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Maison des Petites soeurs des pauvres, actuellement église orthodoxe et résidence

Dossier IA86004941 réalisé en 2009
Dénominations maison de retraite, église
Aire d'étude et canton Poitiers
Adresse Commune : Poitiers
Adresse : 77 et 79 avenue de la Libération
Cadastre : 2004 EY 792 et 798

C´est en 1853 que l´abbé Bellot (1803-1871), chanoine de la cathédrale de Poitiers, entreprend de fonder un établissement destiné à secourir les personnes âgées sans ressources. L´objectif est aussi de doter d´un lieu de culte le faubourg de la Tranchée qui commence à s´agrandir et qui dépend de l´église Saint-Hilaire de Poitiers, un peu éloignée. L´établissement serait confié à la congrégation des Petites Soeurs des Pauvres, fondée en 1839. Celle-ci manquant de personnel, le projet est retardé. Le chanoine Bellot parvient toutefois à trouver un lieu pour cet implantation. Il s´agit de la maison de Belair dont les bâtiments apparaissent sur le plan cadastral de 1838 (parcelles G 564 à 579). Elle a déjà semble-t-il servi de "maison de santé". Une partie appartient à Jacques-Théodore Farran et à son épouse, Jeanne Bourdin. Farran est emprisonné pour dettes, dont certaines dues à l´évêque de Poitiers et à un autre chanoine, l´abbé Charbonneau. Le 13 août 1856, la propriété de Farran est vendue aux enchères devant le tribunal de première instance de Poitiers. Au nom des Petites Soeurs des Pauvres, le chanoine Bellot se porte acquéreur. L´ensemble comprend, outre la maison, des dépendances, une serre, un kiosque "ou pavillon chinois" mentionné sur le cadastre de 1838, un colombier, une chapelle dans le coteau, des jardins sur le haut et d´autres en bas, au bord du Clain. L´année suivante, le reste du domaine de Belair est acquis. Parallèlement, avec l´aide de bienfaiteurs, le chanoine Bellot prépare l´arrivée des premières religieuses. Le 20 octobre 1857, quatre Petites Soeurs des Pauvres et une novice font leur entrée dans leur nouvel établissement. Un premier pensionnaire est accueilli dès le 23. Le nombre de personnes à loger et à nourrir augmentant, les religieuses reçoivent de nombreux legs et dons de la part de bienfaiteurs, d´institutions et de commerçants de Poitiers. En 1858, une maison contigüe est achetée. En octobre 1859, on compte 80 pensionnaires, 140 en 1863. En 1859, Joséphine-Amélie Chastaignac de Sussac, veuve de M. de Brugières, acquiert la jouissance d´une partie du jardin des Soeurs pour 10.000 francs, somme qui devra être utilisée à la construction d´une chapelle. Construite en neuf mois, cette dernière est bénite par l´évêque de Poitiers, Mgr Pie, le 28 février 1861. Elle est d´abord vouée à saint Jacques, en souvenir de la chapelle Saint-Jacques dont les vestiges étaient encore visibles quelques années auparavant plus loin sur la route de Bordeaux, aux Trois-Bourdons. La chapelle des Petites Soeurs des Pauvres est ensuite placée sous le vocable de saint Joseph, patron de la Maison. Un chemin de croix est érigé dans la chapelle en 1879, puis à nouveau en 1890 et remplacé en 1912. En plus de la chapelle, les constructions se multiplient grâce à de nombreux dons et aux collectes réalisées par les religieuses (fig. 1). En 1862-1863 est édifié un premier corps de logis pour les pensionnaires, perpendiculaire à l'avenue (fig. 13 à 18), ainsi qu´un logement pour l´aumônier, à gauche de l´église (où il existe encore, fig. 23 et 24). En 1865, d´autres bâtiments voisins sont achetés. En 1870, une buanderie est construite juste au bord du coteau (où elle se trouve encore). En 1874, une statue de sainte Germaine est bénite (il s´agit peut-être de la statue visible sur les photographies au sommet du pignon du bâtiment des hommes, perpendiculaire à la rue). En 1875 sort de terre un long corps de bâtiment pour abriter les femmes, parallèle à la rue et reliant la chapelle et le bâtiment des hommes (fig. 2 à 4). Une galerie extérieure est ajoutée sur sa façade côté Clain en 1885 (fig. 7). En 1887, conformément au souhait de Mme de Brugières exprimé trente ans plus tôt, la chapelle est agrandie et prend sa physionomie actuelle. Le clocher, le transept et le choeur sont ajoutés à l´ancien édifice. En 1889, le quartier des hommes est agrandi. Deux pavillons supplémentaires sont construits en 1892. D´autres bâtiments répartis autour d´une basse cour prolongent l´ensemble le long de l´avenue, vers le sud. Des grottes sont aménagées en oratoires dans le coteau. Les travaux se poursuivent au gré des dons et après la vente du jardin au bord du Clain, en 1905. Une nouvelle buanderie est édifiée en 1911. L´établissement sert d´hôpital en 1914-1918 et accueille de nombreux réfugiés ainsi que les pensionnaires de trois autres Maisons des Petites Soeurs des Pauvres en 1939 et 1940. Une véranda est construite en 1945, un pavillon de « chambres de ménages », c´est-à-dire pour les pensionnaires en couple, en 1958, tandis que les dortoirs sont divisés en chambres individuelles. Le 17 décembre 1971, les dernières Petites Soeurs des Pauvres quittent Poitiers. La maison de retraite reste encore quelques années. Propriété de la Caisse d´épargne, les bâtiments sont un temps abandonnés. En janvier 2003, l´ancienne chapelle Saint-Joseph est donnée à l´association cultuelle orthodoxe de la Trinité-Saint-Hilaire, fondée en 2001, après que l´évêque catholique de Poitiers, Mgr Rouet ait renoncé à reprendre ce lieu de culte. La nouvelle église orthodoxe est consacrée le 11 janvier 2004. Quant aux bâtiments de la maison de retraite, ils sont démolis, à l´exception de l´ancienne buanderie, de l´ancien logement de l´aumônier, de la chapelle située derrière l´église, et de la partie du quartier des femmes contigüe à l´église. Celle-ci est incluse dans la résidence qui est construite en 2004 à la place des anciennes constructions (fig. 5).

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Dates 1860, daté par travaux historiques
1875, daté par source
1887, daté par source
1889, daté par source
Auteur(s) Auteur : auteur inconnu,

L´ancienne Maison des Petites Soeurs des Pauvres s´étire entre l´avenue de la Libération et le coteau. En venant du centre-ville, le premier bâtiment rencontré, à l´ombre de l´église, est l´ancien logement de l´aumônier (fig. 23 et 24). Il s´agit d´une maison dont la façade, donnant sur la vallée, ouvre par trois travées d´ouvertures et est ornée d´une corniche et d´appuis moulurés. L´ancienne chapelle Saint-Joseph, aujourd´hui église du culte orthodoxe, domine l´avenue de son clocher-porche (fig. 25 à 30). De type néo-roman, elle possède un plan en croix latine avec une nef unique, un transept et un chevet circulaire encadrée par deux petites sacristies. La façade sur l´avenue, encadrée par deux contreforts, est entièrement appareillée de pierre de taille. En partie haute, l´appareil est réticulé. La porte en plein cintre prend place sous un porche soutenu par deux colonnes et surmonté d´un fronton triangulaire. Au-dessus se trouve une haute baie en plein cintre encadrée par deux contreforts puis par deux baies également en plein cintre, moins hautes et plus étroites. Le tout est dominé par la tour carrée du clocher. Surmontée d´une corniche à modillons, elle ouvre sur chaque côté par trois baies en plein cintre hautes et étroites. La flèche en ardoise, hexagonale, est percée de quatre lucarnes à fronton triangulaire. Des contreforts distinguent les travées de la nef et encadrent les murs à pignon découvert du transept. Le mur droit de la nef est aveugle tandis que l´autre est percé de baies en plein cintre. Les murs pignons du transept ouvrent par deux baies jumelles en plein cintre surmontées d´une autre plus petite. Le chevet est percé de trois baies en plein cintre, dont celle d´axe est aveugle. Le toit de la nef, du transept et du chevet, couvert d´ardoise, est souligné par une corniche à modillons identique à celle du clocher. Un bandeau court sur les façades en reliant les larmiers qui ornent les linteaux en plein cintre des baies. L´intérieur de l´église montre la même sobriété que l´extérieur (fig. 6, 22 et 31 à 33). Une tribune surmonte l´entrée, sous le clocher-porche. Sous une voûte en berceau brisé, on retrouve la division de la nef en quatre travées, matérialisée par des arcs doubleaux retombant sur des colonnes à chapiteaux muets. La croisée et les bras du transept sont chacun surmontés d´une voûte d´arêtes. Après la croisée, une travée distinguée par deux arcs doubleaux identiques à ceux de la nef, précède une abside circulaire voûtée en cul-de-four. Dans le bras droit du transept, en hauteur, une petite tribune autrefois réservé aux religieuses communique avec l´ancien bâtiment du quartier des femmes. Derrière l´église, à l´est, surplombant le coteau, se trouve une petite chapelle de plan rectangulaire, surmontée d´un toit à lons pans en ardoise. Sa façade sur le mur pignon découvert, au sud-ouest, présente une porte surmontée d´un cartouche. Sur le côté nord-ouest, on observe une autre porte et une niche qui a dû abriter une statue (fig. 34). Perpendiculaire à l´église et parallèle à l´avenue, l´ancien quartier des femmes comprenait un corps de bâtiment central encadré par deux ailes plus hautes, en prolongement (fig. 7, 9 à 13, 35 et 36). Seule l´aile contigüe à l´église a été conservée et intégrée dans la nouvelle résidence. Selon les photographies prises avant la construction de cette dernière, le corps central présentait un étage carré et un toit à longs pans et à croupes. La façade côté vallée était percée de cinq travées d´ouvertures, plus trois lucarnes à croupes.au niveau du comble. De part et d´autre, les ailes latérales possédaient deux étages carrés et un toit à longs pans et à croupes. Chacune présentait six travées d´ouvertures. Une galerie extérieure courrait sur la façade côté vallée des trois corps de bâtiment, au rez-de-chaussée et au premier étage. Le décor se limitait aux encadrements saillants des ouvertures et à la corniche à modillons qui soulignait les toits, identique à celles de l´église. Au-delà de cet ensemble, là où se dresse maintenant la résidence, se trouvaient plusieurs autres bâtiments, connus par des photographies de 2003. Le quartier des hommes était un long bâtiment perpendiculaire à l´avenue et au quartier des femmes (fig. 13 à 18). Il possédait un étage carré et était surmonté d´un toit à longs pans brisés et à égoût retroussé, percé de lucarnes à fronton en arc segmentaire. Au sommet du mur pignon côté avenue, une niche abritait une statue. A côté de ce bâtiment, près de l´avenue, se situait une buanderie, celle construite en 1911 (fig. 18 à 21). Couverte d´un toit en ardoise à longs pans et à croupes, elle possédait un étage et présentait de larges ouvertures à encadrements saillants. Derrière se trouvait le bâtiment des pensionnaires en couples (fig. 21), puis l´ancienne buanderie, construite en 1870, la seule encore visible aujourd´hui (fig. 37). Dominant la vallée, cette dernière est un petit bâtiment en rez-de-chaussée avec un toit en ardoise à longs pans. Elle est flanquée d´un petit château d´eau de plan hexagonal. Enfin, dans le coteau, on devine les vestiges de jardins en terrasses, d´une citerne avec pompe en fonte, d´anciens oratoires aménagés dans le rocher et abritant encore un autel pour l´un, une statue de la Vierge à l´Enfant pour l´autre (fig. 38 à 44).

Murs calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toit ardoise
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de l´acte de mise sous hypothèque des biens de Jacques-Théodore Farran, devant Boyer, notaire à Poitiers, le 3 décembre 1855 (Archives de l´Evêché de Poitiers, dossier « Petites Soeurs des Pauvres ») :

    "Une partie du domaine de Bélair, situé faubourg de la Tranchée, consistant la dite partie dont s'agit en : 1- une belle maison ayant rez-de-chaussée, premier étage et grenier par dessus, et prenant jour sur la route de Poitiers à Bordeaux ; 2- à gauche de cette maison en entrant par une grille en fer donnant sur la dite route, un bureau, une buanderie, un four, une chambre au-dessus, une remise, une cuisine, une souillarde, une office, une lingerie, un vestibule, grenier au-dessus de ces six derniers appartements, cave dessous et lieux d'aisance, une sellerie, une écurie et un ancien corridor ; 3- un grand jardin haut planté d'arbres, serre joignant la grande route, un petit kiosque ou pavillon chinois, un autre pavillon en forme de berceau, un colombier, une chapelle creusée dans le roc, petit cabinet aussi creusé dans le roc, plusieurs terrasses cultivées en jardins et plantées d'arbres, rochers, terres en labour et vignes, et jardin bas en deçà du sentier de Trainebot ; 4- et au-delà du dit sentier, une laverie avec cour et jardin bas en côtés".

  • Extrait d´une note sur la fondation de la Maison des Petites Soeurs des Pauvres (Archives de l´Evêché de Poitiers, dossier "Petites Soeurs des Pauvres") :

    "Le 20 octobre 1857, la petite colonie qui devait commencer le nouvel asile, arrivait à Poitiers sous la conduite de la Bonne Mère Jeanne Marie, assistante générale. Elle se composait de Soeur Marie Alexandre, nommée Bonne Mère de la Maison, de Soeur Isaïe, Soeur Emile Joseph, Soeur Léonie Joseph et d´une novice Soeur Xavier Thérèse. M. l´abbé Bellot, sa soeur et deux bonnes personnes attendaient les Petites Soeurs à la gare et elles les accompagnaient dans leur maison où un repas avait été préparé par leurs soins. Il y avait un lit pour chacune et quelques meubles. Le lendemain, M. le curé de Saint-Hilaire est venu offrir le Saint Sacrifice de la messe et laisser, avec l´autorisation de Monseigneur, la Sainte Réserve dans la modeste chapelle de la communauté. Sa Grandeur a accueilli les nouvelles hospitalières avec grande bienveillance, puis dès le second jour, il a daigné honorer la Maison de sa visite. M. le Maire a fait aussi une cordiale réception et toutes les personnes auxquelles les Petites Soeurs ont été présentées ont paru bien disposées en faveur de l´oeuvre qui venait se recommander uniquement à leur charité. Enfin, le troisième jour, l´asile prenait sa véritable physionomie par la réception du premier pauvre. D´autres lui furent bientôt adjoints et à la du mois, on en comptait une vingtaine (...)".

  • Extrait de l´acte sous seing privé passé le 30 septembre 1859 entre les Petites Soeurs des Pauvres et Mme de Brugières (Archives de l´Evêché de Poitiers, dossier "Petites Soeurs des Pauvres") :

    Le 30 septembre 1859, les Petites Soeurs des Pauvres cèdent à Joséphine-Amélie Chastaignac de Sussac, veuve de Jean-Emmanuel de Fersac de Brugières, propriétaire, demeurant 14 rue de la Traverse, à Poitiers, "1- la jouissance d´un petit jardin d´environ deux ou trois ares et du dernier des cabanons de la maison de Bel Air, joignant le dit jardin, le tout situé au faubourg de la Tranchée, commune de Poitiers ; 2- le droit d´assister et de faire assister un certain nombre de personnes étrangères à l´établissement des Petites Soeurs des Pauvres aux messes qui se célébreront dans la chapelle". Elle "pourra faire bâtir sur l´emplacement du cabanon une petite maison en y employant, si elle le juge convenable, tout ou partie des matériaux composant le cabanon". Cette construction reviendra à sa mort aux Soeurs.

    La cession est faite contre une somme de 10.000 francs que les Soeurs "s´obligent à employer (...) à bâtir d´ici au 24 juin prochain une chapelle (...) tant pour le personnel de l´établissement que pour Mme de Brugières et les personnes étrangères pour lesquelles elle stipule. Les travaux devront commencer dans les plus brefs délais. Il ne sera fait quant à présent qu´une chapelle de petite dimension, à cause de l´exiguité de la somme à ce destinée. Mais néanmoins, les fondements seront préparés de manière à servir à l´agrandissement de l´édifice pour qu´il puisse un jour contenir, outre le personnel de l´établissement, 300 personnes étrangères. Les parties s´entendront ultérieurement pour cet agrandissement".

  • Extraits de la liasse C112/2 à la Médiathèque de Poitiers

    - 1857, 25 avril : lettre du chanoine Bellot au maire de Poitiers. Il a acheté « l´ancienne maison de santé » au faubourg de la Tranchée.

    - 1863, 24 juillet : lettre de la supérieure des Petites Soeurs des Pauvres au maire de Poitiers. Un bâtiment pour les hommes va être achevé.

  • Extrait de la Semaine liturgique du diocèse de Poitiers, 17 février 1867 :

    "La voiture des Petites Soeurs des Pauvres

    C´est la Petite Soeur qui passe en vous tendant sa douce main. Riches, allons, dans sa besace, jetez quelques morceaux de pain. Qu´elle est chétive sa voiture, mais qu´elle est belle aux yeux de Dieu ! La toile en fait la couverture ; ses ais mal joints couvrent l´essieu. Un âne lentement la traîne ; un bon vieillard guide ses pas ; de bouts de pain quand elle est plaine, à la Maison c´est grand repas. Près d´elle, le fier équipage roule en agitant le pavé ; tout s´écarte sur son passage, admirant son timon doré. Les coursiers, relevant la tête, d´écume blanchissent le frein ; les amîtres vont à quelque fête : les pauvres auront-ils du pain ? Donnez. Quand le char funéraire vers le tombeau vous conduira, le char à la toile grossière peut-être vous rencontrera. Alors, levant sa blanche tête, le vieillard, sur le siège assis, dira : « Seigneur, payez ma dette, mettez ce riche en paradis ». C´est la Petite Soeur qui passe, en vous tendant sa douce main. Chrétiens, allons, dans sa besace, jetez quelques morceaux de pain.

    L. Robineau".

  • La Maison des Petites Soeurs des Pauvres pendant la guerre 1939-1945, extrait de "Les Petites Soeurs des Pauvres à Poitiers, 1857-1971", 1978 (archives des Petites Soeurs des Pauvres, Saint-Pern, Ille-et-Vilaine) :

    "La guerre de 1939-1945 va profondément bouleverser la vie de la maison : successivement les personnes âgées de trois établissements de Petites Soeurs des Pauvres et un hôpital auxiliaire de la Moselle vont y chercher asile. Les personnes âgées de Saint-Denis arrivent les premières, le 20 août 1939. Les militaires et les service d´hygiène aident à leur transfert. Depuis septembre 1939, un hôpital mosellan occupe les dortoirs de l´Ecole supérieure de garçons. Or, pour la rentrée de janvier, le directeur désire reprendre ses locaux. Il faut donc que la préfecture trouve un toit pour reloger trois cents malades et personnes âgées et les religieuses qui s´en occupent. Cinq-cent anciens dont plus de la moitié ne quittent pas le lit, arrivent le 30 décembre, par un froid rigoureux. Quatre Soeurs de Saint-Charles de Nancy et trois Soeurs de la Providence de Peltre logent aussi chez les Petites Soeurs. On se serre pour faire place aux réfugiés. Le directeur de l´Ecole fait envoyer de la literie, du linge, des draps, des ustensiles de ménage et une provision d´épicerie.

    Mai 1940 : la maison se trouvant sur la route Paris-Bordeaux voit défiler sans arrêt le cortège des réfugiés belges. Chaque soir, des familles s´arrêtent et demandent l´hospitalité pour la nuit. On met des matelas dans les parloirs, les couloirs, un peu partout... Après les Belges, ce sont les Français du Nord et de Paris. Puis, les Allemands ayant dépassé Tours, la ville n´est plus à l´abri et connaît les angoisses des bombardements. Les 19 et 21 juin 1940, les bombes pleuvent à proximité, mais la maison-hôpital est épargnée.

    A la fin de 1940, les réfugiés de la Moselle sont hébergés dans un hopîtal de la ville et les personnes âgées de Saint-Denis peuvent rentrer chez elles. Les places laissées vides seront comblées par les vieillards de La Rochelle qui doivent évacuer leur maison. La Croix-Rouge et la préfecture facilitent les opérations de transfert en octobre 1941. La Caisse d´Epargne aide au ravitaillement : durant toute la guerre d´ailleurs, la ville de Poitiers se montra très bienveillante envers la maison. Aux personnes âgées de La Rochelle se joignent, en avril 1944, celles de Rochefort. On ajoute des lits pour accueillir soixante-douze réfugiés.

    Dans la nuit du 12 au 13 juin, un bruit infernal réveille les habitants de Poitiers. Une nuée d´avions passe au-dessus des toits, balayant la ville de leurs projecteurs. La gare et les rues avoisinantes sont la cible des bombes. Toutes les personnes âgées sont descendues dans les abris, on ne compte aucune victime et la maison est épargnée. Le même fait se reproduit dans la nuit du 23 juillet. Cette fois, la caserne est entièrement détruite. A la suite de ces bombardements, les vieillards ne veulent plus coucher dans leurs dortoirs : ils restent dans les salles à manger et salles de séjour, sur des matelas ; d´autres descendent dans les caves. Certains demandent à s´abriter dans les grottes ds côteaux du jardin dont la plus grande, dédiée à Notre Dame de la Paix, leur servira de dortoir. On y installe des couchettes, avec matelas et couvertures. Une famille voisine vient aussi y chercher un abri... Cela dure deux mois et demi, jusqu´au 1er septembre ; le lendemain, l´approche de la délivrance de Poitiers se fait pressentir.

    Début août 1945, les personnes âgées de Rochefort regagnent la Charente-Maritime. Les communications se rétablissent peu à peu et la vie normale reprend son cours. Les Rochelais resteront jusqu´en juillet 1947".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Médiathèque de Poitiers, C112/2. 1857-1868 : commuanuté des Petites Soeurs des Pauvres, correspondance, liste de pensionnaires.

  • A. E. Poitiers, R4. 1855-1939 : dossiers "Petites Soeurs des Pauvres", actes notariés, diplômes de bénédiction du chemin de croix, notes manuscrites, acceptation de dons et legs, correspondance.

  • Archives des Petites Soeurs des Pauvres, Saint-Pern (Ille-et-Vilaine). 1978 : note historique "Les Petites Soeurs des Pauvres à Poitiers, 1857-1971".

Documents figurés
  • Archives des Petites Soeurs des Pauvres, Saint-Pern (Ille-et-Vilaine). 1902-1958 : plan de la Maison de Poitiers.

  • Archives des Petites Soeurs des Pauvres, Saint-Pern (Ille-et-Vilaine). S. d. : plan de la chapelle et des différents niveaux du quartier des femmes et du quartier des hommes.

  • Archives des Petites Soeurs des Pauvres, Saint-Pern (Ille-et-Vilaine). 1939-vers 1950 : photographies de l'intérieur de la chapelle et du quartier des femmes, côté vallée.

Bibliographie
  • Chergé, Charles de. Le guide du voyageur à Poitiers. Poitiers : 3e éd., 1872.

    p. 356-357
  • La Semaine liturgique du diocèse de Poitiers, 17 février 1867.

  • La Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 9 juin 1957.

  • Simmat, Gérard et Mondon Chegaray, Laurence. Poitiers à la lorgnette. Poitiers : Michel-Fontaine Editeur, 2005.

    p. 98-99
  • Site internet : www.trinite-hilaire.com.

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