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Ville

Dossier IA79001402 réalisé en 2002

Fiche

Présentation :

Le canton de Celles-sur-Belle est situé au centre-sud du département des Deux-Sèvres, entre la plaine à l'est et le marais à l'ouest. Le sol calcaire est propice à l'élevage et à la culture des céréales. La ville s'est implantée au sud-ouest du canton, sur la rive occidentale de la rivière la Belle, et l'agglomération surplombe cette dernière. Le développement industriel ne se manifestera qu'à l'arrivée du chemin de fer, avec la voie de Niort à Ruffec (la gare est installée à Celles entre 1885 et 1892).

La ville de Celles est construite entre les villes de Niort (distante de trente kilomètres au nord-ouest) et de Melle (à sept kilomètres au sud-est). Elle est reliée directement à ces deux villes par la route D. 946 grâce à la rocade qui a été aménagée au sud et à l'est de Celles.

La voirie consiste en un grand axe qui la traverse du sud-est au nord-ouest d'où partent des rues transversales. La rue Emile-Verdon, qui est l'axe allant du centre ville (place des Epoux-Laurant) au nord-ouest, présente un parcellaire laniéré, avec des maisons à façade en bordure de rue, jardin et communs à l'arrière. Au centre donc, devant le clocher-porche de l'abbatiale, se trouve l'actuelle place des Epoux-Laurant autrefois place du Marché. Une seconde place est aménagée au nord-est de l'abbaye, dans le quartier du Rochereau où se trouvaient la halle aux grains et la halle aux veaux.

Origines :

Maurice Poignat, dans Le Pays Mellois, indique que Celles est mentionnée dans une charte de l'abbaye de Cluny datant de 1020, sous la dénomination « villa que vocatur ad cellula (petit monastère) ». Il n'y a pas d'implantation connue sur le site avant cette date.

L'histoire de Celles est étroitement liée à celle de son abbaye. Un prieuré est fondé au XIe siècle par l'abbaye de Lesterps. Dès la fin du siècle, sa Vierge miraculeuse en fait un lieu de pèlerinage renommé. L'abbaye Notre-Dame devient indépendante en 1148. Elle subira la guerre de Cent ans mais en 1470, le roi Louis XI fera des donations qui permettront sa reconstruction. Les troupes protestantes pillent à nouveau l'abbaye en 1568. Ce n'est qu'au milieu du XVIIe siècle que l'abbaye se relèvera de ses ruines. Sous la direction de l'architecte François le Duc, dit Toscan, la reconstruction de l'abbatiale durera de 1665 à 1676, le logis du prieur sera construit en 1668 et les bâtiments conventuels de 1679 à 1682. L'abbaye est déclarée bien national en 1789 et les religieux partent en 1791. En 1805 un incendie détruit les bâtiments médiévaux. Dès 1846 l'abbatiale est classée Monument historique. Les bâtiments conventuels connaissent divers propriétaires jusqu'à leur acquisition par la commune en 1971. En 1977 l'ensemble est classé. La reprise des pèlerinages date de 1899. Il a toujours lieu au mois de septembre.

L'église paroissiale Saint-Hilaire, située près du bras sud du transept de l'abbatiale Notre-Dame, ne semble pas antérieure au XIIe siècle. L'abbé est également curé de cette paroisse. Elle dépendait de l'archiprêtré de Melle. Un cimetière l'entourait. En 1978, des fouilles sur le site ont permis d'exhumer des sarcophages. Le cimetière actuel, situé au nord-ouest de la ville, est vraisemblablement une création de la fin du XVIIIe siècle (deux plates-tombes relevées par Bouneault sont datées 1792 et 1797).

Celles, relevait des châtellenie, siège royal et élection de Niort.

Organisation de l'espace :

La ville va s'établir au nord-ouest de l'abbatiale, de part et d'autre d'une rue principale (actuelle rue Emile-Verdon). Le quartier du Rochereau, lui, s'est développé à l'est, sur la rive droite de la Belle. On remarque, sur le plan cadastral de 1822, que ce quartier n'est pas figuré avec la ville, mais traité comme un lieu-dit avec inscription du toponyme.

De rares maisons présentent des vestiges du XVIe siècle. Deux maisons à l'angle de la rue de Vitré et de la rue des Jardins ont, celle du n°7 une fenêtre à linteau en accolade et celle du n°9 une croisée à encadrement mouluré. Sur l'élévation latérale du n°9 de la rue des Halles a été conservée une fenêtre moulurée à linteau en accolade. Sur l'élévation latérale de la maison au n°17 de la rue du Rochereau se trouve une large baie couverte en anse de panier murée.

Quelques édifices, en partie antérieurs au XVIIIe siècle sont identifiables sur le plan cadastral de 1922 : un hôtel route de Vitré, le presbytère actuel, dont certains éléments peuvent remonter au XVIe siècle, un manoir, appelé dans les sources le Grand Logis ou le Logis d'Angles, fin XVIe début XVIIe siècle, actuellement Centre protestant, 58 rue Emile-Verdon, deux manoirs à la sortie sud-ouest de la ville (avenue de Limoges), l'un occupé actuellement par la mairie et le logis de la Boissière dont l'origine remonte au XVIIe siècle.

Quatre descriptions du bourg de Celles nous sont parvenues. Elles datent de 1716, de 1744, de 1800 et de 1838.

XVIIIe siècle :

Dans l'article intitulé Election de Niort au XVIIIe siècle, se trouvent deux descriptions du village de Celles en 1716 et 1744. En 1716, Celles compte 179 feux, soit environ 895 habitants ; en 1744, il y avait 191 feux soit environ 955 habitants. En vingt-huit ans, l'augmentation de la population est de 60 individus. Dans le premier texte la population est dite composée de bourgeois et d'artisans. Dans le second, sont nommés des ouvriers « de toutes les espèces », un juge, deux procureurs-notaires et deux huissiers (Celles ayant droit de justice). Les deux descriptions insistent sur l'importance de l'abbaye. Le marché du mercredi est mentionné. Le nombre des moulins (à eau) de la commune est de six en 1716 et de sept en 1744 (dans la ville même il n'y a que deux moulins, celui de l'abbaye et celui situé au nord est de la ville dit le Boucheau). Les ressources indiquées sont agricoles : élevage et culture de céréales.

Il ne subsiste que peu de maisons du XVIIIe siècle qui n'aient pas été remaniées, au moins en façade. Seule une demi-douzaine présentent encore les caractéristiques de construction de cette période (principalement le couvrement des baies en linteau délardé en arc segmentaire). Elles se situent principalement rue Emile-Verdon et rue des Halles.

XIXe siècle :

Le plan cadastral de 1822 figure une ville déjà bien développée à l'ouest, configuration qui s'accentuera par la suite.

Dans le Dictionnaire géographique, agronomique et industriel du département des Deux-Sèvres du baron Dupin de 1802, on trouve une description de Celles à cette période. La population est de 1102 individus, ce qui fait une augmentation de 147 personnes depuis 1744. Sept moulins à eau et deux à vent sont cités ainsi que la halle. La fabrication des étoffes en laine est mentionnée. Le marché du mercredi est maintenu.

En 1821, la commune compte 1338 habitants, une augmentation de 236 individus en 19 ans.

Dix-sept ans plus tard, dans la Géographie élémentaire du département des Deux-Sèvres de L. de Folin de 1838, Celles est mentionnée comme chef-lieu du canton. Il y a une justice de paix ainsi qu'un bureau de distribution des lettres dépendant du bureau de poste de Melle. Le sol est indiqué comme argilo-calcaire « le principe argileux dominant... beaucoup de substance quartzeuse et même du cristal de roche d'une belle eau ».

Le presbytère catholique, situé près de l'élévation nord de l'abbatiale, est encore en état en 1805. Des travaux seront effectués en 1827. Le bâtiment sera aliéné en 1934. Le nouveau presbytère est installé dans l'hôtel de la rue de Vitré qui avait abrité une école libre de religieuses dès 1847.

Cette école privée de Celles est la seule dont l'existence nous soit connue à ce jour. Les bâtiments furent donnés par Mademoiselle Delphine Nourry à la Congrégation des Filles de la Croix en 1844. L'acte notarié de 1847 stipule « qu'il y aura trois soeurs pour donner l'éducation aux jeunes filles pauvres, avec faculté de recevoir des pensionnaires payantes et pour porter aussi gratuitement des soins à domicile aux malades pauvres ».

A partir de 1818, la commune, propriétaire du logis prieural dit logis Saint-Gobert, le loue en partie à un instituteur et y installe la mairie et l'école publique jusqu'en 1865.

Protestants et catholiques sont à cette période en nombre à peu près égal.

Selon un extrait d'un rapport sur la construction d'un temple protestant à Celles, adressé au Ministre de l'Intérieur par le Ministre de la Justice et des Cultes, du 21 septembre 1843 : « les communes de Celles, Montigné, Sainte-Blandine et Verrines (Deux-Sèvres) contiennent ensemble une population protestante de 2114 âmes ; elles forment une église sectionnaire dépendant du consistoire de Melle et sont desservies par un pasteur particulier résidant à Celles ; les protestants de ces communes sont encore réduits à célébrer leur culte dans des locaux appartenant à des particuliers, et souvent en plein aire, à cause de l'insuffisance et de l'insalubrité des ces locaux. Le consistoire de Melle, dans la vue de mettre fin à un pareil état de choses, a cherché à réunir les moyens de pourvoir à la construction d'un temple dans la commune de Celles... ».

En 1844 eut lieu l'adjudication pour la construction du temple au profit de l'entrepreneur Joseph Dastugue de Niort, sur plans de l'architecte Bernard Gurs.

Le presbytère protestant était installé sur la parcelle 134 AD. Il a été racheté par la municipalité en 1998 et détruit pour cause d'affaiblissement du terrain. Il n'a pas été remplacé.

Réseaux :

Le cadastre napoléonien de la commune de Celles n'est pas daté mais les états de sections sont de 1822. En face du clocher-porche de l'abbatiale se trouvait la partie nord de l'îlot entre l'actuelle rue de Belle-Face à l'est et un chemin rural à l'ouest. Cette partie a été détruite entre 1881 et 1886 pour aménager une place, la place du Marché (actuelle place des Epoux-Laurant).

Entre 1845 et 1846, un pont est reconstruit. Il s'agit vraisemblablement du pont du Rochereau.

La voie ferrée de Niort à Ruffec a été installée dans le canton de Celles-sur-Belle à la fin du XIXe siècle. Les projets des tracés remontent à 1868. Les différents types de bâtiments (gare, lampisterie, hangar d'abri, halle de marchandises, pont à bascule, maisons de garde-barrière et ouvrages d'art) ont été construits entre 1885 et 1892. L'emplacement de cet ensemble se trouve à la sortie nord-ouest de Celles. La suppression de la ligne pour les marchandises a lieu vers 1990 et celle pour les voyageurs vers 1995. Le bâtiment de la gare a été conservé.

Le 14 mai 1886, le conseil municipal vote 1000 F pour l'achat de réverbères dont l'entretien annuel est de 400 F. Le 22 août de cette même année une compagnie de pompiers est organisée et une pompe à incendie achetée.

Dans les délibérations du conseil municipal du 11 novembre 1899, l'annonce est faite de la création, dans le département, d'un réseau téléphonique. Les participants jugent ce projet avantageux pour la population et les commerçants.

Equipements :

L'emplacement choisi pour la construction de la mairie-école-tribunal se situe à proximité de l'abbatiale (deux îlots à l'ouest). En 1865, la description du projet mentionne l'ouverture d'une rue : il s'agit vraisemblablement de la portion de rue dite de l'Ancienne-Mairie située entre la rue de l'Eglise et la rue Emile-Verdon (sur l'ancien cadastre cet emplacement n'était pas bâti). Les travaux sont terminés en 1870 sur plans de l'architecte Loquet de Parthenay. L'ensemble comprend, dans le corps central : les services de la mairie, la justice de paix, deux logements pour deux instituteurs, des dortoirs et greniers ; dans les ailes les classes, l'une pour les élèves catholiques et l'autre pour les élèves protestants. Des cours et préaux complètent l'ensemble. La mairie-école a perdu sa destination première ; une des ailes abrite aujourd'hui la bibliothèque municipale. La mairie actuelle a été installée vers 1950 dans un logis situé sur la route de Limoges (AD 217).

En 1880 l'architecte A. Bergeron de Niort exécute un projet de reconstruction de la halle ancienne sur l'emplacement d'origine. Les travaux sont terminés en 1883. Actuellement le bâtiment abrite le Syndicat d'initiative.

Activités :

Le 29 décembre 1890 trois nouvelles foires sont crées : deux foires aux boeufs les premiers mercredis de février et de mars, une foire aux mules le troisième mercredi de novembre. Il existait déjà, le premier mercredi de chaque mois, une foire aux porcs et aux veaux. Une halle aux veaux se trouvait sur la place du Rochereau. Elle a été détruite en 1971.

Située au sud de la ville, la Société de râperie de betterave (puis distillerie) est construite entre 1872 et 1875. Elle est vendue à la Sté Evrard et Cie en 1886. Elle n'est plus en activité.

La Coopérative laitière. Une laiterie particulière, installée au moulin de la Vée, fut reprise en 1893 par un groupe de cultivateurs ayant constitué une société coopérative. Cette dernière fait construire une beurrerie en 1896 non loin de la gare, au nord-ouest de la ville. Le bâtiment a été reconstruit en 1958. Actuellement cent personnes sont employées de façon permanente et trente cinq de façon saisonnière. Près de la Coopérative laitière, au n°1 route de Vitré (AD 31), se trouve un petit immeuble qui à l'origine était un logement de fonction pour le directeur de la laiterie. Il a été construit en 1958. Il sert actuellement de salle de réunion pour la Coopérative.

Le secteur industriel s'est ensuite développé autour de la gare, au nord et au nord-est de la ville.

XXe siècle :

Equipement :

Entre 1931 et 1937, un important groupe scolaire a été construit à la sortie nord-ouest de Celles, avenue de Limoges (AH 187). En 1931 le projet indiquait cinq classes primaires (y compris la classe enfantine) comptant 215 élèves. A la même période, l'ancienne école ne pouvait loger que 166 enfants. En 1934, un marché est passé avec la Société Anonyme des Anciens Etablissements Briard de Bordeaux. Le contrôle technique des constructions est effectué en 1935 par l'ingénieur en chef du service vicinal Glasser. Durant le XXe siècle de nombreux corps de bâtiment ont été ajouté au groupe initial. Les derniers ont été inaugurés le 9 septembre 1999.

Le dossier du Service des Ponts et Chaussées sur l'éclairage électrique entrepris par la Société coopérative de Celles-sur-Belle est approuvé par le Conseil municipal le 17 août 1913. Le 2 février 1914, une commission est désignée pour l'étude du projet relatif à la distribution d'eau dans la ville.

En 1914, la ville de Celles achète un immeuble (2, avenue de Limoges1981 AE 108) et l'agrandit pour y installer une gendarmerie (qui au paravent était installée Grand-Rue). Cette maison est redevenue une maison particulière. La gendarmerie est actuellement installée dans des locaux neufs, à la sortie sud-ouest de la ville, route de Limoges.

En 1922, le lavoir du Rochereau sera protégé d'un abri (traité avec Alfred Vimpierre, menuisier à Celles). On trouve à Celles deux autres lavoirs, l'un à Fombline et l'autre au Boucheau.

Entre 1936 et 1939 un immeuble près de la halle est aménagé pour y installer un bureau de Poste (devis de l'architecte Julien Bercier de Niort, travaux par l'entrepreneur Jean Billard de Celles). La Poste a été par la suite transférée à l'ancienne mairie-école lorsque que cette dernière a perdu son affectation première.

Le monument aux morts, situé aujourd'hui près de l'actuelle mairie, date de 1922. Il est dû à Auguste Billard, entrepreneur à Celles (également sculpteur de nombreux tombeaux). Il avait été installé à l'origine à la sortie nord-ouest de la ville en face du groupe scolaire.

L'activité économique :

Des abattoirs industriels sont construits en 1937 dans le quartier nord de la gare (devis de l'architecte Julien Burcier à Niort).

Vers 1970 y sont mentionnés : les Entrepôts frigorifiques, la Fabrique d'éléments industrialisés de construction (Etablissements Billard et fils) et la Coopérative agricole.

En 1982, Poignat mentionnait une usine de chaussures qui n'est plus en activité.

Les magasins de commerce eux, se sont concentrés autour de la place des Epoux-Laurant et le long de la rue Emile-Verdon.

Aménagements d'urbanisme à la fin du XXe siècle :

Une rocade contourne la ville du sud-est au nord-ouest.

Une promenade a été aménagée le long de la Belle, de l'abbaye au sud de la ville.

La maison à l'angle de la rue de Vitré et de la rue des Jardins a été détruite pour faciliter la circulation à ce carrefour. Sa fenêtre à accolade a été remontée dans le pignon de la maison voisine.

Les places des Epoux-Laurant et du Rochereau ont été réaménagées (entre autres, mise en place de parkings). La place du Rochereau est éclairée de lampadaires en fonte.

Dans le canton de Celles-sur-Belle, plusieurs projets d'adduction en eau potable ont vu le jour entre 1929 et 1934, par le Syndicat des eaux de la vallée du Lambon. Dans la ville de Celles, il y aurait eu un château d'eau au Rochereau, mais il a disparu. Près de la sucrerie-distillerie, existe toujours un château d'eau.

Plusieurs fontaines ont été installées : une sur l'élévation nord de l'église, une autre à l'angle ouest de la place des Epoux-Laurant, près de la margelle d'un ancien puits, une troisième sur la place du Rochereau. Les margelles de deux autres puits, qui ne sont plus utilisés, ont été conservées : l'une à l'angle de la rue du Puits-Gachet et de la rue Emile-Verdon, l'autre en face du groupe scolaire, à l'angle de la rue Romaine et l'avenue de Niort.

Depuis 1970, plusieurs lotissements ont été créés :

- au sud-ouest de la ville, près de l'ancienne sucrerie-distillerie, lotissement de la Boissière (vers 1970), puis un second, la Belle-Plaine (vers 1980).

- au sud-est de la ville, sur la rive orientale de la Belle, lotissement du Clos de l'Abbaye (vers 1980) ; au sud-est de ce dernier, un lotissement est en cours de réalisation, celui des Jardins de Chante-Merle.

Ces lotissements sont constitués de maisons individuelles, souvent jumelles, en rez-de-chaussée, avec jardin. Ils sont occupés par une population travaillant non seulement à Celles mais à Niort. En 1975, Celles comptait 2905 habitants. Il y en a 3550 en l'an 2000 soit une augmentation de 545 habitants en 25 ans.

Actuellement Celles compte dix-sept entreprises, vingt-huit artisans et quarante et un commerçants.

Des aménagements sportifs et une piscine à ciel ouvert ont été installés route de Limoges, entre de la nouvelle mairie et le lotissement de la Belle-Plaine. Un camping la Boissière (près de la piscine et des aménagements sportifs) de 40 places est ouvert toute l'année. De nombreux circuits, pédestres, cyclo-tourisme et VTT fléchés ont été aménagés.

Le développement du tourisme est une des préoccupations de la municipalité de Celles ; à cet effet, elle continue une politique de mise en valeur de son territoire. D'autres aménagement sur les bords de la Belle au nord-est de la ville sont en cours. Les bâtiments conventuels de l'abbaye servent à des colloques, des expositions et d'autres manifestations culturelles. Des animations estivales sont organisées et des programmes sont disponibles à l'Office du tourisme aménagé dans les anciennes halles. Du 23 août au 1er septembre a lieu un festival de musique.

Celles-sur-Belle fait partie du Pays Mellois qui regroupe sept cantons : Melle, La Mothe-Saint-Héray, Lezay, Brioux-sur-Boutonne, Chef-Boutonne et Sauzé-Vaussais, soit 91 communes.

Dénominations ville
Aire d'étude et canton Celles-sur-Belle - Celles-sur-Belle
Adresse Commune : Celles-sur-Belle

L'histoire de la ville de Celles est étroitement liée à celle de son abbaye. Cette dernière est fondée au XIe siècle et, dès la fin de ce siècle, sa Vierge miraculeuse en fait un lieu de pèlerinage renommé. Après les dommages causés par la guerre de Cent ans, la reconstruction sera effectuée, en 1470, grâce aux donations du roi Louis XI. L'abbaye est à nouveau pillée en 1568 par les troupes protestantes. De 1665 à 1682, l'architecte François le Duc, dit Toscane, sera chargé de la reconstruction de l'abbatiale puis de la construction du logis prieural et des bâtiments conventuels. En 1789, l'abbaye est déclarée bien national. En 1805, un incendie détruit les bâtiments médiévaux. Dès 1846, l'abbatiale est classée monument historique. Après avoir connu divers propriétaires, les bâtiments conventuels seront acquis par la commune en 1971. L'ensemble de l'abbaye est classé en 1977. La ville de Celles relevait des châtellenie, siège royal et élection de Niort et de l'archiprêtré de Melle, chef-lieu du canton. Jusqu'au troisième quart du XIXe siècle, les ressources de la commune étaient essentiellement agricoles. Une râperie de betteraves, devenue distillerie, désaffectée de nos jours, s'était installée en 1875 à la sortie nord-ouest de la ville. L'arrivée du chemin de fer (voie de Niort à Ruffec) se fit dès1892. La gare est construite au nord-ouest de la ville. A proximité vont s'y implanter : des abattoirs industriels, des entrepôts frigorifiques, une fabrique d'éléments de construction et la Coopérative agricole. A l'initiative de la municipalité plusieurs lotissements ont été créés : au sud-ouest, le lotissement de la Boissière (vers 1970), puis celui de la Belle-Plaine (1980), au sud-est de la ville, le lotissement du Clos de l'Abbaye (vers 1980). Au sud-est de ce dernier un autre lotissement est en cours de réalisation, celui des Jardins de Chante-Merle.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Auteur(s) Auteur : auteur inconnu,

La ville de Celles est située à une dizaine de kilomètres de Melle, au sud-est, et à une vingtaine de Niort au nord-ouest. Sur le plan cadastral de 1822, la ville s'organisait au nord-ouest de l'abbatiale (précédée d'une place) autour d'une rue principale (actuelle rue Emile-Verdon). Le secteur est était également urbanisé ; il s'y trouvait les halles aux grains et aux veaux. On remarque aussi quelques habitations au sud-ouest.

Annexes

  • Description du village en 1716 et 1744

    1716 : "Celles est une espèce de petite ville ou bourg ramassé, composée de cent soixante et dix-neuf feux, presque tous de bourgeois et artisans, n'y ayant que dix-neuf dommaines et six moullins. Sa scituation est au levant de Nyort et à la distance de quatre lieues, sur la rivière de la Belle, que l'on traverse sur un pont, dans une plaine fertille en touttes les espèces de bledz, avec des pascages sufisans pour la nourriture de touttes sortes de bestiaux que l'on y élève, et des bois.

    Il y a un marché tous les mercredy et plusieurs foires l'année.

    Son revenu consiste en bleds, foin, bois, dans les profits sur les bestiaux des marchez et foires.

    Porte d'imposition ...

    Cette parroisse est du diocèse de Poitiers.

    Il y a une abée royalle de l'ordre de Saint-Augustin, de vingt-cinq mil livres de revenu. M. l'abé de Sommery en est abé. Il a succédé à M. l'abé de la Rochefoucault.

    Les relliggieux étoient autrefois mitigez, M. le cardinal de la Rochefoucault, qui en était abé y établit la réforme en l'année ... [vide] que les chanoines réguliers de la congrégation de Sainte-Geneviève en prirent possession en vertu du concordat entre son Eminence et lesdits chanoines réguliers sans lettres patentes.

    C'étoit anciennement un prieuré dépendant de l'abbée de Lestrop [Lesterps] en Limouzin, il fut érigé en abbée ; Guillaume neuf, duc d'Aquitaine, luy concéda la justice de la ville de Celles, ensuite les roys d'Angleterre pendant qu'ils possédoient la Guyenne y firent des donations considérables. En 1567, le comte de Montgommery brusla l'églize et entièrement les lieux réguliers. Geoffroy d'Estissac, évesque de Maillezay, lors abé en ayant apris la nouvelle en mourut de chagrain. Les religieux se pratiquèrent de petits logements, en 1668 ils entreprirent le rétablissement en entier de l'églize et des lieux réguliers quy fut fini en 1682.

    L'église abbatialle est une des plus magnifiques de la province, bastie à la moderne avec ce défault néanmoins qu'il faut dessendre dix à douze marches pour y entrer.

    La maison abatiale et celles des religieux sont très belles, aussy basties à la moderne.

    Il y a le prieuré de la Carte, ordre de Saint-Benoist, de deux mil livres de revenu, réuny au collège des pères jésuites de Poitiers.

    Elle appartient à M. l'abé en droit de baronie relevant du Roy à cause du chasteau de Nyort.

    Elle a diminué de quatre feux".

    1744 : "Celles à quatre lieues de Niort au levant, du diocèse de Poitiers.

    Nombre de feux en 1744 : 191. En 1716 : 179. Augmentation : 12.

    Impositions ...

    Cette paroisse forme un bourg où il y a des ouvriers de toutes les espèces. Il y a justice et droits de plaids, cela fait un juge, deux procureurs qui sont aussi notaires, deux huissiers. Comme il y a marché tous les mercredis, il y a aussi dix habitants qui font le commerce de venir acheter des denrées à Niort qu'ils revendent à ceux qui viennent à ce marché, sept cabarétiers, vingt-deux métairies, (il y en a de grosses et de fort petites aussy), trois ou quatre bourgeois, le reste est de pauvres journaliers ou veuves. On oubliait sept moulins de peu de conséquence.

    Le terrain de cette paroisse n'est pas étendu, elle n'a pas une lieue dans sa plus grande longueur et trois quarts de lieue dans la plus large et la plus grande partie de cet espace est occupé par les bois de M. l'abbé, le surplus est bon soit pour raporter du blé, soit pour le pacage.

    Il y passe un petit ruisseau qui forme quelques prairies et sur lequel sont situés les moulins.

    C'est le chef-lieu d'une abbaye de dix sept mille livres de rente que possède M. l'évêque de Rieux [Alexandre de Johanne de Saumery], ceux qui en reçoivent les revenus se disent simples régisseurs, il (sic) ne sont point imposés à la taille comme fermiers. M. de la Rochefoucault cy devant abbé au lieu des anciens religieux de Saint-Augustin qui y étoient y a introduit des chanoines réguliers de la congrégation de France ou de Sainte-Geneviève. Ils ont très bien accommodé cette maison et ils tiennent un cours de théologie".

    Description du village vers 1800

    CELLE, chef-lieu de canton et siège d'une justice de paix, est situé au nord-ouest et à huit kilomètres de Melle sur la Belle. Sa population est de 1102 individus, dont beaucoup de protestans. Il y a un notaire. Son territoire est assez fertile : il produit froment et baillarge, mais très peu de seigle et d'avoine, avec quelques chanvres, pommes de terre et un peu de vin. Les prairies naturelles ne sont pas considérables ; on en cultive quelques-unes d'artificielles. Il y a les bois nationaux de Piélejau, du Renard-Lariniat, de la Frémigière, de la Touche, et les bois de la Carte. On compte sept moulins à eau à coussotte et deux à vent. On fabrique quelques étoffes en laine à l'usage du pays : on élève des brebis et autres bestiaux ; il y a une halle. On fait le commerce de laine. On tient foire les 4 vendémiaire, 24 frimaire, 26 nivôse et 4 thermidor. Marché tous les mercredis. On remarque l'église et la maison des ci-devant Génovéfins.

    DEPENDANCES :

    Villages : Viré, la Mouline, la petite Briette, la basse Revétison, la hauteRevétison, la Justandière.

    Métairies : Ripaillette, le petit Garochet, les Hombrails, la Grois-l'Abbé, la Cigogne, la Voix-basse, le Chirouil, le Feu, la grande Briette, le Treuil, les Moulins de Mezéré, de Follet, de Parsay, de Lavé et du Papon.

    Borderies : le grand Garochet, la Carte.

    1838 : " Pop. 1475 h. A 3 myriamèt[res] 1 kilomèt[re] (un peu plus de 4 l[ieux]) sud-est de Niort. Chef-lieu de canton. Justice de paix. Bureau de distribution des lettres dépendant du bureau de poste de Melle.

    Ce bourg situé au milieu d'un pays riche et productif fait un assez grand commerce sur les produits du sol et sur les bestiaux, mules et mulets. Celles possède une église et les restes d'un abbaye de génovéfains dont l'architecture, fort remarquable, est l'oeuvre d'un italien appelé Leduc, surnommé Toscane, parce que la Toscane était sa patrie. Louis XI, qui avait fait bâtir l'église, vint y faire un pèlerinage en 1469. En partie détruite en 1569 par les religionnaires, elle fut réédifiée telle qu'on la voit aujourd'hui. Le dernier titulaire de cette abbaye a été le célèbre diplomate, M. de Talleyrand, ancien évêque d'Autun, qui à la révolution abandonna l'état ecclésiastique.

    Sol argilo-calcaire, le principe argileux dominant ; il s'y trouve malgré cela beaucoup de substance quartzeuse et même du cristal de roche d'une belle eau".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Deux-Sèvres : 2 O, Celles-sur-Belle.

  • A.D. Deux-Sèvres : 2 Fi Celles-sur-Belle, cartes postales anciennes.

  • Largeault.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 3F 3643 3P30 Celles
  • A.M. Celles-sur-Belle : Délibérations du Conseil municipal, 1886-1923.

Bibliographie
  • ARNAULD Charles. Monuments religieux, militaires et civils du Poitou. Deux-Sèvres. - Niort : Robin, 1843.

    p. 181-184
  • Dupin, baron. Dictionnaire géographique, agronomique et industriel du département des Deux-Sèvres. - Niort, Plisson, an XI.

    p. 352-353
  • Baron DUPIN. Notice sur les anciens châteaux et abbayes, ms. S. d. [18 ? ], dir. Architecture, Paris.

    p. 54-55
  • FAVRAULT A. Celles, Chef-Boutonne et Sauzé-Vaussais, Paysages et monuments du Poitou photographiés par Jules Robuchon. Paris, 1894.

    p. 1-5
  • FOLIN L. (de). Géographie élémentaire du département des Deux-Sèvres. Melle, 1838.

    p. 147-148
  • HIERNARD Jean et SIMON-HIERNARD Dominique. "Les Deux-Sèvres". Carte archéologique de la Gaule, Paris, 1997.

    p. 128-131
  • POIGNAT Maurice. Histoire des communes des Deux-Sèvres [vol. 2]. Le pays mellois. - Niort : Ed. du Terroir, 1982.

  • ANONYME. "Election de Niort au XVIIIe siècle". Mém. Soc. Statist. Dép, Deux-Sèvres, 3e s., t. 3, 1886.

    p. 30-31, 294-295
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