et étendu aux écarts en 1957, tandis que l'on procède aux travaux d'adduction d'eau.

Une commune à deux visages, depuis les années 1960

Au début des années 1960, la diminution du nombre d'habitants à Chenac-sur-Gironde et à Saint-Seurin-d'Uzet, et la politique de regroupement de collectivités, menée dans toute la France, font naître l'idée d'une fusion entre les deux communes, à la géographie et à l'histoire à la fois différentes et si étroitement mêlées. En janvier 1964, un syndicat intercommunal à vocation mutliple d'administration et d'équipement est constitué, comprenant trois conseillers de chaque commune. Le 21 février 1965, les deux conseils municipaux, réunis ensemble sous la présidence de Hervé Coussot, maire de Saint-Seurin-d'Uzet, et de M. Lemarchand, maire de Chenac-sur-Gironde, votent la fusion, qui entre en vigueur par arrêté préfectoral du 25 février suivant.

Du point de vue économique, les deux principales sources de revenus de la commune, la vigne et la pêche, connaissent de profondes mutations dans les trois dernières décennies du 20e siècle. La production viticole d'une part qui, après la crise du phylloxéra, s'était partiellement reconstituée au sein de petites exploitations alliant élevage et viticulture, connaît une phase intense de concentration. Comme partout en Saintonge, le nombre d'exploitants agricoles en général, viticoles en particulier, chute. En 1962, la commune de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet comptait encore 80 exploitations, 65 en 1982. Aujourd'hui, l'essentiel de la production viticole est concentrée dans une poignée d'exploitations, autour du bourg de Chenac, le long ou à proximité de la "route du Pineau". L'exode rural qui se cache derrière cette évolution, entraîne aussi la fermeture des commerces (on comptait en 1982 une boulangerie, deux épiceries, un café, deux restaurants, un bureau de tabac et un dépôt de tabac).

Sur le port de Saint-Seurin-d'Uzet, la pêche à l'esturgeon et la production de caviar atteignent leur apogée dans les années 1950 (cette production oscille alors entre 3 et 5 tonnes par an), puis périclitent rapidement dans les années 1970. Pratiquée de manière trop intensive depuis les années 1920, la pêche à esturgeon a en effet provoqué la raréfaction de l'espèce, jusqu'à être interdite en 1982. Aujourd'hui, le caviar, préparé dans une ferme aquacole des environs, est de nouveau en vente à Saint-Seurin-d'Uzet, et les habitants tentent de promouvoir le souvenir de ce qui fut la "capitale du caviar français".

L'autre difficulté pour le port de Saint-Seurin comme pour celui des Monards après 1945 réside dans l'envasement rapide des bords d'estuaire, aboutissant à la formation de la vaste roselière que l'on connaît de nos jours. Cet envasement apparaît nettement sur les photographies aériennes de l'IGN prises à partir de 1949. A cette date, l'eau arrive encore à l'entrée des deux ports et frappe le pied des falaises, sauf au sud, vers l'Echailler et Conchemarche, où l'effet du banc de Saint-Seurin se fait sentir depuis la fin du 19e siècle. Sur les photographies de 1956 et surtout de 1976, les deux ports et les falaises sont désormais séparés de l'estuaire par plusieurs centaines de mètres de vasières et de roselières. De nos jours, l'activité d'élevage est maintenue dans les marais, autour de Conchermarche, en s'appuyant sur la marque déposée "Agneau de l'estuaire".

L'envasement des bords d'estuaire observé depuis 1945 apparaît aujourd'hui stoppé. Une inversion semble même se dessiner, avec un recul des vasières tout le long de la côte. Le risque d'inondation est toujours bien présent, comme l'ont rappelé les événements tragiques de la tempête de décembre 1999 (66 maisons inondées et deux décès déplorés dans le bourg de Saint-Seurin-d'Uzet), puis de la tempête Xynthia en février 2010. A la condition de prendre en compte les impératifs de cet environnement spécifique et la dualité de son identité, Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet entrevoit un nouvel avenir, tourné vers le vin, l'estuaire et le tourisme. En 2009, pour la première fois depuis la fin du 19e siècle, le nombre de ses habitants a augmenté.

Née en 1965 de la fusion de deux communes, Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet se caractérise, dans son histoire et sa géographie, à la fois par sa dualité (entre Chenac, ancienne commune d'arrière-pays viticole, et Saint-Seurin-d'Uzet, sur les rives immédiates de l'estuaire), et par les fortes complémentarités entre ces deux composantes. Comme pour beaucoup de communes riveraines de l'estuaire, c'est cette complémentarité qui a fait la richesse du territoire.

L'ancienne commune de Chenac-sur-Gironde recouvrait les deux tiers nord de la commune actuelle. Elle présentait une superficie de 1433 hectares. Celle de Saint-Seurin-d'Uzet, au sud, couvrait 590 hectares. La limite entre les deux commençait, par l'ouest, au sud des Monards et de Barabe (Chenac englobant ces deux lieux-dits), filait vers l'est et la Tuilerie (côté Saint-Seurin), passait au nord du Petit Chenac, descendait vers le sud en coupant le lieu-dit la Cave en deux, continuait vers l'est en laissant les Borderies du côté de Chenac, Font-Garnier du côté de Saint-Seurin, et aboutissait au nord de la Champagne.

La géographie et les paysages de la commune de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet recouvrent des entités différentes par leur physionomie mais complémentaires par leur fonctionnement. Au nord-est, une langue de terre d'à peine un kilomètre au plus étroit, permet à la commune de bénéficier d'une partie de la forêt de Valleret qui occupe une grande partie de l'arrière-pays estuarien. Cette partie de forêt est ici appelée forêt de Saint-Seurin. La langue de terre qui relie ce bois au reste de la commune présente un relief peu accidenté, ponctué de quelques hameaux et reliefs isolés (le Pinier, Chez-Faure, Chez-Loiseau...), et couvert de champs céréaliers au nord, de vignes au sud.

Ce paysage viticole annonce celui, plus présent encore, qui occupe une grande partie de l'espace situé au nord d'une ligne allant de Saint-Denis à l'est, au bourg de Chenac et à Chauvignac à l'ouest. La vigne couvre le sommet et les coteaux de ce plateau qui culmine à 61 mètres d'altitude au niveau de Cour d'Ousille et de Mondésir. Ici ou là, la vigne fait place à de petits bois, notamment entre Mondésir, Chez-Rullaud et les Dougnes. Le plateau se déchire en de nombreux petits vallons ou "combes", par exemple vers Saint-Rémi, à la "combe à Bouron", près de Saint-Denis, au pied de la Brousse ou encore vers les Robineries.

Certains de ces vallons s'élargissent davantage que d'autres et accueillent alors le lit de ruisseaux ou de rivières, alimentées par des sources, notamment celles de Chauvignac et de Font-Garnier. Tel est le cas du vallon des Ruisselles, au sud-est du bourg de Chenac. La rivière du Juliat au sud, celles de Chauvignac et du Rambaud (qui assure la limite avec Barzan) au nord, alimentent des marais intérieurs exploités en prairies ou en champs céréaliers. Ces rivières se jettent dans l'estuaire en formant des chenaux au niveau du port de Saint-Seurin et de celui des Monards. Entre ces deux ports, deux langues de terre dominées par le Petit Chenac d'une part, le Terrier et la Tuilerie d'autre part, séparent les vallées du Juliat, des Ruisselles et de Chauvignac, créant des promontoires d'où la vue sur l'estuaire est imprenable.

Si le coteau de la Tuilerie s'achève en pente relativement douce à Barabe, celui du Petit Chenac s'interrompt brusquement en falaises. Cette façade verticale relie le hameau du Roc à un curieux rocher appelé la Motte Ronde, avançant comme un éperon vers l'estuaire. Ce paysage de falaises se retrouve au sud de la commune, sur une façade calcaire longue de 2,5 kilomètres, entre le château de Saint-Seurin et Conchemarche. Cette façade termine brusquement un plateau prolongeant celui de Mortagne-sur-Gironde, dont il est séparé par le vallon de la Combe. Cette ligne de falaises est interrompue par quelques combes, notamment au niveau de Chez-Naudin, de l'Echailler et de Tire-Cul.

Ces falaises ainsi que les coteaux qui dominent les vallées et les marais intérieurs, forment l'ancienne limite du rivage, les flots de l'estuaire venant battre ces rochers et ces flancs jusqu'à une date parfois récente. Si les marais intérieurs ont été comblés dès le Moyen Age, les falaises étaient baignées par la mer avant le milieu du 20e siècle, avec des périodes successives d'avancées et de retraits des eaux. Depuis les années 1960-1970, une vaste roselière sépare désormais les falaises de l'estuaire. Large de plus d'1,5 kilomètres au niveau de Conchemarche, elle sert d'abri à près de trente espèces d'oiseaux, et est gérée par le Conservatoire du littoral et le Conservatoire régional des espaces naturels. Plusieurs dispositifs réglementaires de protection, nationaux ou européens, s'y appliquent.

Annexes

  • Extrait du Bulletin de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. 34, 1914, p. 263, au sujet de vestiges archéologiques au Vieux-Bourg :

    "A Saint-Seurin-d'Uzet, au lieu dit le Vieux-Bourg, dépendant de la propriété du château de Saint-Seurin, appartenant à Mme Véret, de Mortagne, on a mis à découvert, au commencement du mois d'août, sur une légère éminence, à environ 40 mètres à l'ouest de la route de grande communication n° 45, et à 60 mètres au sud de l'avenue du château, quelques pierres paraissant avoir appartenu aux fondations de l'ancienne église démolie en 1707 et un sarcophage en pierre, qui a été brisé. On a recueilli des ossements et plusieurs pierres plates, de 0,45 centimètres environ de largeur sur 0,14 centimètres d'épaisseur ayant sur une des faces de petits losanges réguliers en creux".

  • Extrait du procès-verbal de visite, le 21 septembre 1688, des biens de Pierre Chaillou et Elisabeth Suire et de Marie Chaillou, sœur du premier, dont Pierre Gaschet, charpentier de navire sur le port de Saint-Seurin, s´est rendu propriétaire par décision de l´intendant de Guyenne en 1686 (Archives départementales de Charente-Maritime, 3E 44/11) :

    Les dits Chaillou "avoient quitté et abandonné le présent royaume de France et réfugié en d´autres royaumes étrangers". Les biens, situés au village du Roc et dans celui des Ruisselles, "ont été gachés et démolis tant par les soldats de la compagnie de Belleville du régiment d´Artois qui a logé sur le dit port de Saint-Seurin après la désertion des fugitifs".

  • Extrait du mémoire de l'ingénieur Claude Masse intitulé "Mémoire sur la carte de la figure 9 de la feuille 57. Cette carte contient partie de la coste de la Garonne ou Gironde le long des costes de Saintonge en l'estat que le pays étoit en 1700" (Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f, feuille 58) :

    "Schenat. Il n'y a qu'une partie de cette parroisse dans l'estendue de cette carte qui est situé à 850 toises au nord-est de St Surin. C'est une parroisse d'environ 250 feux. Son teritoire est remply de colines et côteaux tous bien cultivez en terre labourable et vignoble. Les valons sont remply de cantité d'arbres fruitiers. Il se cueuille dans des costeaux dépendant de cette parroisse le meilleur vin rouge de tout le pays. Le seigneur de St Surin l'est aussy de cette parroisse (...).

    G. Pointe de la Roquette [ou la Motte Ronde]. Cet endroit est isolé de 3 costez de rochers escarpez contre lesquels flotte la Garonne à haute mer, et le front qui joint cette presqu'isle à la terre ferme est coupé par un fossé large et profond, ce qui fait voir que ce lieu a été défensif mais on a rien peu apprendre de son origine ny quand il a été abandonné".

  • Extrait du "Mémoire sur la carte du 51e quarré de la générale de Saintonge", par Claude Masse, (Service historique de la Défense, Ms 182, pièce 20) :

    "Chenat est un bourg situé sur une hauteur, les environs fort bossilleux, où il se cueille de bon vin rouge et il y a beaucoup d'arbres fruitiers aux environs. L'église est assez propre".

  • Extrait du "Mémoire sur la carte du 8e quarré de la générale du Médoc, d'une partie de la Guienne et Saintonge", par Claude Masse, 28 mai 1709 (Service historique de la Défense, 1 Vd 60, pièce 46) :

    "Schenat est une paroisse de 250 feux qui appartient au seigneur de St Surin. Le territoire est fort bossilleux, remply de coteaux et collines toutes cultivées en bleds, vignes, bois taillis, arbres fruitiers et prairies. Les vins de cette paroisse, surtout ceux de certains coteaux exposés au midy, sont les meilleurs de ces quartiers".

  • Extrait du mémoire de l'ingénieur Claude Masse accompagnant le "Plan de St Seurin Duzet sur les rives de la Garonne en Saintonge. Il apartient au seigneur de même nom", vers 1700 (Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f, feuille 57) :

    NB : Ce texte est repris en grande partie dans le Mémoire sur la carte du 8e quarré de la générale du Médoc, d'une partie de la Guienne et Saintonge, 1709 (Service historique de la Défense, 1 Vd 60, pièce 46) :

    "Saint Surin d'Uzet est une parroisse de 150 feux. Son bourg est scitué dans un fond où coule un ruisseau dont la source en est peu éloignée et n'est qu'environ à 700 toises, qui fait tourner 3 moulins. Son port est assez bon, où se retirent de petits bastimens. L'ancienne église parroissialle est située sur la hauteur. Depuis 1689, on a baty une grande chapelle dans le bourg.

    Le territoire de cette parroisse produit du vin et du bled, il y a plusieurs prairies et bois taillis et les chemins presque tous bourdez d'arbres, et tout son territoire est fort bien cultivé quoi que bossilleux [accidenté] (...)

    Au sud-est et au plus haut du coteau, il y a un petit bouquet de chaines verts F, fort remarquable aux navigateurs. La coste depuis St Surin jusqu'à Mortagne est de coteaux et rochers escarpez, en divers endroits entrecoupé de colines toute cultivées et en vignobles".

  • Extrait du mémoire intitulé "Renvois pour les lettres et chiffres qu'on a mis sur la carte cy jointe", par Claude Masse, 30 janvier 1719 (Service historique de la Défense, archives du Génie, article 4, section 2, paragraphe 4, carton 1, pièce 63)

    NB : la carte en question est celle conservée sous la cote J10C 1293, pièce 19.

    "56. Saint Surin d'Uzet : c'est un bourg où il y a un assés bon port pour de petits bâtiments qui demeurent à sec sur l'estran de vase molle. Ce port ou ance est couvert au sud par le château bâty sur un rocher qui étoit autrefois bien deffensif, flanqué d'un bastion et de deux demis, revestus de pierre de taille, enceints de fossés larges et profonds. Il a soutenu plusieurs sièges et est à présent ruiné mais il se rétabliroit en peu de temps".

  • Extrait de Gautier, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839, p. 137, concerant Chenac :

    "Population : 865 habitans.

    L'étendue de cette commune est de 1,315 hectares ; elle comprend dans sa circonscription 45 villages ou hameaux, sans compter son chef-lieu. Située dans un lieu pittoresque, environnée, dans la moitié de son contour, par des prés verdoyants continuellement rafraîchis par des eaux de source, elle offre deux parties très-distinctes tant par la nature du sol, que par la distribution de son terrain, propre à la culture de toute espèce de grains.

    La partie est, que traverse la route départementale de Rochefort à Périgueux, est généralement formée par un terrain plat, glaiseux et sablonneux, qui fournit quelques vignes très-fortes, beaucoup de blé, et où les arbres croissent admirablement.

    La partie ouest, composée de terres argileuses, est coupée par des vallons et des coteaux, dont plusieurs ont jusqu'à 30 et 40 mètres d'élévation ; tous sont entièrement couverts de vignes, et offrent à l'oeil émerveillé un aspect vraiment enchanteur. Les points de vue qu'on peut prendre de ces différentes éminences sont très-variés : le fleuve de la Gironde qui coule non loin, développe de la Grave, la forteresse de Blaye, le clocher de Royan, la flèche de celui de Marennes, les diverses agglomérations des communes voisines, sont autant d'objets que déroule cette vaste optique.

    Les valons sont d'une grande fertilité et produisent de très-bon blé. Les bois de construction que fournit la commune sont transportés journellement, par les bateaux des ports de Barzan et de Saint-Seurin d'Uzet, distant du chef-lieu d'un kilomètre environ, à Bordeaux ou dans les chantiers qui bordent la Gironde.

    La commune de Chenac a plusieurs fontaines naturelles, dont les eaux abondantes et légères, jaillissent toute l'année. La plus remarquable de ces fontaines est celle de Chauvignac, qui rend un volume d'eau assez considérable pour faire agir continuellement deux meules de moulin à blé. Un peu plus bas et à un demi-kilomètre de sa source, cette fontaine alimente une moudrerie récemment établie à l'instar de celle de Coutras, et qui peut faire, par 24 heures, 60 hectolitres de farine. Cette usine jouit de l'immense avantage de se trouver placée à une telle proximité du port des Monards, que les bâtiments qui viennent pour prendre des chargements de farine, peuvent appuyer leur planche de charge sur le seuil de sa porte.

    Dans la partie ouest de la commune, se trouvent deux grandes prairies, qui fournissent de très-bons pacages ; l'une d'elles renferme une tourbière que les habitans exploitent avec avantage. Ces prairies sont longées par des fossés toujours pleins d'eau et qui abondent en poisson.

    Le principal commerce de la localité consiste dans la vente de ses blés et farines, dans celle de ses vins qui se transportent à Bordeaux, et dans l'expédition de ses eaux-de-vie qui vont prendre dans l'Angoumois le nom d'eau-de-vie de Cognac.

    La commune de Chenac est située à 3 myriamètres 5 kilomètres du chef-lieu d'arrondissement ; elle renferme trois fours à chaux".

  • Extrait de Gautier, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839, p. 144, concerant Saint-Seurin-d'Uzet :

    "Population : 537 habitans.

    Située sur le bord de la Gironde, dont elle est séparée par quatre hauts rochers qui la défendent de ce fleuve, cette commune a un petit port qui offre un abri sûr et un bon mouillage. Cinq à six barques qui partent à volonté, et régulièrement tous les samedis, pour se rendre à Bordeaux, Blaye, Pouillac et autres lieux du Médoc, transportent les denrées de l'intérieur, qui consistent en grains, farine, vins, eaux-de-vie, bestiaux et volaille. Les arrivages que nécessitent ces divers chargements, attirent un grand nombre de marchands, ce qui donne à la localité une activité commerciale que son heureuse position ne peut manquer d'entretenir.

    L'étendue de cette commune est de 590 hectares ; elle se compose de son chef-lieu, de 10 villages et de 12 hameaux. Au nord elle est limitée par le chenal des Monards qui la sépare de Barzan, et au sud elle est bornée par un petit ruisseau appelé Mouille-pied, qui prend sa source au village de la Combe en Saint-Seurin d'Uzet, ce qui forme sa limite avec Mortagne. Un autre ruisseau qu'on appelle Fondgarnier, parce qu'il a sa source à la fontaine de ce nom, traverse le bourg et va se perdre dans la Gironde après avoir fait tourner deux moulins.

    Le sol, généralement argileux, produit à-peu-près toutes les espèces de céréales ; on y cultive aussi la vigne. Des prairies placées entre les rochers de la côte, fournissent d'excellent foin.

    On voit à Saint-Seurin d'Uzet, dans la partie haute du bourg, un vieux château qui est entouré du sud au nord-est de larges fossés ; sur ces fossés il existe un pont à trois grandes arcades qui conduit à la cour principale. Ce château, que sa position rendait naturellement défensif, est bâti sur un rocher très-élevé qui confronte du côté du midi à la Gironde ; dans toute les marées, les eaux de ce fleuve viennent en baigner le pied.

    La commune de Saint-Seurin est distante de Saintes de 3 myriamètres 6 kilomètres".

  • Extrait de Marcel Pelisson, Histoire de Saint-Seurin-d'Uzet, 4 volumes manuscrits, 1913-1921 (Archives de l'évêché de La Rochelle, 1 Z 9), fol. 21 bis, concernant l'avancée et le recul du trait de côte au cours du temps :

    "Les vieux habitants actuels de la commune ont de tout temps vu les flots de ce fleuve mêlés à ceux de la mer, battre, depuis l´endroit appelé la Roquette jusqu'au dessous de la ferme de Chez-Naudin, le pied des falaises qui s´élèvent près de sa rive, mais ils ont vu aussi une assez large étendue de prairies libres et de lais de mer appelés « roussies » entre celles de Craud ou Cros et la rive de la Gironde ». Dans un acte de 1749, il est dit cependant que la falaise de Craud est battue par la Gironde. « Celle-ci a déjà envahi depuis une vingtaine d´années tout cet espace et l´on peut aussi déjà prévoir l´époque assez peu éloignée où la petite étendue qui reste encore de ce parcours sera de même complètement envahie et où les flots reviendront battre le pied des rochers qui de ce côté est encore libre (...). Nos descendants pourront de même assister à un nouveau retrait du fleuve consécutif à ce dernier envahissement, ce qui semble d´autant plus probable qu´on remarque déjà sur les mattes ou vases que couvre la marée haute une suite de petits îlots où végètent des touffes de joncs maritimes qui par leur réunion pourraient dans un avenir plus ou moins prochain reconstituer les anciennes roussies".

  • Extrait de Marcel Pelisson, Histoire de Saint-Seurin-d'Uzet, 4 volumes manuscrits, 1913-1921 (Archives de l'évêché de La Rochelle, 1 Z 9), fol. 462 et suivants, concernant la pêche sur les bords de l'estuaire de la Gironde :

    "En dehors de la pêche industrielle dont il a été parlé plus haut, pratiqué par les seuls professionnels, ceux-ci ainsi que tous les habitants de la commune se livrent (...) à la petite pêche dans un but plus particulier d'alimentation familiale. Cette dernière pêche se pratique à l'aide de divers engins, sans s'éloigner de la rive du fleuve ou des vases compactes qui constituent comme sa plage lorsque la marée s'est retirée.

    Ce sont, pour l'anguille le "foc" ou la "vermée", du mois d'avril au mois de septembre ; pour le mulet, la "senne", la "truble ou trûle de pied", appelée ainsi parce que le pêcheur la pousse devant lui en marchant en aval et en amont ; la "truble de parc" dont le nom indique que le filet est tenu tendu de la rive pour être levé de temps en temps, au hasard des captures. Cette dernière pêche s'opère plus particulièrement de deux plates-formes situées à quelques distance d'élévation du pied des falaises qui s'avancent assez dans le flanc de l'estuaire pour être toujours baignées par la marée, même aux époques de la morte eau, et qui sont désignées sous les noms de Petit et de Grand Palet. Il y a ensuite le carrelet, peu usité, mais surtout le "petit trûlot", sorte de balance, employé plus particulièrement pour la pêche des diverses crevettes, la rose ou "santé", connue ailleurs sous les noms de salicoque, bouquet ou sauterelle, noms communément usités en Normandie et dans le Nord, qui remonte la Gironde jusqu'à Saint-Seurin inclusivement et quelque fois un peu au-dessus ; la blanche dite "chèvre pure" qui suit le courant des eaux douces du haut de la rivière et qui se pêche dans la Garonne sous le nom "d'esquire" ou "esquirée", et la grise appelée dédaigneusement "bouc" qui est la plus commune.

    Cet engin sert encore à pêcher le "bourri" appelé aussi quelquefois "piboëllan", qui fait son apparition sur nos côtes du mois d'octobre au mois de décembre et constitue pour toutes nos localités riveraines une véritable manne. On emploie aussi pour capturer ce poisson soit les "heims", sort de hameçon de laiton amorcés d'une crevette et fixés par un bout de gros fil roux redoublé et retors à une branche de sanguin (sorte de jonc) que l'on plante à mer basse de pas en pas sur une étendue d'environ 100 mètres dans la vase laissée à découvert par le retrait de la marée et qu'on vient lever à la fin de la marée suivante ; soit les "bourgnes" ou nasses, amorcées avec des moules, que le pêcheur visite aussi après chaque marée. Ces pêches sont toujours très fructueuses et le produit en figure avec honneur sur la table de la famille.

    Quand le "bourri" se retire, il fait place à la "pibale" qui n'est autre que l'alevin de l'anguille apporté de l'océan par les marées de décembre à mars, en masses considérables, et qui remonte dans les cours d'eaux douces, ruisseaux et fossés affluents de la Gironde. Cette pêche s'exécute au moyen d'un "tamis", engin fabriqué en toile métallique très fine que l'on fixe au bout d'un long manche, et se fait à Saint-Seurin, à marée haute, devant la vanne ouverte par où l'eau de l'étier de Font-Garnier se trouve refoulée de son embouchure. Elle exige une très grande patience de la part de ceux qui la pratiquent. Ils doivent, selon les marées, se tenir prêts à toute heure de la nuit qui est le moment le plus favorable, et, comme la place est unique, établir entre eux un roulement, en cédant celle-ci à tour de rôle après chaque levée.

    Mentionnons qu'il se prend aussi des plies, des petites soles et quelques raies à la "trûle de pied" dont nous avons parlé plus haut, et aussi des plies aux haims. Citons encore pour mémoire la pêche des huîtres qui se pratique au pied de la falaise du château qui se trouve dégarnie aux époques des grandes marées, et celle des palourdes ou clovisses que l'on extrait à la main des demeures profondes qu'elles habitent dans les vases deux fois baignées et abandonnées chaque jour par la marée. Le crabe ou "chancre" est aussi capturé à la main, soit qu'il vagabonde sur la plage découverte, soit qu'il s'abrite sous les pierres tombées des falaises qui lui servent de château-fort et où il faut aller le forcer. Mais il est assez peu estimé pour la table et on s'en sert plutôt pour amorcer, à défaut de moules, les petits trûlots et les nasses.

    Mais il est encore une pêche pratiquée dans nos parages et qui mérite une mention toute spéciale, bien qu'elle ne remonte guère qu'à un demi-siècle, le mollusque qui en fait l'objet n'habitant notre côte que depuis 1873, nous voulons parler de la pêche des huîtres portugaises, "gryphae angulato".

    Aux époques des syzygies qui amènent les grandes marées où le retrait de la mer est d'autant plus prononcé qu'elle a monté plus haut, on voit les habitants du littoral partir qui à pied, qui en voiture, munis de ciseaux à froid et de marteaux, pour aller exercer aux heures favorables, sur les pointes où le bord des falaises baignées par la Gironde de Saint-Seurin à Meschers est mis à nu, la fructueuse cueillette des huîtres sauvages [Suit un développement sur l'introduction accidentelle de cette espèce d'huîtres dans la Gironde et sur les côtes charentaises à partir de l'échouage d'un navire portugais au large du Verdon en 1868] (...).

    La pêche dans le ruisseau d'eau douce de Fontgarnier et les fossés d'assainissement du marais que parcourt ce ruisseau, entretenus aux frais du syndicat de propriétaires qui fonctionne à cet effet, se pratique aussi au moyen de divers engins. On pêche la tanche, le rouget et même le brochet au "tramail" [grand filet] dans le cours d'eau principal, et l'on emploie dans les fossés adjacents le filet dit "trûlot de fossé" ou "embrasse". L'anguille se pêche soit à la "vermée", soit au "salé" ou foeyne, sorte de trident barbelé, soit encore aux "épinettes", sorte d'hameçons formés d'une épine d'aubépine, accompagnée d'une partie d'égale longueur de sa tige que l'on taille en pointe, le tout recouvert d'un bout de ver de terre et fixé à un cordeau que l'on maintient au fond de l'eau au moyen d'une grosse pierre attachée à chaque extrémité ; soit enfin à l'aide de fagots de sarements lestés de pierres, qu'on plonge le soir dans les fossés que que l'on en retire prestement le lendemain matin avec les anguilles qui s'y sont réfugiées durant la nuit".

  • Extrait de Marcel Pelisson, Histoire de Saint-Seurin-d'Uzet, 4 volumes manuscrits, 1913-1921 (Archives de l'évêché de La Rochelle, 1 Z 9), fol. 477 et suivants, concernant la chasse sur les bords de l'estuaire de la Gironde :

    "La commune de Saint-Seurin était considérée autrefois comme une des plus giboyeuses de la région et des plus recherchées par les chasseurs. Mais cette réputation, à bon droit méritée, s'est depuis longtemps déjà modifiée pour les causes suivantes. D'abord les chasses n'y étant pas gardées, la production du gibier n'y peut être exercée, aucun cantonnement ne lui étant réservé pour en assurer la reproduction. Cela tient sans doute à l'extrême morcellement de la propriété. En second lieu, le braconnage y a sévi d'une façon très intense et la détestable habitude qu'ont les habitants de la campagne de laisser errer leurs chiens sans muselières, malgré les prescriptions de l'autorité, a été aussi très funeste au repeuplement. Enfin la disparition graduelle, dans un but de culture de toutes les terres qui y sont propces, des haies et des broussailles qui servaient d'abri ou de refuge au gibier, ainsi que le fauchage et le moissonnage mécaniques qui détruisent beaucoup de couvées, ont encore produit une raréfaction trèss sensible du gibier".

    [Suit une liste des espèces à poils et à plumes chassées, ainsi que des techniques de chasse].

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f), feuille 57. Vers 1700 : Mémoire de l'ingénieur Claude Masse accompagnant le "Plan de St Seurin Duzet sur les rives de la Garonne en Saintonge. Il apartient au seigneur de même nom". NB : Ce texte est repris de manière presque identique dans le Mémoire sur la carte du 8e quarré de la générale du Médoc, d'une partie de la Guienne et Saintonge, 28 mai 1709 (Service historique de la Défense, 1 Vd 60, pièce 46).

  • Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f), feuille 57, figure 9, et feuille 58. Carte et "Mémoire sur la carte de la figure 9 de la feuille 57. Cette carte contient partie de la coste de la Garonne ou Gironde le long des costes de Saintonge en l'estat que le pays étoit en 1700". Par l'ingénieur Claude Masse.

  • Service historique de la Défense, Ms 182, pièce 20. Vers 1700 : "Mémoire sur la carte du 51e quarré de la générale de Saintonge", par l'ingénieur Claude Masse.

  • Service historique de la Défense, archives du Génie, article 4, section 2, paragraphe 4, carton 1, pièce 63. 1719, 30 janvier : "Renvois pour les lettres et chiffres qu'on a mis sur la carte cy jointe", mémoire par l'ingénieur Claude Masse (NB : la carte en question est celle conservée sous la cote J10C 1293, pièce 19).

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 3E 44/10 à 13, 32 à 40, 119, 157 à 174 ; 3E 90/310 à 335 ; 3E 128/133 à 153. 1673-1819 : archives de notaires ayant exercé à Chenac et à Saint-Seurin-d'Uzet.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, E dépôt 103/107 : archives de la commune de Chenac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, E dépôt 113/108 : archives de la commune de Saint-Seurin-d'Uzet.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3P 954 à 959 et 5231. 1833-1933 : cadastre de Chenac-sur-Gironde, plan, tableau indicatif des propriétés foncières ou état de section, et matrices des propriétés foncières.

  • 1832-1931 : cadastre de Saint-Seurin-d'Uzet, plan, tableau indicatif des propriétés foncières ou état de section, et matrices des propriétés foncières.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4054 à 4057 et 5295
  • Archives de l'évêché de La Rochelle, 1 Z 9. Marcel Pelisson, Histoire de Saint-Seurin-d'Uzet, 4 volumes manuscrits, 1913-1921.

Documents figurés
  • Archives Nationales, F14 10059/1. 1759 : Carte du cours de la Garonne depuis son embouchure jusqu'au bec d'Embesse, par Desmarais.

  • Service historique de la Défense. J 10 C 1293, pièce 31. 1718 : Carte de partie de Saintonge qui est le 52e quarré de la générale, par Claude Masse.

  • Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f), feuille 56, figure 5. Vers 1700 : Plan de St Seurin Duzet sur les rives de la Garonne en Saintonge. Il apartient au seigneur de même nom. Par l'ingénieur Claude Masse.

  • Bibliothèque municipale de Bordeaux, Ms 1079. Carte du huitième quarré de la généralle du Médoc, d'une partie de la Guienne et de la Saintonge (...) en l'état que le pays étoit en 1708. Par l'ingénieur Claude Masse.

  • Site internet Geoportail.fr : photographies aériennes de l'IGN, campagnes de 1949, 1956 et 1976.

Bibliographie
  • Aveu de la seigneurie de Saint-Seurin-d'Uzet rendu le 6 décembre 1643 à l'évêque de Saintes par Jean de Brétinauld, seigneur de Saint-Seurin, Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. 3, 1876, p. 391 (donne les limites du territoire de la seigneurie, et cite de nombreux lieux-dits à Chenac et Saint-Seurin).

  • Boutet, Jean-Yves. L'estuaire de la Gironde au temps des gabares et du caviar, suivi du vocabulaire de l'estuaire. Editions Confluences, 2009.

  • Colle, Jean-Robert. Châteaux, manoirs et forteresses d'Aunis et de Saintonge. La Rochelle : Rupella, 1984.

  • Colle, Jean-Robert. "Saint-Seurin-d'Uzet". Bull. soc. Etudes folkloriques du Centre-Ouest, t. 7, 1973.

  • Crottet, A. Histoire des églises réformées de Pons, Gemoac et Mortagne, en Saintonge. Bordeaux : imprimerie et lithographie de A. Castillon, s. d. (vers 1850].

  • Gautier, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 138 et 144
  • Jouan, Eutrope. Fouilles et découvertes. Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 8, 1886, p. 87.

  • Jouan, Eutrope. Monographie de Chenac (canton de Cozes). Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 8, 1886.

  • Jouan, Eutrope. Note descriptive des monuments préhistoriques et des instruments de pierre du canton de Cozes. Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 3, 1877.

    p. 273
  • Jouan, Eutrope. Saint-Seurin-d'Uzet. - Trouvailles de monnaies. Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 18, 1908-1912.

    p. 171
  • Lacurie, abbé A. F. Notice sur le pays des Santons. Bull. monumental, t. 10, 1844, p. 609 (découverte d'une villa antique à St Seurin).

  • Moreau, Nicolas. Mémoire sur les voies romaines militaires de la Santonie, suivi de : Notes pour l'éclaircissement d'une carte celtique et romaine du département de la Charente-Inférieure. Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 1e s., t. 5, 1838.

    p. 323
  • Patry, H. "Une chronique de l'établissement de la Réforme à Saint-Seurin-d'Uzet en Saintonge. Le registre de baptêmes de Jean Frèrejean (1541-1564)", Bulletin historique et littéraire, Société de l'histoire du protestantisme français, 1901, p. 135-157.

  • Pelisson, Marcel. Communication à la séance du 28 juillet 1910. Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 18, 1908-1912, p. 226 (découverte d'un objet antique en bronze à Conchemarche).

  • Pellisson, Marcel. Saint-Seurin-d'Uzet (Charente-Inférieure), une page d'histoire locale. Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, La Rochelle, 1914, 7 p.

  • Seguin, Marc (dir. Jean Glénisson), Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, tome 3 : Le début des Temps modernes, 1480-1610. La Crèche : Geste éditions, 2005.

  • Tortat, Gaston. "Un livre de raison (1639-1668), journal de Samuel Robert, lieutenant particulier en l'élection de Saintes", Bulletin de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1883, t. 11, p. 344.

  • Val, René. La véritable histoire du caviar de la Gironde, propos et documents recueillis et transcrits par Bernard Mounier, éditions Bonne Anse, 2005, 95 p.

  • Site internet du Musée du Patrimoine du Pays Royannais.

  • Informations fournies par M. René Val et M. Patrick Paris, Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet.

Liens web

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