Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Tuilerie Simon, puis Polakowski et Cie, puis Grandes Tuileries de Roumazières

Dossier IA00066360 réalisé en 1986

Fiche

  • Cheminée et bâtiment du four Hoffmann.
    Cheminée et bâtiment du four Hoffmann.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • pièce de séchage
    • aire des produits manufacturés
    • hangar
    • logement patronal
    • pigeonnier
    • cité ouvrière
    • enclos
    • four industriel
    • forge
    • maison
    • écurie
Appellations dite tuilerie Victor A. Simon, puis Polakowski et cie, puis Pascaud, Polakowski et Cie, puis Grande tuilerie de Roumazières (GTR), Usine du Midi Perrusson Rohmer (CMPR)
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, pièce de séchage, aire des produits manufacturés, hangar, logement patronal, pigeonnier, cité ouvrière, enclos, four industriel, forge, maison, écurie
Dénominations tuilerie
Aire d'étude et canton Charente - Saint-Claud
Adresse Commune : Roumazières-Loubert
Lieu-dit : les Betouilles
Cadastre : 1834 A 85 ; 1949 M 268, 270

Cette tuilerie mécanique est créée en 1878 par Victor Adolphe Simon, fabricant de tuiles et de chaux, à la place d'une ancienne tuilerie artisanale. Adolphe Simon s'associe, en 1884, avec Eugène Polakowski, ingénieur des chemins de fer, d'origine polonaise. Ce dernier, qui avait remarqué lors de travaux effectués à Roumazières d'importants gisement d'argile, démissionne pour se consacrer à la tuilerie. Parallèlement, ses beaux-frères, les frères Voche et Louis Rohmer, viennent, sur ses conseils, diriger la tuilerie de Loubert. En1889, l'entreprise prend le nom de Grandes Tuileries de Roumazières Eugène Polakowski et Cie. Cette usine est la première tuilerie mécanisée de Roumazières. Quatre fours Hoffmann cuisent la production de tuiles.

La succession d'Eugène Polakowski est prise, après son décès en 1913, par son gendre Edouard Pascaud, et l'entreprise devient la société Polakowski, Pascaud et Cie, société familiale à responsabilité limitée.

En 1976, l'usine est achetée par le groupe C.M.P.R. (Céramique du Midi Perrusson Rohmer). La modernisation porte uniquement sur l'usine Rohmer et, en 1985, la production est très réduite : les cinq fours Hoffman sont détruits, et y subsiste un seul four tunnel. Le site ferme en 1986.

Des grèves ont lieu en 1907, 1908, 1910, 1911, 1914, 1918 et en mars 1935, lors de la déclaration en faillite de l'usine par le tribunal de Confolens, à la requête d'une banque de Limoges, principale créancière. L'effectif en 1976 est d'environ 200 personnes et en 1986 d'environ 40.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle

Les ateliers de fabrication en rez-de-chaussée, à un ou deux étages, sont en brique ou en moellon, avec charpente métallique apparente et couverts de tuile mécanique. La pièce de séchage est couverte de ciment amiante. Le logement patronal est en pierre de taille avec toit à longs pans brisés. Deux cités ouvrières dont une est en rez-de-chaussée et en moellon enduit et l'autre en brique enduite avec un étage. Le pigeonnier avec toit conique est couvert de tuile plate. L'enclos est en tuile mécanique dite mureuse.

Murs brique
tuile en gros oeuvre
moellon enduit
pierre de taille
Toit tuile mécanique, tuile plate, ciment amiante en couverture
Étages 2 étages carrés
Couvrements charpente métallique apparente
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
toit conique
Énergies énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée moteur électrique
États conservations menacé
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables machine de production

Annexes

  • Le gendre du sénateur-maire de Limoges assiégé par ses ouvriers. A.D. Charente : 1 M 92, La Petite Gironde du 28 mars 1935.

    Roumazières (Charente), 27 mars.

    De vifs incidents se sont produits mardi après-midi.

    M. Duché, gérant d'une tuilerie mise en faillite, gendre de M. Betoulle, sénateur-maire socialiste de Limoges, a été assiégé pendant près de trois heures dans sa maison par les ouvriers des tuileries.

    Ceux-ci, ayant passé une chaîne et cadenassé le portail de la maison occupée par M. Duché, avaient en outre établi un piquet de garde pour s'opposer à la sortie de leur ex-directeur.

    M. Duché réussit cependant à briser la chaîne qui fermait le portail, mais les ouvriers rétablirent aussitôt cette clôture.

    Enfin, au bout de trois heures, le capitaine de gendarmerie de Confolens, alerté, arrivait sur les lieux et parvenait à décider les ouvriers à libérer leur prisonnier.

    Le personnel des tuileries reproche a M. Duché, ancien directeur-gérant de la fabrique récemment mise en faillite à la suite de démêlés judiciaires, d'être parti sans leur payer les vingt et un jours de salaires qui leur étaient dus.

    On prétend même qu'ils feraient grief a leur ancien directeur de n'avoir pas révélé à la Caisse des assurances sociales les cotisations qu'il avait retenues sur les salaires.

    Après l'intervention du capitaine de gendarmerie, M. Duché a pu regagner Limoges.

  • Comment l'ingénieur Duché a été barricadé dans sa villa par les ouvriers des tuileries dont il était le directeur. A.D. Charente : 1 M 92. Le Courrier du Centre du 29 mars 1935.

    Les vifs incidents qui se sont déroulés mardi après-midi à Roumazières, en Charente, ont mis un émoi toute la population laborieuse de cette petite localité.

    Jamais, en effet, les conflits du travail n'avaient encore revêtu ici une telle acuité.

    Que s'est-il passé ?

    Roumazières, Le Loubier et Tornade comptent six cents ouvriers hommes et femmes, occupés dans quatre tuileries.

    LA SOCIETE DE M. PASCAUD, DEPUTE DE CONFOLENS

    Malgré la crise économique, trois des usines fonctionnent à peu près normalememt.

    La quatrième était exploitée jusqu'à ces derniers mois par la société Pascaud-Polakowski, société familiale à responsabilité limitée.

    II convient de préciser que M. Edouard Pascaud est député de Confolens, conseiller général de Saint-Claud, maire de Chasseneuil, président de la Fédération radicale-socialiste de la Charente.

    En mai 1933, une banque de Limoges, commanditaire de l'entreprise, et dont la créance s'élève aujourd'hui à 4 millions 225.905 fr. 73. imposa à la société en qualité de directeur gérant M. Duché, ingénieur, gendre de M. Betoulle, sénateur-maire de Limoges.

    LA FAILLITE

    Sous la gestion de ce dernier, l'affaire, périclitant de plus en plus, éprouva a nouveau de sérieuses difficultés financières.

    Le 21 janvier 1933, les membres de la famille Pascaud, porteurs des parts de la société à responsabilité limitée, révoquèrent M. Duché de ses fonctions de gérant et replacèrent à la tête de la société M. Guy Pascaud, à qui M. Duché avait succédé.

    A la même date, ils décidaient de mettre la société en liquidation amiable et désignaient deux liquidateurs pour procéder à cette opération.

    M. Duché quitta donc Roumazières en laissant ses meubles dans la coquette villa qu'il s'était fait construire sur un terrain et au compte de Ia société.

    Mais il partit sans avoir payé les salaires aux ouvriers, auxquels il est dû 31 jours de travail ; d'autre part, le montant d'un trimestre de cotisations aux assurances sociales, s'élevant à 17.262 francs, n'avait pas été versé à la Caisse départementale.

    Puis, à la requête de Ia banque principale créancière, le tribunal de Confolens prononça, le 8 mars dernier, la faillite de la Société Pascaud-Polakowski et Cie.

    Désigné comme syndic, M. Savary, greffier à Angoulême, s'employa, en attendant la vente des usines, à poursuivre l'exploitation de la fabrique.

    AVANT LES INCIDENTS

    L'ouragan du 23 février ayant causé les dégats considérables que l'on sait, les commandes affluèrent aux tuileries et les ouvriers purent continuer le travail.

    Leurs salaires leur furent régulièrement payés par les liquidateurs amiables et par le syndic. Mais il restait l'arriéré de la gestion de M. Duché.

    Apprenant par MM. Pascaud père et fils que M. Duché était légalement gérant seuI responsable jusqu'au 21 janvier dernier, les ouvriers lui écrivirent pour lui demander le paiement de leurs [ ? ]

    M. Duché ne daigna pas leur répondre mais on remarqua ses allées et venues nocturnes en automobile, de Limoges à Roumazières, où il venait chercher, dans sa villa, des objets personnels.

    Or, mardi dernier, vers 13 heures, M. Duché arriva en voiture. Les ouvriers pensèrent que l'ingénieur venait pour les régler ou pour leur fournir des explications.

    Quoi qu'il en soit, l'annonce de sa présence se répandit comme une trainée de poudre. Le débauchage fut immédiat et général, et vers 13h30, aux ouvriers s'étaient jointe une partie de la population de Roumazières. Bientôt, une foule évaluée à deux cents personnes se pressait devant les barrières clôturant le parc de la villa.

    LA MANIFESTATION OUVRIERE

    L'immeuble est situé face aux usines, de l'autre côté de la route. Par la porte ouverte, les ouvriers entrèrent dans le jardin et entourèrent la maison. Les manifestants appelèrent vainement leur ex-directeur.

    - Sortez, criaient-ils, nous ne vous ferons pas de mal, mai» nous entendons être payés.

    M. Duché jugea prudent de rester à l'intérieur. Ce que voyant, les ouvriers évacuèrent le jardin. Puis ils passèrent une grosse chaine et cadenassèrent le portail, non sans avoir également immobilisé l'automobile en stationnement dans la cour.

    - S'il se refuse à nous payer, disaient certains, nous garderons en gage sa voiture.

    Les tuiliers rentrèrent ensuite à l'usine en laissant un piquet de garde pour empêcher le départ de M. Duché.

    Un moment après, M. Desprès, maire de Roumazières, chef comptable a l'usine, et son fils, allèrent rendre visite à M. Duché. Ils purent entrer d'autant plus facilement que leur chalet est situé sur le même plan que la villa de l'ingénieur et sans clôture de séparation entre les deux maisons.

    Hommes de confiance de M. Duché, lorsque celui-ci assurait la gérance de l'affaire, ils se concertèrent avec lui sur les mesures à prendre pour sortir l'automobile.

    M. Duché et ses aides coupèrent avec un burin la chaîne retenant le portail, mais la garde des ouvriers veillait.

    Ceux-ci, alertés, sortirent de l'usine et, indignés, ils conspuèrent l'ingénieur, ainsi que le maire et son fils, qui avaient pris fait et cause pour lui. C'est alors que se produisit une vive altercation entre M. Pascaud, député, et M. Desprès.

    Le premier reprochait au second de défendre les intérêts de l'ingénieur congédié depuis deux mois : M. Pascaud cracha, assure-t-on, au visage du maire, son employé.

    UNE CONDUITE DE GRENOBLE

    M. Duché et MM. Desprès, passant par derrière la maison de ces derniers, gagnèrent alors la poste, distante de quatre cents mètres, où ils téléphonèrent au sous-préfet de Confolens, afin de le mettre au courant des incidents.

    Les gendarmes de Roumazières, soit qu'ils n'eussent pas été prévenus, soit qu'ils ne l'aient pas jugé à propos, n'étaient pas intervenus, en effet, pour rétablir l'ordre entre le député, le maire, l'Ingénieur et les ouvriers.

    Ceux-ci apprenant que M. Duché était parti ç la poste, s'y rendirent en cortège et l'obligèrent à en sortir.

    Très pale, M. Duché, objet d'une véritable conduite de Grenoble, fut contraint de regagner la villa.

    - Je vous promets, leur déclara-t-il, de vous payer sous trois jours.

    - Signez-nous une reconnaissance clamaient les ouvrièrs, dont les femmes, accompagnées des enfants, n'étaient pas les dernières à manifester leur indignation.

    Peu après, dès leur arrivée, le sous-préfet, le capitaine de gendarmerie de Confolens qui l'accompagnait parlementairent avec les tuiliers et ils réussirent à les décider à laisser partir M Duché.

    Celui-ci, sous les huées de la foule, démarra dans son automobile et prit à toute vitesse la route de Confolens où il alla porter plainte à la gendarmerie.

    Ces incidents n'avaient pas duré moins de trois heures.

    Le calme est revenu, maintenant dans les esprits, mais, sur les murs de l'usine et sur la porte de la villa des inscriptions à la craie reflètent le mécontentement de la population ouvrière.

    On y lit, en effet, les mots suivants : " A bas Duché ! A bas le maire ".

  • Les graves incidents de Roumazières. A.D. Charente : 1 M 92. Le Matin Charentais du 29 mars 1935.

    L'origine du Conflit

    Les vifs incidents qui se sont déroulés mardi après-midi à Roumazières, en Charente, ont mis en émoi toute la population laborieuse de cette petite localité.

    Jamais, en effet, les conflits du travail n'avaient encore revêtu ici une telle acuité.

    Que s'est-il passé ?

    LA SOCIETE DE M. PASCAUD, DEPUTE DE CONFOLENS

    Roumazières, Le Loubier et Pontane comptent six cents ouvriers hommes et femmes, occupés dans quatre tuileries.

    Malgré la crise économique, trois des usines fonctionnent à peu près normalement.

    La quatrième était exploitée jusqu'à ces derniers mois par la Société Pascaud-Polakowski, société familiale à responsabilité limitée.

    Il convient de préciser que M. Edouard Pascaud est député de Confolens, conseiller général de Saint-Claud, maire de Chasseneuil, président de la Fédération radicale-socialiste de la Charente.

    En mai 1933, une Banque de Limoges, commanditaire de l'entreprise, et dont la créance s'élève aujourd'hui à 4 millions 225.905 fr. 73, imposa à la Société en qualité de directeur gérant M. Duché, ingénieur gendre de M. Betoulle, sénateur-maire de Limoges.

    LA FAILLITE

    Sous la gestion de ce dernier, l'affaire, périclitant de plus en plus, éprouva à nouveau de sérieuses difficultés financières.

    Le 21 janvier 1935, les Membres de la famille Pascaud, porteurs des parts de la Société à responsabilité limitée, révoquèrent M. Duché de ses fonctions de gérant et replacèrent à la tête de la Société M. Guy Pascaud, à qui M. Duché avait succédé.

    A la même date, ils décidaient de mettre la Société en liquidation amiable et désignaient deux liquidateurs pour procéder à cette opération.

    M. Duché quitta donc Roumazières en laissant ses meubles dans la coquette villa qu'il s'était fait construire sur un terrain et au compte de la Société.

    Mais il partit sans avoir payé les salaires aux ouvriers, auxquels il est dû 21 jours de travail ; d'autre part, le montant d'un trimestre de cotisations aux Assurances Sociales, s'élevant à 17.262 francs, n'avait pas été versé à la Caisse Départementale.

    Puis, à la requête de la Banque principale créancière, le Tribunal de Confolens prononça, le 8 mars dernier, la faillite de la Société Pascaud-Polakowski et Cie.

    Désigné comme Syndic, M. Savary, greffier à Angoulême, s'employa, en attendant la vente des usines, à poursuivre l'exploitation de la fabrique.

    VIOLENTE ALTERCATION ENTRE M. PASCAUD, DEPUTE ET LE MAIRE DE ROUMAZIERES

    Les ouvriers ayant appris que M. Duché était venu mardi à Roumazières, c'est alors qu'ils se rendirent à son domicile et envahirent le jardin.

    A un moment donné, M. Desprès, maire de Roumazières, chef comptable à l'usine, et son fils, allèrent rendre visite à M. Duché. Ils purent entrer d'autant plus facilement que leur chalet est situé sur le même plan que la villa de l'ingénieur et sans clôture de séparation entre les deux maisons.

    Hommes de confiance de M. Duché lorsque celui-ci assurait la gérance de l'affaire, ils se concertèrent avec lui sur les mesures à prendre pour sortir l'automobile.

    M. Duché et ses aides coupèrent avec un burin la chaîne retenant le portail, mais la garde des ouvriers veillait.

    Ceux-ci alertés, sortirent de l'usine et indignés, ils conspuèrent l'ingénieur, ainsi que le maire et son fils, qui avaient pris fait et cause pour lui. C'est alors que se produisit une vive altercation entre M. Pascaud, député, et M. Desprès.

    Le premier reprochait au second de défendre les intérêts de l'ingénieur congédié depuis deux mois ; M. Pascaud cracha, assure-t-on, au visage du maire, son employé.

    UNE CONDUITE DE GRENOBLE

    M. Duché et M. Desprès, passant par derrière la maison de ces derniers gagnèrent alors la poste, distante de quatre cents mètres, où ils téléphonèrent au sous-préfet de Confolens, afin de le mettre au courant des incidents.

    Les ouvriers apprenant que M. Duché était parti à la poste, s'y rendirent, en cortège et l'obligèrent à en sortir.

    Très pâle, M. Duché, objet d'une véritable conduite de Grenoble, fut contraint de regagner la villa.

    Peu après leur arrivée sur les lieux, le sous-prefet et le capitaine de gendarmerie de Confolens qui l'accompagnait parlementèrent avec les tuiliers et ils réussirent à décider les ouvriers à laisser partir M. Duché.

    Ces incidents n'avaient pas duré moins de trois heures.

  • A.D. Charente. 1 M 92. Extrait d'un rapport du Sous-Préfet au Préfet de la Charente du 30 mars 1935

    "Par lettre du 29 courant, vous avez bien voulu me demander un rapport au sujet des incidents qui se sont déroulés aux usines Pascaud-Polakowski à Roumazières, mardi dernier.

    J'ai l'honneur de préciser, tout d'abord, que les incidents en question se sont déroulés, non sur la voie publique, mais sur des immeubles dépendant de l'exploitation de la dite usine.

    J'indique aussi, pour mémoire, que " Le Courrier du Centre " est un journal de droite, imprimé à Limoges, aux informations habituellement tendancieuses.

    Ce quotidien n'a pas manqué d'exploiter et de grossir l'importance d'une manifestation d'hostilité à l'encontre d'une personnalité appartenant au milieu politique d'extreme gauche de Limoges.

    Ceci exposé, voici exactement comment les faits se sont déroulés :

    Monsieur DUCHE, ancien gérant de la Société à responsabilité limitée Pascaud-Polakowski, s'était rendu, mardi dernier, à Roumazières, à la villa qu'il occupait à l'époque où il présidait aux destinées de la Société.

    Un mouvement, auquel MM. Edouard et Guy Pascaud ne sont pas étrangers, ne tarda pas à se dessiner en faveur d'une manifestation d'hostilité à l'égard de M. Duché.

    Celui-ci, dès le début de l'après-midi, fût barricadé dans la villa par un certain nombre d'ouvriers qui exigeaient le paiement de fractions de salaires arriérés et, en même temps, la régularisation de certaines cotisations d'Assurances Sociales.

    Avec l'aide du Maire de Roumazières, M.Duché réussit à dégager les abords de la villa, de façon à pouvoir, en automobile, regagner la voie publique.

    Puis, M. Duché se rendit à la Poste dans un but que j'ignore ; lorsqu'il revint, un nouveau barrage avait été établi dans le jardin de la villa.

    Les gendarmes de Roumazières s'étant rendus sur les lieux, M. Pascaud, député, leur fit remarquer que leur intervention était illégale, M. Duché se trouvant sur le terrain d'autrui. la vie de ce dernier n'étant nullement en danger.

    Pour mettre fin à cet état des choses, j´ai décidé, alors, d'envoyer sur place le Capitaine de Gendarmerie, dans le but d'apaiser les esprits et de rappeler aux manifestants que quels que soient les difficultés d'ordre privé qu'ils aient pu avoir avec M. Duché, " nul n'a le droit de se faire justice soi-même ". Le Capitaine n'a même pas eu à intervenir ; au noment de son arrivée, M. Duché a pu, librement, regagner la route de Limoges, non sans avoir manifesté son intention de déposer une plainte pour atteinte à la liberté individuelle. Cette plainte ne paraît pas avoir été déposée.

    En résumé, nous nous trouvons en présence d'une manifestation d'hostilité de caractère privé, qui a pour origine sans aucun doute, le conflit personnel et très aigu qui oppose M. M. Pascaud et M. Duché.

    Cette manifestation avait, sans doute, pour but d'ôter à M. Duché l'envie de reprendre la direction ou l'exploitation de l'affaire industrielle.

    Sur l'article ci-joint, je dirais que la première partie exposant les origines de l'incident, correspond à la réalité.

    Quant au compte-rendu de la manifestation, il est nettement tendancieux, exagéré et erroné. En particulier, ni M. le Maire de Roumazières, ni M. Duché n'ont téléphoné à la Sous-Préfecture.

    Pour moi, je n'ai pas jugé bon de me rendre à Roumazières.

    Les chiffres cités sont sans rapport avec la réalité.

    En définitive, Ies incidents de mardi dernier à Roumazières doivent être considérés comme une " mauvaise plaisanterie " et non comme une réelle manifestation ouvrière".

  • A.D. Charente : 1 M 92. Extrait d'une lettre du Sous-Préfet au Préfet de la Charente du 2 avril 1935.

    "Comme suite à mon rapport du 30 mars, j'ai l'honneur de vous faire connaître que la publicité exagérée faite dans les différents journaux autour des incidents de mardi dernier à Roumazières, a soulevé d'assez vives critiques dans l'arrondissement, et ce, dans les milieux les plus divers.

    J'ai tenu à vous en informer, non seulement parce que les faits ont confirmé votre impression première à ce sujet, mais aussi parce que je crois savoir que M. Duché a l'intention de revenir bientôt à Roumazières pour y chercher son mobilier personnel".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Documents.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 1 M 92
  • Archives privées CMPR.

Bibliographie
  • Annuaire de la Charente. Angoulême, 1890.

  • Berland, André, et Langlais, Monique. Roumazières-Loubert : 2000 ans d'histoire. Roumazières : Monique Langlais, 2001.

  • " La céramique du bâtiment ". L'Illustration économique et financière, n° spécial, Charente, 1922.

    p. 106-107
  • " Les tuiles et briques ". Images de Charente. Revue géographique et industrielle de France, n° 29. Paris, 1964.

    p. 117-119
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Van Riesen Wulf - Moisdon Pascale