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Motte dite de la Motte-Tuffeau

Dossier IA79004421 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées motte, fossé
Dénominations château fort, motte
Aire d'étude et canton Région Poitou-Charentes - Chef-Boutonne
Adresse Commune : Ardilleux
Lieu-dit : La Motte-Tuffeau
Adresse :
Cadastre : 1828 A1 90-91 ; 2014 A 4

La première mention de l’hébergement de la Motte-Tuffeau apparaît vers 1330 parmi les fiefs de Gascougnolles. Il appartient alors à Charles de Tupheau. Une vingtaine d’années plus tard, il est tenu par Pérot Cléret, seigneur d’Ardilleux, et relève de la châtellenie de Chef-Boutonne. Ce fief noble disparaît des textes à la fin du Moyen Âge. La terre est saisie et vendue comme bien national à la Révolution. En 1884, Henri Beauchet-Filleau recueille les témoignages de plusieurs personnes qui ont vu les derniers vestiges de constructions sur le site (annexe 1). Ils sont retrouvés en 1905, lorsque le préhistorien charentais Henri Martin creuse une tranchée de 9 m de longueur en travers de la butte dans l’espoir d’étudier un tumulus. Les sondages sur la motte et à son pied sont repris de 1969 à 1971 par Raymond Proust qui confirme l’identification d’une motte castrale.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 14e siècle

À l’écart du bourg d’Ardilleux, le site archéologique de la Motte-Tuffeau est bien visible le long de la route nationale 737, au lieu dit le « Pré du château ». Il est aujourd’hui isolé de toute habitation. Élevée sur une colline naturelle, l’énorme motte (40 m de diamètre à la base ; 14 m de hauteur) est précédée d’une basse-cour de plan quadrangulaire, cernée de fossés (30 x 60 m). Elle était couronnée d’une grosse tour de pierre quadrangulaire à contreforts d’angle, dont les vestiges ont été trouvés en fouille. Cette tour bâtie en moellons présentait un plan presque carré de 11 mètres de côté, flanqué aux angles de contreforts arrondis. Elle coiffait le sommet de la motte et s’appuyait en partie sur ses flancs.

Un charbon de bois trouvé en fondation, et daté par radiocarbone de +/- 820, est un indice trop mince pour attribuer la construction au Haut Moyen Âge. Les traces d’occupation sur la motte et le matériel trouvé – monnaies de la fin du 12e siècle et céramiques des années 1250-1350 - confirment l’occupation du site entre le 12e et le 14e siècle.

Murs terre
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • Beauchet-Filleau, Henri, Recherches historiques sur Chef-Boutonne, Mémoires de la Société de Statistique, Sciences, Lettres et Arts du département des Deux-Sèvres, 3e série, t. 1, 1884, p. 213-214.

    « Plusieurs personnes nous ont dit avoir travaillé à faire disparaître des vestiges de constructions tant sur la butte elle-même que sur le cavalier ou bastion qui la précède au sud-est. Ainsi on aurait trouvé sur la butte les fondations de murailles formant une salle d’environ sept mètres carrés et au milieu une ouverture en forme de puits, de la profondeur duquel on n’a pu nous rendre compte.

    D’autres personnes nous ont parlé de cette ouverture et ont prétendu qu’en y jetant des pierres elles produisaient dans leur chute un bruit métallique, ou comme si elles tombaient dans une nappe d’eau. De cette salle on aurait extrait des dalles de pierre qui en formaient le pavé et dont quelques unes étaient de 1m 50 au moins ; les jambages d’une cheminée en pierre rouge couleur lie de vin, etc.

    Le nommé Proust dont nous parlions tout-à-l’heure nous a dit également qu’il avait aidé sur le haut de la butte à démolir les restes d’une construction percée comme une fuie de nombreux boulins dans lesquels il y avait de petits os de la grandeur et grosseur de ceux de petits pigeons. Il racontait encore qu’ayant sondé le terrain avec une longue barre de fer, il sentit à une certaine profondeur une résistance, comme si l’on eût rencontré un pavé ou une voûte.

    Le nommé Richard, terrassier à Chef-Boutonne, nous a dit aussi avoir aidé à déblayer sur le terre-plein placé devant la butte une quantité de pierres de taille et de moellons couverts de terre ; que l’on découvrit une porte cintrée presque entièrement enfouie ; les pierres d’un évier de grande dimension ; il ajouté y avoir trouvé vers la même époque un éperon en fer que, d’après des dessins que nous lui montrâmes, il dit être semblable à ceux du XVe siècle. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbal de visite de la seigneurie d’Ardilleux.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : B suppl., prévôté de Melle 6
  • Documents sur la Motte-Tuffeau à Ardilleux.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : En 1365
Documents figurés
  • Ancien cadastre 1828, section A1 dite de la Ruée.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 3 P 9/2
Bibliographie
  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 71, 93, 143, 150, 155, 191, 215
  • Beauchet-Filleau, Henri, Recherches historiques sur Chef-Boutonne, Mémoires de la Société de Statistique, Sciences, Lettres et Arts du département des Deux-Sèvres, 3e série, t. 1, 1884.

    p. 35-38, 40, 213-214
  • Hiernard, Jean et Simon-Hiernard, Dominique, Carte archéologique de la Gaule. Les Deux-Sèvres, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1996.

    p. 101
  • Joy, Patrick, Fortifications et mottes castrales du nord-ouest de la Charente, Le Picton, n° 199, janvier 2010, 2e partie.

    p. 28
  • Monsabert, Pierre de (O.S.B.). Les chartes de l'abbaye de Nouaillé. Archives historiques du Poitou, tome 49, 1936.

    n° 90, p. 152
  • Proust, Raymond, Une motte défensive, la Motte-Tuffeau près de Chef-Boutonne, Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 2e série, t. 6, 1973.

    p. 47-72
  • Proust, Raymond. Remarques sur les mottes et autres terrassements défensifs dans la région Poitou-Charentes. Bulletin de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. 1714, 1977-1978.

    p. 434-435
  • Proust, Raymond, Fortifications méconnues du sud des Deux-Sèvres, Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 2e série, t. 3, 1970.

    p. 175-190
  • Rédet, Louis, éd. Documents pour servir à l’histoire de l’église Saint-Hilaire de Poitiers (768-1300), Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, t. 14, 1847.

    p. 62
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