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Église paroissiale Notre-Dame

Dossier IA86007682 réalisé en 2010
Vocables Notre-Dame
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Civraisien - Charroux
Adresse Commune : Genouillé
Cadastre : 1834 H 124 ; 2010 H 123

La plus ancienne mention de Genouillé est relevée dans le testament, daté de 783, du comte Roger de Limoges par lequel il fonde l'abbaye de Charroux. Parmi les biens donnés au nouveau monastère, est cité le domaine dénommé Genuliacus : " villam que dicitur Genuliacus, cum suis appendiciis " (Monsabert, A. H. P. 1910, p. 50). L'église de Genouillé, " ecclesia de Genulliaco ", apparaît dans la liste des biens de l'abbaye de Charroux que le pape Léon IX prend sous sa protection, en 1050 (Monsabert, AHP, 1910, p. 73). Les possessions de l'abbaye sont confirmées par le pape en 1061/1073, 1096/1099, 1211...

D'après Favreau et Michaud (1975, p. 38), la graphie de l'inscription " MOISES " pourrait inciter à préciser une datation dans la première moitié du 12e siècle, ce qui est rejoint par M.-Th. Camus (2009, p. 486), pour qui le choix des thèmes représentés l'incite " à proposer une date entre 1130 et 1150 ".

La croisée, le chœur et la partie basse de la façade (jusqu'à la corniche) remontent à l'époque romane. Dans le Pouillé du diocèse de Poitiers établi par l'évêque Gauthier, au début du 14e siècle, la cure de Genouillé est à la nomination de l'évêque de Poitiers (Rédet, p. 190). Le fief relève du comté de Civray.

Les guerres de religion ont peut-être affecté l'église de Genouillé. En 1634, l'église Notre-Dame est à demi-ruinée (Beauchet-Filleau, p. 277) : le chœur est découvert, la couverture de la nef en partie effondrée, les baies ouvertes... Une restauration semble avoir été menée au cours des années suivantes, à la demande du curé Pierre Dexmier (DRAC Poitou-Charentes, Dossier de recensement des monuments historiques) Les premiers travaux attestés concernant l'église sont exécutés à la demande du curé P.C. Picard, en 1786. Il fait réaménager le sanctuaire dans l'esprit de la contre-réforme, restaurer la charpente de l'édifice, construire le clocher, le tout à ses frais (Aucher, janvier 1972, p. 7-8 ; cf. annexe 1). Le clocher, octogonal, est couvert de bardeaux. Cette même année 1786, les paroissiens prennent à leur charge la réparation du pavé de l'église et donnent les vitraux de la nef, le lambris, la chaire, les confessionnaux ainsi que les deux cloches. Celles-ci sont baptisées le 4 septembre 1786.

L'année précédente, les abords de l'église avaient été profondément modifiés par le transfert du cimetière paroissial qui entourait auparavant le sanctuaire.

En 1789, est créée la commune de Genouillé dont le curé P. C. Picard est le premier maire. Le 3 nivôse 1794 (14 janvier), l'église est transformée en Temple de la Raison. La cloche est transférée à Civray pour y être fondue ; quelques jours auparavant, il avait été procédé à l'inventaire et à l'enlèvement d'une partie des objets liturgiques (ostensoir, calice, patène, deux croix en cuivre, bénitier avec goupillon, vêtements liturgiques), envoyés au directoire de Civray pour être transformés en monnaie (Demézil, Valette, Aucher, p. 90-91).

L'église Notre-Dame est l'objet d'une importante campagne de travaux à la fin du 19e siècle.

Un nouveau chemin de croix est bénit en 1865. En 1882, il est envisagé la surélévation du portail, des murs latéraux, des pignons aux extrémités, du sanctuaire et du transept, la reprise des maçonneries et de la charpente, le crépissage de l'église... Seule une partie des travaux est immédiatement exécutée.

La restauration de l'édifice reprend en 1889, sous la direction de l'architecte Surreau : démolition d'une partie du couronnement du sanctuaire et du transept ; restauration des maçonneries du portail et des murs latéraux, redressement du mur du sanctuaire avec des briques et bouchage des fenêtres ; destruction de la voûte en bois et remplacement par une voûte en brique creuse doublée en plâtre ; remplacement de la charpente de la nef ; percement d'une baie au-dessus du portail et agrandissement de six fenêtres... (DRAC Poitou-Charentes, Dossier de recensement des monuments historiques).

Le clocher, restauré cette même année après voir été endommagé par la foudre, et la façade de l'édifice sont classés au titre des monuments historiques en 1914. Une nouvelle cloche, nommée Marie-Joseph-Saint-Maurice, est offerte par le curé en 1923. Elle accompagne une seconde cloche, plus petite et datée de 1669. Cette dernière, fondue initialement pour l'église de l'abbaye de La Réau, a été donnée, à une date indéterminée, à l'église de Genouillé.

Quelques travaux de restauration sont réalisés au cours du 20e siècle, sur la couverture des chapelles en 1946, et dans le chœur en 1969. À cette occasion, ont été mis à jour un lavabo qui se trouvait dans l'ancienne sacristie, derrière l'autel, et deux niches.

Période(s) Principale : 1ère moitié 12e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Surreau, architecte,

D'après P.-A. Brouillet (1865), elle mesure 27,4 long sur 7 m de large. Il mentionne une croix de consécration sculptée sur la façade, près de la porte (pl. 22 fig. 5) : le dessin ressemble à l'une des croix aujourd'hui visible sur le mur est, à l'intérieur de l'édifice.

L´église présente un plan en croix latine, construite sur un terrain en pente. De l´époque romane sont conservés la croisée, le chœur et la partie basse de la façade jusqu'à la corniche. Des éléments sculptés romans, du même style que ceux du portail, ont été trouvés en remploi dans le mur sud de la nef lors de travaux de restauration en 2009 et laissent supposer l´existence d´un second portail roman entièrement détruit et non documenté. L´église a en effet été reconstruite dans sa plus grande partie aux 17e et 18e siècles. De ces campagnes de restauration / reconstruction datent la nef, les transepts, le clocher et le chœur.

La partie basse de la façade jusqu'à la corniche (partie romane) est construite en pierre de taille, la partie supérieure en moellons enduits, comme le reste de la construction (murs de la nef, des transepts, du chevet). Deux petits contreforts plats à ressaut épaulent la façade sur une faible hauteur (leur sommet est plus bas que le haut de la voussure du portail).

Le décor roman se concentre sur la façade. Le portail, au centre, est couvert d´une voussure en plein cintre à trois rouleaux sculptés. Sur le rouleau interne se trouvent des animaux réels et fantastiques, avec David sur la clef, le rouleau central comporte des personnages de l´Ancien testament (Moïse, Aaron, Élie), des anges thuriféraires et une représentation du Christ nimbé avec l´inscription Pater sur la clef. Le rouleau externe est orné de feuilles et d´entrelacs végétaux. Les chapiteaux du portail portent divers motifs. De part et d´autre du portail ont été insérés des reliefs sculptés de motifs végétaux et animaliers. L´ensemble de ce décor est détaillé dans l´annexe 1 et les figures 11 à 113 de ce dossier.

ne corniche constituée d´éléments délardés partage la façade en deux niveaux et repose sur des modillons dont la plupart ont été refaits au 19e siècle, mais leur état (couverture de lichens et mousses) ne permet pas de bien préciser lesquels sont romans et lesquels sont des copies du 19e siècle. On y trouve des têtes animales, des têtes humaines, un tonnelet, une croix pattée, une boule. Au centre du deuxième niveau, au-dessus du portail, une baie en plein cintre a été percée à la fin du 19e siècle, encadrée de deux arcatures aveugles accolées ; toutes trois s´appuient directement sur la corniche.

La nef est constituée de quatre travées éclairées, au nord comme au sud, uniquement au niveau des deuxième et troisième travées par des fenêtres en plein cintre. Elle est couverte d´un toit à deux pans en tuile. Le mur nord de la nef est épaulé de trois très petits contreforts, dont le sommet arrive plus bas que la base des fenêtres. L´édifice ayant reçu une voûte en bois et non une voûte en pierre, les murs sont peu épais sans contreforts importants. Au niveau de la quatrième travée, à la jonction du transept nord, un contrefort un peu plus important (plus large et plus haut) a été mis en place. Il est surmonté d´une petite baie en plein cintre qui éclaire le comble de l´église.

Le transept nord est couvert d´un toit à deux pans en tuile creuse.

Situé à la croisée du transept, le clocher est de plan octogonal, couvert d´une flèche à pans brisés et égouts retroussés.

Le chœur est constitué d´une seule travée, il est couvert d´un toit à deux pans en ardoise. Au nord a été adossée la sacristie, couverte d´un toit en appentis en tuile creuse. Une fenêtre à large ébrasure, couverte d´un arc brisé, est percée sur le mur nord. Une série de quatre modillons non ornés témoignent d´un rehaussement de l´édifice.

Le chevet est plat, à pignon découvert. Le mur est épaulé de deux contreforts plats et percé d´un petit oculus. Le mur sud du chœur est percé vers son extrémité orientale d´une fenêtre couverte en arc brisé. Un contrefort peu large, peu épais et peu élevé a été mis en place à gauche de cette fenêtre. Des traces de reprises de maçonnerie sont visibles au niveau de ce contrefort.

Comme du côté nord, la présence de modillons sur le mur sud du chœur et le mur est du transept sud suggèrent une surélévation de l´édifice. L´un de ces modillons, orné d´une tête humaine, pourrait être un remploi. Le transept sud est épaulé d´un puissant contrefort dans son angle sud-ouest et a été renforcé à l´est par un large et peu épais massif maçonné. Le mur sud de ce transept présente des traces d´incendie vers sa base. Il est percé d´une fenêtre de moyennes dimensions couvertes en arc segmentaire, surmontée d´une petite fenêtre en plein cintre. Les deux pierres formant ce plein cintre portent un décor en cordons (quatre cordons lisses et à l´extérieur, un cordon torsadé) et pourraient être des remplois.

Le mur gouttereau sud de la nef est percé de fenêtres en plein cintre au niveau des deuxièmes et troisièmes travées. Entièrement reconstruit en moellons et remplois, ce mur semble avoir été modifié à plusieurs reprises. Sous la fenêtre de la troisième travée s´aperçoit une autre ouverture (fenêtre ?) aujourd'hui murée. À l´ouest de la fenêtre de la deuxième travée, une reprise de maçonnerie laisse soupçonner la présence d´un ancien piédroit droit et d´un linteau de porte. La jonction avec la façade montre des problèmes de stabilité et une large lézarde dus à la reconstruction de ce mur. Un contrefort plat de faible hauteur a été mis en place au niveau de la jonction de la façade et du mur sud.

La nef à un seul vaisseau est voûtée en bois, mais la coupole, les transepts et l'abside sont voûtés en pierre, en plein cintre.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toit tuile creuse, ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
Couvertures toit à longs pans
toit à un pan
flèche polygonale
pignon découvert
Techniques sculpture
Représentations sujet chrétien, ancien testament, Dieu le Père, Christ, ange ornement figuré, main, pied, homme ornement animal, lion, oiseau animal fantastique, dragon, griffon ornement végétal, feuille, palmette, feuillage croix pattée ornement géométrique, entrelacs, rinceau
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH partiellement, 1914/12/21
inscrit MH partiellement, 1996/10/28
Précisions sur la protection

Le clocher et la façade : classement par arrêté du 21 décembre 1914 Eglise, à l'exception des parties classées (cad. H 123) : inscription par arrêté du 28 octobre 1996.

Annexes

  • Décor roman de l´église Notre-Dame de Genouillé

    Le décor roman de l´église Notre-Dame de Genouillé se concentre sur la façade occidentale et plus particulièrement le portail (voussure et chapiteaux). Il est daté de la première moitié du 12e siècle, probablement entre 1130 et 1150.

    Le portail, au centre, est couvert d´une voussure en plein cintre à trois rouleaux sculptés retombant à l´extérieur et au centre sur des colonnes surmontées d´un chapiteau sculpté et du côté interne sur un chapiteau surmontant directement le massif maçonné du mur de façade.

    Le décor est sculpté, mais souligné de gravures : siège de David (fig. 76), détails anatomiques de certains lions, par exemple le pelage et l´arrondi des pattes avant des lions qui encadrent le même David, etc.

    Sur le piédroit gauche se trouvent à l´extérieur deux griffons buvant dans une coupe (fig. 34 à 36), dans une position similaire de celle plus fréquente des oiseaux buvant dans un calice. Au centre ont pris place deux lions trapus affrontés (fig. 38 à 40), avec une seule tête commune aux deux lions et la queue relevée. Le chapiteau interne (fig. 42 à 45) porte deux lions affrontés à tête unique, dont la queue relevée se termine en motif végétal et dont les pattes avant reposent sur une boule encadrée de feuilles (fig. 44).

    Sur le piédroit droit se trouvent, du côté interne, des oiseaux dans un décor de tiges et de feuillages (fig.54 à 58). L´oiseau de gauche est debout, penché en avant, semblant picorer. Celui de droite lui tourne le dos dans la même position.

    Sur le chapiteau central (fig. 60 à 62), un lion (à gauche) est affronté à un dragon ailé (à droite), avec une tête unique de lion sur l´angle du chapiteau (fig. 61). Le lion a sa queue terminée en feuille, dans une position similaire à la queue de serpent du dragon.

    Sur le chapiteau externe, la scène est plus complexe (fig. 63 à 66). Sur la droite se trouve un personnage habillé d´un riche vêtement, agenouillé (genou gauche au sol, en appui sur son pied droit, fig. 66), la tête dans l´angle du chapiteau. Ses longs cheveux se répartissent sur les deux faces du chapiteau (fig. 65). Cette tête est commune avec celle d´un personnage masculin représenté sur l´autre face du chapiteau, nu (les côtes sont finement gravées, fig. 64), allongé sur le dos avec les jambes écartées. Cette scène a parfois été interprétée comme un homme possédé extirpant le démon.

    Les tailloirs des chapiteaux du portail (voir notamment fig. 37, 57) portent un décor de feuilles grasses et de palmettes qui se prolonge en cordon de part et d´autre de la façade (fig. 11).

    Les bases des colonnes du portail présentent des décors géométriques et végétaux (fig. 27 à 30 pour le piédroit gauche et 49 à 53 pour le piédroit droit).

    La voussure du portail est composée de trois rouleaux. Si la partie gauche est relativement protégée, la partie droite est recouverte de lichens qui empêchent une bonne lecture des motifs.

    Sur le rouleau interne se trouvent des animaux réels et fantastiques (fig. 72 à 80), avec David sur la clef, le tout agrémenté de motifs de tiges et de feuilles formant des entrelacs, s´échappant de la bouche ou terminant la queue des animaux. De gauche à droite, on trouve ainsi un lion assis, un griffon assis, un oiseau. Au centre (fig. 74), un personnage assis, de profil, le dos courbé joue de la harpe-psaltérion ou rote est interprété comme David et est encadré de chaque côté par un lion marchant vers lui. Puis sur la droite ont pris place un lion, un dragon assis à avant-train de lion et queue de serpent, deux lions debout, la tête à gauche et tournée vers l´arrière (fig. 80).

    Le rouleau central porte des personnages de l´Ancien Testament, Dieu le père sur la clef et des anges thuriféraires (fig. 81 à 99). La plupart d´entre eux reposent sur de petits supports en S ou sur de petits plots. Le premier personnage à gauche est Moïse (inscription MOISES en haut à droite du motif) tenant les Tables de la Loi (fig. 81, 82). Son visage barbu est représenté de face, une coupe (calice ?) est posé sur son épaule gauche. Pour M.-Th. Camus (2009, p. 74-75), il s´agirait non pas des tables de la Loi et d´une coupe mais d´une bande de lin et d´un vase à encens, en référence à l´Arche d´alliance. Le second personnage (fig. 83 à 85) est un ange debout, bras droit le long du corps et bras gauche levé, montrant le ciel de son index (à l´exception du pouce, ses autres doigts sont repliés). À sa droite se trouve un autre personnage debout, identifié comme Aaron, même si l´inscription qui semble exister à sa droite est illisible (fig. 86, 87). Il semble porter un candélabre. Au centre, sur la clef de l´arc a été sculpté un buste représenté de face, la main droite bénissant, avec l´inscription PATER sur le tore sous le buste (fig. 88, 89). La tête est entourée d´un nimbe crucifère, ce qui le fait identifier au Christ. Pour M.-Th. Camus (2009, p. 73-75), l´unicité du Christ et de Dieu le Père est soulignée par l´inscription.

    À sa droite se tient un ange avec les ailes relevées et encadrant sa tête ; l´inscription SM ARCH, portée sur le Livre qu´il tient entre ses mains, en grande partie masquée par la mousse et les lichens, permet de l´identifier à l´archange Michel. L´ange suivant porte un encensoir, le bras droit levé, l´encensoir au-dessus de sa tête qui est rejetée sur le côté. Il est représenté pieds nus, avec un petit oiseau à ses pieds. Pour M.-Th. Camus (2009), il s´agirait d´un corbeau à mettre en relation avec le dernier personnage, à droite du rouleau, le prophète Élie (identifiable par l´inscription ELIAS à gauche de son visage). Il s´agirait alors d´une référence aux corbeaux qui ont nourri Élie au torrent de Kerit (1 Rois 17, 6). Élie est représenté debout, la tête de profil légèrement levée, le bras gauche relevé le long du corps et la main droite ouverte en signe d´offrande devant son visage. Il porte une courte barbe.

    Le rouleau externe et l´archivolte sont ornés de palmettes, de feuilles et d´entrelacs végétaux. À noter que les claveaux centraux (fig. 100) semblent avoir été disposés dans un ordre différent de l´ordre d´origine.

    De part et d´autre du portail ont été insérés des reliefs sculptés, notamment trois lions en haut relief (un à gauche et deux à droite), dans des positions similaires, le corps se dirigeant vers la gauche et la tête tournée vers l´arrière. Le lion gauche et le plus à droite sont sculptés dans un motif en demi-cercle.

    Celui le plus à droite, gueule ouverte, montre ses dents et a une crinière qui semble ébouriffée (fig. 107). La queue de son voisin à gauche est une tige terminée par des feuilles et une pomme de pin (fig. 106).

    Sous le lion gauche se trouve un bas relief composé de trois blocs sculptés (fig. 15 à 22). À gauche se trouve un motif végétal. Au centre, un dragon ailé à corps de lion et queue de serpent enroulée. À droite, le motif est plus complexe. Dans un entrelacs de tiges se trouvent une petite tête animale (fig. 19), une tête humaine avec les tiges qui s´échappent de la bouche (fig. 20) et un lion marchant vers la droite, gueule ouverte et patte avant gauche levée (fig. 22).

    Le décor mis au jour dans la nef à l´occasion de travaux de restauration en juillet 2009 sous la forme de blocs sculptés remployés comme moellons dans le mur sud et déposés depuis est très similaire au décor de la façade. On y reconnaît des décors de tiges et de feuilles qui pourraient être les claveaux d´un rouleau (fig. 143, 145, 146, 148, 152, 153, 156) et des éléments d´une archivolte (fig. 142, 148, 159), un quadrupède semblant marcher, l´arrière train plus bas que la tête, difficile à identifier (fig. 144), des pattes d´animal (fig. 158), des claveaux provenant de personnages similaires à ceux du rouleau central (têtes fig. 149, 151 et 158 ; main et bas-ventre avec sexe nu masculin, fig. 150 ; pieds sur de petits plots, fig. 155). Ces éléments ont été déposés et protégés au titre des objets mobiliers (inscription par arrêté préfectoral du 13 décembre 2010).

    Le décor du rouleau central du portail de Genouillé rappelle la composition du rouleau externe du portail occidental de l´église Saint-Michel de Champagne-Mouton où sont représentés saint Nicolas en évêque à gauche, des personnages tenant du mobilier liturgique (hostie, linge, calice, patène, vase pour le vin), la main de Dieu refaite au 19e siècle sur la clef (à l´emplacement du Christ de Genouillé) et Moïse à droite. Mais à Genouillé, l´association des deux frères Moïse et d´Élie évoque la Transfiguration annoncée dans les Évangiles de Luc, Marc et Matthieu alors qu´à Champagne-Mouton, c´est plutôt le thème de la messe qui est développé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne. Microfilms (Archives privées Beauchet-Filleau). [1634, 29 octobre : visite pastorale de messires Jean Filleau et Denys Guilloteau, commissaires députés par arrest des Grands Jours de Poitiers, p. 144.1634, 7 décembre, p. 179].

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    5 p., 14 fig., 1 plan, 1 coupe Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Paris. 0081/086 - Restauration d'édifice de la Vienne, série générale. Cote conservation : 0081/086/0013. N° document : 0081/086/0115. Vienne. Genouillé (Église Notre-Dame). 1946. Correspondance : Litige avec un entrepreneur. 1945-1970. Dossier travaux : restauration de la charpente et de la couverture du clocher ; consolidation des arcs plein-cintre.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de Genouillé. 1865, 18 juin : bénédiction du nouveau chemin de croix.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers
  • Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes (Conservation régionale des monuments Historiques). Église Saint-Notre-Dame. Genouillé. Vienne : dossier documentaire de protection.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
Documents figurés
  • " [ Ensemble de gravures] ". 1865. Brouillet. [Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray, 1865]. Canton de Charroux : " [Façade, vue générale] " : planche 17 n° 1. " [Partie droite du portail et bases de colonnes] " : planche 21. "[ Partie gauche du portail et reliefs de la façade] " : planche 22. " [Chapiteaux et reliefs de la façade] " : planche 23. " [Chapiteaux de la façade] " : planche 24.

  • " État actuel. Vue au nord-ouest. Elévation de la partie ancienne de la façade. Plan. Coupe sur le clocher. Détails de la façade. Amortissement de la coupole ". 1913. Déverin, Joseph (ACMH) Plan, éch. 0,005 [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2001, 078629].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Bibliographie
  • Anonyme. La Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 1910. 1910, 25 septembre : bénédiction d'une statue de Saint-Hilaire " que le curé de céans [abbé Ferré] voulut donner à sa paroisse comme protecteur de la foi... ". Le soir, bénédiction de la statue de Jeanne d'Arc fournie et dorée par M. Garotin-Rosière, grand'rue à Poitiers.

    p. 804-805
  • Anonyme. La Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 1923. 1923, 8 novembre : baptême d'une cloche offert par M. le curé Ferré à l'occasion de ses noces d'or sacerdotales.

    p. 808
  • Aucher, Jacques. Aménagements de l'église de Genouillé. Les Amis du pays civraisien, n° 9, janvier 1972.

    p. 7-9
  • Aucher, Jacques. L'église de Genouillé. Les Amis du pays civraisien, n° 17, janvier 1974.

    p. 1-7
  • Aucher, Jacques. Genouillé. Les Amis du pays civraisien, n° 36, mars 1979.

    p. 7-10
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 39, 114, 277
  • Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray. 1865.

    p. 66-67, canton de Charroux pl. 17 fig. 1 et pl. 21 à 24 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers
  • Camus, Marie-Thérèse, Carpentier, Elizabeth, Amelot, Jean-François. Sculpture romane du Poitou. Le temps des chefs d'oeuvre. Paris : Éditions A. et J. Picard, 2009.

    p. 54, 56, 73, 119, 134, 170, 175-180, 265, 266, 482, 486, 492, 498. Fig. 30, 50-52, 124-125, 174-175, 284, 287, 550-551
  • Camus, Marie-Thérèse. Les oiseaux dans la sculpture du Poitou roman. Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. 11, 1967-1970.

    p. 20
  • Chappuis, René. Un petit groupe de coupoles romanes montées sur encorbellements. Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1971.

    p. 423-425
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 73
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    p. 128, 159, 176, 183, 217, 222, 231, 238, 239, 273
  • Crozet, René. Églises de la Vienne. Paris : Nouvelles Éditions latines, sans date [19--].

    p. 15
  • Daras, Charles. Contribution à la recherche de la provenance des matériaux des églises romanes charentaises, Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1970.

    p. 103
  • Daras, Charles. Les lions dans la symbolique romane en Angoumois. Bulletin monumental, t. 123, 1965.

    p. 118
  • Demézil, M. Origine probable des noms de lieux-dits habités en civraisien. Les Amis du Pays civraisien, juin 1991.

    p. 2
  • Demézil, Michel ; Valette, Jean-Guy ; Aucher, Jacques réd. Genouillé au travers des temps : Histoire d'une commune rurale du Poitou. Genouillé : Amis de Genouillé, 1993.

  • Embs, Anne. Le portail de Genouillé en pièces détachées : découverte et sauvetage d'une partie du décor de l'église de Genouillé. Dans : Brudy, Pascale, Benéteau Péan, Anne, dir. Catalogue d'exposition L'âge roman. Arts et culture en Poitou et dans les pays charentais - XIe-XIIe siècles. Éditions Gourcuff-Gradenigo, Poitiers-Paris, 2011.

    p. 292-297, fig. 1-9
  • Eygun, François. L'abbaye Notre-Dame de la Réau, O. S. A. Étude historique et archéologique. Mémoires de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3ème série, tome 15, 1938.

    p. 279
  • Favreau, Robert ; Michaud, Jean ; Labande, Edmond-René [dir.]. Corpus des inscriptions de la France médiévale. T. I-2 : Département de la Vienne (excepté la ville de Poitiers), 1975.

    p. 38, pl. XVII fig. 39
  • Fontalirant, R. P. Marie-Philippe. Monographie du monastère des dominicaines de Sainte-Catherine, à Poitiers (1628-1783). Mémoire de la société des antiquaires de l'Ouest, tome 38, 1874.

    p. 371
  • Guillemet, Dominique, dir. Dictionnaire des communes et pays de la Vienne des origines à nos jours : histoire, patrimoine, économie. La Crèche : Geste éditions, 2003.

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  • Hiernard-Goetzman, I. La façade de Notre-Dame de Genouillé : le décor sculpté. Les cahiers du centre culturel la Marchoise et du centre d'archéologie et d'ethnologie poitevines, n° 5, 1981.

  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Les anciennes fresques des églises du Poitou. Poitiers : Oudin, 1881.

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  • Pouliot, Maurice. Quelques fondeurs et fontes de cloches en Haut-Poitou. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 4, 1916-1918.

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  • Monsabert, Pierre Goislard de. Chartes et documents pour servir à l'histoire de l'abbaye de Charroux. Archives historiques du Poitou, tome XXXIX, 1910.

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  • Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...]. Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989).

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  • Roussel, Jean-Pierre. Les tabernacles classiques de la Vienne. Essai de typologie et d'iconographie. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome 17, 1983-1984.

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  • Salvini, Joseph. La Vierge de Genouillé et l'abbé Picard. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome 5, 1959/1960.

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  • Sauvaget, Jean. L'empreinte orientale sur l'art roman animalier de nos régions de l'Ouest (1e partie). Les Amis du Pays Civraisien, n° 9, janvier 1972.

    p. 4
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