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Tuilerie et briqueterie, dite Tuilerie coopérative française, puis Tuilerie briqueterie française

Dossier IA00066359 réalisé en 1986

Fiche

  • Vue générale.
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • four industriel
    • entrepôt industriel
    • aire des produits manufacturés
    • cheminée d'usine
    • bureau
    • laboratoire
    • infirmerie
    • atelier de réparation
    • cour
    • cité ouvrière
Appellations dite tuilerie coopérative française, puis Tuilerie Briqueterie Française (TBF)
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, four industriel, entrepôt industriel, aire des produits manufacturés, cheminée d'usine, bureau, laboratoire, infirmerie, atelier de réparation, cour, cité ouvrière
Dénominations tuilerie, briqueterie
Aire d'étude et canton Charente - Saint-Claud
Adresse Commune : Roumazières-Loubert
Adresse : R.N. 141
Cadastre : 1949 M 10, 1112, 1285, 1286

Cette tuilerie industrielle est créée en 1907 par l'abbé Joseph Marcelin, curé de Roumazières, en tant que coopérative, sous le nom de Tuilerie coopérative française, pour fournir du travail à la jeunesse locale et rentabiliser les terres argileuses de certains cultivateurs. Il entend également lutter contre les conditions de travail quasiment inhumaines dans les deux autres tuileries-briqueteries de Roumazières. Les notables du secteur sont actionnaires de cette entreprise. L'usine est équipée, dès 1912, de trois fours Hoffmann.

L'usine est détruite en 1933 par un incendie et reconstruite en 1945 ; le fils, Michel, de l'actionnaire principal, Pierre Maury-Laribière, arrête alors ses études d'avocat à Paris pour en devenir le directeur. Après un an d'inactivité, l'usine devient la Tuilerie briqueterie française (TBF). A partir de 1961, les trois fours, jusque-là alimentés au charbon, le sont au fuel et, à partir de 1968, au gaz. Un premier four tunnel est installé cette année-là. Les employés sont intéressés aux résultats de l'entreprise, par un contrat de participation signé en 1969.

En 1972, Michel Maury-Laribière rachète les parts de tous les actionnaires et se lance dans une phase de modernisation et d'investissements ; c'est le début de l'expansion et l'automatisation de la production. L'une des particularités de la société est de se lancer dans la fabrication de tuiles émaillées. En 1978, une première unité entièrement automatisée est installée (presse, séchoir et four tunnel). Deux ans plus tard, une deuxième unité de production automatique est mise en route. La capacité de production passe ainsi de 30 000 tonnes de tuiles en 1972 à 200 000 tonnes en 1981. Jean-Luc Maury-Laribière, ingénieur-chimiste, prend progressivement la succession de son père au dans les années 1980. En 1987, une troisième unité est dévolue aux accessoires de toitures (tuiles de rives, faîtières...). De nouveaux produits en argile expansée sont alors fabriqués dans deux unités, l'une à Roumazières, l'autre à Chasseneuil-sur-Bonnieure. La vente à l'export dans une vingtaine de pays, dont les Etas-Unis, fait de l'entreprise l'un des leaders européens de la tuile. En 1994, une unité robotisée pilote est mise en route.

En 2000, l'entreprise devient une filiale du groupe Terreal. Elle se dote, un an plus tard, d'une nouvelle ligne entièrement automatisée. Vers 2015, la capacité de production est de 420 000 tonnes de produits par an.

L'effectif en 1970 est de 141 personnes, en 1985, de 425, et en 2015, de 500. Le climat social se caractérise, depuis 1945, par l'absence de grèves, l'absence de syndicats au comité d'entreprise et une participation du personnel.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle , (détruit)
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1907, daté par travaux historiques
1945, daté par travaux historiques

Le site industriel est desservi par un embranchement ferroviaire. L'entrepôt industriel pour l'argile expansé est en parpaing. La cité ouvrière est en moellon enduit et tuile creuse en couverture.

Murs brique essentage de tôle
calcaire moellon enduit
béton parpaing de béton
Toit tuile creuse, tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée
Couvrements charpente métallique apparente
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie électrique achetée
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • La céramique du bâtiment. L'Illustration économique et financière, 1922, p. 106-107.

    Une des plus importantes industries de la Charente, en dehors de celle du papier et de ses transformations, est l'industrie céramique du bâtiment, produisant : tuiles, briques pleines et creuses, carreaux, tuyaux de cheminées, ornements artistiques, produits réfractaires, etc.

    Ces produits sont fabriqués au moyen de terres à tuiles excellentes et sont d'une qualité irréprochable, très appréciée des consommateurs. Les tuiles de la Charente sont trop connues pour qu'il soit utile de les vanter.

    Beaucoup de petites tuileries et briqueteries travaillent encore au moyen de procédés assez rudimentaires, mais de grosses installations se sont montées dès 1875. Ces usines sont munies d'un outillage moderne, très perfectionné, installées pour le travail d'hiver et fabriquent des produits défiant toute concurrence au point de vue qualité et beauté, cuits à très haute température et résistant aux climats les plus rigoureux.

    COMPTOIR DES TUILES ET BRIQUES DES CHARENTES ET DE L'OUEST. 3, Avenue des Maréchaux, Angoulême.

    Le Comptoir des Tuiles et Briques des Charentes et de l'Ouest a centralisé la vente des cinq grandes usines de produits céramiques pour le bâtiment, à Roumazières, La Rochefoucauld et Fontafie.

    Sa puissante organisation commerciale lui permet de vendre aux meilleures conditions les produits les plus réputés et d'une qualité irréprochable.

    Les usines, dont quelques-unes remontent à 1875, occupent un personnel de plus de 1.500 ouvriers et produisent, tant en tuiles mécaniques de tous modèles, tuiles courbes, carreaux, tuyaux, briques pleines et creuses, poteries de bâtiment, accessoires et ornernents de couverture, etc., une quantité de plus de quarante millions de produits annuellement.

    C'est dire que le Comptoir des Tuiles et Briques des Charentes et de l'Ouest peut répondre à toutes les demandes, de quelque importance qu'elles soient, qui sont toujours livrées à lettre vue.

    Les quelques vues que nous donnons ne représentent qu'une faible idée de l'importance de la fabrication.

    Ces usines modèles, entièrement installées avec les procédés les plus récents et l'outillage le plus moderne et le plus perfectionné, tout en étant le plus puissant, sont placées dans les meilleures conditions de perfectionnement pour la production.

    Les argiles servant à la fabrication, d'une qualité remarquable et les plus belles de la région, sont soumises à des mélanges judicieux et à une préparation des plus complètes.

    L'homogénéité, la cuisson élevée et le fini des produits les rendent mieux que tous autres aptes à remplir les conditions les plus rigoureuses qui peuvent leur être demandées. Toutes les usines sont reliées à la voie ferrée par embranchement particulier.

    Là renommée du Comptoir des Tuiles et briques des Charentes et de l'Ouest est telle que ses produits sont toujours au premier rang de l'industrie céramique.

    En un mot, cette marque est celle offrant le plus de garanties et que les personnes soucieuses d'avoir des couvertures belles et durables n'hésitent pas à adopter.

  • MAURY-LARIBIERE, Jean-Luc. T. B. F. 1968/1978 : Les bons choix. In : Roumazières-Loubert, Bulletin Officiel, 1979, n° 1, p. 16-17.

    1968 : 20 salariés.

    1978 : 300 salariés, chiffre d'affaires multiplié par 11.

    Cette année, T.B.F. voit l'achèvement d'un programme d'investissements et de rénovation, commencé il y a 10 ans, avec la mise en route d'une installation de fabrication, manutention et cuisson totalement automatiques, unique en Europe. Dans cette usine, depuis la carrière jusque sur le toit, la première personne qui touche la tuile est le couvreur. A cette automatisation intégrale, vient s'ajouter un four calorifuge, d'un type nouveau, le plus grand jamais réalisé, et qui économise 30 % d'énergie par rapport aux fours classiques.

    Cette progression très importante et spectaculaire dans un secteur d'activité assimilé à l'industrie lourde, n'a été possible qu'à la suite d'un certain nombre de " bons choix " faits en concertation permanente avec l'Encadrement et le Personnel. Cette façon de procéder est probablement le facteur essentiel du développement de l'entreprise durant ces dernières années.

    Ces choix se sont exercés selon 3 axes principaux :

    - détermination d'une politique de développement des produits traditionnels tout en diversifiant vers des produits nouveaux

    - sélection des équipements et des techniques de fabrication permettant la meilleure qualité

    - disposition des moyens d'une politique sociale de Participation.

    Le Personnel, dans son ensemble, a choisi de collaborer pleinement à cet effort :

    - en signant un contrat de Participation dérogatoire qui l'associe véritablement aux bénéfices de T.B.F.

    - en apportant tout son concours à l'étude, la réalisation et la mise en route parfois difficile, des différents projets industriels

    - en refusant la contestation permanente et téléguidée, en donnant au contraire sa confiance, son appui et son effort lors de chaque décision importante pour la vie de l'Entreprise.

    Le développement important de la maison individuelle, qui fait une large place à nos matériaux de terre cuite, a bien sûr favorisé l'expansion de nos Entreprises, ainsi que la révolution technologique de notre industrie au cours des 15 dernières années. Des méthodes plus performantes de fabrication ont permis de rester très compétitifs vis-à-vis des produits de remplacement de la concurrence.

    Les réalisations actuelles de T.B.F. et ses projets pour l'avenir restent tendus vers un double objectif : FABRIQUER MIEUX ET MOINS CHER.

    Seuls pourront se battre et subsister ceux qui sauront faire des produits de " HAUTE QUALITE " à des " PRIX STANDARDS ".

    Cette double évidence définit à elle seule notre comportement social, technique et commercial.

    Depuis 1968, plusieurs opérations ont été déterminantes pour la situation actuelle de T.B.F. :

    1968 : Signature d'un contrat dérogatoire de Participation qui double la Participation légale aux bénéfices, prévue par l'ordonnance de 1967 ;

    Etude d'un vaste programme de rénovation de la fabrication des tuiles.

    1969 : Mise en route d'un four tunnel de 200 tonnes-jour.

    1970 : Nouvelle unité de fabrication de tuiles : presse automatique et démoulage par électro-choc unique en France.

    1971-1972 : Usine d'argile expansée ARGI-16 légère et isolante, actuellement la seule en France.

    1973 : Nouveau four carrousel automatique pour les tuiles.

    1974 : Rachat de l'usine PRECECO et construction d'une usine automatique de blocs légers à Chasseneuil.

    1975-76-77 : Etude et réalisation du programme U.T.7 : première usine de tuiles entièrement automatique, utilisant des techniques nouvelles de manutention et de cuisson ;

    Attribution d'une prime de Développement Régionale pour la création de 60 emplois ;

    Attribution d'une prime du Fonds d'Amélioration des Conditions de Travail, à l'issue d'un concours national où 6 Entreprises ont été sélectionnées dont T.B.F., Régie Renault, Cocottes-minutes SEB.

    1978 : Nouvelle installation de fabrication de tuiles U.T.4 ;

    Lancement d'un matériau nouveau : la brique tennis.

    Construction d'un échangeur de chaleur et signature d'un contrat avec l'Agence Nationale pour les Economies d'Energie.

    T.B.F. poursuit donc son développement des produits traditionnels de terre cuite et la politique de diversification, également poursuivie, s'est concrétisée par le succès de l'argile expansée ARGI-16, des bloqs légers, des briques-tennis, dont le procédé breveté a été très apprécié par l'équipe de France qui l'a essayé. Avec 10 autres Fabricants français, T.B.F. termine en outre, la mise au point de la THERMOMOUSSE, nouvelle céramique cellulaire super-isolante.

    Notons également l'exportation : 3.000 logements en argile expansée au Gabon, gaines de ventilation spéciales au Koweït, tuiles en Jordanie, etc.

    Bien sûr, T.B.F. ne s'arrêtera pas là. Nous avons tous conscience du chemin parcouru, mais beaucoup plus encore de tout ce qui reste à faire pour être toujours " compétitifs ".

    Il suffit de remarquer, par exemple, que de 1968 à 1978, le salaire horaire minimum a augmenté de 350 %, alors que le prix des tuiles ne progressait que de 80%. Que serions-nous devenus, si des efforts considérables d'investissements n'avaient pas été faits.

    L'Entreprise d'aujourd'hui est avant tout le résultat du travail de tous et particulièrement des plus anciens, qui voient là le résultat de leurs efforts et de leur ténacité. Il faut souhaiter que l'avenir permette une évolution comparable, une amélioration constante des conditions de travail, une augmentation importante et progressive des salaires, un enrichissement croissant des tâches, une meilleure compréhension mutuelle, dans un climat social serein, et grâce à un comportement responsable de chacun.

    C'est un Voeu pour T.B.F., pour Roumazières-Loubert, dont l'avenir est lié au sort de nos entreprises, et tous nos efforts tendront vers sa réalisation.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Grèves.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 1 M 101
Bibliographie
  • " TBF vous accueille ". Publicité. Roumazières, 1985.

  • " La céramique du bâtiment ". L'Illustration économique et financière, n° spécial, Charente, 1922.

    p. 106-107
  • " Les tuiles et briques ". Images de Charente. Revue géographique et industrielle de France, n° 29. Paris, 1964.

    p. 117-119
  • Maury-Laribiere, Jean-Luc. " TBF. 1968/1978 : les bons choix ". Roumazières-Loubert, Bulletin Officiel, 1979, n° 1.

    p. 16-17
  • Caillaud, Louis-François. "Tuilerie Briqueterie Française à la conquête des toits du monde". L'Actualité, n° 31, Poitiers : Espace Mendès-France, 1988.

    p. 28-31
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